Mon histoire

Mon histoire

Bonjour, moi c’est Arthur. Je suis âgé de 12 ans bientôt. A travers ce texte, j’ai décidé de raconter mon histoire. Comment je suis tombé dans l’anorexie mentale.

Tout a commencé en mai 2021.

J’ai revu mes années de primaire défiler. Je me suis rendu compte qu’on m’avait dit, souvent, que j’étais gros. Mais, quand on me le disait, sur le moment, je prenais ça à la rigolade.

Mais, en mai 2021, je sais pas pourquoi, ça m’a touché. Je pesais 60kg pour 1m73. Puis je me suis mis au sport.

Septembre arrive, j’avais perdu 2kg pendant les vacances et avais pris 3cm. Du coup, septembre est là, le gros stress : nouvelle école, nouveaux copains, ‘fin du moins j’espérais ! Malheureusement, pas d’ami.

Puis novembre arrive, je me fais hospitaliser, je pesais 44,5kg pour 1m78. Bradycardisais des fois à 19, comment vous dire que si je n’avais pas été hospitalisé, je serais plus là pour écrire ce texte…

Du coup, j’en ai tiré conclusion que les autres ne veulent pas spécialement notre bien.

Merci à la clinique Notre-Dame de Grâce. Et surtout Monsieur H. Car, comme je l’ai dit, sans leur équipe de choc, je serais plus en vie.

Auteur : Arthur, 12 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Vivre à l’hôpital

Vivre à l’hôpital

En un mot, vivre à l’hôpital, ce sont des hauts et des bas.
Pour moi, il y a des côtés positifs et des négatifs. Je pense qu’il y a cela dans tout ce qui existe. L’hôpital prend soin de toi, tu es ici pour guérir. Mais ce n’est pas parce que tu es à l’hôpital que tout s’arrange et que l’on va mieux juste en marchant droit devant. au contraire, parfois, dans ce genre de moments difficiles, tu dois reparler de choses compliquées et blessantes. On y arrive pas toujours…En même temps, cela serait trop simple : « hop, fini ».

Certaines périodes, tu as des coups de mou, des difficultés, c’est trop long…

Mais le positif dans tout cela? Le positif, c’est les personnes présentes. Elles sont là pour t’aider à comprendre ce qui se passe, à te booster dans des moments de difficultés. Je ne suis pas seule face à ma maladie.

Dans un monde idéal, dans cinq ans, je serai une femme comblée et entourée de bonnes personnes. Il vaut toujours mieux être accompagné de gens envers qui nous avons confiance et qui peuvent nous tirer vers le haut lorsqu’on en a besoin.
Une « femme comblée », pour moi, c’est l’accomplissement et la réalisation de mes rêves. Je me donnerai à fond pour que plus tard, dans ma vie, je ne parle plus d’hôpital, de maladie, mais de choses qui me tiennent à cœur.

Auteure : Charline, 12 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Il était une fois

Il était une fois

 

Vivre dans un hôpital à 12 ans, c’est parfois difficile à raconte-r. Alors, parfois, le conte métaphorique permet de prendre de la hauteur…

 

Il était une fois un chat qui vivait dans un hôpital. Et oui, c’est spécial un hôpital comme habitat pour un chat, mais c’était bel et bien le cas. En vérité, il vivait plutôt dans la rue – libre et heureux – mais malheureusement ce chat a eu une maladie et a dû aller à l’hôpital. La période de sa vie que je vais raconter se déroule donc à l’hôpital. Lui qui avait toujours été libre et heureux était devenu triste et renfermé sur lui-même dans ce lieu. Mal dans sa peau certainement. Mais un jour, il eut comme un déclic. Une phrase résonnait dans sa tête : je veux sortir d’ici et me sentir délivré. Pour ça, il allait devoir se battre. Ça serait surement dur, mais accomplir un rêve n’est pas une tâche facile. Et puis, on dit toujours qu’un chat retombe sur ses quatre pattes, alors s’il tombe, il se relèvera et continuera.  

