Certains m’appelent la Terre

Certains m’appelent la Terre

Les textes écrits lors des ateliers proposés par Scan-R, prennent parfois par des formes plus poétiques. C’est le cas avec ce texte d’Ali. Son proverbe personnel ? « Souri à Ali et Ali te sourira. » Ali est aussi un ambassadeur d’expression citoyenne. Formidable association qui permet à des jeunes d’approfondir et de s’exprimer – à l’oral – sur des thématiques très diversifiées. 

Certains m’appellent la Terre
D’autres mère nature
Dès vos premiers pas, j’ai été là.
Je vous ai regardé grandire, sans rien dire.
J’existe depuis plus de 4 milliards et demi d’années
Soit 22500 fois plus longtemps que vous
Je n’ai pas besoin de vous.
Mais vous avez besoin de moi.
Oui !!! Votre future dépend de moi.
Lorsque je prospère, vous prospérez.
Lorsque je faiblis, vous faiblissez… ou pire
Je suis là depuis l’éternité
J’ai soumis des espèces plus grandes que vous
Et affamé de bien plus nobles que vous.
Mes océans, ma terre, mes rivières, mes forêts
Tous peuvent vous emporter
Ou vous laissez en paix.
Vous n’êtes qu’une infinie partie de mon Histoire
Une phrase sur une centaine de pages
Les choix que vous faites chaque jour
Que vous vous préoccupiez de moi ou pas
M’importe peu.
Vos actions déterminent votre sort.
Pas le mien
Je continuerai d’exister, vous pas
Grâce à moi, vous êtes en vie.
Et cela jusqu’à aujourd’hui.
Je suis éternelle
Mais vous
Votre temps est compté 

Auteur : Ali, Bruxelles

Cet article a été réalisé lors d’un atelier Scan-R.

Et d’autres éclairages

MENA, une vie derrière l’acronyme

Wema, 14 ans, vient du Congo. Elisabeth, 13 ans, vient d’Ouganda. Elles sont des MENA, des mineures étrangères non accompagnées. Avec 85 autres filles, femmes et jeunes garçons, elles habitent dans...

Un chez moi …

Regard blasé et paroles “cash”, Mélissa nous parle comme à un pote, tout en nous faisant comprendre que la boss…. C’est elle ! Elle l’affirme et s’affirme d’ailleurs : elle est adulte. Pas de quoi...

Racisme peu ordinaire

Depuis que Jérôme a écrit son article, il y a eu des changements en Italie. Le gouvernement ne réunit plus l’extrême-droite de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles, parti antisystème, de Luigi...

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De la route à la taule, de la taule à la route

De la route à la taule, de la taule à la route

Tony, 15 ans, Gitan – il se présente comme tel – a une vie est un peu compliquée. Forcément d’un peu partout, il a pris le stylo alors qu’il était détenu en IPPJ : une Institution Publique de Protection de la Jeunesse (1). Tony balance entre colère et prière, entre “petites conneries” et convictions familiale et religieuse.

 

Suisse, Allemagne, Espagne, Italie, Belgique… J’ai traversé beaucoup de pays depuis que je suis petit. Mes parents sont serbes (2). Ils ont toujours voyagé pour découvrir l’Europe. Nous sommes gitans. Moi, je suis né en Italie, je parle Italien mais chez moi, l’endroit, la ville ou je me sens chez moi, c’est Charleroi.

Nous sommes arrivés en Belgique quand j’avais 10 ans. On a arrêté de voyager car mon père est tombé malade. C’était un choix difficile. Au total, on aura habité dans quatre appartements différents. J’ai trois frères et deux sœurs. Nous sommes donc 8 chez nous, avec papa et maman. Ma mère ne travaille pas, elle doit s’occuper de mon père : il est paralysé suite à un cancer du cerveau. Il ne travaille donc plus.

Je trouve que l’on a toujours bien vécu. Nous n’avons pas toujours été compris par les gens. Nous sommes jugés par les autres car ils pensent que si on n’a pas d’argent on vole. Ce n’est pas vrai. La famille est là pour nous aider. Nous vivons avec l’argent de mon grand-père paternel qui avait un château en Serbie.

Il y a 8-9 mois, c’était compliqué pour payer de l’appartement. On a conseillé à mon papa d’acheter un camping car pour avoir quelque chose à lui. C’est ce qu’il a fait et c’est là qu’on vit aujourd’hui. Mon père a aussi acheté une maison en Italie. Nous allons quitter la Belgique quand je sors de l’IPPJ.

