Mon stress et moi

Mon stress et moi

Le texte qui suit est un peu particulier, un peu spécial ! Inès a imaginé un dialogue entre elle et son stress ! À chaque moment de la journée, elle s’exprime et lui aussi !

7h

Inès / Mon réveil sonne. Je me réveille, devant ma garde-robe. Je prends une éternité – ou deux – à choisir une tenue. Il est 7h et déjà, je me prends la tête.
Le stress / Son réveil sonne. Je me réveille avec beaucoup d’énergie et, tout de suite, je commence à m’activer. Elle est devant sa garde-robe et je décide de l’embêter : “Cette jupe ? C’est trop court, tu vas te faire renvoyer. Ça, c’est trop moulant, tu n’as pas le corps pour mettre ce genre de trucs. Ça, c’est trop fleuri, ce n’est clairement plus à la mode, tout le monde va se moquer de toi.”

8h25 ⇒ 8h30, arrivée à l’école

Inès / Je suis devant l’école. Au final, j’ai mis un gros pull. J’ai l’impression que tout le monde me regarde… Je prends une grande inspiration et je passe la grille.
Le stress / Elle m’a écouté et elle est sortie avec un énorme pull. Les autres habits étaient très beaux et je suis sûr qu’ils lui auraient bien été, mais c’est drôle de voir qu’elle a si peu confiance en elle !
Inès / Heureusement, on est jeudi. Je commence par la biologie. Mon cours de bio, c’est comme si le temps s’arrêtait. Ça me passionne tellement que j’en oublie le monde qui m’entoure. Je souris et je me sens bien.
Le stress / Jeudi ! On est jeudi ! Je déteste ce jour ! Elle m’oublie, elle me laisse de côté. Aujourd’hui encore plus que d’habitude. Elle va me le payer !

9h25 ⇒ 9h35 ⇒ la récré

Inès / Je marche pour aller à mon second cours : math. J’ai un test… Même si j’ai révisé hier, j’ai l’impression d’avoir tout oublié. Je vais rater, j’en suis sure, ça n’ira jamais. Je suis trop nulle, je ne vais jamais y arriver. À quoi bon essayer ? Je ne suis vraiment qu’une moins que rien.
Le stress / Ma vengeance commence ! Je m’installe toujours en douceur et lentement, très lentement. Plus elle souffre, mieux je me sens. Plus elle souffre, plus elle a peur de moi. Plus elle souffre et plus mon pouvoir prend de la place et augmente !
Inès. Mon interro est devant moi. Je fluore les instructions pour être sure de ne rien oublier. Je me perds un peu dans toutes les définitions que j’ai pourtant apprises. J’ai du mal à écrire, je tremble. Au final, ça s’est plutôt bien passé.

