Dans l’armada des nouvelles compliquées, des mesures difficiles à comprendre, il y a parfois de la lumière. Les articles qu’on publie traitent parfois de la santé mentale de la jeunesse, articles qui peuvent se résumer par une dièse ou un hashtag, #cestpasfacile, le témoignage de Marissa est unique.
Révélation
L’école, ça me stresse. Parfois quand l’angoisse est trop forte, je fais des crises de panique. Pourtant, même si les points sont bons, même si les professeurs m’aiment bien, je me sens juste oppressée, mal à l’aise, en danger … Parfois j’ai juste eu l’envie de mourir. À force, j’ai été déscolarisée et j’ai développé des phobies sociales. “On” a dû prendre la décision de me faire hospitaliser en pédopsychiatrie. Après avoir appris la nouvelle, j’ai beaucoup pleuré. Je n’étais ni malade, ni folle. Je n’ai pas vraiment eu le choix, alors je me suis résignée à y aller. Au début, j’étais très mal. Je pensais qu’on m’avait placée avec les dingues et les cas désespérés. Alors que pas du tout. J’y ai découvert des jeunes géniaux, avec certes leurs difficultés, mais géniaux tout de même.
Réfugiée dans la lecture
Durant mon hospitalisation, je me suis souvent ennuyée, surtout le soir. Les journées étaient plutôt longues et je n’avais pas de visites. Le matin, on se réveillait à 8h, et on mangeait tou·te·s ensemble. Ensuite, on allait se balader et, à 9h on avait cours à l’hôpital. Les heures de repas étaient toujours les mêmes. L’horloge rythmait nos journées. Le coucher était à 21h15, ce qui était plutôt tôt. J’avais des troubles du sommeil, et dans ces moments là, mon cerveau pensait en permanence. Cela a été horrible pour moi : pas de téléphone, pas de télévision, pas d’ordinateur, alors … je me suis réfugiée dans la lecture. Depuis petite j’aime lire, mais je ne lisais pas spécialement beaucoup. Un peu avant mon entrée à l’hôpital, j’avais commencé à lire plus. Je ne sais pas si on peut dire que les livres m’ont sauvée, mais je remercie chaque auteur·e de m’avoir fait voyager dans des univers extraordinaires ! De m’avoir permis de voir autre chose que les murs de l’hôpital. En dehors de la lecture, j’ai tout de même fait des activités telles que de l’hippothérapie, du sport et de la relaxation.
Merci
Après de multiples séances de psychomotricité et de thérapie avec une psychologue, j’ai pu sortir de l’hôpital. Après 3 mois, j’ai eu du mal à partir : je me suis beaucoup attachée au personnel hospitalier, aux autres jeunes avec lesquels j’étais très à l’aise. Ils et elles m’ont appris à apprécier tous les petits détails insignifiants de la vie. Même si j’ai toujours des difficultés pour aller à l’école, je peux dire qu’aujourd’hui, je vis beaucoup mieux et ça, c’est en partie grâce à leur aide.
Auteure : Marisa, 15 ans, Eupen
Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance
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Marcher droit, respecter les normes, rentrer dans le cadre, suivre le troupeau, se faire avoir, accepter, renoncer à qui on est, se fondre, s’oublier, se morfondre, se soumettre, s’oppresser … Ce ne sont plus des mots pour Valeria. Furieuse contre les médias, furieuse de la majorité qui étouffe, elle prend son clavier et nous offre une page légitimement contestataire !
Noyée
Qui suis-je ? Que suis-je ? Comment arriver à me représenter différemment dans une société où on veut que tout le monde soit pareil et se nourrisse des mêmes informations ? J’ai l’impression que les médias m’oppressent, me désaccordent. Ils voudraient que je me reconditionne en une personne que je ne suis pas et que je ne veux pas devenir. Je sens les masses vouloir me pousser et m’écarter. J’ai l’impression que la seule façon de ne pas être exilée, c’est de se laisser prendre par ce troupeau de moutons entêtés. Je crains les foules comme elles me craignent jusqu’à en faire des crises d’angoisse, je préférais donc finir seule plutôt que de les suivre. Quoi de plus facile que de former la masse pour la manipuler, ensuite, à sa guise ?
