Injustice envers soi-même

Injustice envers soi-même

Ayoub nous emmène sur de nombreux chemins, celui de quelques grands poètes, aventuriers ; il nous emmène aussi sur les chemins de randonnée qu’il aime tant et il nous emmène, enfin, vers les chemins incroyables de ses pensées généreuses et jolies.

”Que sur son cul”

« Mais tu es trop bête » dit-il, « Franchement reste à ta place » dit-elle, « Mais qui tu es toi ? » disent-ils et elles, tous et toutes, du haut de leur arrogance et de leur orgueil. Mais comme le disait Montaigne (1) : « Sur le plus beau trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul ! »
Sachez chères lectrices, chers lecteurs, que je vous comprends, je vous ressens, je perçois mes chaines et les vôtres. Les chaines de ce que je pourrais appeler « l’impuissance apprise ». Depuis notre tendre enfance, notre entourage, inconscient de cette notion de « justice envers soi », nous martèle d’expressions telles que celles citées dans l’introduction. Concentrons-nous un peu sur cette notion de ce qu’on pourrait appeler l’ injustice envers soi et partons en randonnée, tou·te·s ensemble, pour découvrir de quoi il s’agit ! Je dis “randonnée” parce que c’est une de mes passions et activités préférées. Quand je suis en randonnée, je me sens libre, c’est ressourçant, sauvage, et de surcroit c’est ce qui m’a, en partie, fait arrêter l’école.

Casser le moule

Arrêter l’école en 5ème professionnelle menuiserie a été une libération. Je me suis rendu compte que les institutions, que ce soit l’école, les supérieurs hiérarchiques ou autres, posent un voile sur nos qualités, nos potentiels, notre créativité. Elles essayent de nous faire rentrer dans un moule, une case bien définie.
C’est un peu comme l’image de l’éléphant et de la corde. Jeune, pour éviter qu’il s’enfuie, l’éléphanteau est accroché à un arbre. Une fois devenu éléphant, il subit la même brimade de la part de son propriétaire et l’éléphanteau devenu éléphant ne se rend pas compte de sa force, de sa taille et de sa puissance. Il se soumet à cette corde et ne peut s’en libérer. Mentalement, il ne l’a encore jamais fait.

L’histoire de l’éléphant

L’injustice envers soi, c’est exactement comme pour l’éléphant. Ce paradoxe est à mettre en parallèle avec nos propres expériences. Une fois adulte, nous sommes conditionné·e·s, enchainé·e·s aux aspirations des autres : la recherche d’un poste, d’un diplôme… Bref du prestige qui, finalement, ne nous sera pas utile dans notre tombe. Je ne prône pas le fatalisme ou l’ascétisme mais, justement, tout le contraire. Ce que je veux mettre en avant, ici, c’est que le fait de se définir par la réussite selon la société ou se laisser définir par l’aspiration des autres, qui ne nous connaissent en fait pas, cela revient à cultiver cette « injustice envers soi ». En fin de compte, nous parvenons à acheter une maison, mais pas un foyer, de la nourriture mais pas la santé, les plaisirs matériels, mais pas le bonheur !

Jamais seul avec mes questions

Au début du texte, j’ai dit que j’aimais la randonnée. En randonnée je suis seul dans un état de solitude total, et dans cette position je me pose un tas de questions : Qui suis-je ? Où vais-je ? … Et je fais aussi tout un tour dans mon intimité. Finalement, c’est aussi libérateur. Cela me permet d’être juste envers moi-même en sondant mes qualités, mes aspirations, mon potentiel à leur juste valeur et avec humilité. Chacune, chacun a ses différentes manières de faire mais si vous devez retenir une seule chose de ce texte : ne laissez personne vous définir. Même pas l’université puisqu’un Homme peut créer une université mais jamais le contraire ! Faites de votre pensée un empire. « N’attends d’applaudissements de personne d’autre que toi-même » dit Richard Francis Burton (2). Ne vivez jamais dans les idées des autres !
Actuellement, dans la société occidentale et riche, nous avons, en tout cas pour la majorité d’entre nous, un toit sur nos têtes qui est, certes, un facteur d’émancipation majeur, mais la capacité de créer sa propre maison intellectuelle l’est encore plus !