10h35, fin de la récré, cours de religion et tétanie

Inès. Mon cœur bat étrangement vite. Je cherche de l’air, j’ai du mal à respirer. J’ai compris ce qu’il va se passer. Pas de bol, j’ai religion… Hors de question que ça se passe là-bas ! Il me déteste et il va surement s’acharner sur moi comme il adore le faire. Vous savez ? Ce genre de prof qui aime bien se moquer. Un peu plus tard, je suis assise. Je n’écoute absolument pas le cours, je tente de me concentrer sur moi et sur ma respiration tout en faisant semblant d’écouter pour ne pas éveiller les soupçons. Ça commence, je le sens. Je suis toujours obstinée à ne pas sortir. Demander de sortir devant toute la classe et surtout avec ce prof est très dur. J’ai honte. Alors je reste assise.
Le stress / J’ai décidé de ne pas m’emballer en math. Je préfère de loin commencer le travail en religion. Tout est multiplié par deux, car en plus d’avoir peur de mes réactions, elle a peur de son prof. Nous sommes dans de parfaites conditions pour passer à la vitesse supérieure.
Inès / 10h50, le powerpoint défile à une vitesse incroyable. D’un coup, tout va plus vite. Ma respiration devient de plus en plus rapide, je cherche de plus en plus de l’air, mais en vain. Mes jambes ne répondent plus. Elles s’endorment, je sens les picotements monter de plus en plus. Ça monte, ça monte jusqu’au bassin. Je ne sens plus mes jambes … J’ai bien compris que j’ai trop attendu, je ne vais pas savoir me lever de ma chaise. Toute ma classe me regarde, ils se lèvent, ils se collent à moi. Des dizaines de personnes m’entourent et me fixent. Je panique. Mes bras s’endorment à leur tour… C’est le début de ma crise de tétanie. L’ensemble de mes membres se contractent, se crispent et je sombre dans la peur. Je tremble, ça brule. Ça brule tellement, je me sens partir dans un autre monde, il n’y a que mes yeux qui m’aident à rester ici. Je me coupe du monde. Malheureusement, elle n’est pas là. J’aurais aimé qu’elle soit là avec moi. Elle, c’est la personne avec qui je me sens en totale confiance et qui arrive à me calmer, je la considère un peu comme mon ange gardien. Je l’appellerai Annelise.
Le stress / Elle l’aura cherché. Je commence toujours par les jambes, car c’est le plus atroce et je suis sûr qu’elle ne pourra pas se déplacer pour aller dehors et respirer le bon air. Puis je monte très lentement pour qu’elle ait peur. Le plus drôle c’est de la faire halluciner. Je vous rassure, personne ne s’est levé, personne ne l’a fixée. Tout le monde s’en fout, mais en faisant cela, je gagne du terrain de plus en plus. Quand elle arrive dans sa crise, c’est moi qui prend le dessus. Vous voyez les personnes qui ont deux personnalités ? C’est un peu pareil. Je prends sa place et Ines est enfouie au fond d’elle. J’ai tous les pouvoirs, je peux enfin faire ce que je veux !
Inès / 11h, sors de moi, va-t’en ! Laisse-moi ! Ça fait horriblement mal, j’ai perdu le contrôle. Pendant ma crise, il m’arrive même de me taper la tête contre le mur ou de me taper moi-même.
Le stress / Elle commence à reprendre le contrôle. Je t’interdis de revenir ! C’est moi qui m’amuse maintenant !

11h20, bureau de l’éducatrice

Inès / Je commence à reprendre mes esprits. J’ai si peur, mais je reconnais mon environnement. Je suis dans le bureau de mon éducatrice. On a dû me porter là-bas, j’étais incapable de me déplacer. Quand je fais une crise et qu’Annelise est avec moi, il m’arrive de fondre en larmes. Toute la pression s’en va et je pleure dans ses bras. Dans ces moments-là, le temps s’arrête et je me sens protégée de tout. Je suis heureuse que nos chemins se soient croisés, je l’admire beaucoup. Je vous souhaite d’avoir une personne comme elle dans votre vie. Bref, les larmes coulent pour montrer la frayeur que je viens de vivre. Dix minutes plus tard, la crise est finie et pourtant, le pire moment arrive… Vu que mes muscles se sont crispés tout au long de ma crise, c’est difficile de les détendre. C’est une étape atroce, douloureuse et je trouve que c’est la pire.
Le stress / Je vais perdre. Elle a repris le contrôle et ne se soucie plus de moi. Je suis trop faible, il faut que je me repose.

12h10, pause

Inès / C’est enfin la pause ! L’air frais me fera du bien. Je m’entoure de mes amies et j’essaye de penser à autre chose. J’ai encore du mal à monter ou descendre des escaliers, mais je vais mieux. Les cours qui vont suivre vont être très compliqués. Je suis exténuée, j’ai envie de dormir mais je dois continuer ma journée…

15h30, latin

Inès / La prof de latin m’a fait une réflexion que je n’ai pas du tout acceptée. Je vais aller la trouver fin de cours
Le stress / après une petite sieste, je reprends de plus belle le cours de ma vie. Si elle pense qu’elle va réellement aller trouver sa prof, alors là, elle rêve!
Inès / C’est peut-être pas une bonne idée que j’aille la trouver… Et si ça se passait mal ? Et si elle le prenait mal ? Et si j’empirais la situation ? Elle m’enverrait chez la directrice ? Elle me détesterait jusqu’à la fin de l’année et ferait tout pour me pourrir la vie ?

