Trouver Sérénité et Bonheur

Trouver Sérénité et Bonheur

Dans un monde idéal, dans 5 ans, je serai heureux. Arrivé dernier dans mon adelphité, j’ai tout de suite eu du mal à trouver ma place. Pourtant entouré d’au moins 7 figures d’exemples au quotidien, la route a été très longue et sinueuse pour arriver jusqu’ici. Je sens que le périple est loin d’être terminé.

Il faut dire que je n’ai pas démarré avec les bonnes cartes en main. Au contraire, j’ai du récolter petit à petit toutes les pièces du puzzle qu’est mon identité. Au départ, on m’a dit que j’étais une fille. Et que par ailleurs, les filles aiment les garçons. Donc, pendant une partie de ma vie, j’ai attendu. J’ai attendu d’être attiré par les garçons et ainsi marcher sur le droit chemin dont tout le monde parlait. J’ai attendu d’être attiré par tous les trucs qu’on dit être faits pour les filles : le maquillage, les sacs à main et toute autre chose genrée féminine.

Mais au final, la seule chose qui m’attirait dans le monde des filles, c’était les filles. Je me suis donc retrouvé à faire un coming out en tant que lesbienne, à l’âge de 16 ans. Je pensais alors m’être trouvé à ce moment-là, et à nouveau, j’ai attendu. J’ai attendu que les choses s’équilibrent et que Sérénité entre dans ma vie, mais elle n’est pas venue.

Après quelques années supplémentaires passées dans le brouillard, j’ai compris un jour qu’une erreur avait été commise au tout début de ma vie, voire même avant, quand on a dit que j’étais une fille.
Ca fait maintenant 3 ans que j’essaye de corriger cette erreur. J’ai changé de prénom, commencé un traitement hormonal et réalisé tout un tas de démarches administratives.
Sérénité n’est pas encore entrée dans ma vie, mais Euphorie et Espoir par contre, m’ont rejoints. Ils sont présents depuis 3 ans. J’espère être ainsi sur la bonne route et qui sait, peut-être que d’ici 5 ans, j’aurais enfin trouvé Sérénité et Bonheur.

Auteur : Alexandre, 24 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Cœur qui saigne rêve d’une relation saine

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Hé, Cupidon, pourquoi m’as-tu brisé ? Pourquoi m’infliges-tu cette douleur ?

Oh, Cupidon, quel est l’objectif de cette rencontre ?
Pourquoi mon cœur et mon âme veulent s’envoler et appartenir à mon bien-aimé ?
Pourquoi ressentir toute cette affection, alors qu’on sait d’avance que l’amour est synonyme de souffrance ?

Ne sais-tu pas déjà comme mon cœur saigne, comme mon cœur a peur ?
Il est emprisonné par des chaînes de barbelés qui lui font terriblement mal.
Ces chaînes représentent ses blessures émotionnelles.

Oh, Cupidon, tu sais qu’il n’est pas prêt, alors pourquoi le faire tomber amoureux ?
Pourquoi m’infliges-tu cela ?
Je veux plus rien ressentir. Je veux l’oublier. Tout oublier.
Sauf si tu me promets une fin heureuse et remplie de bonheur.

Oh, Cupidon, donne-le-moi.
Donne-moi ce bonheur, donne-moi ces étincelles, ces papillons.
Donne-le-moi. Donne-moi l’amour.
Le vrai, le bon, le sincère.
La vie m’en a assez fait baver émotionnellement.

Oh, bien-aimé, je t’aime et je te veux, alors aime moi en retour.
Fais de moi ta reine, ta priorité. Sèche mes larmes. Prends-moi sous tes bras et avance avec moi.
Je te promets pas une vie calme, sans problèmes.
Tu sais je suis une fille assez compliquée. On se disputera certes ; je serai jalouse, possessive ; mais à côté de ça, je ferai tout pour toi. Je serai présente pour toi. Je t’aimerai comme personne ne t’aimera jamais.

Donc, je te promets une vie remplie d’incertitude mais si je la vis avec toi à mes côtés, elle paraitre déjà plus douce.
Alors, prends ma main. Avançons ensemble.
Cupidon nous a visé, c’est trop tard. Alors, pourquoi ignorer ce que tout le monde sait.
Alors, laisse-nous cette chance.
Enfin, laisse-moi cette chance. Laisse-moi t’aimer.
Je te veux avec moi.

