Mon bégaiement, mon futur

Mon bégaiement, mon futur

Sidra est Syrienne. Il y a quelques années déjà, avec sa famille, elle est arrivée en Belgique. Elle accorde une très grande importance et le tout se passe plutôt très bien mais il y a un problème, quand elle angoisse, quand elle est dans une situation de stress, elle bégaye.

Un stress sans fin

J’aimerais vous parler de la réussite scolaire. Pourquoi ? Parce que j’ai envie de réussir mes années d’école et que c’est quelque chose de très important pour moi. Quand j’étais en 6ème primaire, on avait souvent des projets oraux à l’école. Je ne voulais pas y participer : je bégaye. C’est un problème important pour moi. J’adore lire mais si je dois le faire devant le tableau en classe, je bégaye. Alors, je ne veux pas lire devant tout le monde. C’est la même chose lorsque je dois traduire quelque chose pour mes parents. Nous sommes Syriens et mes parents ne parlent pas bien français alors, souvent, je les aide. Mais je bégaye si je dois le faire devant quelqu’un·e d’important·e ou que je ne connais pas. Parfois, quand j’entends mes parents au téléphone avec leur patron par exemple, et que je sais qu’ils vont avoir besoin de moi pour parler à leur place, je m’en vais. Je pars dans une autre pièce pour éviter de devoir traduire ce qu’ils ne comprennent pas. En gros, je sais que je vais stresser et bégayer. Ce qui m’ennuie, c’est que les gens pensent que je ne parle pas correctement le français, que je cherche mes mots pour m’exprimer, alors qu’en fait c’est un problème de bégaiement. Moi, je sais que je parle bien le français et j’aimerais que les gens le sachent.

Réussir

C’est pour ça aussi que c’est important pour moi de bien travailler à l’école et de réussir. J’aime l’école. Je fais mes devoirs, je travaille bien et j’étudie quand il le faut, car je n’aime pas rater. Quand je me réveille pour aller à l’école, je me dis ‘Pourquoi je raterais ?’. Si je me fatigue tout au long de l’année, ce n’est pas pour devoir recommencer. Lors de la première période de cette année scolaire, j’avais de bons résultats, des 90%. Mes parents étaient contents et fiers de moi. Puis pendant la deuxième période, mes points ont beaucoup diminué. J’ai eu plusieurs échecs. Mais je me suis dit que je ne raterais pas mon année. Je savais que j’étais capable de mieux travailler, alors j’ai commencé à étudier de plus en plus. J’ai fait ce que les profs demandaient. Maintenant, mes points sont remontés. Et je suis fière de moi.

Travailler maintenant pour pouvoir choisir

Ma motivation, c’est de rester dans l’enseignement général, pour pouvoir faire le métier que je veux plus tard. Je ne suis pas encore certaine de ce que j’ai envie de faire, mais je voudrais peut-être travailler dans le domaine de la santé. Parfois, je vais avec ma maman à l’hôpital pour traduire et l’aider à comprendre ce que les médecins lui disent, vu qu’elle ne parle pas bien le français. L’hôpital ne me fait pas peur. J’aime bien voir comment les médecins travaillent et s’adressent aux gens. Je ne sais pas pourquoi mais ça me plaît beaucoup. Ce n’est pas un métier facile, si je veux travailler dans ce domaine, je dois réussir à l’école, puis dans mes études. Être docteure, ça me plairait beaucoup, car c’est un métier stressant mais il faut pouvoir rester calme. Ça tombe bien, je suis quelqu’un de calme. En travaillant, tout est possible, on peut faire ce dont on rêve. Il faut travailler et ne pas se dire « J’ai la flemme », ce n’est pas comme ça qu’on réussit.

Auteure : Sidra, 14 ans, Schaerbeek

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Automutilation, respecter pour comprendre, comprendre pour aider

Automutilation, respecter pour comprendre, comprendre pour aider

D’après une étude de l’Université de Liège, un·e adolescent·e sur six s’est automutilé·e ou s’automutile et c’est un phénomène qui s’est plutôt répandu suite aux différents confinements. Qu’en pense Sasha, 16 ans, de Charleroi ? C’est ce qu’on découvre tout de suite !

En parler

Je pense que l’on ne parle pas assez des gens qui se scarifient. Selon moi, la scarification peut parfois être un moyen de se libérer, de ressentir, d’extérioriser et de faire sortir certaines émotions.