 

Auteur : Charline, 12 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

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Les petits avis, épisode 11

Les petits avis, épisode 11

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici donc les témoignages de Sacha, Dylan, Héloïse et Wiliame.

Engagement, fidélité, loyauté et sincérité : les piliers d’une vraie relation par Sacha, 18 ans, Bruxelles

Je vais vous parler de quelque chose qui est très important pour moi : l’engagement ! Depuis longtemps, j’ai cette envie de m’engager à fond dans tout ce que je fais, au niveau des relations, de ce que j’entreprends. Pour moi, cet engagement doit servir à aider les autres, à être utile pour des personnes qui ont besoin de soutien. Par exemple, j’ai toujours voulu travailler dans le secteur du handicap car pour moi ces personnes ont le plus besoin d’aide et aujourd’hui c’est ce que je fais grâce au service citoyen. De plus, j’ai réussi à trouver un travail à côté qui me permet de soutenir des ONG qui aident des personnes dans le besoin. Pour revenir sur cette notion qui m’est chère, il est important de préciser comment ça fonctionne selon moi. Mon engagement doit se faire avec motivation et détermination. Étant donné que je veux aider au mieux, il est primordial de faire chaque chose à fond ! D’autres notions se rattachent à cet engagement : la fidélité, la loyauté et la sincérité. Ces trois valeurs sont liées, et l’une ne peut fonctionner sans l’autre, d’après moi, ce sont les trois bases d’une relation de confiance. Étant donné que je veux travailler avec des humains, cela va forcément m’amener à construire des relations. Je me dois d’être fidèle, loyal et sincère envers les personnes avec lesquelles je construis ces échanges. Mais avant tout, je me dois de l’être envers moi-même pour pouvoir l’être avec d’autres. De mon point de vue, cette confiance est la base d’une relation humaine stable, sans cet élément important la relation s’effondre. Donner ma confiance à quelqu’un n’est pas un problème, le principal est que ce quelqu’un ait confiance en moi.

Le racisme par Dylan, Bruxelles

Venant d’un milieu modeste et étant typé métissé, j’ai subi divers altercations malencontreuses. Ce n’est pas très facile. Surtout parce que le reste de ma famille est blanc, caucasien. Petit, à cause de cette différence de peau entre le reste de ma famille et moi, je ne savais pas m’y rattacher. Vous penserez que j’ai subi beaucoup de racisme envers la couleur noire de ma peau, mais pas que … On me critiquait juste pour ma couleur de peau différente. Je n’étais qu’un blanc pour un noir et qu’un noir pour un blanc. Dès lors, je me suis très vite adapté à cela. J’ai même commencé à en rire : ce que les autres disent n’a généralement aucun sens.

Il y a toujours des moments difficiles quand tu es typé métissé. Quand tu rentres dans un magasin, souvent le garde te regarde. Plusieurs fois, j’ai été contrôlé à la sortie. Au contraire de mes amis, je n’ai jamais rien volé. Eux, alors qu’ils avaient tout le magasin dans les poches, ne se faisaient point contrôler. Mais bon, le monde est comme ça ! Je l’ai appris quand j’étais petit. À 9 ans, je me baladais avec ma famille. Quelqu’un a alors hurlé dans la rue en me voyant : “sale macaque retourne dans ton pays !”. Ouaip, ça marque … Avec du recul, cette personne devait bien avoir un grain. Autre exemple, c’est une vieille dame à laquelle j’avais proposé mon aide. Elle avait accepté sans broncher jusqu’au moment où, levant la tête, elle a vu ma couleur et a refusé, catégoriquement, que je l’aide. J’ai compris un truc avec tout ça : la plupart des personnes sont juste craintives et ne cherchent, malheureusement, pas plus loin que le bout de leur nez.

