Lettre à mes jeunes

Lettre à mes jeunes

Ils veulent faire de vos vies un film de banlieue. Fiction remplie de weed, de kalach, de deal, de violence. Dur et sombre sera le thème du scénario écrit pour vous.

Seulement, nous ne sommes pas dans un film. La réalité est solairement douce. Loin de la destinée orageuse qu’ils prédisent. Vous êtes éclats d’amour, de joie, de bonheur. Vos rires soignent les maux. Votre humour guérit l’humanité.

Vous nous remettez en question et nous poussez dans nos retranchements. L’inconsciente sagesse dont vous faites preuve bouleverse, transforme ceux qui apprennent à vous connaître.

Si vous preniez la caméra, votre film transpirait l’amour. L’amour peu et sincère avec ses aléas, ses tristesses et ses victoires. Merci pour ce que vous nous donnez, vous faites et vous êtes.

Auteure : Fati, 24 ans

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Pourquoi, nous les jeunes, passons-nous de plus en plus de temps devant les jeux ?

Pourquoi, nous les jeunes, passons-nous de plus en plus de temps devant les jeux ?

Si les personnes nées dans les années 70 et avant se posent la question ce n’est pas pour rien, en effet, nous les personnes entre 10 et 30 jouons de plus en plus.

Que ce soit pour juste passer le temps, pour fuir une réalité trop négative ou pour y faire carrière, les raisons sont diverses même si la préférence va à la fuite (sondage fait personnellement).

Et oui, le monde que nous ont laissé nos aïeuls est tout sauf idéal mais ce n’est pas que de leurs fautes, n’oublions pas que même s’ils ont foutu le monde sans dessus-dessous, inconsciemment ou consciemment ils nous ont aussi laissé des outils pour réparer les erreurs donc pourquoi continuer à s’enfermer dans le jeu ?

Car c’est plus simple, répondront les boomers ; car on nous en demande trop, répondront les jeunes ; car on peut voir des mondes parfaits et/ou les réparer facilement, vous répondrai-je.

A l’heure actuelle, la beauté physique d’un jeu a autant d’importance que sa beauté narratrice. Donc il est de plus en plus facile et normal de trouver des jeux séduisants à l’œil où le monde dépeint a plein de beauté cachée (jouer à Elden Ring), des jeux, où on peut vite se sentir puisant, où on peut réaliser toutes nos envies, sont plus attractifs que le véritable monde sali par nos anciens et que trop peu de jeunes veulent laver.

Sans parler de certaines vies familiales désastreuses où le jeune n’a eu que les jeux pour s’en sortir.

Vous l’aurez sans doute compris mais je fais partie des ‘gamers temps plein’. Dès que je rentre chez moi, ma PS4 est allumée. Mais je fais, malgré tout, en sorte de laver un peu ce monde à ma manière et à ma vitesse. Mais bon par jour j’ai 6h de jeu quand même…

Pour terminer je dirais ceci : le jeu reflète souvent nos véritables envies de monde parfait ou de monde que l’on aide à nettoyer donc pourquoi ne pas vous lancer dans le monde réel ? Le gameplay est pas ouf mais meilleur graphisme que sur PC.

Auteur : Phoenix, 21 ans, Boussu

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Système scolaire, vecteur de stress

Système scolaire, vecteur de stress

Lors d’un atelier organisé en partenariat avec Service Citoyen, Scan-R a rencontré Corentin. Dès les premiers échanges, les premiers exercices, on sent chez Corentin une soif de militantisme et d’espoir pour faire bouger une société figée sur elle-même. Aperçu : 

A l’heure où élèves et enseignants se demandent quand finira l’état de crise infligé par le COVID-19, où il devient difficile de suivre continuellement les nouvelles mesures prises par le gouvernement, la question de la santé mentale semble être, plus que jamais, au centre des débats. Cette même santé mentale qui était trop peu souvent questionnée dans le quotidien des acteurs de l’enseignement devient cruciale. Faut-il uniquement se contenter de limiter les dégâts pour les mois à venir ? Ou doit-on interroger le système pédagogique en lui-même ?

Comment en était-on arrivé à un tel point de rupture pour les élèves et les professeurs ? C’est la première question à laquelle nous devons faire face si nous espérons trouver des pistes de solution pour les années à venir. Il faut remonter le temps et revenir à la période « pré-covid » quand école rimait avec stabilité et règles clairement établies.