Les médias …
Les médias ne reflètent que la partie émergée de l’iceberg, c’est-à-dire qu’ils ne véhiculent que des informations qui leur ont été transmises et pour moi, les journalistes ne connaissent qu’une version des faits qu’ils modifient eux-mêmes avant de les diffuser. De plus, certain·e·s cherchent plutôt le buzz médiatique et parlent souvent de l’aspect négatif d’UNE partie d’UNE certaine information. Ils et elles sont devenu·e·s la courroie de transmission de manipulations gouvernementales sans même forcément en avoir conscience. Qu’est-ce vraiment « une information vérifiable » alors ?
… et moi ?
Depuis que je me suis éloignée de l’emprise médiatique, j’ai pu ainsi me construire, devenir, réagir. À présent, chacun de mes battements est militant en tant que femme, métisse et queer. J’existe et assume fièrement cette partie de mon identité dont je ne peux me délier. Cela devrait être le cas pour la partie de la population qui me ressemble mais comment être certain d’avoir le droit d’être fier ou fière lorsqu’on n’arrive pas à se reconnaitre dans les yeux des médias ? Médias qui devraient pourtant représenter le peuple tel qu’il est. Au lieu de cela, ils parviennent à flouter la réalité, à vouloir en créer une nouvelle, qui n’est pas réelle. La diversité dans les médias est primordiale mais, pour moi, moins absente. Cela implique le problème des représentations approximatives. Ainsi, le mariage homosexuel a amené un grand débat médiatique alors que les informations n’étaient pas livrées par des représentants propres à cette cause. Serait-ce trop d’espérer une mixité dans les représentations médiatiques à l’heure d’aujourd’hui ?
Renverser la tendance médiatique
Je me pose beaucoup de questions auxquelles je ne suis pas sure d’obtenir les réponses. Je me demande comment renverser les masses qui m’ont elles-mêmes marché dessus. Je pense que c’est le cas pour un bon nombre de jeunes qui, comme moi, veulent renverser cette tendance médiatique. Nous nous sentons accablés par ce surplus d’informations, souvent diffamatoires, notamment en ce moment suite aux récents attentats en France et aux informations constantes liées au covid. Peut-être verrons-nous le jour d’une réforme où on garantirait la mixité dans les médias ? Une réforme qui pourrait aider à rétablir une confiance entre la population et ceux qui les représentent journalistiquement. Les masses resteront puisque, comme le disait Aristote , « l’Homme est un animal social ». Mais si le public avait des représentations médiatiques diverses auxquelles il parviendrait à s’identifier, je pense que l’harmonie se dégageant de la vie et de la cohabitation entre êtres humains ne serait que plus belle.
Des textes pour aller plus loin !
Les questions soulevées par Valeria ont été abordées par différents organismes. L’ASBL Média Animation a proposé un grand dossier intitulé Médias sans frontières autour de la représentativité des minorités dans les médias. Femmes Plurielles, le magazine des Femmes Prévoyantes Socialistes a traité de la représentation de l’homosexualité dans les médias. En octobre 2020 Emma Mestiner, journaliste à la RTBF a proposé un article autour de la question du genre dans les médias. Elle explique et reprend les grandes lignes d’une étude du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel autour de la question de l’égalité du genre dans les métiers de l’audiovisuel au sein de la RTBF, RTL Belgium et les chaînes de télévisions locales.
Auteure : Valeria, 19 ans, Bruxelles
Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance
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Avant tout, Romain, 19 ans, souligne que ce qu’il nous écrit n’engage que lui. Il écrit qu’il existe autant de visions du monde que d’êtres humains, tous et toutes influencé·e·s par leur environnement, leur éducation, il est donc normal que mon avis soit loin de faire l’unanimité. Dans sa vision, plutôt humaniste, il nous invite à la discussion, à l’interrogation et à l’introspection.
