Changer avec le scoutisme

Changer avec le scoutisme

Depuis qu’elle a 6 ans, Pauline, dont le totem est Wallaroo – un kangourou vivant dans une région très précise d’Australie – fait partie des scouts. Pour elle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le scoutisme apporte vraiment beaucoup de savoirs, valeurs et principes … Toutes choses qu’elle n’aurait surement jamais abordées à l’école, lors d’activités extrascolaires.

La rencontre

Je suis l’ainée d’une famille de trois et j’ai toujours été quelqu’un qui prend beaucoup de place, j’aime me faire entendre, me montrer en spectacle… À la maison, j’étais le genre d’enfant qui en organisait tout le temps. En première primaire, trois personnes arrivent dans ma classe. Elles nous présentent le scoutisme, nous expliquent ce que c’est. Hyper emballée, je rentre chez moi et, surexcitée, j’explique à mes parents que je veux absolument y aller : je vais faire des cabanes dans les bois, dormir en tente pendant une semaine avec mes copains… Mes parents, ayant tous les deux aussi fait du scoutisme pendant des années, m’y inscrivent sans hésiter.

Les baladins, les louveteaux

Commence alors mon merveilleux voyage chez les scouts ! Je fais mes deux premières années chez les baladins dans la joie et la bonne humeur, avec de supers chefs et un nouvel endroit pour rencontrer des gens et rigoler. Arrive ensuite ma première année chez les plus grands, les louveteaux ! Dans ce groupe, qu’on appelle la meute, on reste quatre années alors qu’aux baladins, ce n’était que deux. Là encore, je me fais de nouveaux amis et continue dans cette show-attitude.

”Arrête avec tes je”

Un jour, je me souviens, c’était pendant une veillée de camp, on commence à chanter et à faire des petits jeux et je commence à parler beaucoup. Un des chefs me dit « Pauline arrête avec tes je, je, je le monde ne tourne pas autour de toi ! » Sur le moment, ça fait mal. Du haut de mes 8 ans, je prends ça comme une grosse claque et je ne le prends pas hyper bien. Un peu sonnée, je me tais pour le reste de la soirée. Je reste là, la gorge serrée et je n’ose en fait plus trop parler. Le lendemain, je me souviens même avoir eu une gommette orange sur le résumé de la journée d’hier (vert : très bien, orange : bof, rouge : pas bien). Ça remue encore une fois ma frustration et je n’ose plus trop parler avec les chefs.

C’est vrai

Le camp terminé, je rentre chez moi et je me rends compte qu’en fait, c’est vrai. Je prends beaucoup de place. Alors même si la phrase était plutôt violente et manquait énormément de tact, j’ai pris conscience qu’elle était vraie et que j’avais plutôt intérêt à la prendre comme une remarque constructive. À la place de ce chef, j’aurais surement dit à cette petite fille quelque chose de plus calme. Je l’aurais déjà prise à part et je ne l’aurais pas dit devant tout le monde, même si ça m’étonnerait que les autres se soient sentis concernés. J’en aurais parlé avec elle, je lui aurais sans doute demandé comment elle se percevait… J’ai donc appris à prendre le temps d’écouter, à faire plus de place aux autres, à prendre en compte les avis et à réaliser que chacun d’eux comptait. Le scoutisme, c’est vraiment l’endroit qui m’a donné des tas d’expériences, des valeurs à suivre et à adopter. Aujourd’hui, je me rends compte que malgré tout, ce chef avait raison. Grâce à lui, j’ai évolué, je suis aujourd’hui plus apaisée.

Encore des rencontres

Chez les éclaireurs, après les louveteaux, j’ai aussi rencontré beaucoup de personnes de mon âge et tout en apprenant des idées des autres, j’ai pu échanger. J’ai fait tellement de rencontres grâce aux scouts et j’ai appris tellement de choses en écoutant davantage les autres ! Beaucoup expliquent que le scoutisme les a ouvert aux autres, beaucoup sont devenus plus sociables. Ils étaient timides et sont maintenant plus à l’aise avec les échanges. Pour moi, c’est un peu la même chose au final, le scoutisme m’a appris à prendre en compte la parole de l’autre, à équilibrer la place que je prends dans la société. De près ou de loin, le scoutisme nous apporte à tous et toutes des valeurs essentielles de la vie de tous les jours, demandez à n’importe quel scout ce qu’il a retenu de son expérience, et vous n’en tirerez certainement que du positif ! Merci les scouts <3 !

