Battons-nous pour le monde d’après

Battons-nous pour le monde d’après

Esmeralda est une combattante, elle garde le poing levé et le coeur vaillant pour tenter d’avancer, pour tenter de faire avancer tout le monde ! Peu découragée par la Covid-19, elle propose des pistes pour que tout cela nous soit utile.

Nous, les jeunes, sommes vulnérables. Ce n’est pas tant le coronavirus qui m’inquiète, mais ce qu’il va se passer après, récession, changements climatiques, inégalités, chômage, perte de la biodiversité… c’est nous qui allons payer ! Notre gouvernement préconise un retour à la normale le plus rapide possible, alors que cette pseudo normalité apparaissait déjà, pour moi, comme une crise immense. Ne nous attendons pas à ce que nos responsables initient un changement de cap. Si nous voulons aller vers un monde plus juste, plus solidaire, il faudra se battre.

Impliquée

Depuis plusieurs années, je m’engage dans différents projets pour tenter, à mon échelle, d’améliorer le monde. J’ai commencé par des actions individuelles, supprimer ma consommation de viande, me déplacer à pied, acheter local, … J’ai ensuite lancé, grâce à mon travail, quelques petits projets collectifs, j’ai mis en place un compost collectif dans mon quartier. Consciente que ces actions étaient utiles, mais ne permettaient pas forcément de répondre à l’urgence climatique, j’ai candidaté pour représenter les jeunes francophones belges à la COP25 (1), conférence des Nations Unies (2) sur le climat en décembre 2019. Dans le cadre de ce mandat, j’ai pu m’engager à un tout autre niveau, en rencontrant des politiciens, en m’associant à d’autres acteurs de la société civile, et en appréhendant un peu mieux le fonctionnement de notre monde. Les activistes climatiques n’ont jamais été aussi présents que depuis l’an dernier.

Se faire entendre

Toutefois, le confinement et son issue incertaine nous ont poussés à revoir les moyens d’agir. Descendre dans la rue est devenu inconcevable. Les médias sont submergés par les informations sanitaires. Les rencontres politiques ? Oublions… Alors comment pouvons-nous agir pendant et après cette crise ? Depuis plusieurs semaines, je me suis penchée sur les nouveaux modes d’action pour tendre vers un monde un peu meilleur.

Agir

La première action que je propose est de s’informer et d’informer. Nous vivons dans un monde complexe qu’il est important de comprendre afin d’investir son énergie dans des actions qui ont réellement un impact. Le confinement offre à beaucoup de personnes du temps supplémentaire pour s’informer, réfléchir, et partager des idées. Les cours gratuits en ligne foisonnent. Les articles et vidéos émergent de toute part. Profitons-en pour enrichir notre pensée, et partager les contenus les plus intéressants sur les réseaux sociaux ou dans des discussions vidéo.

Ensemble

Ma deuxième piste d’action est le renforcement des réseaux de solidarité locale. Durant cette crise sanitaire, de nombreuses personnes ont potentiellement besoin d’aide : malades, personnes vulnérables au virus, personnel soignant, etc. Quelques gestes simples permettent de s’entraider dans nos quartiers : apposer un autocollant sur sa boîte aux lettres montrant qu’on est prêt à aider, coller un mot dans l’ascenseur, créer un groupe de discussion en ligne… Ces nouveaux réseaux pourront bien entendu persister après la crise, améliorer notre quotidien, et nous aider à surmonter les prochains obstacles, car il y en aura.

Se mobiliser

La troisième action que je propose est de créer, de rejoindre ou de soutenir des collectifs qui proposent une vision alternative du monde et qui diffusent des propositions concrètes, à une large échelle. À titre d’exemple, les marches pour le climat en ligne ont permis de rassembler de nouveaux publics, qui ne peuvent par exemple pas se déplacer en temps habituel. À l’heure où une large partie de la population passe encore plus de temps sur les écrans, les réseaux sociaux sont devenus un terrain de choix pour nos revendications.