16h30, retour à la maison

Inès / Je rentre chez moi. Je n’ai pas été voir la prof de latin.
Le stress / Elle rentre chez elle. Bien évidemment, vous vous doutez bien qu’elle n’aurait jamais eu le courage d’aller voir la prof ! C’est toujours comme ça. Si quelque chose la dérange, si elle a été touchée par quelque chose, je m’arrange toujours pour ne pas qu’elle le dise. Pourquoi ? Déjà grâce au fait qu’elle garde tout pour elle, elle est encore plus vulnérable que d’habitude ce qui me facilite le travail et je peux encore aller plus loin. Ensuite, ce genre de situation se retourne souvent contre elle. En ne voulant rien dire pour ne pas blesser les personnes qu’elle aime, elle s’attire beaucoup de disputes. C’est super marrant d’assister à cette déferlante de reproches alors que la pauvre petite pensait bien faire les choses. Mon travail s’arrête ici. Malheureusement elle se sent très bien chez elle. Elle a des super parents… Ça me frustre, mais vu qu’elle est une petite intello et qu’elle travaille beaucoup chez elle, je peux encore me défouler un peu avant de dormir. Vous devriez la voir étudier ses leçons ! Si elle ne connaît pas à la virgule près, j’arrive, je la taquine un peu et bam ! Elle a peur et elle pense ne rien connaitre et recommence depuis le début. Ça peut durer 3 heures comme ça. Je m’éclate !

19h ⇒ sport, 21h ⇒ posée au lit

Inès / Depuis mardi, je décomptais les jours, voire les heures. Je pars enfin pour mon entrainement . Mon sport est la meilleure chose qui me soit arrivée. Là- bas, je me sens moi-même, à ma place. Il n’y a pas de place pour mon stress là-bas mais juste de la joie de vivre, du plaisir et du dépassement de soi. Le rugby, j’en fais depuis 4 ans maintenant et c’est toute ma vie. C’est ma bulle, mon échappatoire, là-bas, je me sens moi. Après une bonne douche, je me pose dans mon lit. Je traine un peu sur les réseaux. Fatiguée de cette journée, je m’endors directement. Comme toutes les filles je rêve de mes crushs, de voyage, de plein de choses et ça me donne le sourire. Vers 21h30, je ferme les yeux, une nouvelle aventure m’attend demain .

Auteure : Inès, 15 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Lueur d’espoir

Lueur d’espoir

Même si les beaux jours s’annoncent, c’est parfois compliqué de percer le marasme et de trouver la lumière. Chez Wafae pourtant, brille une petite mais indéfectible lueur d’espoir qui flingue tous les brouillards !

C’est compliqué

En tant que jeune Bruxelloise, je m’informe assez régulièrement de l’actualité de notre belle capitale et j’accorde beaucoup d’importance au domaine social. Dans ce secteur, il est vrai que les nouvelles n’ont pas été très rassurantes… Épidémie, mesures sanitaires difficiles, violences policières, racisme, délinquance, précarité sociale, dépression chez les jeunes et les personnes âgées, harcèlement de rue, féminicides et bien d’autres thèmes encore plus durs les uns que les autres, ont été abordés dans les médias ces derniers mois.

Je fais quoi moi ?

La situation sanitaire que nous avons traversée – et traversons – a, réellement, mis en lumière les réalités difficiles de beaucoup de Bruxellois·e·s. Des réalités souvent peu abordées, négligées, voire, parfois, considérées comme socialement « taboues » ou inacceptables. En tant que jeune évoluant dans ce semblant de chaos social, je me suis posée les questions suivantes : comment tout ça a-t-il bien pu démarrer ? Comment arriverons-nous à rétablir un climat social serein ? Que puis-je faire en tant que jeune femme à l’identité multiculturelle ? Quel rôle pourrais-je jouer ? Et surtout comment pourrais-je rester optimiste pour l’avenir de la jeunesse et de la société ?

Une lueur

La situation sanitaire que nous traversons est une rude épreuve et plus encore pour les personnes déjà socialement défavorisées. Avec un peu de recul aujourd’hui, je réalise que ce qui m’a permis de résister dans ces moments difficiles, c’était, en réalité, une lueur d’espoir qui brillait dans mon for intérieur… Cette lueur, c’est peut-être celle qui a poussé de nombreux citoyens, dès le début du confinement, à créer rapidement des chaines de solidarité dans tous les coins de la ville. Jeunes et moins jeunes de tous horizons se sont associés pour proposer une aide aux Bruxellois en difficulté. De nombreux citoyens ont également ressenti le réel besoin et l’envie de se soutenir au mieux, face à certaines violences et injustices sociales. Ce qui a provoqué un foisonnement d’actions virtuelles, de mouvements et hashtags sur divers réseaux sociaux.