”Le monde nous attend”

Alors chers lecteurs et chères lectrices, le monde nous attend, l’injustice commise contre soi-même est parfois bien plus violente que l’injustice sociale alors comme le disait Gandhi (3) « Le plus grand voyageur n’est pas celui qui fait dix fois le tour du monde mais, une fois, le tour de soi-même ». Freinez cette violence qu’on vous inflige par l’émancipation, permettez-vous d’être en colère parce que (allez encore une dernière) comme le disait Malcolm X (4) : « Quand un homme est triste, il ne fait rien pour changer sa condition. Quand un homme est en colère, il agit pour le changement ». J’ai été trop souvent injuste envers moi-même, mais arrêter l’école et commencer la randonnée m’ont sauvé. Je vous partage mon vécu, qui est celui de beaucoup d’autres personnes, en espérant que cela vous sera utile. Mais sachez que vous méritez plus de compréhension malgré ces jours difficiles de confinement. Les beaux jours sont encore à venir !
Que la paix vous accompagne !

Notes de la rédaction

Michel de Montaigne (France 1533 – 1592) est auteur, philosophe et bien plus. Pour en savoir plus, en moins de quatre minutes et en vidéo, voici un lien lien.

Richard Francis Burton (1821 Angleterre – 1890 Italie) est un voyageur infatigable et un polyglotte hallucinant. Mauvais étudiant, il a été un des premiers Européens à faire un voyage jusqu’à la Mecque ; il était aussi anthropologue, escrimeur, diplomate, poète… Pour en savoir plus, voici un lien.

Mohandas Karamchand Gandhi dit Gandhi (1869 Empire britannique – 1948 Inde), est un homme politique indien et instigateur du mouvement d’indépendance indienne. Militant pour la désobéissance civile, il a œuvré et plaidé pour la rébellion non-violente. Le lien pour en savoir plus.

Malcom X (USA 1925 – 1965), est une des figures de proue du mouvement américain des droits civiques qui visait à instaurer une égalité des droits entres Noir·e·s et Blanc·he·s. Un lien pour aller plus loin.

Auteur : Ayoub, 21 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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La bombe ou la vie

La bombe ou la vie

Maroan est bénévole pour la Croix-Rouge Jeunesse (CRJ) – (1). Lors d’un atelier Scan-R, il a profité de la parole qui lui était offerte pour relayer celle d’un jeune réfugié dont il ne connait même pas le nom.

La bombe

Tout a débuté dans l’ombre d’un obus. L’engin de mort était là, insolent et immobile, prêt à mettre fin à la vie d’un adolescent. Lui, bout d’homme rêveur, n’avait – on s’en doute – aucun intérêt dans cette guerre. Que l’Occident bombarde son bout de terre, il n’en voyait pas les raisons, n’en comprenait pas les causes. Certes, il n’avait pas que des éloges à la bouche mais, face à l’ironie du sort, il s’était résigné. La pauvreté serait sa condition et l’horizon n’inciterait pas son cœur à courir. Mais quand l’obus tomba juste à côté de lui, sans exploser, sans réduire à néant sa petite voix, sans lui clouer le bec, il eut comme une révélation.

Seul

Père et mère dormaient à jamais dans le jardin, sous la terre d’un pays misérable, ils n’étaient plus ses contemporains, juste des souvenirs d’une époque heureuse. Rien ni personne ne le retenait donc sur ces terres arides, il était libéré de tout amour familial. Face à l’obus, face à sa réalité, il comprit alors que son destin pouvait changer. Il comprit que la fatalité n’était pas le dernier chapitre de son roman. Il rêvait d’Europe. Il rêvait de lendemains qui chantent, de repas dignes de ce nom. Il rêvait d’autre chose. Ce sera l’aventure d’une vie. Son meilleur ami avait tenté le coup, il était parti au bras d’un passeur, un de ces brigands du désert. Pourquoi, lui, le mioche ne pourrait-il pas faire de même ?

Vers un monde meilleur ?

