Prendre la température à Amonsoli

Prendre la température à Amonsoli

Scan-R donne la plume aux plus jeunes. Les migrants font partie de son public. Deux de nos membres ont questionné les bénéficiaire de l’association Amonsoli (Verviers), lors d’ateliers d’écriture. Pour quel résultat ? De courts textes en français, mais aussi en cyrilliques et arméniens, emplis d’une intime sagesse.

La solitude, Anonyme

Lorsque je suis seul, je me sens bien. Parce que dans ma famille, je suis le seul garçon. C’est de là que se développe cette solitude en moi. Cette solitude de se connaître, se comprendre, réfléchir, faire la part des choses entre le bien et le mal pour pouvoir s’améliorer et avancer. Cette solitude d’être calme, d’améliorer nos relations avec les autres et avec nous-mêmes.

Pensée éternelle, Anonyme

Je suis Syrien et marié. Je pense tout le temps à mes parents et à mes enfants.
Je veux vivre en sécurité et leur assurer un avenir radieux.

Calif, Arif

Ma vie est comme l’eau sur la terre sèche.

La priorité familiale, Anonyme

Pour moi, la première priorité dans la vie est de vivre en paix avec ma famille. Ce qui passe avant toutes choses est de pouvoir vivre, ma famille et moi-même, dans un monde en paix.

Le sport est secondaire, Anonyme

Le sport est un passe-temps secondaire pour moi. Le sport est, selon moi, une activité qui passe en second plan car le plus important est d’investir son temps pour sa famille, pour son travail et ensuite nous pouvons l’investir en activité de loisirs.

L’ami de l’esprit, Anonyme

J’aime me promener avec mon chien car cela m’apporter le calme, cela me permet de profiter de la nature, de respirer de l’air frais et de jouer avec mon chien. Après la promenade, je peux plus facilement gérer mes situations de stress. J’écris ceci car avant, je n’avais pas le chien et n’aimais pas me promener. Suite à l’arrivée de mon petit ami (le chien), j’ai compris à quel point c’était cool. Il est impératif d’avoir des petits animaux domestiques, ils vous offrent beaucoup de joie.

En quête de paix, Anonyme

Vu que notre pays est en guerre, moi et mon mari sommes partis dans un autre pays. Cependant, une guerre a aussi éclaté là-bas et nous sommes venus ici pour trouver refuge, vivre en paix dans la tranquillité, sans peur, sans stress, en sécurité.

Auteur·e·s : Arif, Anonymes

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Music

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Pour eux

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Le mâle être

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Leur regard

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Le calvaire

Le calvaire

J’ai toujours eu peur de l’échec dans ma vie. Et ce, depuis le jour où j’ai vu mon propre père mourir dans un hôpital par manque de soin. Il n’avait pas assez de moyens financiers pour payer ses soins. Je n’ai tellement pas supporté sa disparition que j’ai décidé de quitter mon pays par voie illégale, en espérant avoir un avenir meilleur.

Ce n’était pas facile de traverser le désert et la Méditerranée. J’ai vu mes amis mourir. Je n’ai rien pu faire pour eux. Par la grâce de Dieu, je suis arrivé en Europe. Quand j’ai quitté l’Afrique, mon rêve était d’arriver en Europe et d’approfondir mon métier (cariste ou carreleur).
Malheureusement, une fois arrivé en Europe, on nous torture avec les papiers et nous sommes logés dans des conditions vraiment difficiles. Au départ, nous étions à S*** à cause de la mauvaise gérance des migrants. F*** a repris le Centre où nous logions. On se disait que les choses allaient aller un peu mieux. Mais c’était vraiment le calvaire qui commençait. Avec cette organe, même ta santé n’est pas assurée. Peu importe ton problème, leurs membres vont te donner du paracétamol. Cela n’améliore pas la santé des migrants. Ils sont très mal traités, ici en Belgique.

Je prie vraiment pour que le gouvernement belge revoit notre situation. Le plus dur, c’est le fait de recevoir une carte orange, en annonçant qu’on a accès au travail et qu’après, dans 5 ans, on te demande de quitter le territoire. Sans te rembourser les impôts payés chacune des 5 années. Moi, je trouve cela très injuste.

Auteur : Anonyme, Verviers

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Un monde triste

Un monde triste

C’est un monde triste.

Lorsque j’étais dans mon pays, je pensais que le jugement et la hiérarchie entre les hommes étaient propres à mon pays. Je pensais qu’il n’y avait qu’en Iran, que nous jugions les personnes du Moyen-Orient comme étant inférieures.

J’ai toujours été contrariée par le fait que l’Iran considère, par exemple, les Afghans comme étant des êtres humains de seconde classe.

Je pensais qu’en Europe, qui est soi-disant l’incarnation de la civilisation mondiale, il n’y avait pas de jugement. Pas de hiérarchisation de l’être humain.

