Un type, un joint et une grand-mère

Un type, un joint et une grand-mère

C’est dans la fumée d’un joint que Lucas a cru oublier la tristesse liée à la disparition de sa grand-mère… Au bout du compte, hélas, il semble qu’il s’est plutôt oublié lui-même.

Premier joint

Je m’appelle Lucas, j’ai 16 ans et depuis que j’ai 12 ans, je suis fumeur de cannabis (1). Depuis 4 ans donc, je fume tous les jours. J’ai commencé après le décès de ma grand-mère. Cela qui m’a fortement aidé, non pas à oublier son départ mais plutôt à me contrôler, je suis quelqu’un de nerveux. Je ne prends aucun traitement mais je fume, et ça calme. Quand j’essaie de ne pas fumer, je deviens plus agressif, le cannabis c’est devenu une addiction. Je ne fumais pas du tout avant son décès mais le manque de ma grand-mère était trop important pour moi et je ne pouvais plus supporter cette douleur. J’ai donc commencé à fumer tous les jours en me disant que la douleur partirait, elle aussi, en fumée.

Un être unique

Le jour où j’ai appris qu’elle était morte, je me suis focalisé sur tous les moments passés avec elle, ils passaient en boucle dans ma tête. Elle était comme ma deuxième mère, cette complicité, je ne l’avais avec personne d’autre. Je garde au fond de moi les moments partagés avec elle. Le moment où j’ai eu le plus mal, c’est à l’enterrement, je ne suis pas du genre à pleurer mais ce jour-là, je suis tombé en larmes quand on a passé sa musique préférée. Un sifflement dans mes oreilles est apparu et l’air est resté dans ma tête pendant des jours, impossible de ne plus rien entendre. C’est à partir de ce moment-là que je me suis mis à fumer… Pour ne plus repenser à ces bruits associés à la souffrance de l’avoir perdue.

Accro

Ceci dit, le cannabis n’a pas que le bon rôle de l’histoire. La première fois que j’ai fumé, j’ai attrapé un mal de tête, j’ai été saisi de vomissements. Le pire, c’est cette sensation de mollesse. Quand je fume, je me sens mou, je n’ai plus envie de bouger et j’ai faim. J’ai perdu de l’endurance aussi, et de la rapidité. Aujourd’hui, je n’en ai plus forcément besoin par rapport au décès de ma grand-mère mais c’est devenu une addiction. Cela fait maintenant quatre ans qu’elle est décédée. Ma nervosité vis-à-vis de son absence s’est transformée en douce nostalgie. Penser à elle, aux souvenirs passés ensemble et à l’amour qu’elle me portait a plus d’impact qu’un joint. Bien sûr, j’ai envie d’arrêter de fumer mais je n’ai pas encore trouvé d’autres solutions pour diminuer ma nervosité. Le coup de penser à ma grand-mère ne marche malheureusement pas avec tout ce qui me rend nerveux dans la vie… mais j’en trouverai d’autres.

(1) Le cannabis, est une drogue. Ses effets sur l’être humain varient en fonction de toute une série de données, si le produit est très concentré ou pas, quelle est la consommation… Dans les effets, il y a, par exemple, un sentiment de bienêtre, une impression de planer… Il arrive aussi des effets contraires comme un sentiment de profond malaise, d’angoisse… D’autres effets secondaires existent aussi, Lucas en parle dans son article.

Auteur : Lucas, 16 ans, Amay

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Team papa ou team maman

Team papa ou team maman

Est-ce qu’on doit choisir un camp ? Est-ce qu’on doit être d’une, et d’une seule, tribu ? Entre son père et sa mère, doit-on vraiment opter ? Après avoir grandi à la campagne Sarah se retrouve à Liège. Elle passe d’un univers plutôt monochrome à un univers nettement plus nuancé. Doit-elle, aussi dans cette situation, épouser un monde plutôt que l’autre ?

Tracer ma route entre deux autres

Tu choisirais plutôt maman ou papa ? Probablement l’un des dilemmes les plus célèbres auquel on a tous au moins une fois été confronté. Mais si d’après André Gide (1), choisir c’est renoncer, je renonce pour ma part à faire un choix. Née d’un père marocain et d’une maman belge, j’ai assisté à l’exécution d’un contrat de compromis entre ces deux identités culturelles disparates. Je dis disparates, mais pas incompatibles et j’insiste. La communion est possible. J’en suis témoin. Pour ma part, il a bien fallu me construire une identité propre au milieu de cette diversité. Certaines choses étaient presque prédestinées, car découlant notamment du compromis matrimonial du couple dont je suis issue. Je pense par exemple à mon éducation spirituelle. Un point pour papa : je suis musulmane. À côté de ça, j’ai participé aux fêtes de fin d’année, je recevais moi aussi des friandises dans mes chaussures à l’approche du 6 décembre et je chassais les œufs dans le jardin en avril : un point pour maman. Mais mon identité ne se résume pas aux seules influences parentales. Ma propre expérience de la vie a bien évidemment activement participé à mon développement personnel : attention, entrée en jeu de mes amies.