Auteure : Pauline, 17 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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L’Homme n’est-il qu’une brute ?

L’Homme n’est-il qu’une brute ?

Lalie est préoccupée par ce qui se passe, ou ne se passe pas dans le monde. Tracassée par l’intolérance, par le manque de compassion ou de compréhension. Elle nous propose un texte appuyé d’un terrible exemple, la catastrophe en cours des Ouïghours.

Un monde de différences

Aujourd’hui, la terre est criblée d’injustices. Que ça soit par rapport aux femmes, aux religions, à l’orientation sexuelle… La différence, pour certains, c’est anormal. Mais c’est quoi être normal ? Par définition, quelque chose qui est normal est conforme à la norme. Si quelqu’un n’est pas comme toi, peu importe le fond ou la forme, il n’est pas anormal, il est différent. Pour moi, en tant que jeune et future citoyenne responsable, il est de notre devoir de nous construire un esprit critique et d’être défenseuse de nos droits. Ce sont d’ailleurs des grands principes et valeurs que prônent le système scolaire : dans certains cours, on nous apprend à voter de manière sensée, à refuser toutes les discriminations. Se construire un esprit critique, ça ne veut pas dire médire de quelqu’un ou de ses convictions. Là est donc la différence : reconnaitre ce qui est bien ou mal et agir en conséquence ou rabaisser quelqu’un en confrontant nos idées aux siennes.

La différence, ça se cultive

Malheureusement, cette nuance n’est pas faite par tout le monde et encore moins dans tous les pays. Ce qui entraine donc des frustrations, des inégalités et parfois même du terrorisme. La différence est une richesse pour soi, pour les autres, pour la société. La différence ne devient un problème que si elle fait peur. Par exemple, lors de travaux de groupes à l’école, je trouve que le projet sera beaucoup plus original et créatif si nous avons des personnalités opposées dans le groupe. Si nous sommes tous pareils à penser la même chose, il y en aura un qui fera tout le travail et les autres seront juste d’accord. Mais il n’y aura pas d’échanges. S’il y a des gens avec des idées ou des caractères différents, il y aura des débats, des désaccords, et cela amène à une réflexion plus poussée et donc à un enrichissement.

Un exemple très concret : l’extermination d’une communauté au XXIe siècle

Récemment, j’ai vu une vidéo d’une femme ouïghour sur les réseaux sociaux. Celle-ci racontait tout ce qu’elle avait subi dans un camp de concentration pour Ouïghours en Chine. Là-bas, les femmes étaient séparées de leurs enfants ou devaient carrément avorter si elles en attendaient un. Quand ces femmes osaient parler leur propre langue, les autorités chinoises leur infligeaient de graves punitions, allant parfois jusqu’à la mort. Bien évidemment, cela n’est pas reconnu par la Chine. Pour elle, ces camps sont comme des camps de redressement. Si cela vous intéresse d’en savoir plus, je vous invite à aller voir ce témoignage. Malgré les campagnes et les manifestations, la Chine n’a rien fait pour démanteler les camps. Je pense que si plusieurs nations s’alliaient pour faire bouger les choses, on pourrait peut-être y arriver. C’est sûr que c’est plus facile de fermer les yeux et de faire comme si on n’était pas au courant. Mais si c’était notre famille, on remuerait ciel et terre pour que ça s’arrête.

Qu’est-ce que je peux y faire ?

Je vous avoue qu’à notre échelle, je ne sais pas ce qu’il est possible de faire. Mais en tout cas, rester indifférente face à cette situation, me rend malade. Parfois je me dis que même si ce monde est faux, on a quand même de la chance de ne pas avoir connu la guerre, les camps d’extermination. Parfois, cela m’inquiète et je me demande si cela ne nous arrivera pas un jour. Mais en fait, ce qu’il se passe là-bas ou ailleurs en ce moment, c’est pareil. Le gouvernement chinois tente d’éradiquer cette population, peu importe le fond ou la forme.

Ne pas suivre le mouvement

Voilà pourquoi il est important de ne pas suivre le mouvement pour tout. Il faut se construire notre propre opinion et défendre nos idées de façon pacifique de sorte que l’existence de ces camps, de sorte que l’indifférence cesse ainsi que la haine et la violence qui les accompagnent. Nous faisons des manifestations pour plein de causes, pourquoi ne pas manifester encore plus pour les Ouïghours ? Enfin, je suis certaine que si chacun y mettait un peu du sien, les personnes jugées anormales pourraient devenir, aux yeux de leurs bourreaux, différentes. Elles seraient alors acceptées car la différence est une richesse. Lorsque tout le monde comprendra cela, nous deviendrons tous bien plus riches. Alors s’il vous plait, devenez défenseur de vos droits et construisez-vous un esprit critique afin que ce genre de camps et de discriminations cessent.