Se recentrer

Pour terminer, le confinement est également le moment où les activistes peuvent prendre soin de leur santé. Moi-même souvent débordée par une quantité de projets et d’actions, et au bord de l’épuisement, je trouve que le confinement est la période idéale pour aussi se recentrer sur soi et reconsidérer son rythme de vie. En effet, comment pourrions-nous continuer à nous battre pour un monde plus résilient, si nous même sommes constamment au bord de la rupture ? C’est donc maintenant ou jamais que nous pouvons retrouver une certaine résilience personnelle.

 1. Une Cop, (Cop, pour Conferences of Parties ou en français, Conférences des États signataires) est une assemblée internationale qui réunit les pays ayant décidé de travailler, ensemble, à la problématique du climat. La première conférence a eu lieu en 1995. La dernière, la COP 25, qui devait se dérouler au Chili c’est finalement déroulée à Madrid. Le but de ces conférences, arriver à un accord qui permettrait de minimiser l’impact de l’activité humaine sur le climat. Il est rare, hélas, que ces conférences débouchent, réellement, sur de grands changements.  

2. Au sortir de la seconde guerre mondiale, et pour favoriser le maintien de la paix dans le monde, est née, en 1945 l’Organisation des Nations Unies (ou ONU). Elle rassemble aujourd’hui 193 pays en font partie. 

Auteure : Esmeralda, 27 ans, Verviers

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R À DISTANCE.

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Belgo-Marocaine et musulmane, le combat permanent

Belgo-Marocaine et musulmane, le combat permanent

Vivre dans une société où la femme est considérée comme un objet, c’est une épreuve assez difficile pour la gent féminine. Mais si en plus de cela la femme est Belgo-Marocaine et musulmane, l’épreuve est comparable à la montée du Kilimandjaro lors d’une tempête de neige.

Femme en 2020

Être une jeune femme en 2020, c’est devoir faire face aux pressions quotidiennes. Le fait que la société nous inculque depuis notre tendre enfance des stéréotypes que nous voyons constamment défiler sur nos écrans joue un rôle important sur notre manière de voir les choses. La jeune femme doit exceller dans ses études, la jeune femme doit être présentable sans être vulgaire, la jeune femme doit savoir se taire, parce que si elle milite et revendique ses droits, on la voit comme une rebelle. Jamais je n’aurais cru qu’être une femme aurait été un combat sans fin. On doit faire attention à notre façon de s’habiller, de se maquiller, de se tenir, de parler et même de ne pas oublier de nous épiler. Si on ne rentre pas dans les critères de perfection médiatique, on est une meuf qui n’est pas à la mode, qui se fera critiquer.

Femme voilée en 2020

Être une femme voilée en 2020, c’est être soumise, pourtant l’interdire c’est également se soumettre. Qui aurait cru qu’avec le temps, le port du voile n’aurait plus été différencié d’une soumission, mais plutôt d’un choix personnel d’expression ? De l’usage aussi de ma liberté d’expression ? Même si cela est souvent vu comme une soumission, dans une société dite patriarcale, cela reste le choix libre d’une femme libre. Pourtant, être une femme voilée et musulmane est synonyme d’un parcours du combattant. On doit faire attention à ne pas faire peur dans les transports en commun, à savoir justifier le fait qu’on porte le voile et d’accepter toutes discriminations rabaissantes à notre égard. En soi, on doit être un bloc de béton sachant tenir le coup. Tout ça parce qu’apparemment, on ne rentre pas dans le cliché autorisé de la société.

Femme de couleur en 2020

Être une femme de couleur en 2020, c’est être forte et s’accepter. Même si la société ne nous facilite pas toujours la tâche. Persévérer et montrer qu’on est également capable de réaliser nos rêves, comme toutes les autres femmes. Être une femme en 2020, c’est être libre de ce qu’on veut être et devenir. Sans que quiconque dicte ce qu’on doit faire, qui nous devons être. Être une femme, c’est également accepter la diversité qui règne en nous. Être une femme en 2020 est synonyme de courage. Parce que oui, il faut énormément de courage pour surmonter ses épreuves. Surtout si la société régresse au lieu d’avancer.

Le problème ?