Quelles amies ?

Mais quelles amies ? Parle-t-on ici d’Aurélie et Fanny – amies d’enfance que le temps et les choix d’études différents ne sont pas parvenus à séparer – ou parle-t-on plutôt de Marwa et Nawal, amitiés nées plus récemment dans le contexte estudiantin de la ville de Liège ? Il faut dire que mon entrée à l’université a changé beaucoup de choses. L’institution porte d’ailleurs bien son nom : université ou florilège de diversités dans lesquelles il s’agit de se faire une place. Je pense pouvoir dire qu’il y a un avant et un après l’université puisque c’est à partir de cette étape que j’ai fait de plus amples connaissances avec une autre partie de moi-même. Considérons ainsi que le premier groupe d’amis représente le côté maman, quand le second renvoie plutôt au côté papa. J’ai, dans un premier temps, passé le plus clair de mon enfance dans l’ambiance « maman ». Originaire de la campagne, je n’ai pas énormément eu l’occasion de côtoyer, en dehors de ma famille, des personnes du team « papa ». C’est ça aussi d’habiter dans les Ardennes : le calme verdoyant propose certes pas mal d’avantages, mais sa faible densité de population n’offre pas énormément d’opportunités en terme d’ouverture sur la pluralité culturelle ou sociale à laquelle on est plus vite confronté au sein d’une ville telle que Liège par exemple. Ainsi, je grandis en faisant du solfège avec Angèle et Romain, en jouant au tennis avec Axelle, en montant à cheval avec Laure, en faisant du basket avec Bruno, en peignant avec Aurélie et j’en passe. Puis vient le grand jour, celui de mon entrée dans la cour des grands. Quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir alors des jeunes filles voilées, des peaux plus colorées… Tout un arc-en-ciel humain duquel je n’ai jusqu’à lors que peu d’acquis.

Et moi ?

Dans quelle couleur vais-je me ranger ? Je suis à la fois perplexe et excitée quand je vois le panel de possibilités qui s’offrent à moi. Finalement, je décide de laisser les choses se faire naturellement. C’est comme ça que de fil en aiguille, de rencontres en éloignements, je me rends compte que je vais étudier à la bibliothèque avec Nawal, que j’aime manger dans les petits endroits où m’emmène Marwa, que je commence à apprécier cette musique que Mehdi écoute en boucle. Mais il n’empêche que mercredi prochain, je prendrai un chocolat chaud avec Aurélie, qu’on discutera de ce que sont devenues Mathilde, Authone et Justine. On se remémorera les bons souvenirs tout en en créant de nouveaux. Au fond, je ne crois pas qu’il existe de réel vainqueur à ce simulacre de compétition entre « maman » et « papa ». Je les aime autant l’une que l’autre, l’autre que l’un. Mon identité continue simplement d’éclore au rythme de mes expériences. Hier, je rencontrais Aurélie, demain je rencontrerai Marwa. Je considère ainsi ma mixité comme une richesse inestimable et je n’ai de cesse de vouloir l’accroitre. Et si je me perds parfois dans la multiplicité culturelle qui me compose, je sais au moins une chose : je me sens moins belge ou marocaine que musulmane.

André Gide (France, 1869-1951), écrivain, prix Nobel de Littérature en 1947. Pour lui, le but secret de la littérature était de “ lever l’homme au-dessus de lui-même, le délivrer de sa pesanteur, l’aider à se surpasser, en l’exaltant, le rassurant, l’avertissant, le modérant.” Découvrez les textes de cet auteur en cliquant ici.

.

Auteure : Sarah, 22 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Rater pour avancer

Rater pour avancer

 

Jusqu’en février 2019, Catherine, 22 ans aujourd’hui, n’avait jamais rien raté. Son parcours scolaire et universitaire était une ligne absolument droite. En février 2019, elle découvre l’échec. Plutôt que de laisser tomber, de baisser les bras et de se dire qu’elle n’arriverait jamais à rien, elle a décidé d’apprendre de cet échec.