Auteure : Lalie, 17 ans, Comblain-au-pont

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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La danse réservée aux filles ?

La danse réservée aux filles ?

Entre Mathéo et la danse, c’est une relation qui dure ! Il en est à sa sixième année de danse classique et veut apporter quelques précisions, quelques éclairages sur ce sport qui est, trop souvent, considéré comme réservé aux filles !

Plus tard, je ne pense pas devenir danseur professionnel, mais pour l’instant, la danse, je ne peux pas m’en passer. Pour la simple raison que quand je danse, mes sentiments ressortent et je ne pense plus à rien d’autre qu’à mon corps et mes mouvements. Mais avant d’aller plus loin, un petit point sur les garçons et la danse classique s’impose.

 

Un peu d’Histoire, un peu d’histoires

 

La danse classique est un sport, si si c’est un sport, qui a été répandu et énormément modifié pour ne pas dire réinventé par Louis XIV (1). En effet, à cette époque, la danse commençait à décliner. Louis XIV va donc la réintroduire dans toute la France. Il va inventer de nombreux pas, comme les cinq positions principales qui sont les bases de la danse classique, et va l’uniformiser, donner des noms aux pas afin de pouvoir les écrire. Il va même faire danser presque tous les hommes de la cour de France. D’ailleurs, dans de nombreux ballets de l’époque (qui sont toujours dansés aujourd’hui), le nombre d’hommes est aussi important que le nombre de femmes. Étonnant ? Pas tant que ça. En effet, cette danse combine prestance, souplesse et force. Comment ça force ? Eh bien oui ! Ne serait-ce que pour les sauts, le maintien et les portés. La danse classique, ce sont des sentiments, de l’esprit et du gainage (2). Beaucoup de gainage. Or un bon danseur ou une bonne danseuse a appris à ne pas montrer que c’est difficile, à ne pas bouger, à rester fixe même dans l’expression du visage. C’est pour cela que lors de ma première année de danse, j’ai surtout fait des exercices de maintien et de souplesse. Ça ne ressemblait pas à de la danse et c’est seulement plusieurs années plus tard que me suis rendu compte de l’importance de ces exercices.

 

Apprende lentement

 

En danse classique, tout se fait petit à petit. On va nous apprendre un pas simple, puis on va ajouter une petite difficulté pour arriver finalement à un geste extrêmement technique comme une pirouette. C’est pour cela qu’il faut du temps et beaucoup de travail pour avoir un beau geste, propre et net. Et puis la danse classique peut prendre de nombreuses formes différentes, et peut aussi être mélangée à du jazz, du hip-hop… Il y a des ballets modernes comme ceux de Maurice Béjart (2) qui allient danse classique et moderne. De plus, pratiquer la danse classique peut être utile dans de nombreux sports tels que le foot pour le jeu de jambes, le frisbee pour le lancer en revers où l’on exécute un pas bien connu en danse classique, la boxe toujours pour le jeu de jambes, le basket pour sauter et bien d’autres… Cela peut aussi être une aide dans le domaine du théâtre, pour la tenue sur scène. Personnellement, je fais du théâtre et cela m’a beaucoup aidé. Mais aussi et surtout, c’est une aide dans le chant. Moi qui prends des cours de chant lyrique, je sais que la position dans laquelle je dois être quand je chante doit être la même que quand je danse. Savoir cela a été un avantage considérable pour moi parce que cette position en chant lyrique est primordiale.

 

Où sont les hommes ?

 

Très peu d’hommes font de la danse classique, et beaucoup réagissent étrangement quand j’annonce que je pratique ce sport. Et je sais de quoi je parle. Heureusement, pour ma part, ma famille m’a toujours soutenu, la plupart de mes amis ont trouvé ça bien et m’ont défendu face à certaines réflexions ou comportements. Je suis dans un petit conservatoire où il n’y a pas beaucoup de garçons, les classes de danse sont donc mixtes. Et même si je suis en minorité dans ma classe de danse, les filles sont très sympas et on s’entend bien. De plus, comme nous ne sommes pas beaucoup d’hommes dans mon conservatoire, nous sommes un peu chouchoutés. Nous avons les meilleurs rôles et les meilleures loges. Même si je sais que certaines personnes voient encore la danse classique comme un sport uniquement pour les filles, d’autres ont un esprit plus ouvert et critiquent même ce genre de comportements machistes. Les mentalités commencent à changer. Et il est temps !