Ses petites économies en poche, il alla marchander sa place dans une vieille barque. De la mer, il n’avait entendu que des rumeurs et des bruits de vague. Habillé de toute l’insouciance de sa jeunesse, il ne s’était guère interrogé sur ses talents de nageur. Quand l’optimisme vous habite, l’impossible semble dérisoire. Pour un bout de pain, sans arme, on tuerait Godzilla. Le voilà, ce jeune caillou sans consistance, embarqué dans un périple où seul le danger règne. Il va fuir la mort et les douaniers, les prédateurs et les intempéries. On n’est pas prêt quand on a quinze ans. Rien ne prépare un enfant face au guêpier. On pense être un surhumain, on pense être une anomalie de l’histoire. En réalité, on n’est rien de plus qu’un gamin aveuglé par le champ des possibles. Durant l’aventure, la faim et la fin naviguaient à ses côtés. Il priait le ciel et le dieu qui y résidait. Il priait pour atteindre le marché du travail, l’opulence européenne. Il priait comme un prêtre agonisant. Deux semaines dans la clandestinité, deux semaines au bord du gouffre, il ne perdait jamais confiance. Père et mère l’observaient et l’encourageaient, il entendait leurs murmures.

Mourir ?

Ce n’était pas une croisière, il n’avait pas le luxe de lambiner car tout allait vite. Un bébé qui hurle, un gilet de sauvetage crevé et l’eau qui s’infiltre, ce n’était pas une croisière. Comment croire que le destin est favorable, que les vents soufflent du bon côté quand la mort guette entre les fissures d’une piètre embarcation en bois ? La flotte, il la voyait jusque dans ses cauchemars éveillés. Un môme qui se noie est un drame chez nous, là-bas c’est une banalité affligeante. Ça a débuté comme ça et cela finirait aussi comme ça, dans l’oubli d’un océan colérique et l’indifférence du monde. L’espoir s’effrite, ses miettes vous glissent entre les doigts et l’Europe semble s’éloigner. Il écoutait le bruit d’un moteur, se disait que, peut-être, sa décision n’était pas la bonne. La témérité ne paie pas, elle vole. L’obus ou la noyade, ce n’était plus qu’une question de point de vue.

Sauvé ?

Soudain, le capitaine de l’embarcation pointe au loin et du doigt une tache noire, c’était leur salut, le sol espagnol. Le gamin s’approchait d’une éventualité heureuse. Son dieu, là-haut, perché sur ses nuages, ne l’avait pas oublié. L’histoire continuerait pour lui, il allait l’écrire à l’encre rouge.

Sa vie et la mienne

Cette histoire, c’est un ado que j’ai croisé dans la file qui menait à la distribution alimentaire, qui me l’a racontée. J’étais bénévole pour les aider, il était en attente. Il attendait son sachet de nourriture et le droit de passer en Angleterre. Allez comprendre pourquoi ce pays les attirait tous alors que ces Britishs venaient de divorcer de l’Union européenne. Les méandres de la politique ne rentraient pas dans ses considérations, ce petit voulait juste grignoter le rêve européen. « English … I want to have a job and do my best… » Je ne sais pas si mon anglais était rouillé ou si ce jeune candide était plutôt taciturne, mais la discussion n’alla pas plus loin. J’ose imaginer que sa pudeur lui refuse de se déshabiller face à un inconnu, quand bien même cet inconnu porterait une chasuble de bénévole. Je le croisais la semaine suivante, il était plus loquace. « In Libya … boum boum … a lot of gun and dead people … » Son récit était saccadé et glaçant. Nous avons échangé quatre fois, il se livrait comme un cerisier japonais, de façon éphémère. Je devais recoller les morceaux d’une vie déchiquetée tout en faisant mon boulot. Je ne pouvais concevoir un parcours aussi tumultueux. Je n’étais passé que par des déceptions amoureuses et le stress des examens. Aucune comparaison, aucun lien. J’avais honte de mon roman personnel, si confortable et prévisible. Lui, sans être demandeur, survivait entre les rebondissements du sort et la misère du monde. Je voulais l’aider, lui permettre d’aller plus vite dans la file, mais ce n’était pas chose aisée. Cette file était une mosaïque d’infortunes et de nécessités. Peut-être que son histoire ne valait pas celle du vieillard devant lui, celle de la jeune mère derrière. J’avais des consignes et je devais obéir. C’est ça aussi être bénévole. Se rendre compte que l’altruisme est, lui aussi, réglé.

 

Notes de la rédactionLa CRJ est l’organisation de jeunesse de la Croix-Rouge de Belgique. Depuis 1981, elle a pour mission d’accompagner, de soutenir et de stimuler les jeunes à devenir des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires), tout en valorisant leur potentiel comme acteur de changement. Elle travaille autour de trois axes : animer et sensibiliser sur les premiers soins, accompagner et soutenir les jeunes dans leur engagement citoyen, participer et représenter des jeunes au sein des instances de gouvernance et aux processus décisionnels à la CRJ et à la Croix-Rouge de Belgique.

