Beaucoup donnent leurs références,
Comme de nombreux artistes qui montent sur scène.
Mais il n’y a qu’une seule scène :
Celle d’un carton, d’un trottoir froid,
Comme les cœurs glacés de notre société.
Beaucoup continuent, pourtant, à aider
Les personnes, les enfants qui vivent dehors,
Qui dorment dans la rue,
Faute de place dans les abris de nuit.
Pourtant, de nombreux bourgmestres préfèrent chasser
Ceux qui n’ont plus de toit, comme à Liège.
Et tous ces gens vivent chaque jour
Dans l’incertitude, la peur,
Sans dignité, dans l’indifférence glaciale.
Beaucoup ignorent ce que vivent ces âmes,
Pendant que leurs poumons cherchent encore l’air pur,
Étouffés par les critiques, noyés sous les jugements.
Dans leur mémoire reste la douleur,
Et nos yeux, eux, versent encore des larmes,
Des larmes de la galaxie éternelle,
Nées d’une création sans fin,
Où l’on se perd entre le monde et les étoiles.
Beaucoup appellent au secours,
Mais il demeure des cicatrices
Que personne ne peut effacer,
Et nulle main ne peut sécher
Les larmes du monde.
Comment guérir un cœur brisé,
Brûlé par les drames ?
Aucun mot ne peut vraiment dire
Ce qui se passe dans la tête des gens.
Il faut pourtant faire attention à soi,
Trouver le courage malgré la peur,
Renoncer à bien des choses pour survivre,
Même après tant de trahisons.
On cherche la lumière,
La bonne, la vraie,
Et tu la suis, perdu dans l’immensité,
Guidé par les étoiles dans le ciel,
Devenues les larmes du père,
Goutte après goutte,
Illuminant la nuit.
Pour avancer, malgré le vide,
Malgré la mort dans les rues et les villes.
Personne n’a de pouvoir sur mes décisions.
Je ne suis pas superficiel.
Ma vie est éclairée
Par le soleil et le ciel bleu.
Je continue d’écrire avec ma plume,
De dessiner une vie sans enclume.
Mes émotions sont profondes,
Comme le sang qui coule dans mon corps,
Et pourtant mon corps saigne
De blessures invisibles :
Les prisonniers de la Galaxie.
J’écris une lettre devant ta tombe,
Chaque mot que je dis me fait tomber,
Pardon, de là-haut.
Le monde avance, mais nos cœurs succombent
À toutes ces vies qu’on a laissées.
J’écris une lettre devant ta tombe
Pour te dire ce qu’on n’a pas su dire :
Qu’on était vivants… mais déjà dans l’ombre,
Dans un monde qui oublie de sentir.
On porte tous des démons en silence,
Des cris enfermés dans le vide immense,
Des souvenirs gravés comme des absences
Qui nous consument sans faire de bruit.
Et même si la nuit semble infinie,
On cherche encore une étincelle de vie
Parmi les ruines, les regards perdus,
Les espoirs brisés, les rêves déçus.
Car au fond de nous brûle une lumière,
Fragile, tremblante, mais bien réelle,
Un dernier souffle, une prière
Dans cette galaxie éternelle.
NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.
Auteur : Willy, 60 ans, Charleroi
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