Oh, Cupidon, entends ma détresse et réunis-nous.
Oh, Cupidon, tu as gagné, mon cœur s’est envolé vers mon bien-aimé.

Auteure : Assia, 18 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Le développement personnel

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Pour Houda, la vie n’a pas toujours été facile. Au lieu de se laisser aller, elle a décidé de trouver la force d’avancer via le concept de développement personnel. Elle nous en parle et conseille ceux ayant le besoin d’affronter, comme elle, les échecs.

Je vais vous parler du développement personnel. Cette chose qui m’a beaucoup aidé durant certaines épreuves. Il y a un texte que j’ai écrit sur mon téléphone qui m’a permis de me vider. Il y a eu des moments dans ma vie où je me suis senti seule. Je me refermais sans cesse. Cela date d’il y a à peu près deux ans, où tout a été chamboulé dans ma vie avec des histoires de famille et à l’école. J’ai donc pensé au suicide mais j’ai repris mes esprits sur le moment même. Heureusement que le concept de développement personnel est arrivé dans ma vie. J’ai envie de vous partager ce texte.N’attend pas que les personnes te comprennent. Comprenez-vous, vous-même! Vous serez avec vous toute votre vie. Dans la vie, vous allez être confrontés à beaucoup de déceptions, d’échecs. Il y a des moments où vous allez douter de vous-même. N’abandonnez pas!N’abandonnez rien dans la vie. Il y a des moments rudes qui vont venir, mais ils ne vont pas rester, ils viendront pour repartir. Beaucoup de personnes aiment se plaindre mais elles ne veulent pas se bouger pour changer la situation. Tout le monde a peur de l’échec mais il faut savoir prendre des risques. Ne dépensez pas trop de temps à vous faire aimer des autres. Ne connaissez pas plus les autres que vous-même. On investit souvent beaucoup de temps envers les autres, les amis et nous ne savons même plus qui nous sommes.Si vous ne le faites pas, personne le fera pour vous. Ayez faim de réussite. Investissez en vous! Ne soyez pas victime de la vie. Le secret, c’est d’être malin, c’est ça le jeu!

Auteure : Houda, 16 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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L’argent fait le malheur

L’argent fait le malheur

Parmi les questions qui occupent l’esprit des jeunes, comme celui de probablement tout le monde, celle qui concerne l’argent est centrale. Antoine n’en veut pas plus que ce qui est nécessaire mais d’après lui, on pourrait aussi faire sans – ou avec moins – tout en continuant à se faire plaisir

Important pas indispensable

Posséder un tas de pognon et vivre dans le grand luxe ? Ce n’est pas une nécessité. Ce qui fait mon plus grand bonheur, ce sont mes ami·e·s, ma famille, mon copain, mais je pense aussi que l’argent contribue un peu à mon bonheur. J’aime voyager, manger, vivre dans le confort et pour cela, il faut de l’argent. Cependant, je pense que je saurais tout de même m’en passer et me recentrer sur d’autres aspects : me balader en forêt, profiter de la nature… Ces choses ne demandent aucune dépense et pourraient me faire tout autant du bien. Par contre, vivre sans toit, sans manger et boire en suffisance me semble plus compliqué, ce sont des choses indispensables à mon bonheur.

Ma réalité et d’autres

Cependant, si je devais parler de l’argent dans notre société, je pense qu’il n’est pas important et est plutôt source de problèmes. Avec l’association DBA, j’ai eu la chance de découvrir le travail des agriculteurs. Financièrement, à cause de l’industrie agro-industrie et de sa grande soif d’argent, une grande partie d’entre eux ne s’en sort pas et est, petit à petit, assommée. Un des fermiers que nous avons rencontrés a d’ailleurs dit une phrase qui m’a marquée : « Ici on ne nous tue pas avec des armes, mais avec de l’argent et c’est pareil. » On m’a aussi dit que 80% des gens qui meurent de faim, dans le monde, sont des agriculteurs, un vrai paradoxe qui est dû aux industriels qui ne se préoccupent que de l’argent et oublient les vies humaines.