Auteur : Maroan, 29 ans, Vilvoorde 

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Pour faire bouger les choses, il faut déjà réussir à échapper aux embouteillages et sortir de l’immobilité imposée ! Plutôt que de se lamenter, Aurelio à enfourcher son vélo et, avec d’autres, elles...

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Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

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Elles + il = ils

Elles + il = ils

On ne doit pas attendre d’être capable de poser un pied devant l’autre avant de devoir subir des remarques sexistes, on peut même en recevoir avant même son premier mois. Le pire, dans le récit de Laura, 20 ans, c’est que ça ne s’arrête pas et que tout, tous et toutes s’échinent à la faire rentrer dans un moule, à marteler qu’en tant que femme, elle ne sera libre d’être de faire, de dire, ce qu’elle souhaite.

Fille ou garçon ?

Lorsque ma mère était enceinte de moi, on lui a souvent demandé si j’étais une fille ou un garçon. Lorsque les gens apprenaient que je naitrais de sexe féminin, ils disaient souvent que ma mère avait de la chance d’avoir une fille car les filles sont plus calmes et plus douces que les garçons. Ils disaient également que quand je grandirais je pourrais l’aider à faire les tâches ménagères. Même avant ma naissance, je faisais déjà face au sexisme. Quand je suis née, j’ai eu des tonnes de cadeaux à la maternité… Des cadeaux tout roses, des poupées … J’ai aussi eu la chance de naitre avec énormément de cheveux et heureusement car je suis une fille après tout. Les filles qui naissent sans cheveux on les prend pour des garçons. Quelques jours après ma naissance, j’ai eu une grave infection et je suis passée à deux doigts de la mort. Je pleurais dans la salle d’attente aux urgences pédiatriques. Un papa a alors dit à son petit garçon en me désignant « pour faire une comédie comme ça, c’est forcément une fille ». C’est donc à 10 jours de vie que j’ai eu ma première remarque sexiste.

Se faire toucher, c’est normal ?

Quand j’avais 3 ans, les garçons de ma classe n’ont pas hésité à me jeter au sol dans la cour de récré pour soulever ma jupe et toucher ma culotte. Lorsque j’ai réussi à leur donner des coups de pied pour me défendre, les adultes m’ont punie en me disant que les garçons voulaient juste jouer et que je n’avais pas à les frapper. En même temps, les adultes ont sans doute raison, je reste tout de même une fille et les filles, ça ne se bagarrent pas. Quand j’avais 5 ans, ma mère vivait avec un pervers narcissique. J’ai été témoin d’actes et j’ai entendu des mots qui resteront à jamais gravés en moi : « Les femmes ne sont qu’une sous-merde qui ne mériterait même pas de vivre en dehors d’une cuisine ou d’une buanderie ». Il avait surement raison, c’est bien connu que la place de la femme c’est à la cuisine.

”Il pleure comme une fille”

Quand j’avais 7 ans, ont m’a appris que dans une partie de bataille, le roi battait la reine, que le chef de la maison c’est papa, et que « elles + il = ils ». Autrement dit, dix filles sont inférieures à un seul garçon. J’ai donc appris très jeune que les femmes n’avaient aucune valeur dans la société et que nous serions toujours considérées comme inférieures. Cela m’a choquée, je ne comprenais pas ce que j’avais en moins que les garçons mais dans tous les cas, je n’ai pas mon mot à dire, ce sont les hommes qui me l’ont appris. Quand j’avais 9 ans, je jouais dans la cour de récréation avec mon ami. Il est tombé et a commencé à pleurer de douleur. Les professeurs lui ont alors dit qu’il pleurait « comme une fille » et que les hommes, les vrais, ça ne pleurent pas. Le lendemain, nous avons appris que deux de ses doigts étaient cassés. Quand j’avais 11 ans, j’ai eu mes toutes premières règles chez mon père. Il a été incapable de m’expliquer ce qu’il m’arrivait et m’a donné son téléphone pour appeler ma mère. J’ai donc eu le bonheur de devoir me limiter à une brève explication pour ensuite devoir faire appel à Google.

