L’abandon m’a amené le soleil

L’abandon m’a amené le soleil

Shelsy a une histoire compliquée, une histoire brutale qui commence mal. Pourtant, au fil du temps, au fil des rencontres, grâce à sa famille, à ses ami·e·s, à son chéri, elle s’en sort très bien aujourd’hui.

Un toit

Depuis mon plus jeune âge, l’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Je n’ai que 16 ans et c’est pourtant la chose qui a été la plus présente dans ma vie. Le premier abandon est celui de mon père. Il parait anodin, pourtant c’est celui qui, aujourd’hui encore, est le plus difficile à vivre. C’est cet abandon qui a tracé le chemin sur lequel je suis. À son départ, je n’avais que deux ans et avoir mes parents réunis dans une même pièce n’est qu’un vague souvenir. Après son départ, la seule chose qu’il nous restait, c’était un toit. Nous n’avions plus de meubles, plus aucun objet de la vie quotidienne. Seul souvenir précis qui me reste de cette époque, c’est celui de ma mère et moi mangeant sur le sol et elle qui me faisait rire pour préserver ma jeune innocence. Nous vivions seules, nous n’avions presque plus rien et ma mère travaillait beaucoup pour nous sortir de là. C’est pour cela que ce sont mes grands-parents qui m’ont, en grande partie, élevée.

Daddy et maman

J’étais chez eux durant la semaine et le weekend aussi car ma mère avait besoin de sortir. À ce moment-là, elle était encore jeune et, suite à ses sorties, un homme est rentré dans nos vies. Celui qui, aujourd’hui, n’est pas seulement devenu un beau-père et a pris la place d’un véritable père. Cet homme que je surnomme Daddy est là depuis le début, il m’a aidée à devenir ce que je suis aujourd’hui. Il a rempli mon enfance de bons souvenirs, de beaucoup de bonheurs. Il m’a aussi apporté une famille, une vraie famille. Il était là quand tout le monde nous a tourné le dos à ma mère et moi. Ma mère… La femme que je trouve la plus forte au monde. Ma mère souhaitait simplement mon bonheur. Elle ne voulait pas que, comme elle, je subisse les coups d’un homme. Les coups qu’elle sentait s’écraser sur son corps à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, et ça, déjà bien avant ma naissance. Elle ne voulait pas que je subisse ça ! Mon Daddy est entré dans ma vie avec ses deux enfants qui sont aujourd’hui comme mes propres frère et sœur. Ils sont d’ailleurs bien plus importants que d’autres membres de ma famille qui sont pourtant du même sang que moi.

Du soleil et de l’ombre

Malheureusement du noir est quand même présent dans ce joli tableau. Mes deux parents travaillaient beaucoup et le premier enfant de leur union allait bientôt arriver… Et c’est donc encore une fois mes grands-parents qui se sont occupés de moi. Leur maison est le lieu où j’ai passé la plus grande partie de mon enfance. C’est un des seuls souvenirs que j’aimerais garder. J’ai eu la chance d’avoir le soutien et l’amour de mes grands-parents qui sont, pour moi, les personnes les plus importantes à ce jour. D’autres personnes qui vivent la même situation que moi n’ont pas toujours la chance d’avoir ce genre de personnes à leurs côtés. Vers mes six ans, mon père biologique a refait surface, mais les souvenirs sont brefs. Je me souviens juste des coups que me portait sa compagne alors que je n’étais qu’une enfant. J’ai compris par la suite qu’il était revenu parce qu’il s’opposait au mariage de ma mère et Daddy, qu’il ne voulait pas notre bonheur, qu’il ne voulait pas qu’on se reconstruise sans lui.

Cassée

L’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Cela m’a fait perdre toute confiance en moi. Je pensais que c’était de ma faute si on m’avait abandonnée, que c’était parce que j’avais fait quelque chose de mal. Je pensais même que tout ce qui s’était passé avait une seule et même cause : ma naissance. J’étais tellement mal que j’avais mal au ventre quand je rentrais chez moi. J’avais peur de croiser le regard de ma mère. Parfois, elle me regardait tellement mal que je ressentais toute la haine qu’elle avait pour lui. Elle le dénigrait tous les jours pour m’empêcher de l’aimer sans comprendre que j’avais tout simplement besoin de son réconfort. J’avais seulement besoin qu’elle me dise qu’on était mieux sans lui et qu’on avait juste besoin de mon beau-père pour être heureuses, ensemble.