Les incohérences
Du haut de mes 19 ans et loin, donc, de présenter les faits qui vont suivre comme pleinement véridiques, je ne peux m’empêcher de remarquer une multitude d’incohérences dans le monde. Nombreux savent que la situation planétaire actuelle n’est pas rose ; à toutes les échelles, de multiples problèmes menacent notre futur. Malgré cela, même si nous sommes embourbés dans nos nombreux problèmes, la vie continue. Difficile de tout changer du jour au lendemain quand on fonctionne comme cela depuis plusieurs décennies.
Artemisia Annua
Je ne peux m’empêcher de remarquer un nombre incalculable d’incohérences qui vont à l’encontre des changements auxquels nous devrions procéder. Prenons par exemple l’utilisation de la plante Artemisia Annua. C’est une plante médicinale utilisée depuis plus d’un millénaire en Chine, et certainement ailleurs comme dans certains d’Afrique. Elle a comme vertus médicinales de soigner le paludisme. L’Artemisia Annua, du moins sa substance extraite : l’artémisinine, a même été reconnue pour ses multiples bienfaits médicinaux. Cela a même valu à son investigateur un prix Nobel de médecine chinois en 2015. Plus récemment, elle a grandement servi comme médicaments contre le covid-19 à Madagascar. Sujet très sensible car l’on trouve tout et son contraire sur internet, thématique étonnamment peu médiatisée alors qu’il s’agit d’un remède potentiel contre le virus responsable de la pandémie mondiale. À ce jour, l’OMS n’a toujours pas reconnu son efficacité contre le virus. L’OMS donne énormément d’arguments d’ordre pratique et très spécifiques concernant la raison du choix de l’abstinence de son utilisation. Arguments apparemment scientifiquement fondés, mais insignifiants et facilement contournables quand il s’agit d’un remède contre le fameux virus ! Sauf erreur de ma part… Je trouve cette histoire plutôt douteuse… Quand on sait que cette plante est très efficace pour de multiples applications, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle pourrait nuire aux précieux profits du cartel pharmaceutique mondial.
Pour en savoir plus sur cette plante, découvrez ce reportage vidéo du journal le Monde.
L’argent et la pub
En parlant d’argent, le deuxième exemple d’incohérence aborde également une partie très florissante des entreprises mondiales. Les publicités font partie intégrante de notre quotidien. Que ce soit sur les réseaux sociaux, à la télévision ou dans les journaux, elles sont partout ! Dites-le moi si j’ai tort, mais j’ai l’impression qu’on apprend plus à les ignorer et à s’en moquer que d’y prêter réellement attention. Sans aucune exception, elles poussent à consommer, en mettant en scène un petit plus qui nous noiera de bonheur. Chacune de ces pubs est si niaise et peu fidèle à la réalité que je ne peux m’empêcher de me demander si on nous prend réellement pour des cons ?! Là est peut-être l’une de leurs stratégies pour pousser à consommer ? Je n’ai pas la prétention de l’affirmer, par contre ce que je trouve scandaleux dans tout ça, c’est l’argent qui y est investi. En effet, l’investissement des marques dans la publicité est colossal (1).
Les élections américaines
J’ai trouvé fort étonnant que des élections prennent autant de place dans les médias. Bien que cela concerne le pays le plus influent du monde et le berceau du capitalisme, les médias sont-ils obligés de surmédiatiser cet événement ? N’y a t’il pas de nombreux autres sujets qui méritent une tête d’affiche ? Comme par exemple l’Artemisia Annua. Le monde est vaste, les choses bougent petit à petit, ne serait-il pas judicieux d’informer les populations sur des sujets environnementaux et sociaux ? Des sujets qui pointent du doigt des actions qui font bouger les choses à leur échelle, pour notre futur à tous et toutes ? N’est-il pas préférable de favoriser ce genre d’informations ?