Jamais libre

Quand j’avais 12 ans, j’ai sorti une serviette hygiénique neuve et emballée de mon cartable. Mon camarade de classe m’a regardée avec de grands yeux écarquillés en disant que je l’avais choqué. En quoi je l’avais choqué ? Je ne le sais toujours pas. Tout ce que je sais, c’est que j’ai cessé d’embêter les garçons avec « mes problèmes de filles ». Quand j’ai commencé à avoir de la poitrine, ma mère m’imposait de mettre des soutiens-gorge en présence d’homme, même si c’étaient des membres de ma famille. Après tout, il ne faudrait pas que je donne d’idées à mon grand-père ou à mon petit frère, ça reste des hommes. Quand j’avais 13 ans, mon comportement était guidé par tout le monde sauf par moi. Les gens me disaient « tu n’aimes pas le rose ? tu n’es pas une vraie fille », « maquille-toi, tu sembleras plus jolie », « tu te maquilles déjà à ton âge ? ça fait vulgaire ! », « habille-toi comme une fille, mets des robes. Non pas celle-là c’est trop court, tu comptes aller faire le trottoir ? », « que tu es sensible ! tu as tes règles ou quoi ? »

Quand j’avais 14 ans, j’ai été abusée sexuellement par un homme de 25. Il m’a manipulée et menacée. Je n’étais pas sa seule victime, au total, une dizaine de filles de mon âge et de mon école ont été confrontées à cet homme. Nous sommes plusieurs à avoir porté plainte et malgré cela, l’affaire a été classée sans suite. La police a considéré que des enfants n’avaient pas la maturité pour comprendre ce qu’était un viol et donc que nous n’étions pas capables d’affirmer que nous avions été agressées sexuellement. Par après, lorsque j’en parlais, j’avais des réflexions du genre : « si tu ne pleures pas, c’est que tu mens », « Vous les filles vous criez au viol dès qu’on respire le même air que vous », « tu étais habillée comment ? » …

Quand j’avais 15 ans, lors de mon premier stage au sein d’un home, il y a eu une semaine de canicule avec 40°. J’ai donc osé mettre une robe, pour mieux supporter la chaleur. Un résident, âgé de 80 ans, n’a pas hésité à complimenter mes « nichons » ainsi que de toucher ma jambe lorsque je lui ai apporté son plateau repas.

Un an plus tard, mon petit copain de l’époque, âgé de 18 ans, m’a quittée car je ne voulais pas avoir de relations sexuelles avec lui. Par après, j’ai appris qu’il avait forcé une fille de 12 ans à en avoir et qu’elle était tombée enceinte. À l’heure actuelle je me dis que ça aurait pu être moi, ou alors, que si j’avais accepté ses avances, il n’aurait peut-être pas violé cette fille.

Je dis non

Quand j’avais 17 ans, je décide de changer radicalement. Fini pour moi de rentrer dans la case du sexe faible, dorénavant je me battrai pour mes droits. Au début, je ne savais même plus reconnaitre une situation ou un propos sexiste tellement cela est normalisé dans notre société. J’étais loin de me douter que mon plus grand combat serait au sein de ma propre famille. En effet, la plupart des remarques sexistes auxquelles je fais face au quotidien viennent de ma mère. Ces réflexions quotidiennes telles que « ton rouge à lèvre fait pute, met un soutien-gorge quand tu n’es pas seule, rase-toi, on dirait un homme » et j’en passe ne font que confirmer le fait que les idéologies sociétales envers les femmes sont abusives. En tant que femmes nous ne pouvons pas nous habiller, coiffer, maquiller comme nous le souhaitons. Peu importe ce qu’on fait, nous serons toujours jugées par quelqu’un. Ce que certaines personnes trouveront négligé, d’autres trouveront cela extravagant et ce dans tous les aspects de nos vies. Quand j’avais 18 ans, j’essayais de faire prendre conscience à mon entourage des inégalités autant pour les femmes que pour les hommes. On disait souvent de moi que j’étais une de ces féministes hystériques qui voulait à tout prix prendre le pouvoir sur les hommes.

Ça ne s’arrête pas …

Quand j’avais 19 ans, lors d’une nuit caniculaire, j’étais dans ma chambre et je regardais un film. Ma chambre est mansardée, mes fenêtres sont au sol au lieu d’être des velux. Il était 1h30 du matin et la fenêtre de ma chambre, côté rue, était ouverte pour que la chaleur soit un peu plus supportable. C’est alors qu’un homme qui passait dans la rue m’a appelée. Je ne pensais pas que les personnes dans la rue pouvaient me voir. Il a essayé de me convaincre de le laisser entrer chez moi. Comment pourrais-je me sentir en sécurité dans un monde ou le danger rode à l’intérieur même de ma propre maison ?