 

0/20

Avril 2016, dernière année à l’école secondaire. Le professeur tend un 0/20 à l’élève assis à côté de moi. Déjà, les commentaires fusent : “Mais comment c’est possible ? Une interro si facile ? Si déjà ça, il ne le réussit pas, que va-t-il faire de sa vie ?” J’entends déjà ses parents le disputer le soir en rentrant : “Tu n’es bon à rien, tu dois réussir !” Réussir, voilà le maitre mot de notre société depuis quelques décennies. Tu dois réussir et surtout sans échec. Échec, ce mot glaçant qui me fait mal et que je n’aurais jamais imaginé connaitre.

Accepter l’échec

Février 2019, je suis dans mon kot à Gand et viens de recevoir un message annonçant l’arrivée des résultats. J’ouvre. Gros coup de massue, je n’ai même pas réussi la moitié de mes examens. À ce moment-là, plein de questions fusent dans ma tête : “Que dois-je faire ? Continuer à étudier à Gand ou revenir à Liège ?” Étant plutôt du style « bonne élève », voulant toujours me donner à fond dans toutes mes entreprises, je m’étais pourtant préparée au mieux à cet Erasmus(1) à Gand. « On récolte toujours le fruit de son travail », me répète-t-on souvent… alors comment est-ce possible ? Et surtout, comment accepter cela dans notre société de la performance ?
Après plusieurs mois de réflexion intense sur moi-même, j’ai fini par comprendre qu’accepter un échec n’est pas chose simple, mais est en tout cas chose très utile. Comme l’a si bien dit Nelson Mandela (2) : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». Apprendre de ses échecs… Là est la clé de la réussite. Prenons un exemple simple : un enfant apprend à marcher. Au début, il est tombé plusieurs fois avant de savoir marcher. C’est parce qu’il est tombé qu’il a su marcher. C’est parce qu’il est tombé qu’il a compris qu’il devait placer ses pieds d’une manière plutôt que d’une autre. Dans la vie de tous les jours, c’est la même chose ! Qu’on ait 15, 30, 60 ans, nous sommes tous des enfants qui devons apprendre à marcher sur le chemin de la vie, malgré les obstacles. Alors, d’autres questions se posent : pourquoi considérer que c’est mal ? Trébucher ne fait-il pas partie, au fond, de la nature humaine ?

Une société étrange

Nous vivons en fait dans une société de performances où tout est calculé, anticipé. Le défi d’aujourd’hui semble donc être de déconstruire ce schéma, d’apprendre à vivre malgré cette vitesse permanente de la société. Mais comment y parvenir ? En ce qui me concerne, j’ai lu beaucoup de livres sur le développement personnel. Le rayon « psychologique » de la Fnac ayant seulement une fonction « marketing » pour beaucoup, s’avère parfois assez utile. Mais, si ces livres peuvent servir de source d’inspiration, faut-il encore appliquer tous ces enseignements concrètement? C’est un travail de tous les jours qui, je pense, n’est jamais acquis pour personne et ce, surtout qu’on ne vit pas dans une sphère professionnelle propice à ce genre de raisonnement. Instaurer des heures de sieste au sein en entreprise (3) par exemple ne semble pas encore être un sujet à débattre… C’est non.

Mon image et moi

Septembre 2020, je suis là, assise à la table de mon salon en train de rédiger cet article. Dans quelques jours, je rentre en master 1 en droit et je remercie presque la vie d’avoir eu à connaitre cet échec. Avant Gand, j’avais le profil de la fille qui a toujours son plan en tête. Je voulais, en quelque sorte, valider une liste avec des cases à remplir et j’étais persuadée que remplir ces cases m’amenait, quoi qu’il arrive, vers la réussite. Maintenant, j’ai appris à prendre du recul, à mieux réagir aux imprévus et à me recentrer sur moi-même, à faire mon petit bonhomme de chemin sans toujours prêter attention à l’image renvoyée à la société. Cette société dont la réussite est le maitre mot.

Affronter l’échec

Que voudrais-je dire à mon collègue de classe aujourd’hui ? Je voudrais lui dire que ce n’est pas grave, car le plus important est de se poser les bonnes questions, de comprendre qu’un échec peut surement être un message pour changer quelque chose en nous. Pourquoi a-t-il raté son interro de maths et qu’est-ce qu’il devrait changer pour la réussir la prochaine fois ? Voilà la bonne question. L’important est surtout, selon moi, de ne pas faire le chemin inverse. Il ne faut pas avoir peur de son échec, mais l’affronter. Pourquoi ai-je échoué lors de mon Erasmus à Gand ? Parce que j’avais peur de l’échec, tellement peur que je m’étais collée, toute seule, une pression énorme. Pression qui a causé du stress, des insomnies et au final, qui m’a fait perdre les pédales et échouer mon année. La peur de l’échec a été la cause de mon échec …

Avancer, même si on croit reculer

Alors, à vous, jeunes et peut-être moins jeunes qui lisez mon article, je voudrais vous dire de commencer à adopter la culture de l’échec, de ne pas le craindre parce qu’il permet de se surpasser. Peu importe ce qu’en pensent les autres, peu importe qu’ils vous cataloguent sans vergogne dans la case des raté·e·s, vous devez être fières ou fiers de ce que vous êtes et de ce que vous avez surmonté et surtout ne jamais arrêter d’oser malgré tout. Tel l’a écrit Victor Hugo (4), « le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre ».

