Origine du mal-être

Origine du mal-être

Violentée

Mon texte parle de mon mal-être. Etant petite, mon père n’était jamais à la maison, souvent dans les cafés, dans les buvettes de foot… Il rentrait, souvent ivre et violent, le plus souvent avec ma maman, et parfois avec ma sœur et moi.

Ma mère a fini par comprendre et fuir chez ma grand-mère. Ma sœur avait 3 ans, j’en avais 5. Le jour où nous sommes parties, mon père m’a dit qu’il ne voulait plus jamais nous voir. C’est ce qu’il s’est passé, pendant un an.

Violée

Lors de mes 6 ans, mon père a voulu me revoir. Après hésitation, ma mère a fini par accepter « tant qu’il me ramenait à une heure correcte ». Mais ce n’est pas ce qu’il s’est passé. On a d’abord été chez lui, et ensuite dans un bar, à Andenne. Un moment, mon père est parti, sans me dire pourquoi. Il m’a laissé au bar, avec un de ses amis. Cet ami m’a emmené dehors. J’ai essayé de me débattre mais son ami a abusé de moi. J’ai voulu courir, m’enfuir, mais imaginez une fille de 6 ans contre un homme. C’est impossible de s’en sortir. Je saignais de ma partie génitale. Je suis retournée dans le bar sans rien dire, mes vêtements tachés de sang. Une femme m’a prêté un t-shirt, c’était comme une robe sur moi. Ils m’ont offert à boire, je ne sais plus quoi. Après cela mon père est réapparu et m’a ramené chez ma mère. Je n’ai osé rien dire, j’étais traumatisée. Je n’ai plus revu mon père après cela, jusqu’à mes 9 ans.

Abandonnée

Mon père avait une nouvelle femme, il voulait me la présenter. Moi, je n’étais pas d’accord mais j’ai fini par accepter. J’ai fais un effort. Sa femme venait de sortir de prison. Au début, je l’adorais, je dormais dans ses bras. Mais un jour, elle a vrillé, elle m’a volé mon téléphone en me mettant un couteau sous la gorge. Mon père a fini par la quitter, et prendre une autre femme, en reconstruisant sa vie, il a eu 3 autres enfants. Pendant des périodes, je n’avais plus de ses nouvelles, puis il recommençait à nous prendre, mais en étant violent avec moi. J’ai eu des entorses, des bleus.

L’enfer

De nouveau, je n’ai plus vu mon père pendant une période. Puis un jour, j’ai dû y aller pour un nouvel an. Ma belle-mère et mon père se sont disputés et ont remis la faute sur moi, parce que j’étais « une pute ». Ils m’ont frappé. J’ai essayé de partir, de m’enfuir. Mon père m’a rattrapé en voiture, m’a frappé. Je me suis réfugiée chez mon tonton, puis à l’hôpital.

Résilience

C’est dur, je sais. Si j’ai écrit ce texte, ce n’est pas pour avoir de la pitié. C’est pour montrer que l’on peut toujours décider de s’en sortir, se relever, avancer.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Alyssa, 13 ans

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

Si je pouvais exaucer un vœu, j’unirais le monde en un seul pays

C’est vrai quoi ! Plus de guerre, plus de conflit et une coopération sans limite et sans haine. Utopie pour certains, fantasme anarchiste pour d’autres et rêve pour moi. Mettre fin à ces inégalités...

Music

La musique, la musique est quelque chose de petit mais d’énorme en même temps. Pour certaines personnes, il s’agit juste de pousser sur play mais pour MOI c’est tellement plus, c’est le moment où je...

Coeur sensible sous carrure de bonhomme

J’ai beaucoup été harcelée pendant mes secondaires et primaires ; je n’ai jamais réellement eu la force de faire confiance aux gens.Où que j’aille, il y a toujours un moment où ça ne va plus et ça...

Pour eux

Le plus injuste dans ce monde, ce sont les gens qui n’arrivent pas à vivre dignement pour X raisons car le fait de devoir dépendre des autres les rend un peu comme des gens assistés. Et par après,...

Le mâle être

Une douleur qui ne disparaitra jamais, car je ne suis pas né comme je l’aimerais. Mon corps me dégoute et le vide se rajoute. Les bandages me serrent mon mâle être s’en sert.Auteure : Nikita, 15...

Leur regard

J’ai toujours eu peur du regard des autres, quand on te juge du regard sans même te connaître. Souvent, ce genre de comportement peut vraiment te toucher et t’empêcher d’être toi-même.Pour moi, être...

Le sport, une manière formidable de rester heureux !

Ce que le sport m’apporte ? Pour ma part, j’ai commencé avec la natation mais pendant quelques années c’était pas du tout mon activité préférée mais j’ai pris sur moi en me disant que j’allais nager...