Travail avec des candidat·e·s réfugié·e·s par Héloïse, Bruxelles

Depuis peu, je travaille à la Croix-Rouge essentiellement avec des personnes ayant fui leur pays pour diverses raisons qui leur appartiennent et qu’on ne jugera pas. Enfin, qu’on ne devrait pas juger. Oui, le jugement moral est tellement humain avec son lot d’inhumanité … En même temps, on oublie trop vite les effets d’une exposition permanente à ces jugements moraux. Les personnes qu’on tente, comme on peut, de soulager quelques instants en font l’expérience non-stop. Mes collègues, toutes nationalités confondues, aussi. Moi aussi. Et purée, on en a tous marre ! Marre que le droit à la dignité, de base, est rendu impossible et inapplicable par la politique européenne. Marre d’être réduits à proposer des solutions éphémères, un hébergement pour une nuit, quelques heures au chaud, quelques repas çà et là … Marre d’en venir à dire ces « je sais » impuissants et pour certains, comme moi, à moitié honnêtes, quand on n’a pas toujours le temps et que dès lors on ferme la conversation. Oui parfois la frontière entre « Je sais » et « Ta gueule » est fine, et on s’en rend compte, et on a la boule au ventre, et on tentera de rattraper quand on aura de nouveau du temps pour … simplement parler.

L’unité pédopsychiatrique par Wiliame, 12 ans, Bruxelles

Il est 8 h du matin, une éducatrice vient nous réveiller puis quitte la chambre. Je suis toujours debout la première. Car oui, je partage ma chambre avec quelqu’une, une super colloc ! Je me lève, je lui dis bonjour, elle me répond de même et notre journée commence. Dans cette chambre. Chambre, dans laquelle je trouve mon lit assez petit, j’aurais bien aimé en avoir un plus grand, j’ai, heureusement, un grand bureau ! Il y a aussi un rideau qui sépare nos deux côtés de la chambre. Au-dessus de mon lit, il y a des petites lumières que j’ai accrochées moi-même et des mangas que j’ai posés sur mon étagère. Les murs sont blancs avec des petits motifs, sûrement pour ne pas faire trop vide … Même si j’ai déjà mes mangas, j’aurais aimé avoir une petite armoire avec plein de livres à lire à l’intérieur. Une fois bien réveillée, je m’habille, me coiffe, fais mon lit tout en discutant avec ma colloc. Puis, je pars dans le salon pour voir s’il y a déjà les plateaux où on trouve notre déjeuner. Mais la plupart du temps ils ne sont pas encore là… J’aimerais tellement me réveiller et trouver de l’eau fraîche et un bol de fruits frais sur ma table de nuit pour pouvoir en manger toute la journée ! Mais bon, le plateau déjeuner n’est toujours pas là alors je demande mon téléphone, car je sais qu’à la fin de cette journée, il me sera repris.

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Ma chambre d’hôpital

Ma chambre d’hôpital

Après les témoignages de Léa et de Louise voici celui de Lorena, elle aussi hospitalisée dans une unité pédopsychiatrique bruxelloise. La spécialité de cette unité : apporter une aide aux 8-14 ans et lutter contre les souffrances psychopathologiques.

Ma chambre vue sur foot

Je m’appelle Lorena, j’ai 15 ans et pour commencer, j’aimerais vous montrer ma chambre. Ah mais non, c’est vrai. Vous ne la voyez pas : voilà donc une raison de vous la décrire ! Petite précision avant cette visite : notre unité a connu un déménagement et, comme j’étais déjà présente, je fus la première à avoir cette chambre. J’ai donc évidemment pris la partie avec la fenêtre. Elle donne sur un terrain de football. C’est pratique d’avoir droit, quelquefois, à des matchs même si le foot, ce n’est pas vraiment mon dada. Mais, je préfère cette place plutôt que l’autre où on entend le brouhaha des autres jeunes dès qu’elle est ouverte. Je suis dans une chambre double et c’est déjà la troisième patiente avec qui j’en partage une. La chambre, assez grande, est coupée en deux par un rideau pour pouvoir avoir, quand on le désire, un peu d’intimité. Le mobilier est neuf et dans les tons bleus. Il y a deux bureaux séparés pour ranger nos affaires personnelles. De chaque côté du rideau, il y a les lits. Moi, je les trouve assez étroits et les matelas ne sont pas confortables. Ils viennent de l’ancienne unité, ne sont pas neufs… Je vous laisse donc imaginer leur usure et même, pour certains, leur saleté …