Ce n’est pas la femme qui a un problème, mais la société dans laquelle on vit. On prône le féminisme, mais pourtant, on ne laisse pas la femme tranquille. On l’instrumentalise, on veut la mettre dans des cases conformes à celles que la société attend. Nous les femmes, nous sommes une diversité. Être femme c’est également être une maman, une épouse, une étudiante, une professionnelle, une religieuse, une rockeuse, une militante, une mécanicienne, une lesbienne, une bisexuelle, une femme au foyer, une médecin, une rappeuse, une ministre. La liste est longue.

Libre sur le papier

Dans la vie de tous les jours, la femme fait face à des critiques et des rejets. Tu es une geek ? Tu es bizarre. Tu t’habilles court ? Tu es une fille facile. Tu portes le voile ? Tu es soumise. Tu veux faire carrière ? Comment est-ce que tu tiendras ton ménage ? Tu aimes les femmes ? Ne t’affiche pas, c’est tabou. Certains aspects du libéralisme mettent en avant la liberté des cultes, d’expression et même d’être qui nous voulons être. Pourquoi est-ci si difficile à mettre en pratique ? Que je porte une mini-jupe, une perruque, une croix, que j’aie des cheveux roses ou que je porte le voile…C’est mon choix. Toute femme doit être acceptée et chaque femme est pareille en droits, mais différente à sa manière. Aucune femme n’est un handicap pour notre société, elle est une variété singulière.

Être une femme en 2020, c’est être libre de qui on voudrait être.   

 

Auteure : Ajar, 24 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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R.I.P. Erasmus 2019-2020

R.I.P. Erasmus 2019-2020

« Le plus difficile, ce sont les adieux. » C’est la phrase que ma prof de langue m’a dite lors de ma proclamation en parlant de mon année future à Amsterdam. L’année 2019-2020 sera mémorable. C’était certain.

Zuiderzeequoi?

Cinq tasses de thé dispersées dans le salon-cuisine, des matelas, coussins et couvertures sur le sol, l’ordinateur prêt à lancer un film de mauvais goût, une guitare dans les mains de l’une ou l’autre, une parfum pop-corns, biscuits et chocolat. Voilà ce qui caractérise généralement le quotidien des 24 mètres carrés qui me servent de logement dans un immeuble pour étudiant d’Amsertdam. On se croirait dans le début d’une blague : « Deux espagnoles, un norvégien, une française et une belge regardent High School Musical (1) en fredonnant sans gêne les musiques du film, qui renverse son thé en premier ? »

Après seulement quelques semaines à vivre dans cet endroit, il est devenu ma maison, mon chez moi. Le plus marrant sur ce bâtiment, rempli principalement d’étudiants internationaux, c’est qu’il se situe sur une île au nom imprononçable pour la plupart d’entre eux : Zuiderzeeweg. Imaginez une Espagnole essayer de dire ce nom ! 

« À toi de prendre la décision »

Ce qu’il faut savoir sur l’Erasmus (2), c’est que plus le temps passe, plus il est précieux et plus on le chérit. Il est aussi interdit d’imaginer la fin avant l’heure. Profiter (et étudier aussi… un peu) c’est le maître-mot ! Mon Erasmus se termine le 8 juillet. Je finis mes examens le 15 juin. Parfait ! Ça me permettra de finir cette aventure en beauté avec tout le monde. Pourtant, le 17 mars au soir, mon téléphone sonne. Ce sont mes parents. On met le film sur pause et je vais dans la salle de bain. « La Belgique passera en lockdown complet à partir de demain midi, on s’inquiète de cette situation tu sais, ça semble réellement tourner en vrai crise sanitaire ». Je parle encore quelques minutes avec eux, ils me donnent des dizaines de raisons de rentrer et terminent par un timide « Mais c’est à toi de prendre la décision au final ». Je raccroche, je reviens en souriant et relance le film. Seulement, je ne chante plus. 

Des explications

Quand le générique de fin commence, j’explique à mes amis la situation et les enjeux de rester ou de rentrer. La situation n’est évidemment pas à mon avantage. Le gouvernement belge et les institutions scolaires font pression et sont claires : si je décide de rester à l’étranger durant le confinement, c’est à mon entière responsabilité. Je me retrouve à devoir choisir entre mon envie de garder mon indépendance, rester avec mes amis et tout ce que j’ai construit depuis sept mois ici tout en étant consciente que mes proches en Belgique se feront un sang d’encre à mon sujet ou bien renoncer aux trois derniers mois d’Erasmus, choisir la sécurité en rentrant vivre chez mes parents pour ainsi rassurer mes proches.