L’argent contre l’environnement

Quand on pense à l’écologie, on peut aussi facilement se dire que sans argent on n’en serait pas là et que nos projets d’action contre le réchauffement climatique auraient la possibilité de se réaliser beaucoup plus rapidement. En effet, on dit que ceux qui sont au pouvoir n’ont d’intérêts que pour l’économie et ne la mettront jamais en péril pour sauver notre belle planète. Pour remédier à ça, j’ai une solution, mais qui est forcément utopiste : bannir l’argent et proposer à la place un système basé sur des échanges comme on faisait auparavant. Ça me semble être une belle occasion de bannir en même temps les inégalités et beaucoup de problématiques qui se règleraient tout à coup beaucoup plus facilement.

Auteur : Antoine, 17 ans, Ath

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R de la Caravane des assises de la jeunesse.

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L’abandon m’a amené le soleil

L’abandon m’a amené le soleil

Shelsy a une histoire compliquée, une histoire brutale qui commence mal. Pourtant, au fil du temps, au fil des rencontres, grâce à sa famille, à ses ami·e·s, à son chéri, elle s’en sort très bien aujourd’hui.

Un toit

Depuis mon plus jeune âge, l’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Je n’ai que 16 ans et c’est pourtant la chose qui a été la plus présente dans ma vie. Le premier abandon est celui de mon père. Il parait anodin, pourtant c’est celui qui, aujourd’hui encore, est le plus difficile à vivre. C’est cet abandon qui a tracé le chemin sur lequel je suis. À son départ, je n’avais que deux ans et avoir mes parents réunis dans une même pièce n’est qu’un vague souvenir. Après son départ, la seule chose qu’il nous restait, c’était un toit. Nous n’avions plus de meubles, plus aucun objet de la vie quotidienne. Seul souvenir précis qui me reste de cette époque, c’est celui de ma mère et moi mangeant sur le sol et elle qui me faisait rire pour préserver ma jeune innocence. Nous vivions seules, nous n’avions presque plus rien et ma mère travaillait beaucoup pour nous sortir de là. C’est pour cela que ce sont mes grands-parents qui m’ont, en grande partie, élevée.

Daddy et maman

J’étais chez eux durant la semaine et le weekend aussi car ma mère avait besoin de sortir. À ce moment-là, elle était encore jeune et, suite à ses sorties, un homme est rentré dans nos vies. Celui qui, aujourd’hui, n’est pas seulement devenu un beau-père et a pris la place d’un véritable père. Cet homme que je surnomme Daddy est là depuis le début, il m’a aidée à devenir ce que je suis aujourd’hui. Il a rempli mon enfance de bons souvenirs, de beaucoup de bonheurs. Il m’a aussi apporté une famille, une vraie famille. Il était là quand tout le monde nous a tourné le dos à ma mère et moi. Ma mère… La femme que je trouve la plus forte au monde. Ma mère souhaitait simplement mon bonheur. Elle ne voulait pas que, comme elle, je subisse les coups d’un homme. Les coups qu’elle sentait s’écraser sur son corps à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, et ça, déjà bien avant ma naissance. Elle ne voulait pas que je subisse ça ! Mon Daddy est entré dans ma vie avec ses deux enfants qui sont aujourd’hui comme mes propres frère et sœur. Ils sont d’ailleurs bien plus importants que d’autres membres de ma famille qui sont pourtant du même sang que moi.

Du soleil et de l’ombre

Malheureusement du noir est quand même présent dans ce joli tableau. Mes deux parents travaillaient beaucoup et le premier enfant de leur union allait bientôt arriver… Et c’est donc encore une fois mes grands-parents qui se sont occupés de moi. Leur maison est le lieu où j’ai passé la plus grande partie de mon enfance. C’est un des seuls souvenirs que j’aimerais garder. J’ai eu la chance d’avoir le soutien et l’amour de mes grands-parents qui sont, pour moi, les personnes les plus importantes à ce jour. D’autres personnes qui vivent la même situation que moi n’ont pas toujours la chance d’avoir ce genre de personnes à leurs côtés. Vers mes six ans, mon père biologique a refait surface, mais les souvenirs sont brefs. Je me souviens juste des coups que me portait sa compagne alors que je n’étais qu’une enfant. J’ai compris par la suite qu’il était revenu parce qu’il s’opposait au mariage de ma mère et Daddy, qu’il ne voulait pas notre bonheur, qu’il ne voulait pas qu’on se reconstruise sans lui.