Je me sens bien

Dans chaque chambre est disposé un tableau blanc où l’on peut écrire ou dessiner tout ce qui nous passe par la tête. Ce qui est un petit peu moins marrant, c’est que les ouvriers qui sont venus poser les tableaux ont mal fixé le mien et ont fait des trous à côté. Du coup, il n’est pas du tout stable… Mais cela ne m’a pas empêchée de dessiner un petit chat mignon sur le mien. J’ai aussi ajouté une touche personnelle dans ma partie : j’ai affiché quelques photos de mes amies et de ma famille un peu partout sur les murs et il y a aussi une guirlande lumineuse accrochée au-dessus de mon lit. Je trouve qu’il ne manque rien à cette chambre ! D’ailleurs si je devais imaginer lui donner une note sur dix, ce serait un 7. Eh oui, finalement, à part les lits assez usés et le mur défectueux, c’est une belle chambre, c’est ma chambre.

Le mauvais souvenir de l’hôpital …

Un passage à l’hôpital n’est pas vraiment un grand plaisir. J’y suis déjà depuis un petit temps maintenant donc j’ai accumulé pas mal de souvenirs. Malheureusement, c’est plus facile pour moi de trouver de mauvais souvenirs plutôt que de bons… Je tiens à vous préciser que mon texte parlera de faits qui se sont passés en communauté et non par rapport à ma maladie et à ma santé. Je vais commencer par le mauvais souvenir comme ça, le texte se terminera sur une bonne note et vous laissera peut-être même un peu rêver ! 18 mars 2020 : je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Le premier jour du confinement. On nous l’a annoncé dans l’après-midi ; tou·te·s les patient·e·s devaient rentrer chez eux, chez elles et je les voyais partir de l’unité les un·e·s après les autres. Tou·te·s partaient. Tou·te·s sauf celles et ceux qui avaient un état de santé trop délicat. J’ai alors vite compris que je devais rester ici, avec deux ou trois autres patient·e·s. Du jour au lendemain, presque tout a changé. On ne pouvait plus se toucher, plus jouer à des jeux de société, chacun de nous avait sa chaise personnelle et le pire dans tout ça, c’est qu’on devait faire le test Covid deux fois par semaine. De plus, devinez qui a chopé le Corona ? C’est bibi… Même si c’était déjà il y a longtemps cela reste le moment le plus difficile que j’ai vécu depuis que je suis à l’hôpital.

… et le bon

Venons-en donc à un sujet plus sympathique ! Cette fois, cela date d’avant le confinement. Le 16 novembre 2019, l’unité a organisé une journée à Disneyland Paris. On nous a réveillé·e·s à quatre heures du matin. Même si j’étais encore fatiguée, je me suis pressée de m’habiller et de me dépêcher pour pouvoir partir à la bonne heure. Durant tout le trajet en car, avec les autres patient·e·s, on réfléchissait déjà aux attractions qu’on ferait pour commencer la journée. Le trajet fut un peu trop long à mon gout, mais quand j’y repense, cela valait vraiment la peine car cette journée était splendide !

Mais hélas, la météo ne l’était pas et j’avais très froid. Mais je savais qu’en faisant une ou deux attractions mon humeur allait changer. De fait, une fois qu’on a commencé les attractions, je ne me suis plus arrêtée ! Je les ai presque toutes faites. Sauf celles à sensations trop fortes bien sur… À la fin de la journée, je ne voulais plus retourner à l’hôpital. J’étais trop bien à Disneyland. Comme nous sommes remonté·e·s dans le car assez tard, c’est seulement vers une heure du matin que nous sommes rentré·e·s à l’hôpital, tou·te·s épuisé·e·s, mais heureuses et heureux ! Cette journée était extraordinaire et j’en garde le meilleur souvenir de mon hospitalisation.

Auteure : Lorena, 15 ans, Bruxelles

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