 

Fille ou gars, on ne danse pas la même chose

 

D’autres préjugés que j’ai déjà entendus concernent aussi la tenue. Mais j’aimerais préciser quelque chose : aucun homme ne met de tutu et ne s’habille en rose ! Nous portons un simple t-shirt blanc et des collants noirs (comme les collants de foot ou de course). On ne leur demande pas de faire comme les filles, ce sont des façons de danser très différentes. Et même si le but de la danse classique, que ce soit pour les hommes ou les femmes, c’est d’apporter de la prestance, on demande aux femmes d’avoir de la grâce, chose qui n’est pas demandée aux hommes qui, eux, auront un rôle plus imposant dans les ballets. Alors, si tu as envie de t’évader en te musclant et en gagnant de la prestance, si tu aimes le rythme et la musique, lance-toi. Fais comme moi. Prends des cours, fais-toi des amis et plein de magnifiques souvenirs. Et deviens toi aussi un danseur étoile !

 

 

Notes de la rédaction

(1) Louis XIV, (France 1638-1715) dit aussi Le Roi Soleil, a régné sur la France pendant 72 ans. Pendant son règne, un des plus longs à ce jour, il souhaite faire de la France le premier pays d’Europe dans tous les domaines : commercial, politique et donc artistique … Cet article vous permettra d’en savoir plus.(2) Le gainage est un exercice musculaire qui permet de renforcer les muscles abdominaux et ceux des fesses.(3) Maurice Béjart (France 1927 – Suisse 2007) est un chorégraphe franco-suisse qui a, durant une vingtaine d’années, travaillé en Belgique. Une de ses chorégraphies les plus célèbres est celle du Sacre du printemps.

Auteur : Mathéo, 14ans, Havelange

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Nouveaux romantiques, actuels et nostalgiques

Nouveaux romantiques, actuels et nostalgiques

Laura se demande qu’elle est non pas “la” mais “sa” définition de l’amour, du coup de foudre. Pour elle, il n’y a pas un mais des amours : l’amour pour une autre personne, pour sa famille, l’amour pour la nourriture… Dans ce texte, elle nous parlera de l’amour entre amoureux.

Les papillons

Certains vous diront que le coup de foudre, c’est lorsque vous ne pouvez plus vous passer de l’autre personne, que vous pensez tout le temps à elle, que vous aimez être avec elle. Pour moi, ça va encore plus loin, c’est lorsque vous avez des papillons dans tout votre corps quand elle est avec vous, que vous avez mal au ventre quand elle vous parle, que vous ne pouvez pas imaginer faire votre vie sans elle. En vérité, il existe beaucoup de définitions de ce sentiment, de ce ressenti, aucune n’est correcte ou incorrecte, aucune ne peut exprimer complètement cette sensation extrême qui mérite le respect absolu.

Je t’aime ?

Trop souvent, les gens jouent avec ce sentiment. Aujourd’hui, « je t’aime », cette phrase magique, est mal ou trop employée. Maintenant, on dit « je t’aime » pour le dire, sans avoir conscience de la puissance de ces mots. Moi, par exemple, je ne le dis pratiquement jamais, je l’ai trop dit à des personnes qui n’ont pas été franches avec moi. Parce que l’amour fait souffrir et on finit par ne plus y croire, pour moi les gestes et la sincérité se font rares. Malheureusement, l’être humain confond désir sexuel et envie d’être, de partager sa vie, avec son congénère. Il est parfois difficile de faire la part des choses. Des garçons ne flirtent avec des filles que pour le cul, il n’y a plus de sentiments et je trouve cela fort dommage. Inversement, du côté des filles, je pense qu’il nous est arrivé de penser que c’était de l’amour véritable alors que ce n’était que sexuel. Parfois, on croit aimer la personne alors que ce n’est juste que de l’attirance physique, cela m’est déjà arrivé de vouloir sortir avec quelqu’un alors que ce n’était que purement physique.