Rêver et construire ensemble

Cet espoir de pouvoir, toutes et tous ensemble, reprendre une vie sociale presque épanouie s’est révélé être notre plus grande force et certaines actions ont pu donner de véritables leçons d’humanité ! Cette expérience sociale nous a permis de faire jaillir cette belle capacité de résilience qu’est la nôtre et qui permet de continuer à espérer un avenir meilleur, même quand nos besoins les plus élémentaires sont mis à mal. Je rêve d’une société sereine où tou·te·s les citoyen·ne·s pourront voir leurs droits garantis. Une société où la justice serait davantage établie et où la multiculturalité sera considérée comme une véritable plus-value et non une tare. Comme le dit le proverbe, « l’espoir fait vivre ! » Et c’est dans l’attente de cet avenir social rêvé que je tenterai au mieux d’agir à mon échelle pour cultiver cette humanité parfois perdue. Mais aussi pour lutter contre toutes les formes de violence et préserver le vivre ensemble qui fait de notre Bruxelles, une ville riche et belle.

Auteure : Wafae, 24 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Être heureuse quand la famille va mal

Être heureuse quand la famille va mal

Parfois c’est compliqué, parfois, c’est bien pire que ça. Parfois, il y a des bobos et parfois il y a de gros dégâts, des choses qui se cassent, se brisent, ne se réparent pas… Pourtant, malgré tous ces parfois, on peut avancer, continuer à y croire et au bout du compte, après des mois ou des années, on peut trouver la sortie du tunnel. C’est ce tunnel et cette sortie du tunnel que nous raconte une jeune auteure anonyme

Les hommes autour de moi

Depuis ma naissance, j’ai majoritairement été entourée d’hommes et j’ai vite compris qu’ils avaient une grande influence sur moi, sur la manière de me comporter ou de parler, sur mon rôle ou ma position de fille puis de femme dans cette société bien compliquée. J’ai deux grands frères, un père bien présent. Pour moi, tout a commencé lorsque mon père s’est davantage occupé de Nicolas, mon frère ainé. Ma maman ne pouvait rien dire à cela, comme si elle n’avait plus aucun mot à dire à Nicolas. Elle ne pouvait plus s’occuper que de mon autre frère, Arthur, et de moi. Bien que nous étions trop jeunes, pour vraiment comprendre ce qui se passait entre mon père, ma mère et Nicolas, on sentait que quelque chose clochait. Tout cela nous marque aujourd’hui encore.

Mes parents

Entre les multiples séparations de mes parents et les bêtises de Nicolas, les pièces du puzzle commençaient, petit à petit, à se mettre en place. La situation devenait claire pour moi. Jusqu’à mes 14 ans, où tout est devenu transparent, je ne voulais pas y faire attention. Plus jeune, mon père a, lui aussi, eu des problèmes et fait des bêtises. Là, il avait peur que Nicolas emprunte les mêmes routes que lui. Seulement, en voulant tout faire seul, il a fait pire, bien pire. Comment voulez-vous vous occuper d’une personne, quand vous n’avez pas été capable de vous occuper de vous-même ?

Pour moi, la relation entre mes parents était toxique, mon père exerçait un contrôle sur ma mère. Petit à petit, ma maman, détruite et ne pouvant plus supporter la pression que mon père lui mettait sur les épaules au quotidien, a commencé à se confier à moi. Elle me parlait des choses qu’une petite fille de 12 ans ne devait pas savoir. Une petite fille de cet âge ne devrait se soucier que de la connaissance de ses fables et non pas des tortures mentales, économiques, sociales ou encore sexuelles, que sa maman subit depuis 23 ans d’une relation infernale.

Nicolas

Mon grand frère enchainait les conquêtes d’un soir, les mauvaises fréquentations et les altercations avec la justice. Quand le regard épuisé de ma maman, incapable de le comprendre, se posait sur lui, il commençait à se décomposer. Un soir de 2019, Nicolas a fini par en avoir marre. Il a décidé que la pression était trop forte et il a essayé de mettre fin à ses jours. C’en était trop. Entre ‌les‌ ‌confidences‌ ‌de‌ ‌maman,‌ ‌l’état‌ ‌mental‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌père,‌ ‌la‌ tentative‌ ‌de‌ ‌suicide‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌frère‌, ‌moi aussi – n’ayant le contrôle sur rien – j’ai commencé à me ‌dégrader‌.

S’occuper de moi ?