La nuit porte conseil

On en discute longuement tous ensemble, il est tard. Je propose que chacun aille dormir, que j’y réfléchisse seule et que je prenne une décision sans être influencée par un parti ou l’autre. Tout le monde semble d’accord, on s’embrasse tous et ils rentrent chez eux, à l’autre bout du palier. Cette nuit-là, je ne dors pas. Je réfléchis, je pleure, j’en veux au monde. Je suis frustrée et démunie. Il y a la décision que je veux prendre et celle que je devrai prendre.

Lendemain

Le lendemain matin, Eric, le norvégien, entend quelqu’un frapper à sa porte. Il ouvre. Je me tiens devant lui, un sourire triste, des larmes dans les yeux, une valise pleine à craquer dans la main. Un fuck s’échappe tristement de sa bouche et il me prend dans ses bras sans rien dire de plus. C’est le dernier à qui je dois dire au revoir. À cet instant précis, je repense à ma prof et à ses paroles des mois précédents. Si le plus difficile, quand le séjour se termine comme prévu, ce sont les adieux, alors qu’en est-il de l’impact d’une fin aussi abrupte ? Je continue de me poser cette question durant tout le trajet entre Amsterdam et Liège, sans me douter que les émotions qu’elle provoque auront de l’impact sur moi encore des semaines après. Je suis convaincue que si une fin programmée fait mal, une fin imprévue est d’autant plus douloureuse. 

(1) High School Musical est une série de plusieurs comédies musicales étatsuniennes de Disney. Dans le premier film, sorti en 2006, le jeune et populaire capitaine de l’équipe de basket de l’école et une jeune scientifique, nettement plus réservée, se rencontrent en préparant un concert pour la fin de l’année au lycée East High d’Albuquerque.
(2) Créé en 1987, le programme
Erasmus permet aux étudiant·es et professeur·es d’aller étudier ou travailler dans un autre pays membres de la Communauté européenne.   

Auteure : Katy, 22 ans, Chaineux

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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J’aimerais bien être un chat !

J’aimerais bien être un chat !

Entre information en permanence, stress du quotidien et coronavirus, Joanne nous invite à faire une petite pause féline !

Drôle de titre… 

Drôle de titre et drôle de phrase pour commencer un article vous direz vous sûrement. Moi je vous répondrais alors  » eh bien pourquoi pas ?! ». C’est une phrase qui m’est venue comme ça, un après-midi, et qui me passe par la tête par moment. Bref, on vit une époque bien compliquée due, notamment, à cette épidémie. Le Covid-19 nous force à nous tenir loin des gens qu’on aime, de nos loisirs, des habitudes que nous apprécions tant, de la vie telle qu’on la connait. Les médias sont là pour nous tenir au courant de ce qui se passe autour de nous, de comment va le monde. Les médias nous font découvrir la force avec laquelle le monde hospitalier se bat contre ce virus et arrive à sauver des vies. L’info nous est, évidemment, bien précieuse !

Profiter du moment présent

Cependant, trop d’infos tue l’info et laisse place au doute, au stress et à la peur. C’est à ce moment-là que je pense au chat, lui dont l’aspect semble toujours décontracté et posé. Il est toujours là, à profiter de l’instant sans se soucier de ce que sera demain. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se déconnecter du reste de la planète. Mais je crois que, parfois, il faut savourer le moment présent, se poser là, devant le coucher de soleil et ses couleurs pastels ou encore devant une fleur et se dire que c’est tout simplement beau. Se dire que ce qui nous entoure est là et bien présent et que le stress engendré par le virus ne doit pas nous dévorer de l’intérieur. 

Je sais que ça peut paraitre fort naïf ce que j’ai pu écrire, je sais que beaucoup de personnes souffrent de cette épidémie et que pour elles, ça doit être terriblement dur de se dire qu’il faut juste « profiter de l’instant » mais voilà, si vous avez la possibilité et la chance d’être en bonne santé et dans de bonnes conditions, posez-vous un instant. Pensez à ce qui est réellement important, à ce que vous pourriez faire de ce temps pour aider les autres tout en restant protégé·e. 