Remarques inutiles

Je pense que les remarques sur les cicatrices qui se retrouvent sur les bras, les cuisses, ne sont pas utiles. Lorsqu’on demande « Tu fais ça avec quoi ? ». Cela ne sert à rien. On ne fait que rappeler à la personne qu’elle se coupe. D’après moi, la seule conséquence que ces remarques pourront provoquer sera de rappeler à la personne qu’elle doit aller recommencer. Ce genre de questions a donc un effet néfaste. Lorsqu’on pointe du doigt les cicatrices de la personne ou qu’on lui fait remarquer que ses cicatrices deviennent blanches, on l’incite à recommencer. Ces marques blanches sont dérangeantes, elles nous rappellent qu’il est temps de recommencer. Pour nous, c’est quand les cicatrices sont visibles que nous nous sentons « rassuré·e·s ».

Addiction

Lorsqu’on se scarifie, on peut créer une dépendance. On crée un besoin. Un besoin de se couper pour ressentir. C’est très compliqué d’arrêter. La scarification devient une véritable addiction. On devient accro à la sensation que cela procure.

Comment réagir ?

Selon moi, la bonne manière d’aider les personnes qui se scarifient serait avant tout de comprendre leur geste. D’être à leur écoute. D’être attentif à leurs besoins. Montrer à la personne qu’on est là, qu’on la soutient sans la juger.

Auteure : Sasha, 16 ans, Charleroi

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

En quête de mon identité sexuelle

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits.

Je n’étais pas celle que je croyais

Tout a commencé en 2018 quand une connaissance m’a annoncé qu’elle était bisexuelle (attirée aussi bien par les filles et que par les garçons). Suite à cette conversation, je me suis renseignée sur le sujet et plus globalement sur cette communauté. J’ai appris beaucoup de choses dont j’ignorais totalement l’existence. C’est à partir de ce moment-là que je me suis rendu compte de ce que j’étais… Peu de temps après, quand j’ai découvert l’orientation appelée « pansexuelle » (quand on est attiré par la personnalité d’une autre personne et pas par son genre), j’ai directement su que c’était ce que j’étais. (2)

De la difficulté de trouver sa place

Quelques jours après, j’ai découvert le genre non binaire (se sentir ni fille ni garçon). Durant cinq années, je me suis définie comme telle avant de découvrir un autre genre, celui de genderfluid (se sentir fille un jour et le lendemain se sentir garçon). Aujourd’hui, cette orientation et ce genre sont ceux par lesquels je me définis et m’identifie. Les gens ont parfois tendance à confondre le genre et l’orientation alors que ce sont des choses très différentes. Il faut donc bien se renseigner. Lorsqu’on parle de genre, on se réfère à comment on se sent. Par exemple, on peut se sentir fille, mais pas que, il existe plein d’autres genres comme non binaires, genderfluides… Quand on aborde le thème de l’orientation, on parle de l’attirance. On peut être attiré par un ou plusieurs genres.

Comingout ?

Il est essentiel de bien faire la distinction entre le genre et l’orientation. Apprendre sur ce sujet m’a permis de me questionner sur moi-même. Peu de personnes sont au courant de comment je m’identifie ou des genres qui m’attirent. Je n’ai pas envie d’en parler à tout le monde. Je pense que ce n’est pas une obligation de faire son comingout. C’est une décision propre à chacun qui ne concerne personne d’autre.

Notes de la rédaction

(1) LGBTQI + : Toutes ces lettres désignent les sexualités autres qu’entre une femme et un homme, un homme et une femme : L pour Lesbienne une femme qui a des relations sexuelles avec une femme, G pour Gay un homme qui a des relations sexuelles avec un homme, B pour Bi une personne qui a des relations sexuelles avec une femme ou un homme, T pour Trans, une personne qui est née avec un sexe qui ne correspond à celui de son coeur, Q pour Queer la traduction de ce mot est bizarre, une personne queer est une personne qui ne se reconnait pas dans l’hétérosexualité sans pour autant, ou pas, se définir comme gay ou lesbienne. I pour Intersexe, ce sont des personnes qui, lors de leur naissance, ne sont pas nées femmes ou hommes. + pour toutes les sexualités qui ne sont pas reprises dans cette définition.