Cassée

L’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Cela m’a fait perdre toute confiance en moi. Je pensais que c’était de ma faute si on m’avait abandonnée, que c’était parce que j’avais fait quelque chose de mal. Je pensais même que tout ce qui s’était passé avait une seule et même cause : ma naissance. J’étais tellement mal que j’avais mal au ventre quand je rentrais chez moi. J’avais peur de croiser le regard de ma mère. Parfois, elle me regardait tellement mal que je ressentais toute la haine qu’elle avait pour lui. Elle le dénigrait tous les jours pour m’empêcher de l’aimer sans comprendre que j’avais tout simplement besoin de son réconfort. J’avais seulement besoin qu’elle me dise qu’on était mieux sans lui et qu’on avait juste besoin de mon beau-père pour être heureuses, ensemble.

Malade

À force d’être confrontée à cette haine, j’en ai développé une par rapport à moi-même et envers mon physique. C’est là que les mauvaises pensées m’ont traversé l’esprit et que les lames d’une paire de ciseaux ont – pour la première fois – touché et ouvert la peau de ma cuisse. Au fur et à mesure, les cicatrices étaient plus nombreuses sur mon corps. Cette douleur n’étant pas assez forte pour moi, le dégout de mon corps s’est ajouté et l’envie de ressembler à ces filles que l’on voit partout sur les réseaux était puissante. Eh oui, vous l’avez compris, je me suis réfugiée dans l’anorexie. J’ai commencé à vomir tout ce que je mangeais, mais cela n’a pas duré longtemps… Très vite ma forme physique a commencé à s’affaiblir. Comme je suis de nature très sportive, ma prof de sport et ma grand-mère s’en sont alors rendu compte. Suite à cela, elles m’ont aidée à reprendre gout à la vie. Mes ami·e·s m’ont aussi aidée à retrouver le sourire.

Je me relève

L’année de mes 14 ans est celle qui m’a le plus marquée, mais aussi la plus endurcie. C’était la période des garçons et du changement vers un corps de femme. Je venais de perdre une personne très chère à mes yeux et beaucoup de personnes ont profité de ma tristesse et de ma vulnérabilité. Il y avait un garçon, un peu plus vieux que moi, qui a essayé d’abuser de moi physiquement et mentalement. J’en ai eu marre. J’étais au bord du gouffre. Ne sachant plus quoi faire, mais ne voulant pas être un pantin toute ma vie, je me suis dit que j’étais la seule personne sur qui compter. Même si je n’étais pas toute seule, si je croyais en moi, la plus longue partie du chemin allait être accomplie. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à muscler le mental, et même mon corps. Le sport était devenu comme une drogue, c’était ma seule échappatoire. Ma famille n’était pas beaucoup présente, mais mes ami·e·s sont devenu·e·s comme une seconde famille pour moi.

Je vais bien

Aujourd’hui, je suis très heureuse ; de jour en jour, mes relations familiales vont de mieux en mieux et mes relations amicales sont plus solides que jamais. Pour mon plus grand bonheur, cela fait bientôt un an que je suis en couple avec une personne qui me donne le sourire chaque jour, même quand je ne suis pas dans un bon mood. C’est pour ça que je remercie ma famille, mes ami·e·s et mon copain. Sans elles, sans eux, sans lui, je ne m’en serais jamais sortie, mais surtout je me remercie moi-même d’avoir voulu m’en sortir ! À partir d’aujourd’hui, je me promets de toujours vivre pour moi. Le seul conseil que j’ai à donner aux personnes dans ma situation, c’est que même si le monde parait parfois cruel, il y a des gens sur qui vous pouvez compter. Demander de l’aide est difficile, mais c’est le premier pas à faire. Il ne faut jamais douter de vous. Connaissez vos valeurs et vos principes et ne laissez personne les remettre en question ou vous faire douter de vous.

Auteure : Shelsy, 16 ans, Louveigné

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R 

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