Les médias
Difficile d’imaginer le nombre d’incohérences de ce genre qu’il reste à citer, sachant que notre monde en est criblé. Je pense que les médias ont un règlement précis sur les informations qu’ils donnent, que ce n’est pas sélectif, qu’ils font de leur mieux pour informer un maximum la population sans se positionner. Je n’ai pas l’intention de dénoncer une théorie du complot ou quoi que ce soit de ce genre, je demande de la cohérence, j’encourage à la lecture et à l’action. Les multiples incohérences citées vont à l’encontre des changements que nous devons amorcer ! Les jeunes d’aujourd’hui sont noyés par l’information au point que ça en devient de la désinformation. On trouve tout et son contraire, l’information n’as jamais été aussi rapide et accessible. L’émergence d’internet a tout accéléré, les évolutions se succèdent. Tout va si vite… Les jeunes ne savent plus où donner de la tête et pour couronner le tout, leur avenir s’en trouve perturbé par les décennies d’industrialisation et de globalisation…
C’était pas mieux hier
La société actuelle n’est plus en accord avec la situation présente. Quand je dis que le système n’est plus en adéquation avec la situation actuelle, je n’affirme pas niaisement qu’il l’était plus il y a 10, 20 ou 30 ans. Une société à grande échelle est difficile à agencer pour satisfaire les besoins de tout le monde, et c’est encore plus dure de la diriger, des problèmes afflueront toujours face à un système, c’est inévitable. Seulement, la crise mondiale à venir nous impose de changer nos manières de vivre, nos habitudes. Dans tous les cas et d’après ce que l’on voit, il ne faut pas attendre un changement du système ou une solution miracle. Le changement, ça commence par se changer soi-même. Les jeunes ont une place primordiale dans les changements à venir car ils sont les adultes de demain. La plupart ne font que commencer à s’intégrer à la société, à la machine, et n’ont pas encore d’énormes responsabilités financières ou familiales.
Passer à l’action
Au lieu de scroller les réseaux ou de s’abrutir devant un écran, agissons ! Nous sommes faits pour bouger ! Même chez soi, les possibilités d’actions sont abondantes : créer son propre potager, un compostage, ses propres produits cosmétiques, faire du vélo, recycler, cuisiner bio, … Sortir du lot ! L’argument qui me semble indispensable d’appuyer est celui de notre futur. On doit le vouer au changement, à la construction d’un projet qui à pour but d’agir activement sur une problématique locale. N’attendons pas que les choses bougent, soyons acteur de ce changement !
Vivre en communauté ?
Notre monde manque cruellement de solidarité. Nous vivons actuellement dans une société très individualiste. Chacun son toit, sa voiture, sa cuisine, ses achats, … Cette manière de vivre convient aux plus aisé·e·s mais beaucoup moins à celles et ceux qui ont des difficultés à boucler leurs fins de mois. À long terme, le changement passe aussi par changer sa manière de vivre. Pourquoi ne pas favoriser la vie en communauté ? Il est sûr que vivre ensemble est une autre paire de manches, mais dans un cadre correctement réglementé, organisé et agrémenté des efforts de chacun, il est possible de créer un mode de vie tout à fait stable. Financièrement parlant, le coût du vivre ensemble est amoindri. Vivre en communauté, c’est faire confiance à quelque chose de plus grand que soi dont chacun participe, c’est la division des tâches, l’acceptation de la différence, la communication et et l’entraide. Les rapports humains ! Un exemple plus concret serait de citer la communauté de la Poudrière, elle a été créée en 1958. Cette communauté est située partiellement à Bruxelles. Elle subsiste grâce aux efforts de chacun·e, à la tenue d’un magasin de seconde main, d’un centre de tri et de recyclage et à des récoltes saisonnières.