Blessée

Finalement, on finit par être blessée, détruite, parce que ce n’était que mensonge. Je suis plutôt de la vieille époque. Pour moi, l’amour doit être sincère, quand j’aime quelqu’un c’est pour de vrai, il n’y a aucun rôle à jouer dans la relation amoureuse. Il fut un temps où l’amour n’était pas gâché par tant de mensonges, c’était la sincérité, on écrivait des poèmes pour séduire les demoiselles. Maintenant, Roméo abandonne un « je te suis parce que t’es bonne », « ça embrasse et couche avec des filles sans jamais les rappeler”. Aujourd’hui, pour moi, parfois, l’amour est surjoué. Et, le problème, c’est qu’on rencontre énormément de mauvaises personnes qui nous blessent. Si bien que même si on est sincère en face, on finit par ne plus y croire. Je connais une personne qui a été tellement brisée par l’amour qu’elle a fini par ne plus y croire. Trop manipulée, on en vient à être dégoutée et tout ça parce qu’en face, ils pensent que l’amour est un jeu.

On ne joue pas (avec) les sentiments

C’est dangereux de jouer avec le cœur des gens, les mauvaises expériences les changent. Que vous soyez un garçon ou une fille, faites attention à qui vous donnez votre cœur. Ce n’est pas un jouet qu’on peut partager facilement et penser que l’autre personne va vous rendre intacte. Je disais tout à l’heure qu’il n’y a pas de définition satisfaisante de l’amour, que chacun, chacune a sa propre définition. L’amour, pour moi, c’est d’abord faire passer les besoins de l’autre avant les siens. C’est la confiance, pouvoir être soi-même, sans gêne, bref s’accomplir en accomplissant l’autre. Si vous ne partagez pas cette vision, ce n’est pas grave, mais pitié, ne jouez pas avec les sentiments des nouveaux romantiques, même s’ils semblent un peu démodés.

Auteure : Laura, 19 ans, Marche-en-Famenne

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Ce que les scouts m’ont appris !

Ce que les scouts m’ont appris !

”R.”, alias Mustang, a le scoutisme dans le sang ! Cela fait une dizaine d’années que ses weekends sont peuplés de rencontres, de nature, d’amitiés. Depuis tout petit, il est dans le mouvement scout (1) et plus les années passent, plus son implication est grande !

Depuis mes six ans

Je suis un scout de la 3 ème unité de Mouscron . Depuis mes 6 ans, je suis aux scouts. Je vais vous raconter ce que les scouts m’ont appris : des choses que je n’aurais jamais pu apprendre autre part ou par moi-même. On ne nous a pas appris à faire des maths, des sciences ou une autre matière que l’on apprend à l’école. C’est une tout autre forme d’apprentissage ! On nous apprend à forger notre personnalité, ce que j’appelle le “moi intérieur”. Depuis que je suis aux scouts, je n’ai fait qu’apprendre de nouvelles choses sur la vie en général et sur moi aussi.

Apprendre

J’ai appris à faire des brelages et des nœuds (2), à allumer un feu, à coudre et bien plus. Bien sûr, ça ne me servira pas tous les jours de ma vie, mais ça m’a montré que je savais faire de belles choses avec mes mains. Je me souviendrai toujours de mon premier brelage qui était un bricolage. J’en étais vraiment fier. Même s’il était loin d’être parfait, ça m’a motivé et maintenant, je fais des brelages qui supportent toute une structure où huit personnes peuvent dormir ! Il y a aussi eu mon premier feu où j’ai eu du mal à l’allumer, mais j’ai persévéré jusqu’à réussir à allumer des feux de camp de plusieurs mètres de haut. Cela ne sert à rien dans la vie actuelle où on a des chauffages pour nous réchauffer et des cuisinières pour cuisiner, mais ça m’a montré qu’au début de chaque chose, nous sommes des débutants et que si on a envie de s’améliorer, il faut continuer et être fier de soi pour chaque petite avancée.