C’est la deuxième fois en un mois et demi que je reviens en IPPJ. L’IPPJ c’est tout le contraire de ma vie de famille. Nous, avec les parents, on bouge tout le temps. On est libre. Ici, on est enfermé. Je suis avec des gens que je ne connais pas. Dans ma chambre, il y a des barreaux et la porte est blindée. Les surveillants la ferment à clé. Je suis obligé de respecter certaines règles. Ici, on est des chiens tout fonctionne avec des sanctions. Je repasse en IPPJ suite à une mauvaise rencontre après avoir quitté l’IPPJ une première fois.

Dieu c’est important pour nous, pour moi, pour ma famille. Ma seule liberté, c’est de penser. Quand un surveillant crie, je ferme ma gueule et je m’assieds sur le banc. Je reste à ma place. De toute façon, personne ne peut venir dans ma tête. Je prie car je suis catholique. Dieu, c’est le plus grand. Quand il le veut, il fait tomber tout ça : les barreaux, les caméras, les portes blindées. Mais pour le moment, c’est le juge qui décide. Je prie pourtant pour que dieu me libère.

Je suis là pour encore 3 semaines. J’ai hâte de retrouver ma totale liberté. Je veux sortir pour aller à l’école. Cela fait longtemps que je n’y suis plus allé. Je ne sais ni écrire ni lire. Je ne parle pas bien aussi français. Ici à l’IPPJ, j’apprends et je trouve cela intéressant. C’est important pour moi. Je pourrai lire la Bible et d’autres trucs. Je serai fier et surtout on ne se moquera plus de moi. Si j’apprends, je pourrai prendre ma vie en main, exister vraiment !

Maintenant, la Belgique c’est fini. La liberté, je la vivrai en Italie.

(1) Dans les IPPJ sont placé-es des mineur-es délinquant-es. Le but de ces cinq institutions réparties sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est de punir tout en veillant à la réinsertion sociale. Placer un jeune en IPPJ est une des sanctions que peut prendre le juge de la jeunesse.
(2) La Serbie est une république située en Europe centrale. Roumanie, Bulgarie, Macédoine du Nord, Kosovo, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Croatie et Hongrie sont ses voisins.

Auteur : Tony, 15 ans, Charleroi

Cet article a été réalisé lors d’un atelier Scan-R en IPPJ.

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J’aime

J’aime

Lors d’un atelier organisé dans un service d’accrochage scolaire (SAS (1)) à Seraing, Mathieu (15 ans) et Rayan (14 ans), ont expliqué les petites et grandes choses qu’ils aimaient, minuscules ou pétaradantes petites taches de soleil qui réchauffent sans jamais brûler la peau.

Mathieu et les gens 

J’ai appris la mécanique grâce à mon père qui est aussi fou de motos. Depuis tout petit, j’aime la moto, ma première moto, je l’ai eue à mes 5 ans je crois puis après, j’en ai eu plusieurs. J’ai toujours bien aimé rouler, être libre … Quand tu roules, tu peux grimper sur les hauteurs et puis découvrir le paysage. Cette sensation d’être libre est géniale. La moto, c’est de père en fils depuis un moment. Ce que j’adore quand je roule en moto, c’est d’écouter de la musique qui apaise, regarder le paysage, regarder les oiseaux, les rayons du soleil qui tapent sur la visière de mon casque, le bruit du moteur qui fait vibrer tout mon corps.

MATHIEU ET LES CHOSES

Dans les gens qui comptent pour moi, il y a mon très bon pote Anthony. Dès que tu as un problème, il est là pour toi. Avec lui, je peux avoir des fous-rires et tout, on s’amuse toujours bien. Un autre avec qui je m’amuse, c’est Sarah, ma cousine. Elle, je l’adore, on fait plein de choses, on mange, on monte à cheval… J’adore passer du temps avec elle. Avec elle aussi, on rit pour rien et tout le temps ! Un jour, je lui apprendrait à rouler à moto et on aura un truc en plus pour s’amuser. Il y a Sarah, Anthony et puis il y a ma copine. Passer du temps avec elle, sa joie, sa bonne humeur, sa façon de parler, j’adore… J’adore tout chez elle-même si de temps en temps, on s’embrouille, je l’aime. Je serais prêt à tout pour elle, pour qu’elle soit heureuse et qu’elle n’ait pas de problème.

RAYAN, la play  ET L’école 

Le travail scolaire, c’est pas mon fort… Alors, je préfère jouer que de travailler. Jouer à la play, ça m’occupe et ça m’amuse, travailler, ça me rend fou. Je supporte pas, je perds mon temps. Par contre, j’aime le travail manuel, la soudure, la peinture et la menuiserie. C’est comme quand je vais dehors, je m’assois sur un banc et je joue sur mon téléphone, sur des applis. J’aime aussi me retrouver dehors avec des amis et parler de nos journées. Mon objectif, c’est de retourner à l’école, l’école c’est mieux, je dois être respectueux.