Construisons un avenir à visage humain
Le défi est de taille et les problèmes ne faciliteront pas la tâche. Après une pandémie globale ou tous les petits commerçants font faillite au profit des plus gros, ou les rapports sociaux sont limités et où l’économie mondiale elle-même est mise à mal, je ne fais qu’espérer un éveil de conscience. Cette pandémie a beau avoir fait beaucoup de dégâts, elle a d’après moi servi d’impulsion à la compréhension de certaines facettes de notre réalité. En ralentissant notre quotidien, nous avons eu le temps de nous poser des questions, de cogiter, de mener des projets nouveaux, de parfois remettre l’homme avant l’économie ! Le futur nous menace de multiples difficultés telle qu’un effondrement économique, des immigrations en masse, les énormes disparités des richesse, ou encore du réchauffement climatique. Nous ne pouvons qu’essayer d’engager un changement chacun de notre côté. Aussi différents que nous sommes, cela me semble être du bon sens quand il s’agit de notre avenir à tous. Construisons un avenir à visage humain.
(1) Selon le site français Alternatives Economiques, pour une paire de baskets Air Jordan 1 Retro, payée 140 euros par l’acheteur, le coût de la main d’oeuvre est de 2,4 € et les coûts de marketing et sponsoring sont deux fois plus élevés soit 5,6 €.
Auteur : Romain, 19 ans, Bruxelles
Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance
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Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...
Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...
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Louis à 20 ans. En 2019, il a obtenu son certificat d’enseignement secondaire supérieur. Après, il s’est lancé dans une première année d’étude dans le supérieur et en informatique. Peu intéressé par les cours, lassé par ces études, il a cherché une nouvelle voie.
S’orienter
Au final, je suis désintéressé par l’informatique et je ne me vois pas du tout passer mes journées derrière un PC. Même si, déjà durant mes secondaires, je suivais l’option informatique pendant mes secondaires, je réalise que cela ne m’intéresse plus et je commence à chercher de l’emploi. Je postule pour tout et n’importe quoi du genre Colruyt, magasinier, vendeur, apiculteur, pompier, militaire etc. Conscient que j’étais en train de me perdre, je passe plusieurs entretiens d’orientations. Je réalise que je ne suis pas vraiment prêt pour le monde de l’emploi et que je dois plutôt reprendre des études. Par ailleurs, j’étais assez démotivé et je ressentais une perte de confiance en moi qui m’empêchait de reprendre directement des études. C’est là que j’ai découvert le Service citoyen (1). Je suis allé à la journée porte ouverte de ce service et je savais déjà que j’allais m’engager pour découvrir où cela allait me mener et franchement, je suis assez satisfait.
Travailler
À travers ma mission de vendeur aux Petits Riens (2) d’Ixelles, j’ai pu comprendre ce qu’était le monde du travail. Grâce à cela, j’ai pu avoir une autre occupation que les jeux vidéo et les animes japonais. Avec la crise du covid-19 ma mission principale a été interrompue. J’ai donc ensuite choisi de travailler pour la Croix-Rouge afin de les aider à gérer la distribution de repas pour les bénéficiaires et veiller à ce que ceux-ci soient bien informés. Avant et après chaque distribution il y a un brief et un debrief en équipe. Le premier sert à répartir les tâches : la gestion de la file, de la cantine, la distribution de masques … Ensuite, à la fin de chaque distribution, on débriefe ensemble. On s’assure que tout le personnel n’a eu aucun problème et on fait le point. Tout le monde a le droit à la parole et chacun est écouté afin d’améliorer des choses. Il y a un grand esprit d’équipe et la communication est très présente.
La route sera encore longue
J’ai trouvé une occupation afin d’améliorer le quotidien de personnes dans le besoin et j’en suis satisfait. Par contre, cela ne m’éclaire pas vraiment pour un métier car je manque un peu de courage pour me lancer dans quelque chose. Et puis, excepté le français, j’ai des lacunes en langues. Je suis passé de inquiet à indifférent, donc autant s’occuper et trouver des gens sympas comme le personnel de la Croix-Rouge. Naturellement, comme je me suis engagé auprès des Petites Riens, j’y retournerai afin de terminer ma mission principale. Le service-citoyen est un moyen pour moi de m’occuper pendant mes journées et de gagner un peu d’expérience pratique. Je ne me vois pas travailler dans l’informatique suite à cela et j’espère trouver un métier qui n’a d’ailleurs pas de liens avec ça et qui me plaira !