En tant qu’ancien élève ayant tout juste terminé ses secondaires, je dois avouer avoir été frappé par la place que prenait le stress dans le quotidien des jeunes. Une pression continue qui semble peser de tout son poids sur les épaules des étudiants tout comme sur celles des enseignants les encadrant. Il y a continuellement une échéance importante à venir qu’elle prenne la forme d’un projet à rendre ou d’une évaluation à passer. Qu’est ce qui explique que les matières scolaires provoquent un tel stress chez les élèves ? Pourquoi voit-on une interrogation « ratée » comme une fatalité ? Pour apporter des réponses à ces questions, il faut prendre du recul, sortir du système scolaire pour analyser les idées toutes faites véhiculées par la société. Nous avons tendance à survaloriser la réussite et à dénigrer l’échec. La défaite est vue comme une fin en soi et non comme une étape vers un résultat positif.
Lorsque l’élève ayant des difficultés depuis des années en mathématiques reçoit sa feuille d’interrogation avec un simple 8/20 écrit en rouge, quel message lui renvoie-t-on ?
Il va considérer que les efforts qu’il a mis en œuvre pour arriver à ce résultat ne valaient pas la peine. Le problème étant que si cette situation est appelée à se répéter, le jeune va perdre confiance en lui et laisser tomber. Il ressentira donc soit un profond stress soit un découragement total à l’annonce de la prochaine évaluation. Il est crucial de mettre davantage en lumière les efforts fournis par les élèves. Il faut que chaque étudiant comprenne l’origine de ses fautes. Dans ce cadre, l’existence de remédiations est primordiale afin que le jeune associe son erreur non à un manque de travail ou de capacité mais à un manque de compréhension. Enfin, l’entraide entre les élèves permet à chacun d’échanger sur ses difficultés, de s’inspirer des méthodes de ses pairs et de reprendre confiance pour se sentir utile et compétent.

Il ne faut pas non plus être utopiste. Comment les enseignants peuvent-ils être au courant du cas de chacun ? La première étape serait, sans doute, de réduire la charge de travail des professeurs pour qu’ils puissent renforcer leur relation, base de l’apprentissage, avec les jeunes.

En parlant de charge de travail, il serait totalement contre-productif de l’aborder sans évoquer les programmes scolaires. Ces quotas de savoir à transmettre aux élèves mettent l’équipe pédagogique dans une position délicate. Véritable dilemme entre s’assurer de la bonne compréhension de chacun ou aborder tous les points du programme, il est vecteur de stress pour les enseignants. Ce même stress se répercute sur les jeunes que cela prenne la forme d’un rythme soutenu ou simplement dans la façon de donner cours. Nous devons apprendre à favoriser la qualité à la quantité.

Ensuite, si nous parlons de la question du rythme scolaire, il est impossible de ne pas aborder l’importance des moments de pause. Nous avons tendance à l’oublier mais il reste difficile pour bon nombre de jeunes de rester concentrés pendant plusieurs heures. C’est dans ce cadre qu’il faut mettre en place davantage de pauses dans le quotidien des élèves comme des professeurs. Il est évident qu’une journée entière passée à l’école suivie de plusieurs heures à la maison pour travailler ou étudier des matières scolaires est vecteur de fatigue mais également de stress.

Pour conclure, nous devons voir la crise sanitaire comme une véritable opportunité de remettre en question les systèmes qui nous entourent dont le système scolaire. Transformons cette pandémie en un moteur pour le changement de demain. Commençons par redonner du sens à l’échec, à inverser la tendance pour privilégier la qualité à la quantité et ayons courage de briser le rythme infernal dans lequel nous sommes enfermés bien trop souvent. Ne voyons pas cette remise en cause comme un projet uniquement porté par les étudiants mais également par les enseignants car le bien-être mental est crucial pour l’apprentissage comme pour la transmission de savoirs !

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Corentin, 18 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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La jeunesse est perdue ?

Perdue ou oubliée la jeunesse ? C’est peut-être bien l’avis de Bilal. Comment faire en sorte qu’elle retrouve un chemin ? Lui foutre la paix et oublier la pression !

Pour moi, la jeunesse n’est pas perdue. Les personnes qui le disent sont plus âgées. Je trouve assez culotté qu’on nous dise qu’on ne fait pas ce qu’il faut alors que les responsables de notre situation sont aussi ceux et celles qui nous ont mis dans cette situation ! Le gouvernement nous met énormément de la pression tout le temps, il nous forme à être des étudiant·e·s modèles et parfait·e·s. Tout cela sans se demander si ces décisions ou réformes, ne nous affectent pas ? Est-ce qu’on a déjà oublié l’année « hybride » ?
Aujourd’hui encore, cette année hybride nous touche. Ces mois passés en mode hybride ont généré des carences. À la base, nous dispenser de quelques matières peut paraître chouette mais au bout du compte cela nous fera, sans le moindre, du tort. Je m’inquiète aussi des possibles discriminations à l’embauche envers la jeunesse qui aura eu deux années de cours en mode hybride.
Je subis. Peut-être bien que je parle au nom de tous les jeunes quand j’écris qu’il faut arrêter de nous mettre la pression. Arrêter de nous pénaliser pour des causes dont nous ne sommes en rien responsables. Ces pénalités ne sont pas dues à une quelconque flemmardise ou de je-m’en-foutisme de notre part.