Se découvrir

Ensuite on m’a montré mon « moi intérieur ». Depuis tout petit, je suis assez timide et les scouts m’ont fait faire des progrès. Maintenant, je suis capable d’aller parler à des inconnus dans la rue pour leur demander des indications. Par exemple, si lors d’un hike (c’est une randonnée se déroulant lors du camp éclaireur), je n’ai plus d’eau, avant je n’aurais jamais osé aller demander de l’eau en faisant du porte-à-porte, maintenant je n’ai plus du tout peur. Les scouts m’ont aussi confirmé qu’il fallait vivre sa vie à fond, ne pas rester sur une défaite et ne jamais regretter ce qu’on a fait. J’ai participé à des évènements comme le BE.scout (3) ou encore les 24 heures vélo du Bois de la Cambre (4) qui m’ont fait remarquer qu’au plus je fais de choses, au plus j’aurai de souvenirs, au plus j’aurai une vie pleine d’expériences. Aux 24 heures vélo du Bois de la Cambre, je n’ai pas voulu dormir ou rester assis à rien faire. Je voulais rester actif parce qu’on était entourés de centaines de scouts. C’était une chance de faire de nouvelles connaissances. Les chefs nous ont motivés à donner le meilleur de nous-mêmes au vélo et aussi de profiter de tout ce que proposait l’évènement ce weekend-là.

Les badges

Aux éclaireurs et aux pionniers, j’ai appris à mettre en place des projets, mais aussi à les tenir et à tout faire pour qu’ils se concrétisent ! Lors de ma deuxième année aux éclaireurs, j’ai dû mettre en place des animations pour remporter des badges. Les badges, ce sont des manières de se perfectionner dans un domaine comme le badge pilote pour apprendre l’orientation, l’intendant pour réaliser un plat… Mon premier badge était le badge campeur où j’ai appris énormément de choses que j’ignorais comme la manière de tenir des outils, monter une tente… J’ai aussi construit, dans la forêt et avec trois amis, un lit de quatre mètres sur deux. On y a “dormi” et je me rappelle que cette nuit-là, on était tous les quatre extrêmement fiers de nous : on avait réussi quelque chose ensemble, sans l’aide de personne. On n’a pas beaucoup dormi cette nuit-là : nous n’avons pas su arrêter de rigoler.

La totémisation (5)

Lors de ma totémisation, j’ai aussi appris que j’étais capable de plus de choses que je ne le pensais au niveau physique, mais aussi mentalement. J’ai appris à ne pas lâcher, mais également que je devais toujours apprendre à me faire mon propre avis sur quelque chose, et à ne pas croire tout ce que l’on me dit. Lors de cette journée, on nous avait donné de faux totems et le mien, c’était fleur. Les chefs nous ont dit que la moitié d’entre nous avait le bon totem. On avait tous très peur d’avoir un totem qui ne nous allait pas. Heureusement, ce n’était pas vrai et aujourd’hui, on m’appelle Mustang.

Scoutisme et Covid

En cette période de Covid-19, nous ne pouvons malheureusement pas nous voir, mais ça ne nous empêche pas de faire des réunions via d’autres moyens comme par face-cam. Nous apprenons peut-être moins, mais ça reste un de nos objectifs. On se demande, par exemple, comment on pourrait faire des défis pour apprendre aux plus jeunes à faire des nœuds ou on leur propose de passer un badge.

Transmettre

Aux scouts, on ne fait pas qu’apprendre des choses, on en apprend aussi aux autres et des autres. Chacun a eu des expériences que d’autres n’ont pas forcément vécues. Par exemple, quand je suis arrivé aux éclaireurs, les chefs de patrouilles m’ont beaucoup appris. L’année passée, c’était à mon tour d’apprendre aux premières années à couper des buches, à s’orienter grâce à une boussole et j’espère que, quand ils en seront à leur 4ème année chez les scouts, ils feront de même. C’est un peu comme le patrimoine familial de la grande famille scoute et je trouve dommage que certains disent que le scoutisme est une secte alors que je le vois plus comme une école de la vie.

La vie autrement

En conclusion, le scoutisme a été pour moi, et sera encore longtemps, une source de savoirs incomparables à d’autres. On nous montre la vie sous un nouvel angle. Les scouts nous apprennent aussi à être autonomes. Les scouts ont réussi à aborder une autre manière d’apprendre, qui n’a rien à voir avec l’école. Si un jour j’ai des enfants, je les inscrirai dès les baladins aux scouts pour qu’ils apprennent à avoir une vie remplie de joies et d’amis, mais aussi à réussir à transformer les mauvais côtés de la vie en bons souvenirs pour avancer, car comme disait Martin Luther King (6) « l’obscurité ne peut chasser l’obscurité, seule la lumière peut le faire ».