Lecture, bienfaits et jeunesse

Je suis arrivée en Belgique à l’âge de 7 ans. Je ne parlais ni français ni ne savais l'écrire. Heureusement, l’école a mis des choses en place pour moi et j’ai très vite rattrapé mes lacunes. Par la...

Manger, c’est le meilleur moment de la journée

Manger, c’est quelque chose de gras, de salé et de sucré mais surtout quelque chose de fantastique. Quand tu commences, tu ne sais pas t’arrêter. Ce qui est bien, c’est qu’après tu prends du poids...

Rencontre avec l’alien

Cher alien, que comptes-tu trouver en Belgique ? La liberté ? De nouveaux territoires à conquérir ? Un semblant de paix éternelle ? Ici, les humains suivent leur quête du bonheur. Certains...
Être heureuse quand la famille va mal

Être heureuse quand la famille va mal

Parfois c’est compliqué, parfois, c’est bien pire que ça. Parfois, il y a des bobos et parfois il y a de gros dégâts, des choses qui se cassent, se brisent, ne se réparent pas… Pourtant, malgré tous ces parfois, on peut avancer, continuer à y croire et au bout du compte, après des mois ou des années, on peut trouver la sortie du tunnel. C’est ce tunnel et cette sortie du tunnel que nous raconte une jeune auteure anonyme

Les hommes autour de moi

Depuis ma naissance, j’ai majoritairement été entourée d’hommes et j’ai vite compris qu’ils avaient une grande influence sur moi, sur la manière de me comporter ou de parler, sur mon rôle ou ma position de fille puis de femme dans cette société bien compliquée. J’ai deux grands frères, un père bien présent. Pour moi, tout a commencé lorsque mon père s’est davantage occupé de Nicolas, mon frère ainé. Ma maman ne pouvait rien dire à cela, comme si elle n’avait plus aucun mot à dire à Nicolas. Elle ne pouvait plus s’occuper que de mon autre frère, Arthur, et de moi. Bien que nous étions trop jeunes, pour vraiment comprendre ce qui se passait entre mon père, ma mère et Nicolas, on sentait que quelque chose clochait. Tout cela nous marque aujourd’hui encore.

Mes parents

Entre les multiples séparations de mes parents et les bêtises de Nicolas, les pièces du puzzle commençaient, petit à petit, à se mettre en place. La situation devenait claire pour moi. Jusqu’à mes 14 ans, où tout est devenu transparent, je ne voulais pas y faire attention. Plus jeune, mon père a, lui aussi, eu des problèmes et fait des bêtises. Là, il avait peur que Nicolas emprunte les mêmes routes que lui. Seulement, en voulant tout faire seul, il a fait pire, bien pire. Comment voulez-vous vous occuper d’une personne, quand vous n’avez pas été capable de vous occuper de vous-même ?

Pour moi, la relation entre mes parents était toxique, mon père exerçait un contrôle sur ma mère. Petit à petit, ma maman, détruite et ne pouvant plus supporter la pression que mon père lui mettait sur les épaules au quotidien, a commencé à se confier à moi. Elle me parlait des choses qu’une petite fille de 12 ans ne devait pas savoir. Une petite fille de cet âge ne devrait se soucier que de la connaissance de ses fables et non pas des tortures mentales, économiques, sociales ou encore sexuelles, que sa maman subit depuis 23 ans d’une relation infernale.

Nicolas

Mon grand frère enchainait les conquêtes d’un soir, les mauvaises fréquentations et les altercations avec la justice. Quand le regard épuisé de ma maman, incapable de le comprendre, se posait sur lui, il commençait à se décomposer. Un soir de 2019, Nicolas a fini par en avoir marre. Il a décidé que la pression était trop forte et il a essayé de mettre fin à ses jours. C’en était trop. Entre ‌les‌ ‌confidences‌ ‌de‌ ‌maman,‌ ‌l’état‌ ‌mental‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌père,‌ ‌la‌ tentative‌ ‌de‌ ‌suicide‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌frère‌, ‌moi aussi – n’ayant le contrôle sur rien – j’ai commencé à me ‌dégrader‌.

S’occuper de moi ?