J’ai réalisé qu’en fait, en Europe, les jugements étaient les mêmes qu’en Iran. La différence, c’est que ce sont des jugements pas clairs et bruyants, mais calmes, sous entendus, des chuchotements.

Lorsque l’on arrive en Europe, la politique migratoire nous montre que les Arabes, les Afghans, les Africains et nous, les Iraniens, sommes le même genre d’êtres humains.

J’ai longtemps lutté avec ce sentiment et je me suis dit que ce n’était pas le cas, mais un jour une guerre a éclaté en Europe et en Ukraine. Les Ukrainiens ont fui la guerre et la persécution, comme nous.

Les médias européens et américains nous ont alors dit : « Ce n’est pas la même chose. Ce ne sont pas des Moyen-Orientaux, ce sont des Européens civilisés, aux cheveux blonds et aux yeux bleus ».

Ce fut un jour douloureux et triste, le jour où la vérité a été exposée.

Auteure : Sepideh, Iran

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Exil de deux frères

Exil de deux frères

La politique en Guinée, en tant que militant de parti, est un piège pour tous les jeunes, surtout si votre parti politique est dans l’opposition contre le pouvoir en place.

En 2018, mon grand-frère et moi assistions à une manifestation contre la proclamation des résultats des élections locales et communales de février. Après la publication des résultats, le constat était clair : des fraudes immenses ont été enregistrées. Tous les partis politique de l’opposition demandèrent à leurs militants de manifester.

C’est ainsi que mon frère et moi-même nous sommes retrouvés dans cette manifestions. Le 14 mars 2018. Arrivés au rond-point d’Hamdalaye, nous remarquons la présence de militaires. Ils nous ont encerclés, avant de commencer à tirer sur la foule. Nous nous sommes retrouvés à terre, en essayant de fuir. J’ai pris un coup sur mon pied, nous avons été trainés par terre sur des dizaines de mètres avant d’être embarqués par les militaires.

En prison, c’était la torture et la fièvre, à cause du coup reçu sur mon pied. Nous refusions de plaider coupable en tant que mercenaire de notre parti et d’accuser officiellement notre parti politique comme étant responsable de la tuerie le jour de la manifestation. C’était horrible pour nous. Notre santé se dégradait tellement que nous avons été transférés à l’hôpital pour recevoir des soins. C’était le moment ou jamais. Nous avons réussi à fuir et rejoindre notre village, où nous avons passés 3 mois cachés.

Un jour, après un appel de notre mère nous avertissant de l’arrivée de militaires, nous avons dû fuir une nouvelle fois. Nous avons pris la décision de quitter la Guinée pour survivre. Nous sommes allés au Mali, grâce à un oncle. Ce n’était pas la fin du cauchemar.

Le Mali, Ensuite, en Iran. Nous avons été arrêtés et emprisonnés pendant deux semaines par la police iranienne. Nous avons été ensuite abandonné dans la « brousse » où, sans savoir où nous étions, nous avons marchés pendant deux semaines avant de rejoindre la Turquie. En Turquie, nous avons été exploités et victime de racisme et de discrimination. Grâce à un grand frère africain, nous avons réussi à quitter la Turquie, par la mer, pour rejoindre la Grèce. Selon notre ami, nous y serions en sécurité.

En Grèce, nous avons suivi la procédure d’asile pour enfin recevoir un titre de séjour. Nous étions fatigués et notre santé était dans un état lamentable. Malgré tout, nous voulions nous intégrer et nous avons suivi les cours de langue grecques. Le problème en Grèce, c’est que lorsqu’on reçoit un titre de séjour, l’état nous coupe toute assistance financière ou sociale. Sans aucune aide, la vie est devenue un enfer. L’état de mon pied s’est dégradé. Depuis le coup reçu lors de la manifestation, j’ai été victime d’une infection. J’ai connu, au sein des hôpitaux grecques, l’angoisse et le racisme. C’était trop. J’ai décidé de quitter ce pays, avec mon frère. Nous avons travaillés dur dans une usine de transformation de produits de shampoing. Nous étions exploités, sous-payés. Nous avons de nouveau connu la discrimination et la honte. Nous n’en pouvions plus. Mon frère avait en plus, cette maladie incurable qu’on appelle diabète. Nous étions en difficulté pour nous procurer de l’insuline.

C’est ainsi que nous avons pris la décision de rejoindre la Belgique. Grâce à notre titre de séjour grecque, nous avons pu prendre l’avion. Nous devons recommencer notre procédure à 0 mais ici, nous recevons des soins appropriés.  La santé, c’est notre priorité. Mon frère soigne son diabète et moi, je suis pris en charge par un chirurgien. Nous reprenons espoir…

Auteurs : Lamine et Aboubakar

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Team papa ou team maman

Team papa ou team maman

Est-ce qu’on doit choisir un camp ? Est-ce qu’on doit être d’une, et d’une seule, tribu ? Entre son père et sa mère, doit-on vraiment opter ? Après avoir grandi à la campagne Sarah se retrouve à Liège. Elle passe d’un univers plutôt monochrome à un univers nettement plus nuancé. Doit-elle, aussi dans cette situation, épouser un monde plutôt que l’autre ?