Notes de la rédaction

(1) Dans le mouvement scout, mais cela change parfois un peu, il y a un nom par tranche d’âge. Entre 6 et 8 ans, on est aux Baladins, de 8 à 12, ce sont les louveteaux pour les garçons et les lutins pour les filles, de 12 à 16, ce sont les scout·e·s, les éclaireurs ou encore les guides, de 16 à 18, ce sont les pionniers. À chaque âge, mais cela change parfois aussi selon le groupement dans lequel on se trouve, il y a des objectifs.

(2) Sans clou, sans visse, les brelages et noeuds permettent, quand ils sont bien faits, de fixer des morceaux de bois, des troncs et de réaliser des constructions absolument incroyables ! Le tout est toujours démontable et réutilisable !

(3) BE.scout est LE très grand rassemblement qui, en 2018, a réuni des milliers de baladins, louveteaux, scouts, éclaireurs, pionniers… à Louvain-La-Neuve.

(4) Depuis 1985 sont organisées les les 24 heures vélo du Bois de la Cambre. Chaque année, autour d’une thématique, elles rassemblent des milliers de scouts venus de toute la Belgique.

(5) Souvent, lors de son premier camp, le scout reçoit un totem c’est-à-dire le nom d’un animal reflétant parfois le physique, parfois le caractère d’une personne.

(6) Martin Luther King, (USA, 1928 – 1969) était un pasteur américain qui voulait, par la non-violence, faire changer la situation des Noir·e·s aux USA. Il réclamait l’égalité de tous, que chacune, que chacun puisse avoir les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes libertés. Prix Nobel de la paix en 1964, il a été assassiné. Aujourd’hui, son message demeure et inspire toujours.

Auteur : R. alias Mustang, 16 ans, Mouscron

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Léa est à l’hôpital

Léa est à l’hôpital

Durant plusieurs jours, Scan-R a installé sa rédaction dans une unité pédopsychiatrique bruxelloise. Ce service hospitalise de jeunes adolescent·e·s – âgé·e·s de 8 à 14 ans – qui présentent une souffrance psychopathologique importante qui dépasse les compétences d’un service ambulatoire. La concentration et le moral de ces ados ne sont pas toujours au rendez-vous de nos rencontres et écrire en « je » est pour elles et eux un véritable défi.

Mon univers

Je m’appelle Léa, j’ai 14 ans. Ici, je connais des hauts et des bas mais mon récit me montre que chaque jour, j’avance un peu plus. Mon endroit à moi, c’est ma chambre. Elle est grande. J’ai une colocataire prénommée Karolina, elle est géniale. Nos murs sont bleus clairs avec quelques motifs, des ronds et des triangles, qui font penser à des montagnes. Nous avons des lits en bois avec un sommier de lattes métalliques qui font un peu mal au dos, le matelas n’est pas très épais. Quel dommage : il ne rebondit pas ! J’ai des draps colorés ; ma couette est rougeâtre, orange et jaune, mon matelas est mauve. J’ai des étagères où j’y range mes pulls, livres et pantins de bois, que j’utilise quand je dessine ou encore pour peindre. J’ai aussi Ursule : une plante grasse. Très mignon ce prénom pour une plante, n’est-ce pas ? Mon côté de la chambre n’est pas très coloré. Ce qui contraste avec celui de ma coloc’ qui, pour le coup, est très créatif et respire la joie. À côté de son lit se trouve un poster d’éléphanteau. Elle a beaucoup d’affaires : photos, lettres, jeux de société, vêtements, … Et surtout, elle a beaucoup de produits de beauté. C’est une grande fan d’Yves Rocher ! Pour en revenir à mon côté, il n’est peut-être pas aussi joyeux que celui de ma copine, mais il me convient bien. Finalement, on partage la même chambre !

La journée

Le matin, quand je me lève, Karolina fait des étirements et puis, on commence la journée. On se prépare, on se maquille. Elle met mon mascara et me regarde faire mes traits d’eye-liner. On va manger, je vois tout le monde à table. Il y a des motivé·e·s pour commencer la journée et d’autres qui le sont moins. Mais tous gardent le sourire. Les activités commencent : les cours, les entretiens, … Le soir, il y en a qui regardent un film et d’autres, dont moi, qui préfèrent parler. On s’exprime et on rigole, de ce qu’on se dit ou de ce qu’on a aperçu pendant la journée. Puis on va dans nos chambres, on parle encore un petit peu – en cachette – avant de dormir. Quelle joie de voir tout ce monde de bonne humeur ! Je déprimerais si je ne voyais pas ces sourires contagieux à longueur de journée.