Aujourd’hui j’ai 20 ans, quand je dis aux autres que je ne veux pas d’enfant, ils me répondent « ça viendra », « tu changeras d’avis », « toutes les femmes ont l’instinct maternel » … On me fait comprendre que sans enfant, ma vie sera misérable et ennuyeuse, que personne ne veut d’une femme comme ça. Pourtant, je sais au fond de moi que ne pas devenir mère est le bon choix pour ne pas gâcher la vie de mes futur·e·s enfants non désiré·e·s.

Peurs

Concernant l’avenir, j’ai peur. Peur de ne pas avoir le même salaire qu’un homme, peur de me faire agresser à n’importe quel moment, peur que la société n’accepte pas mon choix de ne pas vouloir devenir mère, peur de subir du harcèlement sexuel, peur que tout ce que je fasse ne soit jamais considéré aussi bien que ce que pourrait faire un homme, peur de devoir gérer seule la charge mentale des tâches ménagères, peur de voir comment vont évoluer mon petit frère et ma petite sœur, tous deux remplis de pensées inégales, et bien sûr, j’ai peur du féminicide … J’ai tout simplement peur de ne pas pouvoir vivre ma vie à cause d’une partie de mon corps qui se trouve à l’intérieur de moi au lieu de l’extérieur. Merci à toutes et tous pour l’intérêt que vous portez à ce texte et à ma vie en tant que femme.

Auteure : Laura, 20 ans, Dour

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La dyslexie, ma meilleure ennemie ?

La dyslexie, ma meilleure ennemie ?

Stanislas s’exprime sur un trouble qui le touche et touche de nombreuses personnes dans tous les moments du quotidien : dans leurs relations professionnelles, sociales … Il écrit aussi sur lui. Cela pourrait nous paraitre simple ou basique, mais croyons-le, ceci est bien plus qu’un petit texte pour lui !

Longtemps silencieux

Je suis né en mars 1999, à Ath, une ville du Hainaut. Trois ou quatre ans plus tard, je prononce mes premiers mots, tard me direz-vous… Et je vous répondrai que j’ai pris mon temps, du moins c’est ce que je pensais. J’ai eu du mal à m’exprimer… Mais, question, quel enfant n’a jamais eu de mal à dire ce qu’il veut ou ce qu’il ressent ?

Tout allait bien ?

Ma vie a suivi son cours. Malgré certaines difficultés, pour les cours de français ou d’expressions, je continuais mon parcours scolaire. Le tout, sans vouloir me vanter et de manière générale, avec de très bons résultats. C’est durant ma 4ème primaire, que ma professeure fit remarquer que malgré une lecture régulière (via les devoirs, les livres demandés … ), j’avais encore des difficultés à m’exprimer oralement et une difficulté certaine à écrire correctement. Ce n’est pas que je ne savais ni parler ni écrire mais parler à haute voix, sans bugguer sur des mots ou me répéter, ou encore écrire des phrases claires, sans fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, se révélait être un gros souci pour moi… En tenant compte de tout cela, elle conseilla à mes parents que je consulte une logopède.

La rencontre

Peu de temps après, je rencontrai cette dernière, elle s’appelait Madame Chawaf. Je me souviens avoir fait divers exercices avec elle. Mon père m’a même expliqué qu’au retour, j’avais boudé : j’avais eu l’impression de passer un examen, plus que de simples exercices, comme elle me l’avait dit. Après, le diagnostic est tombé : « Votre fils est dyslexique » a-t-elle dit à mes parents, lors de notre troisième visite. Elle les aurait rassurés, rajoutant que c’était une dyslexie « faible » et que cela ne m’empêcherait pas de suivre des cours normaux ou de faire des études. Elle avait raison ! En ce qui me concerne, je rentrais dans l’inconnu : Qu’est-ce que la dyslexie ? En quoi cela m’impacte ? Cela va-t-il empirer ? Comment pourrais-je améliorer ma situation ? Toutes ces questions n’ont pas trouvé une réponse immédiate. Pour certaines, j’ai pris plus de temps. Pour d’autres, je n’ai pas encore totalement la réponse.