(1) Le Service Citoyen propose aux jeunes de 18 et 25 ans de vivre une expérience enrichissante, constructive et valorisante. Durant six mois, les participant·e·s suivent petites et grandes formations et réalisent une mission au sein d’une association. (2) L’ASBL Les Petits Riens a été créée en 1937 par Édouard Froidure, résistant, militant et prêtre catholique. Elle a pour mission de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté. Pour y arriver, elle collecte, trie et vend vêtements et objets. Cela permet de proposer un travail à des personnes pas forcément qualifiées et de financer des actions contre la pauvreté, l’exclusion sociale.
Auteur : Louis, 20 ans, Bruxelles
Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance
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Entre les dates, les propos, les avis d’experts, les volées de bois verts, les chiffres, les vaccins et tout ce qui se dit dans les médias à propos de tout cela, Clémentine est un confuse. Voici sa réflexion sur les médias !
Une expérience
Peut-être l’avez-vous vu passer sur la toile en novembre dernier, peut-être qu’un membre de votre famille ou même votre voisin·e vous l’a envoyé. Réalisé en dix minutes et de manière grossière selon les propres termes de l’auteur, ce document dévoilait que le 12 mars 2021 serait la date potentielle d’un troisième confinement. Durant plusieurs jours, cette annonce a fait tanguer la toile. L’auteur, un trentenaire français, ancien étudiant en sciences humaines, révélera plusieurs jours plus tard dans une vidéo postée sur Youtube la visée de son canular : « L’idée était de révéler très vite qu’il s’agissait d’un canular au travers d’une vidéo, pour montrer que quelques personnes peuvent prendre au sérieux et partager des documents créés en quelques minutes.» En falsifiant un document officiel, à en-tête du ministère de l’Intérieur, laissant entrevoir une série de points et de tirets signifiant “faux” en code morse, celui-ci souhaitait avant tout attirer l’attention de la population sur la viralité d’une « information ». Le tout sans que quiconque ne prenne le temps de vérifier la véracité du propos.
Au-delà de cette expérience, l’auteur défend la visée pédagogique de son faux document. Bien entendu, conscient que celui-ci ne révolutionnera pas le monde, il espère pouvoir laisser une graine de doute, d’esprit critique dans la tête des gens qui ont suivi l’affaire : “Peut-être que cela fera réfléchir certains la prochaine fois qu’ils tomberont sur un document qui traîne sur les réseaux et qui vient conforter leurs propres angoisses”.
Fake news, un symptôme du Covid 19 ?
Face à ce canular, on peut – bien entendu – se questionner sur l’éthique ou la morale de cette expérience, sur sa portée, sa signification. Le Covid a-t-il aussi entraîné une propension aux fakes news ? Est-ce qu’une partie de la population ne croit véritablement plus en rien ? Peut-on encore se fier aux médias traditionnels ? Ou est-ce plutôt un symptôme d’une problématique bien plus grande ? L’accessibilité de l’information et sa légitimité sont une gageure de la démocratie (1).
Pourtant, depuis quelques années, les informations relayées par les médias classiques entraine – selon moi – un désintérêt et une méfiance de plus en plus accrue d’une partie de la population. Changement climatique invisibilisé, lois votées sans consultation populaire, violences policières niées et démenties sont tant d’exemples qui montrent – selon moi – une démission du politique et surtout une défiance prononcée à l’égard des élites pour une partie de la population qui ne semblent pas partager le “même monde” qu’elle. Le contexte du covid 19 a vu émerger un océan de fakes news et un flot continu d’informations qui se contredisent, se mélangent. Est-ce un phénomène nouveau ? Non, selon moi toujours, celui-ci n’a fait que croitre face à l’augmentation de personnes confrontées au numérique en phase de confinement mais aussi face au climat anxiogène diffusé à coup de statistiques morbides et aux informations incertaines relayées par les médias.
“Que demande le peuple ?”