La‌ ‌tentative ‌de suicide de mon frère‌ ‌a‌ ‌été‌ ‌une‌ ‌grande‌ ‌claque‌ ‌pour mon‌ ‌père‌. Elle ‌lui‌ ‌a‌ ‌fait‌ ‌réaliser‌ ‌qu’il‌ ‌avait‌ ‌deux‌ ‌autres‌ ‌enfants‌ ‌et‌ ‌qu’il‌ ‌serait‌ ‌peut-être‌ ‌temps‌ ‌de‌ ‌s’en‌ ‌occuper. ‌Malheureusement‌ ‌pour‌ ‌moi‌, ‌j’aurai‌s ‌préféré‌ ‌qu’il‌ ‌continue‌ ‌sa‌ ‌route.‌ ‌“Occuper”‌ ‌est‌, probablement, un bien grand mot. Si ‌ « occuper » cela signifie‌ ‌faire des remarques,‌ ‌se moquer ou rabaisser au ‌quotidien,‌ ‌alors‌ ‌oui‌, ‌peut-être‌ ‌qu’il‌ ‌s’occupait‌ ‌de‌ ‌moi‌… Qui‌ ‌sait ? La‌ ‌pression‌ ‌était‌ ‌maintenant‌ ‌sur‌ ‌mes‌ ‌épaules‌ ‌et‌ ‌du‌ ‌coup‌ ‌j’ai‌ ‌commencé‌ – à mon tour – ‌à‌ ‌me‌ ‌confier‌ ‌à‌ ‌ma‌ ‌maman‌, mais‌ ‌cela‌ ‌ne‌ ‌m’a‌ ‌pas‌ ‌soulagé‌e. A‌u‌ ‌contraire‌, ça‌ ‌n’a‌ ‌fait‌ ‌que‌ ‌grandir‌ ‌le‌ ‌mal‌être‌ ‌que‌ ‌j’avais‌ ‌en‌ ‌moi.‌ ‌

Je suis une bombe

Ça m’a fait peur d’avoir tellement de colère en moi, tellement de rancune, de haine et de mauvais sentiments. Ça m’a fait peur de tout garder, de ne pas avoir réussi à tout laisser partir et d’avoir été cette bombe à retardement. Ça m’a fait peur quand je voyais que j’étais capable de m’en prendre à mes proches – sans même avoir de remords – parce que, parfois, j’étais tellement en colère contre le monde entier que n’importe qui pouvait se prendre une rafale de haine. Ça m’a fait peur d’être une grenade et de me dire qu’un jour, j’allais exploser tellement fort que j’allais finir en morceaux.

Il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌un‌ ‌coeur‌ ‌amoureux‌ ‌avant‌ ‌qu’il‌ ‌ne‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌pour‌ ‌qu’un‌ ‌être‌ ‌amoureux‌ ‌cesse‌ ‌de‌ ‌voir‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌cœur.‌ ‌Quand‌ ‌vient‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌le‌ ‌cœur‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌n’y‌ ‌a‌ ‌plus‌ ‌aucun‌ ‌moyen‌ ‌de‌ ‌recoller‌ ‌les‌ ‌morceaux.‌ À ‌ce‌ ‌moment-là‌, ‌il‌ ‌ne‌ ‌reste‌ ‌plus‌ ‌que‌ ‌la‌ ‌raison,‌ ‌la‌ ‌raison‌ ‌qui‌ ‌mène‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌méfiance et‌ ‌la méfiance‌ qui mène ‌à‌ ‌la‌ ‌haine.‌

Il faut qu’on discute

Comme si ça ne suffisait pas, un soir mes parents m’ont appelée pour qu’on discute. Cela n’a jamais été un bon signe. Ils m’ont alors expliqué que Nicolas avait fait une grave erreur, celle de trop. Cette fois-ci, la justice en avait marre de donner des secondes chances à Nicolas. Il était maintenant à la prison de Lantin pour payer toutes les conneries qu’il avait faites. Je me suis durcie sous l’effet de cette nouvelle qui m’enlevait quelque chose. Avant cela, j’étais si émotive que je m’effondrais à la demande, j’étais une fontaine …

Aujourd’hui

L’eau s’est retirée. Évidemment, même si je me soucie des êtres autour de moi, j’ai beaucoup de mal à le montrer. Un mur fait obstacle. J’ai toujours rêvé d’être aussi forte que rien – jamais – ne pourrait m’atteindre. Maintenant, je suis devenue tellement forte que j’ai l’impression que plus rien ne me touche. Mon souhait serait de parvenir à m’adoucir. Aujourd’hui, tout va beaucoup mieux, mais beaucoup d’entre nous doivent réaliser que le bonheur n’est pas une destination mais un parcours. Le bonheur, ce n’est pas d’avoir la voiture ou la fille de tes rêves. Le bonheur, c’est réaliser que ce que tu as est assez, et malgré tout ce qui arrive dans la vie, en être reconnaissant. Quand on aura compris ça, on ne sera pas juste heureux ou heureuse, on attirera plein de choses qu’on a toujours voulues.