Auteur : Bilal, 17 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R de la Caravane des assises de la jeunesse.

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Maisons des jeunes, maison en ruine

Maisons des jeunes, maison en ruine

Olivier, animateur à la Maison des Jeunes (MJ) La Clef, nous offre son ressenti par rapport à son travail, par rapport aux jeunes. En prenant le temps, il décortique et observe.

Ça se détricote …

Maison des Jeunes. J’ai toujours pris ce mot “maison” à son sens premier. Un endroit où on est accueilli, où on se sent bien, au chaud ; où on peut échanger, se rencontrer et grandir en sécurité. Aujourd’hui, nos maisons sont en ruine. Tout ce qu’on a pu bâtir patiemment, au fil du temps, tous ces liens qu’on a tissés, tout cela a été abattu sous les coups de butoir de la pandémie et de décisions dont on cherche, parfois, encore le sens.

Abandonné·e, une fois de plus ?

Les Maisons de jeunes ont été assimilées aux mouvements de jeunesse. Or, à mon sens, nous sommes bien davantage. Je n’ai jamais perçu mon métier comme un moyen d’occuper des « gamins oisifs et turbulents ». J’ai toujours vu les MJ comme un outil pour élargir les horizons de ces jeunes, ouvrir le champ des possibles, leur montrer aussi que leur voie n’est pas forcément tracée et qu’ils peuvent être – et sont- maitres de leur destin. Les MJ sont des lieux d’échange… échange des savoirs, échange des cultures. Les Maisons de jeunes sont aussi, pour certain·e·s bénéficiaires, parfois déscolarisé·e·s, un des derniers liens avec la société, qui permettait parfois de les raccrocher. Pour ces jeunes-là, déjà bien abimé·e·s, la pandémie et les mesures représentent un abandon de plus, les laissant sur le bord du chemin. Pour eux, les conséquences sociales et psychologiques sont incalculables.

On aurait pu …

On a considéré les MJ comme non essentielles. Or, je pense sincèrement que c’est le contraire. Nous aurions pu trouver des moyens de fonctionner autrement, sur base d’entretiens individuels, afin que les jeunes puissent évoquer leur vécu, leur ressenti. On aurait pu aussi ouvrir des espaces multimédias afin que les jeunes, qui n’ont pas forcément d’accès informatique, puissent étudier. On a pu finalement commencer à mettre cela en place pendant ce second confinement, mais je crains que ce ne soit déjà trop tard pour beaucoup. En effet, si cette crise a mis quelque chose à jour, ce sont les inégalités sociales et scolaires. Au lieu de nous permettre d’être une alternative pour tous ces jeunes, on nous a obligés à fermer.

Le secteur se démène puis s’épuise ?

On a donc essayé de se réinventer, de proposer des activités en ligne, de faire de l’occupationnel ce qui, contrairement à ce que beaucoup croient, n’est pas le cœur de notre métier. On s’est regroupés entre MJ pour essayer de proposer le plus large panel d’activités possibles, pour permettre à des jeunes de différents horizons de se rencontrer, d’échanger ne serait-ce que virtuellement. Et ça a marché pour certain·e·s, mais beaucoup sont resté·e·s sur le carreau. Parfois bêtement parce qu’elles ou ils n’ont pas les outils nécessaires, parfois par manque de concrétude. Inquiétant, un bateau qui n’a plus d’amarres part à la dérive. Tout le secteur s’est démené. On s’est épuisé, mais tout cela a été souvent vain. Je n’ai pas de problème à courir, à me battre mais j’ai besoin de savoir où je vais. À ce titre, je n’ai jamais compris le principe de la course sur tapis roulant dans les salles de sport et si je devais résumer cette période de confinement en une phrase, je dirais que, pour moi, c’était comme courir sur un tapis roulant au milieu d’un champ de ruine. C’était s’essouffler dans le vide.

Le jardin

Malgré tout, je crois qu’il faut garder espoir. Si on n’a pas d’espoir, on ne doit pas faire ce job. Un magnifique jardin peut pousser sur un champ de ruine. Il va nous falloir retrousser nos manches, nous réinventer et travailler deux fois plus fort pour reconstruire nos maisons, sans doute autrement, au cœur de ce jardin.

Auteur : Olivier

Cet article a été écrit lors l’action Raconte-nous ta MJ

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