Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.
Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile.
22 ans. Je veux vivre avec mon mec, mais Papa veut que ça soit lui qui demande.
Je crie, je pleure, je bouillonne de rage.
Je lâche prise au final, injustice.
Mais il n’est qu’un père qui veut le bonheur de sa fille.
Maladroit et éducation à l’ancienne. Il ne connait rien d’autre. On lui a demandé d’être un homme, dur et viril, protecteur.
Je lâche prise, j’ai compris.
Il veut juste mon bonheur de manière maladroite.
Il est une victime du système aussi.
Être lui-même, pas possible. Russe et l’armée. C’est difficile.
Au final, des années plus tard. Je vieillis, lui aussi. On lâche prise, on se fait confiance.
27 ans, j’ai rencontré quelqu’un de bien.
Je vois qu’il a peur, qu’il stresse du regard des autres.
Élevé par un père dur comme le mien, les valeurs d’abord. Des victimes du système aussi.
C’est un doux, un hypersensible, curieux. Curieux du genre. Je ressens son mal-être, son masque de coq pour se protéger.
Devant moi, une autre personne qui s’intéresse, qui respecte. Une belle personne hypersensible victime du système.
Je lui apprends à lâcher prise.
On discute, on débat mais on comprend.
Tous victimes du système.
La virilité ? La féminité ?
Mettre une jupe, pourquoi pas ?
Au final, on lâche prise.
On est lesbienne.
Auteur/e : Masha IS Paul, 27 ans, Liège
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