Face à une crise sanitaire et sociale de cette ampleur, nous nous retrouvons confrontés à des situations extrêmes : isolement, interdiction de voir nos proches, de les toucher, de les serrer contre nous, perte d’emploi, maladie, décès, précarité, et j’en passe … Isolés des autres et confrontés à nous-mêmes, nous interagissons dès lors à distance : nous relayons les dernières informations sur nos droits ou sur les nouvelles privations de liberté, sur ce qui se déroule à l’autre bout le monde mais aussi à côté de chez nous. Nous nous retrouvons face à des informations qui pullulent sans trop savoir où donner de la tête. Tantôt nous sommes confrontés à une information, tantôt nous à son contraire. Le doute s’installe, ne sachant plus très bien que ou qui suivre, que ou qui croire, comment et pourquoi …
Face à ces bouleversements, une grande partie de la population aurait, d’après moi, besoin qu’on l’écoute, la rassure, lui explique clairement la situation, qu’elle se sente comprise, soutenue, qu’on décrive sa réalité à elle … De mon point de vue, cette réalité plurielle, n’est pas reflétée, dans toute sa complexité, par les différentes médias.
Vers un idéal médiatique
Au-delà d’une indépendance et de la transparence, un défi majeur pour les médias traditionnels aujourd’hui serait de permettre une plus grande variété et diversité de discours. Autrement dit une meilleure inclusivité de toutes les populations. Le contexte du covid 19 nous l’a bien montré : les mesures drastiques des gouvernements n’ont pas impacté tout le monde de la même manière. Cette diversité des vécus a été sous-représentée. C’est vrai en tant de Covid comme en temps normal.
Je crois aussi qu’une meilleure “pondération” dans la diffusion de l’information permettrait sans aucun doute de s’attarder sur des éléments moins dramatiques et anxiogènes. Selon moi, les médias doivent nous permettre, en temps de Covid, d’être informés des évolutions de la maladie, mais pas seulement. L’idéal serait qu’ils aient un rôle de soutien et nous permettent, par exemple, de continuer à se cultiver. Bref, qu’ils nous offrent des ouvertures du “politique” pour que citoyens et citoyennes aient envie de faire confiance à l’information et se sentent représenté·e·s.
(1) Les résultats du sondage de l’agence Reuters en ce qui concerne la confiance qu’accorde les Belges aux médias est intéressante. Dans l’ensemble, ils et elles sont 45% à faire confiance aux infos reçues, pour la tranche des 18-24 ans, ces chiffres chutent à 35 la méfiance est grande quant aux informations sélectionnées par les médias classiques.
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À en croire certains bruits familiaux, les conseils des sages ou certaines assemblées bien pensantes, l’année qui suit les études secondaires ne peut être qu’une nouvelle année d’étude, dans le supérieur cette fois. Il s’agit de savoir, très tôt, très vite, tout de suite ou carrément pour hier, quel est le chemin vers le monde professionnel … Maëlle n’est pas du tout d’accord avec ça. Elle nous explique pourquoi !
Se donner le temps pour mieux choisir
Aaah, cette époque bénie dont on se souvient comme de celle de la liberté et de l’indépendance. Sortant des longues années d’obligations scolaires, la vie, enfin, s’offre à nous ! Enfin, ça c’est l’image qu’on a de la fin des secondaires avant de la vivre. Désormais, la perspective de cette étape est source d’anxiété et d’une myriade de questions. Le nombres de cursus d’études supérieurs ne cesse d’augmenter, de plus en plus d’universités étrangères sont accessibles … La diversité actuelle n’a rien à voir avec celle que nos parents ont connue. De plus, on pense être libre mais on est attaché·e aux normes de notre classe sociale, aux désirs de nos parents. Certains, par exemple, doivent se former pour reprendre l’entreprise familiale, d’autres doivent directement travailler pour gagner leur vie … Au moment de commencer, tout le monde n’a pas le même nombre de pommes dans son panier.