(2) Le préfixe “Pan” vient du grec qui signifie tout… Ici pansexuel, l’entièreté des sexes, tous les sexes. Pour exemple, on parle aussi de panafricanisme, de panorama…

Auteure : Camille, 17 ans, Forest

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Aider les autres

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi elle était comme ça.>

Il m’est arrivé un truc

Par le passé, j’ai connu des périodes difficiles et je n’ai jamais été écoutée. Je devais avoir cinq ans quand des évènements sont survenus dans ma vie. Je ne souhaite pas entrer dans les détails, je ne suis pas prête à en parler comme ça. Par contre , ce que je désire, c’est partager le traumatisme que j’ai vécu lorsqu’on ne m’a pas écoutée. Le fait de ne pas avoir été entendue a laissé de nombreuses traces, craintes, doutes, méfiances et peurs. J’ai perdu toute confiance en moi. Depuis cette période, j’ai toujours l’impression de déranger, je n’ose plus parler, je ne cesse de me poser des milliers de questions : « Pourquoi j’ai dit ça ? », «Est-ce qu’on me trouve gênante ? », « Est-ce que ce que je viens de dévoiler va se retourner contre moi ? », « Est-ce que la personne s’intéresse à ce que je dis ? » , « Devrais-je arrêter de parler ? », « Est-ce que j’ai cassé l’ambiance ? ».

Je ne veux pas que ça arrive à d’autres

Avoir vécu un malêtre et une tristesse si profonde a développé mon empathie et ma compassion envers les autres et envers leur histoire. J’écoute les autres, car je sais ce que ça fait de ne pas pouvoir dire ce que l’on ressent, ce qui nous attriste et je sais aussi que tout garder pour soi n’arrange rien, ça empire juste la situation. Tout garder pour soi revient à contenir ses émotions, ses sentiments, ses ressentis, ses craintes, ses traumatismes et ses problèmes au fond de soi.

Craquer

À force d’accumuler tous ces sentiments, il arrive un jour où la goutte déborde du vase et on craque. D’une personne à l’autre, ce craquage peut prendre des formes bien diverses. Ce que je peux affirmer, c’est que quand on craque, ça pue. Au moment où on craque, on ne se contrôle plus. On ne contrôle absolument plus rien et on fait ou on pense à des choses qu’on finit par regretter : automutilation, tentative de suicide… Lorsqu’on « craque », on peut s’infliger toutes sortes de choses, comme l’automutilation, l’autodestruction, le suicide…

Vous n’êtes pas seul·e

Pour les personnes qui vivent toutes ces choses, sachez que j’y ai été aussi confrontée et je sais à quel point cela peut-être dur. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul·e. Essayez d’en parler autour de vous. Si vous ne souhaitez pas en parler à vos proches, il y a des applications comme, par exemple, « I am sober » qui aide les personnes souffrant d’addiction. Il y a notamment un forum où vous pouvez parler en toute sécurité. Sachez aussi que je suis fière de vous et que je vous soutiens, peu importe vos faits et gestes. Ne perdez pas espoir et essayez de vous reposer un peu, prenez soin de vous, faites les choses que vous aimez, n’oubliez pas de manger et de boire de l’eau.

<3

Aujourd’hui je me sens mieux et mes craintes, interrogations et doutes sont moins récurrents, même si elles reviennent parfois. J’écoute les autres comme j’aurais voulu qu’on le fasse pour moi. Je ne veux pas qu’une personne soit aussi triste, dévastée et anéantie que j’ai pu l’être. J’apporte aux autres ce que j’aurais voulu qu’on m’apporte. Aider, écouter et soutenir me fascine plus que tout. J’aimerais en faire mon métier. Être psychologue me permettra d’être là pour les autres et contribuera à mon propre bonheur.

Auteure : Léa, 14 ans, Montigny-le-Tilleul

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R 

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

L’art : une deuxième vie

L’art : une deuxième vie

Pour Sylvia, l’art est un outil important et puissant dans la vie de tout le monde. Personnellement, depuis qu’elle est toute petite, elle aime ça ! Elle dessine, peint, photographie… Elle aime aussi écrire : elle a publié une nouvelle, écrit des poèmes et est en train d’écrire un roman. Pour elle, l’art peut être un moyen de communication, d’expression, de libération et même de dénonciation. Dans cet article, elle tente d’analyser le lien entre l’art et la maladie mentale.

À chacun·e sa vision

Quand on est devant une peinture, une photographie, quand on regarde un film ou quand on écoute de la musique, on le perçoit de manière subjective. Chacun·e de nous peut ressentir des émotions différentes devant une même peinture. De plus, quand on regarde une œuvre d’art, des souvenirs personnels peuvent ressortir. Chacun·e crée donc un lien unique et personnel avec cette œuvre d’art.