(1) Erasmus – du nom d’Érasme, (Pays-Bas, +/-1466 – 1536), prêtre et philosophe et grand voyageur qui a parcouru l’Europe pour découvrir et apprendre les différentes cultures du continent – est un programme européen qui permet aux étudiant·es des écoles supérieures ou de l’université de suivre une partie de leur dernière année ailleurs, dans un autre pays, dans une autre langue. (2) Nelson Mandela (Afrique du Sud, 1918-2013), homme d’État sud-africain. Jusqu’en 1991, ce pays fonctionnait sous les principes de l’apartheid, mot sud-africain ou afrikaans, qui signifie séparation ou mise à part. On parle ici de la séparation des Noirs et des Blancs. Les Blancs se donnant tous les pouvoirs et les Noirs n’ayant que pour seul droit celui de sous soumettre. Ce régime raciste, Nelson Mandela l’a toujours combattu et cela lui a couté cher : il a passé 27 années en prison. À sa libération en 1990, l’homme lutte pour que toutes et tous, peu importe leur couleur, aient les mêmes droits. En 1993, il recevra le prix Nobel de la Paix. En 1994, il deviendra président d’Afrique du Sud. Nelson Mandela est une personnalité absolument inspirante. Voir ce documentaire pour en savoir plus. (3) Tout le monde n’est pas d’accord sur le sujet des siestes en entreprise. Selon cet article, certaines entreprises ont remarqué que cela ne fonctionnait pas, selon cet autre article, c’est intéressant mais il vaut mieux faire une sieste de 20 minutes seulement. (4) Victor Hugo (France, 1802-1885), couteau suisse de l’intelligence et de la poésie, Victor Hugo a éclairé la France et le monde de ses romans, de ses poèmes et de ses idées. Aujourd’hui, il inspire encore et toujours d’autres artistes… Deux exemples parmi de très nombreux autres, quand Disney sort le long-métrage, “Le Bossu de Notre-Dame”, c’est à partir d’un de ses romans. C’est ce même roman qui a servi de base pour la comédie musicale “Notre-Dame de Paris”… Cette courte vidéo vous éclairera sur sa vie.

Auteure : Catherine, 22 ans, Nandrin

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Mes ovaires, un calvaire

Mes ovaires, un calvaire

Depuis ses premières règles, le corps de Chloé ne fonctionne plus tout à fait normalement. Il a fallu beaucoup de temps, et de nombreuses consultations, pour qu’elle comprenne ce qu’il se passait. Quand elle apprend qu’elle est enceinte, c’est un choc mais l’histoire ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, elle témoigne et nous livre un texte plein de questions, de doutes et de courage.

 

Premières règles

Aussi longtemps que je me souvienne, le cadeau de dame nature n’a jamais été ni facile ni régulier. C’est le jour de mon douzième anniversaire que cette offrande m’a été faite, des douleurs plus ou moins grandes sont apparues dès le début. Il faut ajouter à cela les maux de tête, les saignements, la fatigue et le fait que ces règles n’apparaissent qu’une fois tous les trois à quatre mois. Je ne me suis jamais alarmée, je pensais que j’avais simplement des règles plus abondantes et douloureuses et que ma nature stressée retardait celles-ci. Arrive l’âge où je commence à consulter un gynécologue en espérant trouver une solution pour réguler mes règles. Pour le premier gynécologue (1) consulté, examen au toucher, pour lui, tout semble normal, nous allons essayer une pilule. J’ai 19 ans, je suis jeune, je n’ai jamais eu de rapport sexuel, ça ne vaut pas la peine d’approfondir. Je fais confiance au médecin, après tout il sait mieux que moi comment le corps d’une femme fonctionne. J’essaye cette pilule, c’est un échec, j’ai des nausées, vomissements et des maux de tête qui me clouent au lit. Mon médecin traitant m’en fera essayer deux autres, le résultat est identique. Le temps passe, les douleurs restent.