Mon chemin
Je ne vais pas comparer tous les cas, lister les inégalités dont j’ai conscience. Aujourd’hui, je vais vous parler de mon expérience et de mes interrogations. Je suis sortie des secondaires l’année passée, pendant cette funeste année entachée par le virus. Bonne élève, toutes les portes s’ouvraient à moi. Seul problème : aucune illumination ne m’était apparue quant à la voie que je devais prendre. Celle des études me paraissait peu attrayante, sans attrait pour une matière en particulier. S’ouvre alors le chemin de l’année « sabbatique » : année dédiée à la découverte de soi, à l’expérience de la vie et à la recherche de sa destinée.
Une année « off »
Mon but est d’expérimenter le travail dans les deux domaines qui me tiennent à cœur : le social et l’artistique. Après quelques recherches et tergiversations, je commence mon Service Citoyen. Je commence donc à travailler en tant que bénévole dans un centre social. Ainsi, je vais donner six mois à la communauté tout en me formant et en cherchant mon chemin. Magnifique projet vous ne trouvez pas ? Ce n’est pas l’avis de tous. De nombreuses personnes sont peu convaincues et tiennent le discours suivant : « Cette année, c’est une année de perdue dans ton parcours universitaire. Une année de plus qui te sépare du monde du travail. Une année où il n’y a pas de réussite à la clé et où l’investissement et le travail ne sont pas mesurables par des points. Une année où tu ne dois pas te battre pour gagner ta vie. » Tout cela sont des faits que je ne réfute pas. Je demande seulement de penser aux réalités que traversent les jeunes qui entament des études supérieures.
« Rater » sa première année
N’entendez vous pas le nombre grandissants d’étudiant·e·s qui ratent leur première année, l’ arrêtent en vol, changent de cursus après deux ans ? Ces jeunes aussi ont « perdu » du temps dans leur parcours universitaire, professionnel, etc. Et je ne parle pas de celles et ceux qui ont arrêté parce que c’était compliqué mais bien de celles et ceux qui n’avaient pas la motivation nécessaire pour rester sur les rails qu’ils ou elles avaient pris. Sur le papier, ces années ne valent rien.
Étudier plutôt que de prendre le temps
Pourtant on va pousser les jeunes incertains à plonger dans des études, peu importe lesquelles. « Au pire, tu changes ! », ai-je entendu dire. Ne vaut-il pas mieux goûter à la réalité de la vie professionnelle pour comprendre l’utilité de faire des études et assurer ses choix ? Le temps passé à découvrir la suite nous évite de « perdre » du temps plus tard. Mieux vaut utiliser son temps dans des projets et une démarche qu’on a choisie que de se faire du mal à cause de choix hasardeux.
La préciosité du temps de la jeunesse
Pourquoi nous presse-t-on autant à décider vite ? Une fois sur une voie qu’on aime, on aura toute notre vie pour la suivre. Tout le monde reconnaît que la période de transition entre l’adolescence et la vie d’adulte est précieuse et unique. Alors pourquoi vouloir immédiatement et obligatoirement envoyer les jeunes dans des chemins préconstruits ? Je m’adresse à vous, jeunes à qui on demande de faire un choix mais aussi à vous, parents soucieux pour vos enfants : mieux vaut choisir bien que choisir vite ! Refusez de suivre le troupeau par facilité. Découvrez, essayer, apprenez ce que vous aimez puis, ensuite, décidez ! Vous prendrez plus de plaisir par la suite en ayant pris le temps avant…
Dans deux semaines, ça fera trois mois que je travaille en tant que bénévole et même si les temps ne sont pas les meilleurs, je suis plus heureuse de me lever le matin que quand je le faisais pour aller à l’école. J’observe comment les choses fonctionnent autour de moi, apprends et découvre ce qui me plait ou non. Petit à petit, je me positionne et oriente mes envies et mes choix pour plus tard. Je ne regrette pas un instant mes décisions car je sens que, quoi que je choisisse de faire après cette année, je le ferai en connaissance de cause.
Dans ce documentaire de l’émission Thalassa, Elisa – 18 ans – s’envole pour la Thaïlande pour vivre, elle aussi, une année sabbatique.
Auteure : Maëlle, 18 ans, Bruxelles
Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance
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