Mes ami·e·s

Je suis amie avec presque tout le monde ici. On n’est pas forcément très proches, mais ensemble, on rigole tous bien, on parle de tout, de rien. J’ai aussi quatre ami·e·s à l’extérieur de l’hôpital. Je suis plus proche et je m’entends mieux avec deux d’entre-eux, on se comprend plus. La différence entre eux, elles et les jeunes de l’hôpital c’est le fait que je suis plus proche de mes ami·e·s à l’extérieur et que mes ami·e·s sont peut-être parfois plus joyeux, enjouées ou plus faciles à vivre que les enfants d’ici. Puis, forcément, je connais mes ami·e·s de l’extérieur depuis plus longtemps que ceux et celles d’ ici.

Ma vie à l’hôpital

Mon moment préféré ici a duré deux jours… Un week-end, pour être exacte. Beaucoup de jeunes étaient parti·e·s chez leurs parents ou ailleurs, mais moi, je suis restée ici avec un garçon qui, maintenant, est parti. On s’entendait bien et on a beaucoup rigolé : on a fait une mini bataille d’eau, une bataille de balles de kicker, … On discutait aussi. Je lui ai mis du vernis, il n’a pas apprécié et l’a enlevé. On a fait deux puzzles aussi, un de 500 pièces avec une stagiaire et un autre de 100 pièces, qu’on a fait à deux. Bref, ce sont les seuls moments où j’ai eu des fous rires à l’hôpital. Le moment que j’ai le plus détesté ici… Il y en a plusieurs, mais c’est tous les entretiens et toutes les nuits. Je n’aime pas les entretiens et ils me rendent toujours d’humeur négative car je n’aime pas parler de mes problèmes. Quant aux nuits, je n’ai pas envie de rentrer dans les détails mais je suis insomniaque, et je vois, entends ou ressens des choses que personne d’autre de « normal » ne peut voir, entendre ou ressentir.

Ce qui me manque

Du dehors de l’hôpital, ce qui me manque le plus, ce sont les sorties ou les journées à ne rien faire. J’aimais voir mes ami·e·s, les petites soirées organisées chez eux ou chez moi, les sorties shopping ou autre à Bruxelles. Sortir de chez moi est une habitude importante pour moi : cela me permet de me changer les idées. J’aimais aussi rester chez moi à ne rien faire de particulier, je m’habillais ou restais en pyjama. Je m’occupais en dessinant ou peignant ou je restais sur mon téléphone. Le soir quand j’étais chez mon père, je restais avec lui dans le salon et on regardait des films en mangeant – pas très sainement – jusqu’à tard. Ce n’était pas comme ça tous les soirs bien entendu, mais quand ça se passait c’était vraiment cool. Que cela fait du bien d’être au calme chez soi !

Ma fierté

Ce qui me rend le plus fière, c’est d’avoir été là pour mon père et mes ami·e·s. Après le départ de ma mère, mon père est tombé en dépression et j’étais la seule personne sur qui il pouvait compter, la seule à qui il pouvait se confier car nous étions en plein confinement, il ne pouvait voir personne d’autre. J’étais là pour lui remonter le moral. J’étais là aussi pour mes ami·e·s qui sombraient en dépression. J’étais là pour mon amie et je l’ai empêchée de se faire du mal. J’étais là pour mon ami qui part en vrille foutant sa santé en l’air, buvant et fumant presque tous les jours mais tient beaucoup à moi. Le fait que je sois présente pour lui l’aide. Il sait que je suis là s’il veut se confier ou tout autre chose. Je l’aide comme je peux, je l’incite à parler de son mal-être à des adultes, de son mal-être. Je suis persuadée que bientôt, il ira mieux. Je suis fière d’avoir été là et d’être toujours là pour eux, pour elles, c’est la meilleure chose que j’aie pu faire depuis ma naissance.

Mon secret

À part avec ma famille et mes ami·e·s, je ne parle à personne du fait que je suis ici. Elles et ils ne m’ont pas prise pour une folle ou quoi que ce soit. Non, tout le monde a été compréhensif. Je ne l’ai pas dit à ma classe par exemple car les élèves me prendraient pour une dingue, avec tous les stéréotypes de l’hôpital psychiatrique. Ils jugeront le fait que je ne rentre pas dans la case de l’adolescente normale qui se préoccupe de sa popularité … Je crois que les gens n’aiment pas ce qui est bordélique.

Auteure : Léa, 14 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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