Second gynécologue

Dix ans plus tard, je consulte un autre gynécologue. Aux premiers abords, il est sympathique, semble s’intéresser aux douleurs qui m’habitent, il me fait un examen basique. Finalement, à la troisième consultation, il me fait un frottis (2), une échographie (3) du ventre et une palpation mammaire (4) et me dit de plutôt travailler sur mon stress. Selon lui : “mon corps n’a rien à me dire”. Plus tard, je reçois – par courrier – une ordonnance pour une bactérie mais rien d’autre à signaler. Je prends contact avec lui pour savoir de quelle bactérie il s’agit, il m’explique – froidement – que je n’ai pas à téléphoner pour une question aussi banale et insignifiante. Je lui explique que je me questionne sur ces douleurs menstruelles qui persistent. Il me répond : “Mademoiselle, vous n’avez rien de plus intéressant à faire que d’ennuyer un médecin pour une petite bactérie et des douleurs imaginaires probablement liées à votre stress que vous n’êtes pas capable de gérer.”. Je suis abasourdie par tant de violences médicales et si peu d’empathie. Je suis incroyablement en colère, presque en ébullition, je déteste l’injustice et je viens d’en vivre une. Pourquoi s’en prendre à moi ? J’avais simplement besoin qu’on entende mes douleurs, qu’on me croie et qu’on se batte avec moi pour découvrir ce qui se cache derrière tous ces maux !

Fixée sur mes douleurs

J’ai presque 24 ans et je me décide, enfin, à consulter un ultime gynécologue, il me met le spéculum (5), vous voyez cet outil d’examen gynécologique super glamour et agréable ? Il voit sur mon visage que le début de l’examen ne se passe pas bien pour moi. Il me demande si je ressens des douleurs, je lui dis que des douleurs, j’en ai eu toute ma vie et que l’examen est toujours un peu pénible pour moi. Il me demande si j’ai déjà réalisé une échographie vaginale, je lui affirme que non, il me dit que l’on va en réaliser une. Le diagnostic tombe, avec un nom sur toutes ces années de retard et de douleurs, j’ai le syndrome des ovaires polykystiques (6). Il me montre, les multiples kystes (7) et me demande si j’ai pris facilement du poids ces dernières années, je lui précise : 25 kilos exactement. Le docteur parle d’une pilule pour régulariser tout ça, je refuse en expliquant mon parcours chaotique avec diverses pilules, il m’en prescrit une plus faiblement dosée. Elle ne fonctionnera pas.

Enceinte ?

Pour faire l’amour avec mon chéri, on a toujours utilisé un préservatif, mais une nuit, mangés par la passion et l’amour, on se laisse aller à notre plaisir. Après l’acte, je réalise, on réalise, il me faut une pilule du lendemain (8). On se rend à la pharmacie et je prends cette fameuse pilule que l’on va croire miraculeuse, on ne repense plus à ce moment comme s’il n’avait jamais existé. Les semaines passent, mes règles ne pointent pas le bout de leur nez, après tout, ça ne change pas d’habitude et j’ai pris la pilule magique, je ne peux pas être enceinte. Je devais avoir mes règles avant notre rapport, j’étais déjà en retard mais après tout je n’ai pas de cycle normal, ça fait presque deux mois que notre rapport a eu lieu. Je suis rongée par les questions entre : “je suis enceinte, je le sens” et “non je ne suis pas enceinte, je le sentirais.” Je parle de mes doutes à ma mère tout en me rassurant, je lui dis que je vais faire un test de grossesse (9) mais, c’est sûr, je ne suis pas enceinte, j’en suis certaine.

Le test

Le soir, je réalise ce fameux test et deux barres s’affichent… C’est quoi ces putains de deux barres ? Enceinte, en quoi ? Oui, je suis enceinte. Les battements de mon cœur s’accélèrent, je descends, mes jambes tremblent et j’ai la sensation que je vais m’évanouir, je regarde ma mère, elle comprend. Un test sanguin viendra confirmer la grossesse. Je décide d’en parler à mon chéri, celui que j’aime tant et avec qui on a déjà tant discuté de notre avenir avec nos futurs enfants mais avec qui on a jamais imaginé les choses dans cet ordre. Mon contrat de travail prend fin dans moins d’un an, je ne sais pas si je serai prolongée et je n’ai pas envie de passer les éventuels derniers mois de mon contrat en congé de maternité. Comment faire pour subvenir aux besoins d’un enfant avec un seul de nous deux qui travaille et en étant toujours chez nos parents ? Non, ce n’est pas comme ça qu’on avait pensé à notre avenir, ce n’est pas pour une vie comme ça qu’on a fait tant de sacrifices mais j’ai ce petit être qui grandit en moi. Pause, tu te précipites, il faut que tu en parles d’abord avec le papa.