Message à mon passé

Si je pouvais parler au petit garçon que j’étais, à mes dix ans, je lui dirais : « Ne t’en fais pas, même si pour le reste de ta vie, tu éprouveras du mal à communiquer et à t’exprimer… Tu t’en sortiras. Surtout ne te tracasse pas pour les difficultés que tu rencontreras, elles ne sont rien par rapport aux progrès que tu feras ».

On m’aide, j’aide

Dès le jour où on m’a diagnostiqué, deux fois par semaine, durant trois ans, jusqu’à mon entrée en secondaire, j’ai suivi des séances, avec cette logopède. Je me souviens avoir fait beaucoup d’exercices sous formes de jeux (par exemple : un jeu de l’oie basé sur les différentes « sections » du français comme l’orthographe, la conjugaison, le vocabulaire, etc.).
Pour l’anecdote, j’ai réutilisé certains exercices pour aider une jeune fille que je connaissais qui était aussi atteinte de dyslexie. Cela me semblait important de la soutenir et d’apporter mon aide. J’invite toutes les personnes atteintes d’un trouble « dys » à en aider d’autres atteintes elles-aussi. Cela m’a aussi permis de changer de cap. Je suis passé de ce que je qualifierais de « je subis ce trouble » à « je vis avec ». Je ne vais pas vous mentir, cela m’a fait plaisir d’apprendre qu’elle faisait des progrès et qu’encore maintenant, elle utilisait certaines astuces que je lui ai apprises.
Mais revenons à ma petite histoire, comme la logopède avait pu le dire, cela ne m’a pas empêché de réussir toutes mes années en une fois. Je peux m’estimer heureux d’avoir été un bon élève dans les autres matières, me permettant de rattraper les cours de français et de langues modernes.

C’est, sera, toujours un peu compliqué

Tout ça pour dire, que malgré les aides que j’ai reçues et les efforts fournis, j’ai encore pas mal de difficultés lorsque je m’exprime ou lorsque j’écris. Quand j’imagine mon futur, je me dis que le plus dur est fait, que je dois m’accrocher à mes progrès. Je sais que ça me posera problème dans d’autres situations, que ce soit dans mon futur travail d’éducateur, dans mes relations amicales ou amoureuses. Oui, avoir du mal à s’exprimer et à faire comprendre ce que l’on ressent, ce qui nous tracasse à sa moitié n’est pas toujours facile ni chouette, et je parle par expérience. Je ne suis pas à plaindre (au contraire). Je sais très bien que d’autres personnes sont et seront touchées davantage que moi par ce trouble. Je leur envoie une pensée ainsi que tout mon soutien.

Auteur : Stanislas, 20 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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Les chevaux dans la peau

Les chevaux dans la peau

Depuis toujours ou presque, Anaïs – et c’est une histoire de famille – passe du temps avec des chevaux. Pour les dresser, les monter, … Est-ce que cette passion pourrait devenir un métier ?

Une écurie chez mes grands-parents

Cette passion est, un peu, comme une évidence pour moi. Depuis toute petite, je baigne dans ce milieu. Mes grands-parents, retraité·e·s, avaient une ferme et ont toujours eu des chevaux. Aujourd’hui, pour le plaisir, elle et il continuent leur petit élevage dans leur ancienne exploitation. Petit à petit, mes grands-parents ont réduit le nombre de chevaux, cependant, ils continuent à faire naître un poulain tous les ans … C’est une coutume qu’ils ne veulent pas laisser disparaitre malgré leur âge avancé. Moi, j’ai commencé à monter à cheval vers l’âge de quatre ans. Au début, je prenais des cours dans un centre équestre puis, mon grand-père a fait construire une carrière en sable pour pouvoir prendre des cours avec nos propres chevaux. Dix ans plus tard, environ, ma grand-mère m’a appris à débourrer un jeune cheval. Débourrer, c’est, peu à peu, le dresser, lui faire accepter d’avoir une selle sur le dos. J’ai donc passé beaucoup de temps à observer ce cheval, puis avec le temps, j’ai commencé à dresser toute seule les chevaux de mon grand-père. Je savais que je pouvais compter sur lui lorsque j’avais des questions ou des difficultés. Mes grands-parents m’ont transmis cette passion. Dans quelques mois, pour mon plus grand bonheur, c’est ma jument qui devrait mettre au monde un poulain. Ils auront aussi un nouveau poulain au sein de leur écurie.