L’auteure de ce texte souhaite rester anonyme

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Théâtre !

Théâtre !

Pour Lisa, tout s’éclaire quand vient la scène ! Passionnée, elle nous parle de son activité préférée, de comment elle vit, elle vibre quand le rideau se lève. Suivons la sur les planches !

Tout commence à mes 9 ans

Ça fait huit ans que je fais du théâtre. Actuellement, je suis dans la section art dramatique de mon académie et j’adore ça. Pourtant je suis assez timide. Je me souviens encore d’un monologue que je devais jouer, devant toute ma classe, pour mon cours de français, en troisième secondaire. J’étais restée tétanisée au milieu de la scène sans pouvoir dire un mot. Pourtant, ça faisait quelques années que je faisais du théâtre et j’avais déjà fait plusieurs représentations. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi j’étais dans cet état-là lors de ce monologue. C’est vrai que j’étais stressée mais pas plus que d’habitude. C’est dans ces moments-là, que je me demande si les comédien·ne·s professionnel·le·s sont aussi nerveux ou nerveuses que moi.

Une pièce au théâtre de Liège

D’ailleurs, l’année passée, je suis allée voir la pièce de théâtre Ruy Blas (1) au théâtre de Liège avec l’école. Alors que certains élèves étaient juste intéressé·e·s par le fait qu’on ait du temps libre avant la représentation, moi j’étais vraiment contente d’avoir l’occasion de voir cette pièce. J’ai été impressionnée par le jeu des acteurs et des actrices. C’est tellement différent de voir tout ça en vrai, plutôt que sur un écran. Je tentais d’analyser leurs expressions faciales, leur manière de bouger. Mais comment font-ils pour être aussi convaincants ? Je suis sortie du théâtre, juste admirative et, je dois l’avouer, un peu envieuse de leur talent. À ce moment-là, j’ai compris que le théâtre était une expérience extraordinaire, tant à regarder, qu’à jouer.

L’Académie

Cette année-là, j’étais vraiment très timide. J’osais à peine dire quand un texte ne me plaisait pas. Puis, au fur et à mesure, on finit par se détendre, on sympathise avec les autres personnes du cours. D’ailleurs, on peut côtoyer tous types de personnes au théâtre : des plus jeunes et des plus âgées, ou encore des personnes sans expérience avec expérimentées …

La pièce

Cette année, je suis même en groupe avec des passionné·e·s qui créent leur propre pièce de théâtre ! À chaque rentrée, notre professeur nous propose plusieurs textes et nous demande d’en choisir un ou deux. Le plus difficile, c’est de se mettre d’accord. Ensuite, on répète pendant plusieurs mois. J’apprends à bien choisir mes intonations ou mes positions sur scène … C’est hyper enrichissant ! Pour moi, le plus important, c’est lorsqu’on commence à bien connaître nos répliques. Sans nos feuilles en main pour nous restreindre dans nos mouvements, on est plus à l’aise. C’est souvent à ce moment-là qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps pour travailler, et qu’on commence réellement à chercher les accessoires nécessaires pour les scènes.

On joue !

Après quelques répétitions générales, vient le jour de la représentation publique. C’est le moment tant attendu et tellement redouté. Et si j’avais un trou de mémoire ? Si j’oubliais de me placer au bon endroit, au bon moment ? Je vérifie vingt fois par heure si j’ai bien tous mes accessoires et je relis mon texte jusqu’à m’embrouiller la tête. Puis, c’est notre tour. Notre prof nous appelle et nous demande de finir de nous habiller. Dans les coulisses, le stress monte. Pas un mauvais stress, un stress dû à l’adrénaline, à l’excitation de monter sur scène, à l’envie de bien faire les choses ! Je respire un grand coup puis j’entre en scène. Bizarrement, le stress a disparu, et ma timidité aussi. En fait, je ne suis plus moi, je suis le personnage et personne d’autre. Les mois de répétitions ont été bien utiles : les répliques et gestes viennent naturellement. Les rares petits trous de mémoire passent totalement inaperçus, comblés par la répartie de la personne en face de moi. À ce moment-là, je ne me demande plus si je joue bien ou mal, les dés sont jetés, alors autant en profiter. En sortant de scène, une ambiance euphorique plane dans l’air. On est tou·te·s fiers d’avoir enfin pu montrer notre travail. Évidemment, tout n’a pas été parfait, mais rien ne l’est jamais dans la vie. L’important, c’est de s’amuser, d’apprendre de nouvelles choses, et de faire de nouvelles rencontres.