”On le garde”

Un samedi soir de fête, je ne suis pas bien, mon copain le voit, il insiste pour que je lui dise ce qui me perturbe. Je lui annonce ma grossesse, il est sous le choc mais se dit heureux, il me prend dans ses bras, sourit et me dit : “on le garde”. Je ne sais pas comment me positionner, je ne sais pas ce que je désire mais je sens que je l’aime déjà. Le lendemain, l’ambiance n’est plus la même, l’atmosphère de la fête est retombée, ça a tourné toute la nuit dans sa tête et il est perdu, il ne sait plus quelle est la meilleure décision à prendre. On se décide à aller à l’hôpital prendre nos renseignements sur l’avortement (10). Nous y sommes très mal reçus, on nous met une pression sur les épaules, on ne nous parle pas d’embryon mais on nous parle en “votre bébé“, “votre enfant”, “vous êtes certains de vouloir avorter ?”, “vous n’êtes pas un couple stable ?”, et toutes sortes d’autres questions aussi indiscrètes que maladroites. C’est un coup dur pour nous. On se sent jugés, on sent une pression qui pèse sur nos épaules, on nous parle d’un délai de réflexion d’une semaine et d’une prise de rendez-vous impossible avant quinze jours pour le premier rendez-vous. Si je décide d’arrêter ma grossesse je serai à trois mois, à trois mois ce n’est plus tellement un embryon, à trois mois c’est un bébé, il se forme et grandit au rythme de mon corps et de mon cœur.

L’échographie

Une première échographie arrive, je vois ce petit être qui s’est niché en moi, tout devient différent. Il est tout ce dont j’ai toujours rêvé et il est le fruit de notre amour. Nous sommes perturbés par cette échographie, d’interminables discussions vont s’en suivre, nos parents sont présents et nous soutiennent, peu importe notre choix, la vision de ce petit ange a tout changé en nous. On va te garder auprès de nous, mon cœur. Tout va basculer une dizaine de jours plus tard, j’ai perdu du sang pendant la nuit et je continue d’en perdre la matinée et j’ai d’intenses douleurs au ventre, nous décidons de nous mettre en route pour l’hôpital, nous patientons un long moment avant d’être vus par un médecin. D’entrée, le docteur me félicite pour ma grossesse, je pense … Félicitations ? Qu’en sais-tu si elles sont bien placées tes félicitations ? Peut-être que c’est un cauchemar et qu’on essaie en vain de se réveiller ou peut-être qu’en effet, nous sommes les futurs parents les plus heureux du monde mais t’es-tu intéressé à nous pour le savoir ? Bien sûr que non, ce sont toujours les mêmes discours et nous n’aurions pas le droit de penser autrement, la venue d’un enfant est toujours heureuse ! Pas vrai ?

Ça ne va pas du tout …

À plusieurs reprises et de façon rapprochée, je vais avoir des contractions. Je demande pour me rendre aux toilettes. Là, on me demande de prendre une bassine, de la mettre dans la cuvette et de ne pas regarder si je sens une expulsion et de les appeler. Une quoi ? Ce mot me fait peur, qu’est-il en train de se passer ? Je me rends aux toilettes et mon corps expulse directement, le passage me fait mal, sans m’en rendre compte, je regarde, je me souviens de toute la tristesse et la tétanie qui m’ont envahie à ce moment-là, je suis restée plusieurs minutes figées sur la cuvette des toilettes à me dire c’est mon bébé, je l’ai tué. Je m’en suis voulu de n’en être nulle part dans ma vie, d’avoir cette maladie des ovaires polykystiques, de ceci et de cela, je m’en suis voulu pendant des semaines parce que j’ai pensé que mon stress avait tué mon bébé. La voix du premier gynécologue résonnait. Et puis j’ai réalisé qu’on ne peut pas être responsable de la perte de son bébé pour ces raisons. J’ai remonté la pente, je me suis reposée sur l’idée que la nature ne fait pas les choses inutilement et qu’à nouveau, quand ce sera le moment, un petit bonheur viendra pointer le bout de son nez pour notre plus grand bonheur.

Nous serons parents

Je regrette le manque de prise en charge après cette aventure douloureuse. Je regrette, mais je sais aujourd’hui que nous devons écouter notre corps, ne pas laisser les médecins nous infliger leur indifférence ou des violences, pouvoir défendre notre libre droit et ne pas culpabiliser de nos choix. Pensons à nous avant tout, c’est nous-mêmes qui sommes maitres de notre avenir. Aujourd’hui, je suis plus forte de ces expériences, j’ai signé un contrat à durée indéterminée à mon boulot de rêve, nous sommes en projet maison et nous savons que le bonheur d’être parents suivra et que nous continuerons toujours de nous battre pour ce en quoi nous croyons et qui nous rend heureux.