(1) Le Service d’Accrochage Scolaire (SAS) apporte une aide sociale, scolaire, éducative aux jeunes de 6 à 18 ans qui ne fréquentent plus l’école mais qui souhaitent y retourner. Il tente, à travers cours et activités, de ramener filles et garçons sur les bancs. À l’inverse de ce qui est fait dans une classe normale, le projet de chacune et chacun est individualisé. Il y a une quinzaine de SAS à Bruxelles et en Wallonie.

AuteurS : mATHIEU – 15 ans, RAYAN – 14 ANS

Ces articles ont été produits lors d’un atelier Scan-R au SAS DE SERAING. 

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Je veux être normal

Je veux être normal

Dans les témoignages qu’ils et elles nous confient, les filles et les gars nous expliquent qu’ils et elles ont parfois le sentiment d’être terriblement commun·es, d’avoir une vie nulle et complètement conforme… Le rêve le plus fou d’Alexandre, notre invité du jour, c’est tout le contraire… Il rêve d’être comme tout le monde. 

Sur la touche depuis toujours…

Durant toute ma scolarité, dès l’école primaire, j’ai été harcelé à l’école. J’ai aussi retourné, plus d’une fois, les instits et les profs contre moi. En cinquième primaire, cela a pris de l’ampleur. J’ai catégoriquement été mis sur le côté. J’étais un élève considéré comme trop différent. Progressivement, exclu, je suis devenu insignifiant pour les autres dans la classe. À 10 ans, sans trop savoir pourquoi, j’ai donc capté qu’il y avait les enfants normaux et les autres, dont moi. Mon école avait choisi de fermer les yeux sur ma différence et me laisser dans mon coin. Depuis lors, les interactions sociales sont devenues particulièrement pénibles et difficiles.

12 ans 

En école secondaire, les situations d’exclusion et de rejet se sont répétées. J’avais très souvent envie de m’énerver sur les autres mais je devais me contenir. J’avais très peur d’aggraver ma situation. J’étais aussi inquiet à l’idée de me faire virer de la « grande école ». Si j’ai tenu bon, c’est grâce à quelques rares professeurs qui ont cru en moi et m’ont accepté tel que j’étais. Ces rencontres, inattendues, m’ont incroyablement motivé.

MaLAde

Lorsque j’ai eu 14 ans, les médecins ont découvert que j’étais épileptique (1). Le diagnostic posé, tout est devenu plus clair pour moi. Je comprenais mieux pourquoi je présentais parfois des troubles de la mémoire, du langage et parfois de l’attention. Je ne suis pas neurologue mais j’ai bien compris que cela n’arrangerait rien à mes problèmes scolaires.  À cette époque-là, plusieurs professionnels ont aussi mis des noms à mes troubles spécifiques d’apprentissage. Je fais partie de ces personnes présentant des troubles dys, vous savez : la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie, la dysgraphie ou encore la dysphasie (2). Niveau santé, je ne suis pas épargné.

Passage en technique de qualification

Malgré ces constats, mon mal-être et mes difficultés scolaires ne se sont pas arrangés. En 3ème secondaire, j’ai quitté l’enseignement général pour poursuivre ma scolarisation en techniques de qualification. Dans ce nouvel établissement, à nouveau, j’ai eu des frictions avec certains de mes professeurs. Il faut dire que mes situations scolaire et familiale étaient particulièrement compliquées. Je ne trouvais pas ma place dans l’école. J’ai toujours mené ma barque à ma manière. Je pose beaucoup de questions, j’interpelle, je questionne. Cela dérange parfois. Mais rien n’était fait pour m’aider. Ma seule issue était toujours l’exclusion… Toutefois, je n’ai jamais rien voulu lâcher. À ma grande satisfaction, je suis parti en voyage de rhéto alors que la direction de l’école a essayé de m’en dissuader. Après, à 19 ans, j’ai décroché le CESS en technique de comptabilité. J’en suis très fier.

assistant social ?