Pourquoi pas vous ?

En conclusion, pour moi le théâtre est un des arts les plus beaux au monde. Il permet aux comédien·ne·s qui le pratique, de s’exprimer sur scène, mais aussi de travailler leur timidité. C’est pour ça que je ne peux que vous conseiller de vous lancer si cela vous intéresse. C’est une expérience qui ne peut être que bénéfique pour vous. Alors pas d’excuse, vous verrez, on ne le regrette pas !

Note de la rédactionRuy Blas est une pièce de théâtre de Victor Hugo (France 1802-1885). Elle raconte l’histoire dramatique et romantique de Ruy Blas. Il n’est que le serviteur d’un ancien ministre du roi d’Espagne et Ruy Blas est secrètement amoureux de la reine. Son patron le manipule pour, en même temps, se venger de la reine. Il est possible de découvrir cette pièce sur YouTube.

Auteure : Lisa, 17 ans, Sprimont – Florzé

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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L’esprit de compétition dans le sport

L’esprit de compétition dans le sport

Lise a 12 ans, depuis qu’elle en a 6, elle fait de la gymnastique. Si elle a commencé ce sport, c’est parce que son frère pratiquait aussi ce sport et aussi, évidemment, parce qu’elle en avait envie ! Pourtant, tout n’a pas toujours été facile !

J’ai toujours bien aimé ce sport, mais ça, c’était avant que je commence les compétitions … J’ai commencé la gym parce que mon frère en faisait aussi et parce que j’aimais bien. À l’époque, je ne savais pas si j’allais vraiment accrocher. Je voulais surtout imiter mon frère. Lors de ma première compétition, j’avais 10 ans. Je m’y étais lancée parce que j’avais le niveau et l’envie d’essayer.

Première compétition

Aujourd’hui, je constate que, pour moi, les compétitions, c’est beaucoup trop de stress. J’avais l’impression que j’allais décevoir mon entraineuse si je faisais une faute de mouvement, si je tombais. À ma première compétition, j’étais très stressée, surtout pour une des épreuves, celle de la poutre. Il s’agit de réaliser des figures de gymnastique sur une poutre de plusieurs mètres. Pour les barres, le saut et le sol, autres épreuves, je ne l’étais pas. C’était ce que j’avais préféré parce que je fais aussi de la danse. Mais quand, à la fin de la journée, le moment du classement arriva, je me disais que j’allais être dernière et finalement, surprise, j’étais première dans ma catégorie ! J’ai d’abord cru que c’était grâce aux barres et au sol, mais non, c’était grâce à la poutre et au sol. À ce moment-là, ma peur de la poutre s’est un peu envolée, mais une autre peur est survenue : celle des barres.

Deuxième et troisième compétitions

Cette fois-là, j’étais un peu moins stressée pour la poutre. J’avais plus confiance en moi, au sol, je ne suis tombée que deux fois, ce qui est plutôt bien. Aux barres, par contre, j’étais très stressée et à cause de ce stress, je suis tombée. J’ai réessayé et je suis encore tombée. Finalement, j’ai continué tout en pleurant et pendant le saut, en tombant, je me suis fait mal à la cheville. Comme, j’avais deux essais, j’étais donc obligée d’utiliser – malgré ma douleur – mon deuxième essai. À cause d’une blessure à la danse, je n’ai pas pu faire ma troisième compétition. J’avoue que cela m’a soulagée. Cela m’a évité une nouvelle dose de stress.