1. Un·e gynécologue est une doctoresse, un docteur, spécialiste du système génital féminin, des grossesses, des accouchements.
2. Un frottis est un examen gynécologique pendant lequel sont prélevés, pour analyse, des cellules du vagin et du col de l’utérus.
3. Une échographie est une sorte de photographie d’une partie du corps. Elle permet, par exemple, de voir si un bébé se développe normalement dans le ventre de sa maman.
4. La palpation des seins permet à une femme ou à son médecin de détecter une anomalie, par exemple une boule qui pourrait être cancéreuse.
5. Le speculum est un instrument gynécologique qui permet d’écarter les parois du vagin et de l’examiner.
6. Le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie hormonale qui touche une femme sur dix en âge de faire un enfant. Aujourd’hui, on ne sait pas vraiment comment la traiter.
7. Un kyste est une poche, une excroissance anormale qui s’installe dans ou sur une partie du corps.
8. La pilule du lendemain est une contraception d’urgence qui n’est pas toujours efficace. En principe, elle empêche la grossesse de se développer.
9. Un test de grossesse permet de mesurer la présence d’une hormone précise fabriquée par le corps d’une femme lorsqu’elle est enceinte. Si cette hormone est présente, deux barres s’affichent sur le test.
10. Un avortement est une interruption de la grossesse. Autrement dit, il s’agit d’enlever l’embryon – ce qui au bout de la grossesse deviendra un bébé – du corps. En Belgique, l’Intervention Volontaire de Grossesse, ou IVG, est possible jusqu’à la 12ème semaines de grossesse.

Auteure : Chloé, 24 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Moi, Bilal, “mec efféminé”

Moi, Bilal, “mec efféminé”

Certains sont des poilus, des tatoués, des durs à cuire, des cadors… Bilal n’est pas comme ça. Son truc à lui, son style, ne correspond pas aux standards de la mode. Libre, il fait ce qu’il aime et assume ses choix. Cette liberté est parfois lourde à porter.

Les trucs des filles

Je m’appelle Bilal, j’ai 16 ans et je suis ce qu’on appelle “un garçon efféminé.” J’aime la mode, j’écoute Ariana Grande, Lizzo, Billie Eilish , Nicki Minaj,… bref, des musiques que certain·e·s disent « de filles ». J’ai un style assez particulier, lui aussi perçu comme ”de fille” : jeans moulants, t-shirt coloré, veste qui cache mes fesses, converses. Je suis d’origine arabe, ce qui, semble-t-il à certaines personnes, ne me donne pas le droit, en tant que garçon, de m’habiller de façon “féminine”.

La ruelle sombre des insultes

Un soir, je rentre chez moi après une sortie entre amis. Jeans moulants et t-shirt coloré, je marche avec un style qui m’est propre. Pour atteindre mon chez moi, je dois traverser une place où il y a un groupe de jeunes garçons, les habitués de la place. À chaque fois qu’ils me voient , ils me lancent des regards noirs. Ils ont une capuche pour cacher leur visage, mais leurs yeux, même dans l’ombre, respirent la haine… Comme si j’avais commis un meurtre. Les mains moites, mon regard est baissé, limite honteux. Bien sûr, ces regards noirs ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d’insultes riches et variées : “pédé”, “pédale”, “sale gay” ou encore des remarques du genre “suce-moi la bite”, “tu prends dans le cul?”. Un sentiment de solitude m’envahit, je me demande si je suis le seul à ressentir ça. Et là, ma voix intérieure me chuchote à l’oreille : “Pourquoi devrais-je me sentir seul, pourquoi sont-ils tous contre moi ? Non, je ne mérite pas ça”.

Les agresseurs ont peur de nous

Je suis assez timide et réservé. Depuis toujours, je suis insulté, les gens me touchent les fesses pour “rigoler”, comme si j’étais une chose dont on peut faire ce qu’on veut. La plupart des personnes qui m’insultent confondent ma timidité ou ma gentillesse avec de l’inoffensivité. Le fait que je parle correctement et que j’aide volontiers les autres plutôt que de les attaquer comme eux le font parfois les amène à penser que je suis une personne qu’on peut venir insulter gratuitement. Si j’ai le malheur de dépasser ma timidité et de répondre à leurs insultes, ils me frappent. J’ai vite pris l’habitude de me laisser faire, de ne rien dire ou de rire avec les personnes insultantes pour me protéger. Aujourd’hui, j’ai compris qu’ils sont agressifs parce qu’ils ont peur. Ils sont effrayés à l’idée de s’approcher de personnes comme moi, de peur qu’on les drague et qu’on leur saute dessus.