Après, je me suis lancé dans des études d’assistant social. J’ai raté ma première année pour seulement 4 cours. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Je m’étais pourtant donné à fond et les résultats de mon stage étaient très bons. Socialement, ce n’était pas forcément mieux qu’avant. À ce moment-là, j’étais dans un kot à projet pour personnes « différentes ». Pour intégrer ce logement partagé, je devais avoir montré clairement à l’équipe pédagogique que j’avais vraiment envie de m’en sortir et de réussir des études. J’étais particulièrement motivé mais les contacts avec les éducatrices n’étaient pas faciles. Mon problème est qu’il me faut toujours beaucoup de temps d’adaptation et les éducs changeaient tout le temps. On me mettait la pression et on me demandait de changer mon comportement. C’était trop pour moi surtout que je traversais une période difficile au niveau de ma santé. J’ai dû être évacué plusieurs fois de mon logement en ambulance suite à des crises d’épilepsie. Cela impressionnait tout le monde mais j’ai toujours gardé la tête froide et la motivation.

Tomber et se relever encore et encore…

Malgré tout cela, j’ai recommencé ma première année d’assistant sociale. Je l’ai réussie. La deuxième année s’est faite sans trop d’encombres jusqu’au stage de fin d’année qui a porté préjudice à ma réussite. Je comprenais tout et je connaissais bien la théorie mais « l’humain » ne suivait pas, m’a-t-on dit sur mon lieu de stage. C’est un nouvel échec. J’ai tout arrêté. Je suis entré en dépression. J’ai eu des médicaments pendant un moment. Durant cette période, j’étais seule chez mère.

Les troubles dys et l’épilepsie m’ont conduit à ma perte. Pour me reconstruire, je suis aujourd’hui contraint de me tourner vers d’autres perspectives d’avenir. C’est là que la vraie galère commence. Moi qui rêvais de devenir journaliste, je dois être réaliste, je ne le deviendrai jamais. Mais surtout, je me demande ce que je peux encore devenir maintenant que je suis reconnu en incapacité de travail à 100%. Tout le monde me dit que c’est une manière légale d’être protégé – et de bénéficier d’une allocation financière – mais moi j’y vois surtout un obstacle pour pouvoir entrer sur le marché du travail et devenir « normal ».

Je crois que trouver un travail me permettra progressivement de devenir autonome. Pourtant, je ne suis pas certain que la société veuille vraiment que je le devienne. L’AVIQ (3) vient tout juste de me reconnaître, pour les 10 prochaines années, comme une personne ayant besoin d’un service d’accompagnement spécifique car je manque d’autonomie. L’objectif à long terme est que je puisse devenir autonome. Mais sans un travail, comment puis-je le devenir ? Je ne sais pas mais. Je constate qu’on m’empêche de travailler.

Mon cerveau est littéralement compressé. Je ne suis pas bien avec ça. Je ne comprends pas ce qu’on me veut.

Bref, je suis de plus en plus exclu. J’aimerais peut-être devenir ouvrier manutentionnaire. Je n’ose même pas y rêver. Lors des entretiens d’embauche, il y a toujours quelque chose qui ne va pas chez un patron. J’essaye pourtant. J’ai envie. Tous me disent que je manque d’autonomie que pour pouvoir décrocher un job. C’est vrai, il y a des choses que je ne pourrai pas faire comme conduire à cause de l’épilepsie mais qu’on m’apprenne ce que je puisse faire alors ! Je suis motivé. Je crois que l’autonomie je peux l’acquérir par le travail.

Bénévole ou rien…

Du coup, je dois me tourner vers le bénévolat ou, en tout cas, vers des formes de travail qui ne sont reconnues légalement. Dans ces endroits-là, on veut bien de moi ! Et on ne me parle plus sans cesse de mon autonomie. Les gens voient bien que je peux l’être pour certaines activités. Pour moi, je dois l’avouer, c’est génial le service à la personne là-bas ! Et le travail en équipe, cela me plait vraiment. Pour la première fois, on me fait confiance et surtout j’ai de la reconnaissance pour le travail que j’accompli. J’ai des « mercis » après chaque action. C’est très « puissant » pour moi. J’ai trouvé des valeurs fortes comme la solidarité, l’entraide et le respect.

Mais demain…

L’avenir, il est obscur. Je ne sais pas si je vais me diriger vers de l’emploi ou de la formation… Tout ça va dépendre aussi de ma santé. Mon traitement fonctionne bien. J’ai moins de crises. C’est une bonne chose !

Maintenant, j’ai juste envie qu’on me laisse mener ma vie comme je l’entends. J’ai besoin d’avancer et d’exister.

(1) L’épilepsie est une maladie neurologique qui touche plus de 50 millions de personne dans le monde. Pendant une crise d’épilepsie, le cerveau ne fonctionne pas normalement et entraîne des convulsions, des contractions involontaires et musculaires violentes. La personne qui fait une crise d’épilepsie n’est pas consciente de ce qui se passe sur le moment. Pour en savoir plus, voyez le site de la Ligue francophone belge contre l’Epilepsie.