Tracer ma route entre deux autres

Tu choisirais plutôt maman ou papa ? Probablement l’un des dilemmes les plus célèbres auquel on a tous au moins une fois été confronté. Mais si d’après André Gide (1), choisir c’est renoncer, je renonce pour ma part à faire un choix. Née d’un père marocain et d’une maman belge, j’ai assisté à l’exécution d’un contrat de compromis entre ces deux identités culturelles disparates. Je dis disparates, mais pas incompatibles et j’insiste. La communion est possible. J’en suis témoin. Pour ma part, il a bien fallu me construire une identité propre au milieu de cette diversité. Certaines choses étaient presque prédestinées, car découlant notamment du compromis matrimonial du couple dont je suis issue. Je pense par exemple à mon éducation spirituelle. Un point pour papa : je suis musulmane. À côté de ça, j’ai participé aux fêtes de fin d’année, je recevais moi aussi des friandises dans mes chaussures à l’approche du 6 décembre et je chassais les œufs dans le jardin en avril : un point pour maman. Mais mon identité ne se résume pas aux seules influences parentales. Ma propre expérience de la vie a bien évidemment activement participé à mon développement personnel : attention, entrée en jeu de mes amies.

Quelles amies ?

Mais quelles amies ? Parle-t-on ici d’Aurélie et Fanny – amies d’enfance que le temps et les choix d’études différents ne sont pas parvenus à séparer – ou parle-t-on plutôt de Marwa et Nawal, amitiés nées plus récemment dans le contexte estudiantin de la ville de Liège ? Il faut dire que mon entrée à l’université a changé beaucoup de choses. L’institution porte d’ailleurs bien son nom : université ou florilège de diversités dans lesquelles il s’agit de se faire une place. Je pense pouvoir dire qu’il y a un avant et un après l’université puisque c’est à partir de cette étape que j’ai fait de plus amples connaissances avec une autre partie de moi-même. Considérons ainsi que le premier groupe d’amis représente le côté maman, quand le second renvoie plutôt au côté papa. J’ai, dans un premier temps, passé le plus clair de mon enfance dans l’ambiance « maman ». Originaire de la campagne, je n’ai pas énormément eu l’occasion de côtoyer, en dehors de ma famille, des personnes du team « papa ». C’est ça aussi d’habiter dans les Ardennes : le calme verdoyant propose certes pas mal d’avantages, mais sa faible densité de population n’offre pas énormément d’opportunités en terme d’ouverture sur la pluralité culturelle ou sociale à laquelle on est plus vite confronté au sein d’une ville telle que Liège par exemple. Ainsi, je grandis en faisant du solfège avec Angèle et Romain, en jouant au tennis avec Axelle, en montant à cheval avec Laure, en faisant du basket avec Bruno, en peignant avec Aurélie et j’en passe. Puis vient le grand jour, celui de mon entrée dans la cour des grands. Quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir alors des jeunes filles voilées, des peaux plus colorées… Tout un arc-en-ciel humain duquel je n’ai jusqu’à lors que peu d’acquis.

Et moi ?

Dans quelle couleur vais-je me ranger ? Je suis à la fois perplexe et excitée quand je vois le panel de possibilités qui s’offrent à moi. Finalement, je décide de laisser les choses se faire naturellement. C’est comme ça que de fil en aiguille, de rencontres en éloignements, je me rends compte que je vais étudier à la bibliothèque avec Nawal, que j’aime manger dans les petits endroits où m’emmène Marwa, que je commence à apprécier cette musique que Mehdi écoute en boucle. Mais il n’empêche que mercredi prochain, je prendrai un chocolat chaud avec Aurélie, qu’on discutera de ce que sont devenues Mathilde, Authone et Justine. On se remémorera les bons souvenirs tout en en créant de nouveaux. Au fond, je ne crois pas qu’il existe de réel vainqueur à ce simulacre de compétition entre « maman » et « papa ». Je les aime autant l’une que l’autre, l’autre que l’un. Mon identité continue simplement d’éclore au rythme de mes expériences. Hier, je rencontrais Aurélie, demain je rencontrerai Marwa. Je considère ainsi ma mixité comme une richesse inestimable et je n’ai de cesse de vouloir l’accroitre. Et si je me perds parfois dans la multiplicité culturelle qui me compose, je sais au moins une chose : je me sens moins belge ou marocaine que musulmane.

André Gide (France, 1869-1951), écrivain, prix Nobel de Littérature en 1947. Pour lui, le but secret de la littérature était de “ lever l’homme au-dessus de lui-même, le délivrer de sa pesanteur, l’aider à se surpasser, en l’exaltant, le rassurant, l’avertissant, le modérant.” Découvrez les textes de cet auteur en cliquant ici.

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Auteure : Sarah, 22 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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