Tout ira miaou demain 

Je suis jeune. Je ne connais encore que peu de choses de la vie. La vie me semble en mode « pause » pour l’instant. Pourtant, je pense et j’espère que lorsqu’on aura retrouvé les fondamentaux de la vie, qu’on aura redécouvert ces petits moments-là de bonheur de l’instant, cela nous permettra, après cette épidémie, de s’aimer encore mieux, on saura ce qui est réellement important à nos yeux, tel le chat ! (Même si lui, c’est sa philosophie pour tout et tout le temps).

Auteure : Joanne, 16 ans, Orp-le-Grand

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance. 

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Le pouvoir des câlins

Le pouvoir des câlins

Maximilien est tactile… Il aime le contact des autres, les embrassades, les gâtés, les câlins. Son témoignage explique que ce n’est pas qu’un besoin, c’est aussi un besoin vital comme manger et boire.

Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai pris mes amis ou ma grand-mère dans mes bras. Je ne me rendais en effet pas compte que ce serait peut-être la toute dernière fois. À l’époque, je ne m’attendais pas à un tel bousculement de mon mode de vie et je prenais le droit de faire des câlins pour acquis. Les contacts physiques font partie du passé. Je dois désormais être séparé d’1m50 de tous mes amis et ma famille. Cette distance, relativement courte, se transforme en années lumières(1)  pour la personne tactile que je suis. 

Distance

Si cette fameuse distance d’1m50 n’empêche pas le contact social au sens strict du terme, elle interdit sa dimension physique. Fini les câlins, les bisous. Pas question de prendre sa grand-mère dans les bras, de lui prendre la main ou même de l’effleurer. Je peux courir avec un ami mais je ne peux pas lui taper dans le dos pour l’encourager lorsqu’il s’essouffle. Pas de bise à une connaissance croisée dans la rue en promenant le chien. La discussion prend alors une tournure très gênante et crée des situations cocasses. Nous devons, tous les deux, nous retenir de nous faire la bise. C’est difficile de désapprendre ce que nous faisons depuis notre naissance. Le mètre et demi qui nous sépare rend la discussion, elle aussi, distante et hésitante. Et pourtant, cette distanciation physique est devenue la preuve d’amour ultime : si tu tiens vraiment à telle personne, ne l’approche pas. Mais que c’est difficile.

Toucher 

Les contacts physiques représentent pour moi une forme d’énergie. Je les vois comme un complément alimentaire, introuvable ailleurs, dans mon alimentation. Je m’en nourris. Ce compliment alimentaire s’avère particulièrement important dans les périodes plus déprimantes et les moments de solitude. Il me rappelle que je ne suis pas seul. Les contacts physiques me rassurent sur la qualité, l’importance et la sincérité de ma relation avec l’autre.

C’est la science qui le dit

De nombreuses études démontrent en effet les bienfaits des contacts physiques pour la santé physique et mentale. Plus les câlins sont forts, plus ils jouent un rôle important dans les relations personnelles et la lutte contre les maladies (2). Pour faire court, ils œuvrent à la sécrétion de diverses hormones qui génèrent autant de merveilles pour notre corps et notre esprit : réduction de l’anxiété, du stress et de la pression artérielle, renforcement du système immunitaire.

Le rôle clé des contacts physiques semble être, pour les personnes affectueuses comme moi, encore plus critique. Cela fait désormais presque deux mois que je suis confiné avec ma mère et ma sœur et la situation devient difficile. Je reçois de l’affection sous perfusion par mes deux donneuses qui commencent cependant à sérieusement s’affaiblir. Autant je peux être friand de câlins, autant ma petite sœur arrive très vite à saturation. Ce seuil de tolérance a été franchi et je m’inquiète donc pour le futur à moyen terme.