Les vacances chevalines

Pendant mon enfance, tous les étés, tous les week-ends et toutes les vacances, je les passais là-bas, pas forcément pour monter à cheval mais aussi pour aider mon grand-père à entretenir les infrastructures ou, tout simplement, pour m’occuper des chevaux. J’en garde de magnifiques souvenirs même si ce n’était pas facile tous les jours. Pendant les vacances d’hiver, par exemple, il fallait que je me lève malgré le froid pour aller nourrir les chevaux, dégeler les abreuvoirs qui n’avaient pas supporté les températures négatives … Je le faisais sans ronchonner parce que c’était pour des êtres que j’aime particulièrement : les chevaux.

Des animaux et des gens

Puis mon grand-père a décidé de prendre des chevaux en pension et là, ce fut vraiment intéressant. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes qui partageaient la même passion que moi, j’ai appris beaucoup de ces échanges, j’ai pu élargir mes compétences équestres et entendre d’autres points de vue. Je me suis liée d’amitié avec d’autres filles du même âge avec lesquelles je faisais de nombreuses balades à cheval. J’aime l’ambiance qui règne à l’écurie, les chevaux qui hennissent, l’odeur du foin qui me permet de m’apaiser et de me ressourcer. J’ai beaucoup hésité à m’orienter vers le régiment de cavalerie de la Garde républicaine, une partie de la gendarmerie française. Après mûre réflexion, j’ai décidé de garder l’équitation comme passion. En revanche, j’aimerais pouvoir reprendre les compétitions de dressage lorsque j’aurai un peu plus de temps à y consacrer.

Auteure : Anaïs, 20 ans, Charleville-Mézières

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Ma découverte !

À la base, je ne savais pas que j’aimais tout ce qui touchait à l’art. Un jour, j’ai été invitée aux portes ouvertes de la Haute école des Beaux-Arts de Bruxelles. À peine rentrée, je vois un jeu de lumières projeté sur un tableau et je trouve cela déjà très beau. Ensuite, je parcours toute l’école avec mes ami·e·s, je passe par différents types d’ateliers arts. Il y en a un qui m’a particulièrement marquée, c’est lorsque j’ai assisté à un spectacle de danse. Voyant la fille danser, je sentais qu’elle voulait exprimer quelque chose, sans dire un mot, juste avec son corps et son visage. Cela a attiré mon attention, je suis quelqu’une qui a du mal à s’exprimer verbalement. En voyant cette jeune fille s’exprimer uniquement avec des mouvements et des expressions cela a éclairci ma vision des choses : je n’étais plus obligée de garder mes sentiments en moi et uniquement dans mes pensées. Maintenant je pouvais parler sans vraiment le faire car mon œuvre d’art parlerait à ma place.

Je participe

L’année suivante, je me suis inscrite à l’Académie des Beaux-Arts et je me suis éclatée comme jamais parce que tout le monde était ouvert d’esprit et j’ai pu m’ouvrir plus facilement. J’aimais me lever tôt le matin car je savais que j’allais plus m’amuser que travailler. J’adorais découvrir plusieurs matières telles que la terre, la plasticine, le sable, la pierre et plein d’autres textures. Les mélanges des couleurs également, l’utilisation du fil de fer, créer des maquettes … D’un simple objet on pouvait créer l’impossible !

Je serai décoratrice !

Par la suite, j’ai eu quelques soucis personnels car mes parents voulaient que je suive leurs pas en étudiant dans un domaine médical … Du coup, en me disant que l’art n’était qu’un hobby et pour leur faire plaisir, je me suis lancée dans des études de puéricultrice. Je me suis vite lassée et j’ai perdu toute motivation alors j’ai recommencé à zéro en pensant à ce que je pourrais faire de ma vie. J’ai réfléchi longuement et je me suis alors rappelée que, petite, j’adorais décorer les maisons que ce soit dans la vraie vie ou dans les jeux. Aujourd’hui, j’ai 21 ans et j’aime toujours autant décorer qu’avant. C’est pour cela que j’ai pris la ferme décision de me lancer dans ce domaine de décoratrice d’intérieur et d’approfondir mes recherches dans ce métier ! Car finalement, la déco fait aussi partie de l’art.

Auteure : Rebecca, 21 ans, Ixelles

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