Oui au sport, non au stress

À ma quatrième compétition, mon frère était là en tant qu’entraîneur. Il était là pour m’aider et m’encourager. Il m’a dit de le faire uniquement pour moi, qu’on s’en moquait que je sois première ou dernière. J’étais avec des filles très fortes aux barres. Je réalisais des positions très difficiles pour moi … Et très faciles pour elles ! Normal, elles avaient plus d’expérience. Mais malgré ça, je ne suis pas tombée et j’en suis fière. Ensuite, à la poutre, je suis tombée lorsque j’ai fait une roue. Au sol, je n’ai pas osé faire ma souplesse arrière après les autres filles qui l’ont toutes bien réussie … Bref je n’avais pas ma chance contre elles. Enfin, l’heure du verdict : je suis 32ème sur 33, mais je ne suis pas déçue, je m’y attendais. Lors de cette compétition pourtant, je me suis plus amusée et j’ai beaucoup moins subi le stress, grâce à l’intervention de mon frère. Je voudrais passer un petit message, je voudrais dire aux adultes de moins mettre la pression ! Sans l’intervention de mon frère, aujourd’hui, je ne voudrais plus jamais faire de compétition et ce serait dommage, car au fond, la gymnastique, j’adore ça !

Auteure : Lise, 12 ans, Aywaille

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Scoutisme en ligne

Scoutisme en ligne

Il n’y a pas que l’enseignement qui a dû s’adapter au confinement. C’est aussi le cas des mouvements de jeunesse, du scoutisme. Voici l’opinion de Mathis, alias Callimico feu follet, à ce sujet !

”Une simple grippe …”

Mars 2020. On apprend la nouvelle. On est confiné deux semaines pour une grippe un peu plus virulente. Je suis déçu, notre weekend scout dans les Ardennes est annulé. Je pensais pouvoir reprendre rapidement les réunions, mais malheureusement cette “simple grippe” fait beaucoup plus de ravages que prévu. Je ne l’ai pas tout de suite compris, mais en fait, ça voulait dire plus de réunions à respirer l’air frais, à mourir de froid et à parcourir la forêt en sentant les branches craquer sous nos pas. Heureusement j’ai pu faire un camp complet, 15 jours cet été ! En septembre, c’est bon, ça y est : on nous annonce qu’on peut enfin reprendre les réunions, mais masqué·e·s et, bien évidemment, à distance.

L’adaptation

Après quelques joyeux après-midi passés avec les copains des scouts, j’ai vite réalisé que nous ne pourrions plus faire ces réunions, en vrai. Alors que la deuxième vague nous engloutit, nos chefs organisent les choses autrement. On se retrouve sur un réseau social appelé Discord, je retrouve enfin entendre d’autres voix que celles des profs. Finalement, l’adaptation aux réseaux sociaux, je l’ai assez bien vécue. Mais ça n’a pas été le cas de tou·te·s… J’ai dû motiver un des nouveaux scouts à ne pas lâcher. J’ai endossé ce rôle en tant que “grand” de ma patrouille. Je leur ai parlé du camp, des rassemblements avec d’autres scout·e·s. C’est pendant cette période que j’ai remarqué l’adaptation des scout·e·s aux réseaux sociaux.

Instagram et Discord


Ce changement s’est fait via deux plateformes. Une connue de tous, Instagram, et une autre un peu moins, Discord. J’ai pu constater que ce changement n’était que bénéfique. Par exemple, au niveau de nos valeurs (respect des autres, persévérance, générosité, ouverture,…) elles n’ont pas changé mais ont montré une autre facette d’elles-mêmes. J’ai aussi été étonné de la présence des scout·e·s sur leur compte Instagram et celle de nos chefs sur Discord. Je n’imagine même pas l’organisation que ça a dû leur demander !

Mon ressenti


J’ai bien vécu cette période mais il était temps de reprendre nos réunions. Je pense que seul·e un·e scout·e peut le comprendre. Cette année, j’ai vécu le scoutisme d’une manière différente et c’était très gratifiant. Mais je pense que le scoutisme qu’on aime, c’est celui qui nous permet de nous réchauffer le samedi après une bonne réunion dans le froid. Là, nos réunions étaient devant l’écran, celui sur lequel on passe déjà nos journées. Ce sentiment de rentrer chez soi – bien au chaud – après une réunion en hiver dans les bois me manquait. Désormais j’attends, impatiemment, qu’on puisse passer un camp normal avec un hike et des échanges avec l’extérieur. J’attends surtout de pouvoir serrer tout le monde dans mes bras. Pour résumer, je dirais que le scoutisme, que ce soit par écran ou en présentiel, c’est avant tout le partage, la positivité, l’échange et tellement plus encore…

Auteur : Mathis, 14 ans, Habay-la-Vieille

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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