La distance des vidéoconférences 

J’ai bien essayé de rechercher plus de contact social à travers les fameux appels vidéo mais… L’un ne remplace pas l’autre. Arriver à l’appel vidéo constitue déjà, un parcours du combattant en soi. Il faut se convaincre de rester assis pendant une heure devant son ordinateur après avoir déjà travaillé ou étudié dessus toute la journée, braver les problèmes de connexion internet et prier pour que votre interlocuteur y soit arrivé également. L’appel, une fois enclenché, me comblera bien moins qu’une vraie conversation comme dans la vie d’avant. Le décalage récurrent du son et de l’image génère l’impossibilité d’entendre quoi que ce soit lorsque plusieurs personnes parlent en même temps. Le ton de la conversation n’est pas le même, plus superficiel. On a en effet peu de choses à se raconter au vu du train de vie actuel et identique de chacun. Passé quelques expériences sur Zoom, Skype, Facebook, WhatsApp, House Party et j’en passe, la plupart de mes proches semblent s’être lassés de ces appels vidéo au point d’en préférer le traditionnel appel téléphonique. Qui a dit que le vintage était dépassé ? 

S’embrasser bientôt

Mes relations se nourrissent de contacts physiques que le confinement a réduits à néant : la bise du matin, les poignées de main de première rencontre, l’embrassade en revoyant un ami pour la première fois depuis longtemps, les caresses pour réconforter un proche blessé. Imaginer un monde sans ceux-ci est très difficile voire impensable pour moi et j’espère chaque jour un peu plus qu’un vaccin viendra nous libérer de cette distanciation qui nous prend en otage. En attendant, je me contenterai d’un « check » du pied.

1. Une année lumière, c’est égal à 9 460 730 472 580,8 km et donc 9 460,730 milliards de kilomètres. Si en plus, comme pour Maximilien, il y en a plusieurs… Cela fait loin, très très loin. 2. Cet article de Santé Magazine l’affirme : Se tenir par la main, se faire des câlins ou des massages, se serrer dans les bras… tous ces gestes ont un effet certain sur l’organisme et permettent au corps de se détendre.

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : MAXIMILIEN, 24 ANS, WATERLOO

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R  à DISTANCE

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Dans la Matrix, un long dimanche de quarante jours

Dans la Matrix, un long dimanche de quarante jours

Pour parler de la situation dans laquelle nous sommes pour le moment M’mah passe par le cinéma et une trilogie de films des années 2000. Si comparaison n’est pas raison, parfois, ça y ressemble tout de même !

Un bug

Il doit y avoir un bug dans la Matrix (1). Je ne peux me l’expliquer autrement. La situation est bien trop inédite, bien trop invraisemblable, bien trop rocambolesque. Je suis prête à avaler la pilule rouge (2) pour sortir de cette réalité qui devient beaucoup trop dure à supporter. La chambre dans laquelle j’aimais passer tant de temps est devenue cette petite capsule dans laquelle les humains sont maintenus captifs comme dans la Matrix. Elle est étroite et sombre, j’en deviens claustrophobe. Je veux retrouver ma liberté. Oui, j’ai envie de tout envoyer balader, me mentir, me dire que ce n’est qu’une simple grippe et faire semblant de rien, faire semblant que le monde va bien, que je vais bien.

Je suis plutôt casanière et j’aimais ma petite vie comme elle était ; simple et tranquille. Je croyais que cette quarantaine n’allait rien changer à mes habitudes ; je pensais même que j’allais m’y plaire. Après tout, j’allais avoir plus de temps pour moi. Moi qui me plaignais de ne pas en avoir assez, voilà qu’on me le servait sur un plateau d’argent. Un présent divin, je me disais. 

Le temps… pas si important

Mais contre toute attente, la solitaire que je suis n’en veut plus de ce temps. Elle sait maintenant qu’elle n’en a jamais vraiment eu besoin parce qu’elle se rend compte qu’il y a encore plus précieux que le temps : la liberté. Ce qu’elle désire maintenant, c’est ce qu’elle n’a plus. Elle voudrait pouvoir être libre de sortir dehors, laisser la pollution caresser son doux visage de bon matin. Elle aimerait tant pouvoir s’asseoir dans le parc et se plaindre du pollen et des insectes. Elle aimerait tant pouvoir revoir les musiciens du métro qui faisaient saigner ses tympans à cause du volume de leurs haut parleurs. Et qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour que l’haleine matinale des passagers qui parfume le tram 4 dès 7 heures du matin lui titille à nouveau les narines.