(2) Les troubles dys, sont des troubles des apprentissages. La dyscalculie – concerne les troubles dans les apprentissages numériques. La dysgraphie, c’est la difficulté à accomplir les gestes de l’écriture. La dyslexie concerne les troubles de la lecture. La dysorthographie concerne l’acquisition de l’expression écrite. La dysphasie est une difficulté liée à l’apprentissage du développement du langage oral. La dyspraxie concerne la capacité à exécuter des mouvements précis. Tout ceci est terriblement résumé… Pour en savoir plus sur ces troubles, voyez le site de l’APEDA – Association belge de Parents et Professionnels pour les Enfants en Difficulté d’Apprentissage.

(3) L’AVIQ est l’Agence pour une Vie de Qualité. Cette agence a été créée par le  Gouvernement wallon. Elle est responsable pour les politiques liées au Bien-être, à la  santé, au Handicap et à la Famille.

Auteur : Alexandre, Tournai, 23 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

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Entreprendre, du ridicule à l’évidence

Entreprendre, du ridicule à l’évidence

Certaines et certains rêvent de longs voyages autour du monde, de devenir professionnel·le du jeu, d’être couvert·e d’or, de sauver le monde, de 325478 abonné·es sur Tik Tok, d’avoir une licorne ou une voiture de luxe… Le rêve d’ Odemis est tout autre : il veut innover, entreprendre, monter sa petite entreprise !

Tout homme productif n’est pas forcément épanoui mais tout homme épanoui sera productif. Pour entreprendre, il faut être clair dans sa tête. Savoir où on va, savoir ce que l’on veut. Un homme épanoui aura, toujours, la possibilité d’entreprendre autant au niveau professionnel que dans sa vie privée.

Au niveau d’entreprendre, au niveau des idées, je pense qu’il ne faut pas avoir peur : toutes les grandes idées, toute les révolutions sont toujours passées par trois grandes étapes : ridicule, dangereux, évident. Cela ne veut pas dire que chaque idée ridicule aboutit à une évidence mais que pour cela le devenir. Un exemple ? Non trois exemples !

Vers 1840, il n’existait pas de chaussure droite ou de chaussure gauche… Il était ridicule de penser autrement pour nos pieds. Pour changer cette état des choses, il fallait produire autrement et c’était dangereux puisqu’il faut serait aussi nécessaire de procéder, ce qui coûterait trop, trop cher mais aujourd’hui,… C’est évident. (1)

Lors de la naissance de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à la révolution française, en 1789, il était ridicule de penser que les femmes auraient les mêmes droits que les hommes. Quand les hommes ont commencé à réfléchir, ils se sont dits que ce serait dangereux de leur donner ces droits … Est-ce que les femmes étaient assez intelligentes pour s’occuper d’argent, de droits, de devoirs ? Aujourd’hui, c’est une évidence presque partout, hélas, mais presque partout  tout de même. (2)


Dernier exemple, une idée révolutionnaire qui a été lourdement critiquée en son temps : le courant alternatif. Pour prouver sa dangerosité, Thomas Edison (3) est allé jusqu’à exécuter, via le courant alternatif, des animaux. Y compris une éléphante nommée Topsy, en plein New-York… Aujourd’hui, ce courant est évident.(4)

Pour conclure, mon exemple… J’ai dans l’idée de créer une marque de vêtements élégants en utilisant le plus de matériaux biodégradables. Cette idée peut paraître ridicule, sûrement que des grandes enseignes l’ont déjà fait, ridicule de vouloir se frayer une place dans cette industrie. Dangereux, car je pourrais perdre beaucoup d’argent et de temps. Mais peut-être que, dans quelque temps, le vêtement biodégradable sera une évidence pour tout le monde.

Alors n’ayons pas peur d’entreprendre quoi que ce soit ! L’erreur est la meilleure des écoles pour apprendre.

(1) Un article pour en savoir plus, le paragraphe “La révolution industrielle a complètement changé la société et les exigences en matière de chaussure” sur le site du fabricant de chaussures Sioux.

(2) En 1791, Olympes de Gouges (France, 1748-1793), considérée comme la première féministe, publiera la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne. C’est un des éléments qui, en 1793, lui coûtera la tête.

(3) Dans la Guerre des courants, article disponible sur Wikipedia, on explique que Thomas Edison (USA, 1847 – 1931) a tout fait pour ridiculiser Nikola Tesla (Croatie 1856 – USA 1943) et George Westinghouse (USA, 1846 – 1941). Le premier défendait donc le courant continu, les deux autres le courant alternatif.

(4) Ce lien pour en savoir plus sur cette sordide histoire.

 

Auteur : Odemis, Liège, 25 ans

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