La‌ ‌tentative ‌de suicide de mon frère‌ ‌a‌ ‌été‌ ‌une‌ ‌grande‌ ‌claque‌ ‌pour mon‌ ‌père‌. Elle ‌lui‌ ‌a‌ ‌fait‌ ‌réaliser‌ ‌qu’il‌ ‌avait‌ ‌deux‌ ‌autres‌ ‌enfants‌ ‌et‌ ‌qu’il‌ ‌serait‌ ‌peut-être‌ ‌temps‌ ‌de‌ ‌s’en‌ ‌occuper. ‌Malheureusement‌ ‌pour‌ ‌moi‌, ‌j’aurai‌s ‌préféré‌ ‌qu’il‌ ‌continue‌ ‌sa‌ ‌route.‌ ‌“Occuper”‌ ‌est‌, probablement, un bien grand mot. Si ‌ « occuper » cela signifie‌ ‌faire des remarques,‌ ‌se moquer ou rabaisser au ‌quotidien,‌ ‌alors‌ ‌oui‌, ‌peut-être‌ ‌qu’il‌ ‌s’occupait‌ ‌de‌ ‌moi‌… Qui‌ ‌sait ? La‌ ‌pression‌ ‌était‌ ‌maintenant‌ ‌sur‌ ‌mes‌ ‌épaules‌ ‌et‌ ‌du‌ ‌coup‌ ‌j’ai‌ ‌commencé‌ – à mon tour – ‌à‌ ‌me‌ ‌confier‌ ‌à‌ ‌ma‌ ‌maman‌, mais‌ ‌cela‌ ‌ne‌ ‌m’a‌ ‌pas‌ ‌soulagé‌e. A‌u‌ ‌contraire‌, ça‌ ‌n’a‌ ‌fait‌ ‌que‌ ‌grandir‌ ‌le‌ ‌mal‌être‌ ‌que‌ ‌j’avais‌ ‌en‌ ‌moi.‌ ‌

Je suis une bombe

Ça m’a fait peur d’avoir tellement de colère en moi, tellement de rancune, de haine et de mauvais sentiments. Ça m’a fait peur de tout garder, de ne pas avoir réussi à tout laisser partir et d’avoir été cette bombe à retardement. Ça m’a fait peur quand je voyais que j’étais capable de m’en prendre à mes proches – sans même avoir de remords – parce que, parfois, j’étais tellement en colère contre le monde entier que n’importe qui pouvait se prendre une rafale de haine. Ça m’a fait peur d’être une grenade et de me dire qu’un jour, j’allais exploser tellement fort que j’allais finir en morceaux.

Il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌un‌ ‌coeur‌ ‌amoureux‌ ‌avant‌ ‌qu’il‌ ‌ne‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌pour‌ ‌qu’un‌ ‌être‌ ‌amoureux‌ ‌cesse‌ ‌de‌ ‌voir‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌cœur.‌ ‌Quand‌ ‌vient‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌le‌ ‌cœur‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌n’y‌ ‌a‌ ‌plus‌ ‌aucun‌ ‌moyen‌ ‌de‌ ‌recoller‌ ‌les‌ ‌morceaux.‌ À ‌ce‌ ‌moment-là‌, ‌il‌ ‌ne‌ ‌reste‌ ‌plus‌ ‌que‌ ‌la‌ ‌raison,‌ ‌la‌ ‌raison‌ ‌qui‌ ‌mène‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌méfiance et‌ ‌la méfiance‌ qui mène ‌à‌ ‌la‌ ‌haine.‌

Il faut qu’on discute

Comme si ça ne suffisait pas, un soir mes parents m’ont appelée pour qu’on discute. Cela n’a jamais été un bon signe. Ils m’ont alors expliqué que Nicolas avait fait une grave erreur, celle de trop. Cette fois-ci, la justice en avait marre de donner des secondes chances à Nicolas. Il était maintenant à la prison de Lantin pour payer toutes les conneries qu’il avait faites. Je me suis durcie sous l’effet de cette nouvelle qui m’enlevait quelque chose. Avant cela, j’étais si émotive que je m’effondrais à la demande, j’étais une fontaine …

Aujourd’hui

L’eau s’est retirée. Évidemment, même si je me soucie des êtres autour de moi, j’ai beaucoup de mal à le montrer. Un mur fait obstacle. J’ai toujours rêvé d’être aussi forte que rien – jamais – ne pourrait m’atteindre. Maintenant, je suis devenue tellement forte que j’ai l’impression que plus rien ne me touche. Mon souhait serait de parvenir à m’adoucir. Aujourd’hui, tout va beaucoup mieux, mais beaucoup d’entre nous doivent réaliser que le bonheur n’est pas une destination mais un parcours. Le bonheur, ce n’est pas d’avoir la voiture ou la fille de tes rêves. Le bonheur, c’est réaliser que ce que tu as est assez, et malgré tout ce qui arrive dans la vie, en être reconnaissant. Quand on aura compris ça, on ne sera pas juste heureux ou heureuse, on attirera plein de choses qu’on a toujours voulues.

L’auteure de ce texte souhaite rester anonyme

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R