L’insidipité règne

En me privant de ma liberté, ce virus crée un réel bazar dans mes petits plaisirs quotidiens. Il en fallait peu pour me combler mais voilà, ce « peu » qui jadis me rendait heureuse, aujourd’hui m’insupporte. Tout est devenu blême : Netflix est fade. Facebook, Instagram et compagnie sont devenus insipides, mes bouquins ne me procurent plus aucune allégresse… Tout me laisse un arrière goût de « c’était mieux avant ». Mes petits délices d’autrefois sont à présent substitués par des loisirs encore plus lamentables. J’en viens à m’émerveiller pour un petit tour au supermarché, rien que ça ! En plus, dehors l’ambiance est plutôt morbide. Cafés et places ont perdu la vie. Le silence règne, les rues sont désertes. Et comme si Dame-nature ne se régalait pas assez de voir tous ces pollueurs enfermés chez eux, il fait beau. Le ciel bleu, le soleil, les 23 degrés, tous sont au rendez-vous pour nous taquiner.

Un dimanche de quarante jours

Comme dans la Matrix le temps a une façon bien singulière de s’écouler. Chaque jour ressemble à un dimanche. Les heures passent lentement et les mois beaucoup trop vite. On en viendrait presque à douter de l’authenticité de ce qu’on est entrain de vivre. Mais malheureusement, il n’y aura pas de Morpheus (3) pour me sortir de la capsule. Pas de vaisseau Nebuchadnezzar (4) à l’horizon, pas de réalité alternative, pas de pilule rouge non plus ! Ce combat qu’on mène contre cette pandémie, aussi passif soit-il, épuise petit à petit mon énergie et me laisse frêle un peu plus, chaque jour. C’est le cas de le dire, les temps sont durs. Le monde va mal. Je vais mal. 

C’est drôle mais, jusqu’à ce que la vie nous prouve tout le contraire, nous pensions tout savoir de nous, de nos besoins. Qui aurait cru qu’une ermite comme moi viendrait à se lasser de sa solitude ? Qui aurait cru que j’en viendrais à être claustrophobe dans la chambre dans laquelle j’aimais passer autant de temps ? Ce que j’ai bien compris, c’est que les choses de la vie ne sont plaisantes que lorsqu’elles se vivent sans contrainte, par choix. Cette crise m’aura appris à chérir ma liberté encore plus qu’avant. Ma vie de misanthrope (5) n’est gaie que lorsque je décide qu’elle doit en être ainsi.

À la liberté !

Alors maintenant que le début du déconfinement est en cours, que le jour de gloire est enfin arrivé, que tout doucement, nous nous dirigeons vers un monde presque aussi semblable que celui d’avant, je lève mon verre à la liberté. À ma liberté, cette liberté que j’ai bien trop souvent prise pour acquis !

1. La trilogie Matrix est signée par les Wachowski, deux soeurs américaines. Le premier film est sorti en 1999 et raconte la vie de Néo. Comme toutes les autres personnes, Néo vit dans deux univers. Le premier, c’est le monde réel, une Terre où le soleil n’apparaît plus et sur laquelle les humains sont asservis par les machines. Ces machines utilisent les êtres humains comme une source d’énergie. Le second univers, c’est celui de la Matrice. C’est une copie virtuelle de notre monde qui laisse penser à celles et ceux qui l’habitent que tout va bien. Néo, le héros, est le seul à se rendre compte de la manipulation. Pour en savoir plus sur ce film, dont un quatrième épisode est annoncé, voir cette bande annonce.

2. Dans le film, Néo doit choisir entre la pilule bleue et la pilule rouge. Voici ce qui est dit dans le film « Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre« . De ce choix, dépend la connaissance de Néo sur la vérité de la Matrice.

3. Morpheus est le guide de Néo.

4. Le vaisseau piloté par Morpheus s’appelle le Nebuchadnezzar.

5. Une personne misanthrope aime les autres mais plutôt de loin que de près. 

Auteur : M’mah, 21 ans, Bruxelles

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