Dire sans les mots

L’art est quelque chose de subjectif qui permet aussi de nous exprimer. Par exemple, si on réalise une peinture, si on prend une photo, si on écrit un roman, cela parle de nous et exprime des caractéristiques qui nous sont propres. L’art peut aussi devenir thérapeutique quand on l’utilise pour se connaitre mieux, pour exprimer des aspects qu’on n’arrive pas à dire avec les mots. C’est se permettre aussi de lâcher prise, de laisser les émotions s’écouler. Cela peut nous permettre d’entrer en contact avec nous-mêmes, avec nos fragilités et nos besoins.

Écrire, ça marche

Certaines fois, l’art thérapie peut permettre aussi d’entrer en relation avec l’autre et de développer confiance en l’autre. Pendant un stage en psychologie que j’ai effectué à l’hôpital psychiatrique de Mons, j’ai conduit un groupe d’art thérapie. Plus précisément, c’était un groupe d’écriture. Lors de l’atelier, les patients devaient écrire une lettre adressée à eux-mêmes quand ils étaient enfants. Dans un deuxième temps, ils ont écrit une lettre à eux-mêmes dans le présent. Dans un troisième temps, ils ont adressé une lettre à eux-mêmes dans le futur. Dans ces lettres, ils pouvaient parler de leurs souvenirs, de leurs difficultés, de leurs espoirs. En plus, ils pouvaient écrire des phrases pour se donner du courage et du soutien. À la fin de chaque séance, chacun lisait à haute voix sa lettre. Cette activité a permis aux patients de créer des liens de confiance avec les autres, de sortir des souvenirs difficiles de leur vie, de lâcher prise.

Pablo Picasso

Beaucoup d’artistes avaient des problématiques psychologiques. Un bon exemple ? Pablo Picasso (1). Il avait des troubles bipolaires. Son art exprime des aspects liés à son état d’esprit. Pendant sa « période bleue (2) », il a réalisé des peintures sombres, tristes. À d’autres moments, son art est plus joyeux, notamment dans la période où il a réalisé « La joie de vivre » (1946). J’aime imaginer qu’à travers ses œuvres on peut voir et comprendre son âme. Sa maladie ne l’a pas empêché d’être un immense artiste. Peut-être que c’est même grâce à sa maladie qu’il en est devenu un ? Ses problématiques psychologiques, probablement, lui ont donné la possibilité de voir la réalité de manière différente, en fonction de son humeur. La déstructuration (3) qu’on trouve dans ses œuvres cubistes reflète la déstructuration de son âme et permet de voir la réalité de manière fragmentée. C’est une fragmentation qui nous permet de voir la réalité entière, de tous les points de vue. C’est comme si rien ne nous est caché, on voit même les coins les plus sombres. C’est comme Picasso qui, lui-même, a décidé de ne rien nous cacher de lui. Quand je regarde une de ses œuvres, je vois de la beauté, de l’originalité, de la fragilité, du génie. Je voudrais remercier cet artiste si génial d’avoir partagé avec nous ses visions du monde, ses états d’esprit, ses rêves, son originalité à l’aide de son art.

Réveillons le Pablo qui sommeille en nous !

Pour terminer, je voudrais réfléchir sur le fait que l’art est un outil puissant qui peut nous permettre de nous réaliser, de nous soigner, de créer d’autres réalités. Pour moi, l’art c’est quelque chose de très important et de précieux. La psychologie aussi c’est un sujet que j’aime beaucoup. Je pense que les deux peuvent s’entrecroiser pour nous permettre de mieux comprendre l’être humain.

 

 

Note de la rédaction(1 et 2) Pablo Picasso, (1881 Espagne – 1973 France) est surtout un peintre espagnol même s’il a aussi gravé, sculpté et dessiné. Artiste incroyablement prolifique, il a produit près de 50 000 œuvres de toutes les sortes. Pour se faire une idée de sa vie, de ses différentes périodes et de son œuvre en général, découvrez cette vidéo.

Auteure : Silvia, 28 ans, Bruxelles (Schaerbeek)

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Les petits-avis, épisode 14

Les petits-avis, épisode 14

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post. Voici donc les témoignages de Pierre et Amélie autour de la résilience.