L’agresseur n°1 : la société, machine à stéréotypes

D’abord, je me suis demandé si c’était moi le problème. Mais vu le nombre de personnes dans mon cas, j’en conclus que le problème vient plutôt du conditionnement des gens. À mon humble avis, la société conditionne l’homme à être viril, à ne pas pleurer, à ne pas ressentir de sentiment de faiblesse, à avoir un style et un comportement un peu crades, à ne pas respecter les femmes, à les prendre pour des objets sexuels… Les femmes, elles, doivent être douces, sentir la rose, être coquettes et propres sur elles, assouvir les désirs de la gent masculine. Quand on ne correspond pas à ces stéréotypes, on se fait insulter sous prétexte qu’on est « différent », qu’on soit un garçon aux manières de soi-disant fille ou qu’on soit une fille avec soi-disant des airs de garçon. Mais pourquoi une femme devrait-elle être douce et un homme fort ? Pourquoi être une femme aux cheveux courts ou un homme maniéré serait-il forcément un problème ?

Efféminé ≠ aimer les garçons

Ce qui m’énerve aussi, c’est la confusion entre le style et l’orientation sexuelle. Si j’emprunte des codes associés aux filles alors que je suis un homme, ça voudrait forcément dire que je suis homosexuel. Alors qu’on peut apprécier les jeans moulants et avoir des gouts différents de ceux qui sont attendus d’un garçon, sans pour autant être mis dans une nouvelle case, celle du “type gay”. Le style ne devrait pas dicter ce à quoi nous devrions correspondre. Le style est à nous, il nous appartient, il fait partie de nous. Nous, en tant que citoyens de la société, que nous soyons différents ou pas de la « norme », nous avons tous le devoir de casser les codes, de casser les cases mises en place par le système. Pour ceux qui en souffrent mais aussi pour les futures générations. Et surtout, pour être libres d’être nous-mêmes.

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Bilal, 16 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...
Je veux de la culture

Je veux de la culture

C’était il y a un mois, une semaine, une heure. Doit-on écrire “c’était” ? Le covid est encore partout, à peine caché derrière nos masques, il pèse sur nos vies, sur nos relations, nos envies… Déshydratée par le confinement, Eloïse espère désormais qu’elle pourra, et tout le monde avec elle, épancher sa soif de culture.

Confinement

Il y a plusieurs mois, le monde s’est arrêté de tourner. Il n’y avait plus d’interactions entre les gens, les contacts sociaux étaient minimisés, les écoles avaient fermé, la culture était mise de côté. Chaque journée ressemblait à la précédente. La vie devenait monotone. Tous les jours, les cas de contamination ne cessaient d’augmenter. Malgré la difficulté de cette période, il fallait garder espoir. Il fallait continuer de rêver. C’est dans les périodes les plus sombres que l’imaginaire devient le plus indispensable. Cette pandémie mondiale permit à chacun·e de se rendre compte de la vulnérabilité de la vie.

Tout à découvrir

La vie est une chance, il faut la conserver précieusement. Chacun·e est né·e, chacun·e est là par hasard, sans rien savoir d’avant et, chacun·e, mourra sans rien savoir d’après. Pourtant, entre le point de départ et le point d’arrivée de la vie, il y énormément de choses à découvrir, à apprendre, à expérimenter. Afin de préserver la vie, nos vies, nous avons dû être solidaires, nous avons dû respecter les mesures de sécurité. La mise en pause de la société était nécessaire pour sauver un grand nombre de vies. Cependant, à cause de cette pause, l’apprentissage, la visite des musées ou de sites archéologiques, les représentations théâtrales ont dû être stoppées. C’est un drame pour les humain·e·s que de devoir mettre de côté l’art, la culture. C’est grâce à ces moyens d’expression que nous pouvons garder notre liberté.

Sortons ! (si on peut)

En allant au théâtre, nous observons différentes façons d’aborder la vie, la joie, l’amour, la tristesse, la mort, la colère, tout y passe… En allant dans les musées, nous apprenons à comprendre notre passé. En allant visiter des expositions, on voit différentes manières de représenter nos émotions… Tous les moyens d’expression, quels qu’ils soient, sont essentiels à l’enrichissement personnel. En lisant, en regardant des films, en allant au théâtre, nous nous remplissons de différentes valeurs et pensées. Grâce à la culture et à tous ces points de vue différents, nous pouvons apprendre à mieux nous connaitre. Nous pouvons retenir les valeurs transmises à travers l’art. C’est pour ces différentes raisons que la culture ne doit pas être mise de côté. Elle est notre plus grande richesse. Alors maintenant que le gouvernement nous autorise à ressortir, allez visiter des musées, au cinéma, allez voir des pièces de théâtre. Mettez votre masque et osez contribuer à la liberté de penser !

Auteure : Eloïse, 17 ans, Chaumont-Gistoux

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R