Résigné par résilient par Pierre, 18 ans, Barvaux-sur-Ourthe

Je ne suis pas quelqu’un de résilient. Je suis quelqu’un de résigné. J’ai vu et vécu un moment qui est resté dans ma mémoire, qui me remplit de haine, de colère et d’un impossible pardon envers la personne qui a causé cet acte.

Pour commencer, je vais vous parler de cette jeune fille remplie de joie, de bonne humeur et d’amour. Une fille avec un grand avenir. Pourtant derrière cette fille, il y avait une zone d’ombre. Un grand vide à cause d’un homme qui la harcelait et la détruisait moralement. Il lui disait qu’elle ferait mieux de se suicider, qu’elle était moche, qu’elle ne servait à rien. Elle n’en parlait jamais, jusqu’au jour où elle est passée à l’acte.

Ce jour-là, j’étais avec sa mère. On faisait les courses pour manger ensemble le soir. Sauf que, quand on est arrivé·e·s devant la porte, le sol était rouge de sang. On a ensuite vu cette fille. Un couteau dans la main, la gorge tranchée, son corps inanimé. Elle avait 13 ans et toute la vie devant elle. L’homme qui a tout causé n’a pas été jugé et jamais je ne pourrai lui pardonner cet acte immonde. À cause de lui, j’ai passé une partie de ma vie à haïr les gens. Mais ça m’a fait grandir et apprendre que la vie est un cadeau. Et qu’à tout moment, on peut nous reprendre ce cadeau. Pendant de nombreuses années, j’aurai cette boule au ventre que je dissimule. Plus jamais, je ne serai comme avant. J’ai grandi avec des choses que je n’aurais jamais dû voir.

La résilience par Amélie, 14 ans, Berchem-Sainte-Agathe

Comment arriver à trouver la résilience quand la peine d’être soi nous amène à tellement de traumas quotidiens ? C’est la question que je me pose aujourd’hui. Le moment est venu pour moi de lâcher la main de ce confort constant, bien qu’épineux. D’arrêter de prendre tous ces chemins qui ne mènent à rien, de construire mon destin. Comment trouver la résilience dans une existence assombrie ? C’est ce combat que j’ai envie de mener aujourd’hui. Peut-être que cette vie noircie m’aidera à avancer. En acceptant les épines de la vie passée. Qu’est-ce que la résilience au-delà du combat ? C’est une capacité qui s’acquiert au fil du temps. Une vertu qu’il faut amadouer avec patience.

Auteur·e·s : Pierre et Amélie

Ces articles ont été écrits lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Abandons

Au cours de sa pourtant courte vie, Alicia a vécu plusieurs situations d’abandon. Entre histoires familiales compliquées, voire très compliquées, grandes tristesses et équilibre enfin trouvé, Alicia...

Je ne suis pas binaire

Fille ? Gars ? Homme ? Femme ? Qui est Ash ? Est-ce qu’il faut lui coller une étiquette ? Est-ce qu’on doit se forcer à rentrer dans une case parce que la société, le monde l’attend, l’exige ?...

En quête de mon identité sexuelle

La question de la défense des droits des LGBTQI+ (1) est très importante pour Camille. Elle fait partie de cette communauté et a à cœur de défendre leurs et donc ses droits. Je n’étais pas celle que...

Les petits avis, épisode 16

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Aider les autres

Depuis plusieurs années, Léa aime aider et écouter les autres. D’où lui vient cette idée, cette envie, ce besoin de tendre la main ? Après avoir pris du temps et du recul, elle a compris pourquoi...

Les petits avis, épisode 15

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La parole, arme et trésor

Pour Rouan, 21 ans, beaucoup de gens ont peur de communiquer, d’échanger avec d’autres et c’est un fameux problème ... Comment rencontrer l’autre, créer des liens si on ne partage pas, si on ne...

J’ai été harcelé

C’est en changeant d’orientation scolaire que David a plongé dans le harcèlement. Insulté, brimé, il s’est fait du mal et a dû être déterminé pour s’en sortir. Aujourd’hui, il n’est plus harcelé...

Les idées reçues

À l’école, Pauline a des options qui peuvent impressionner : sciences fortes, latin et grec. Ne pensez surtout pas que c’est une caricature, une “intello” qui passe ses journées enfermée à étudier,...

Les stades de foot, plus qu’une passion

Dans les passinoné·e·s de foot, il y a de tout ! Il y a en a qui se tatouent le blason de leur club ou la tête de leur joueur préféré, d’autres repeignent leur voiture ou leur maison aux couleurs...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R