Malade

À force d’être confrontée à cette haine, j’en ai développé une par rapport à moi-même et envers mon physique. C’est là que les mauvaises pensées m’ont traversé l’esprit et que les lames d’une paire de ciseaux ont – pour la première fois – touché et ouvert la peau de ma cuisse. Au fur et à mesure, les cicatrices étaient plus nombreuses sur mon corps. Cette douleur n’étant pas assez forte pour moi, le dégout de mon corps s’est ajouté et l’envie de ressembler à ces filles que l’on voit partout sur les réseaux était puissante. Eh oui, vous l’avez compris, je me suis réfugiée dans l’anorexie. J’ai commencé à vomir tout ce que je mangeais, mais cela n’a pas duré longtemps… Très vite ma forme physique a commencé à s’affaiblir. Comme je suis de nature très sportive, ma prof de sport et ma grand-mère s’en sont alors rendu compte. Suite à cela, elles m’ont aidée à reprendre gout à la vie. Mes ami·e·s m’ont aussi aidée à retrouver le sourire.

Je me relève

L’année de mes 14 ans est celle qui m’a le plus marquée, mais aussi la plus endurcie. C’était la période des garçons et du changement vers un corps de femme. Je venais de perdre une personne très chère à mes yeux et beaucoup de personnes ont profité de ma tristesse et de ma vulnérabilité. Il y avait un garçon, un peu plus vieux que moi, qui a essayé d’abuser de moi physiquement et mentalement. J’en ai eu marre. J’étais au bord du gouffre. Ne sachant plus quoi faire, mais ne voulant pas être un pantin toute ma vie, je me suis dit que j’étais la seule personne sur qui compter. Même si je n’étais pas toute seule, si je croyais en moi, la plus longue partie du chemin allait être accomplie. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à muscler le mental, et même mon corps. Le sport était devenu comme une drogue, c’était ma seule échappatoire. Ma famille n’était pas beaucoup présente, mais mes ami·e·s sont devenu·e·s comme une seconde famille pour moi.

Je vais bien

Aujourd’hui, je suis très heureuse ; de jour en jour, mes relations familiales vont de mieux en mieux et mes relations amicales sont plus solides que jamais. Pour mon plus grand bonheur, cela fait bientôt un an que je suis en couple avec une personne qui me donne le sourire chaque jour, même quand je ne suis pas dans un bon mood. C’est pour ça que je remercie ma famille, mes ami·e·s et mon copain. Sans elles, sans eux, sans lui, je ne m’en serais jamais sortie, mais surtout je me remercie moi-même d’avoir voulu m’en sortir ! À partir d’aujourd’hui, je me promets de toujours vivre pour moi. Le seul conseil que j’ai à donner aux personnes dans ma situation, c’est que même si le monde parait parfois cruel, il y a des gens sur qui vous pouvez compter. Demander de l’aide est difficile, mais c’est le premier pas à faire. Il ne faut jamais douter de vous. Connaissez vos valeurs et vos principes et ne laissez personne les remettre en question ou vous faire douter de vous.

Auteure : Shelsy, 16 ans, Louveigné

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R 

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La quintessence au-delà des abysses de l’esprit

La quintessence au-delà des abysses de l’esprit

Oser se poser de grandes questions, oser dire que c’est parfois compliqué ou bien pire, prendre le temps de se poser pour essayer de mieux avancer après, c’est l’histoire que Félix nous confie.

Le top de la pyramide

L’esprit de l’être humain fait de l’homme la forme de vie la plus conquérante et la plus intelligente de l’Histoire de la terre. La pensée et la réflexion lui ont permis de fonder des empires, de créer toutes sortes d’architectures, des technologies mais aussi de provoquer des atrocités, comme les guerres, massacres, vols et bien d’autres. C’est ce qui fait de nous ce que nous sommes, ce qui nous définit avec nos choix, nos actes. Ce qui nous définit aussi, c’est ce que l’on ne fait pas. Bien que le concept de psychologie et l’étude des processus de l’esprit humain soient apparus comme une science à part entière, assez tardivement dans l’histoire de l’humanité, j’ai la conviction que trop peu d’esprits sont relativement éveillés sur l’impact et l’importance de la santé mentale.

Consulter ?

Nous vivons dans une société où consulter un psy et souffrir de troubles mentaux est souvent considéré comme tabou, comme un signe de faiblesse. En particulier pour un homme, qui se doit d’être en quelque sorte fort et infroissable par tout ce qui lui arrive. Et cela, dans une société érigée par l’image de soi, dans laquelle tout le monde utilise les réseaux sociaux qui cachent une illusion de vérité derrière quelques images parfaitement cadrées. Alors qu’en réalité, personne n’est à l’abri de l’anxiété, de complexes, frustrations, troubles mentaux, dépressions, de “dépersonnalisations” dues aux moultes pressions de la vie quotidienne.

Se connaitre

Il semblerait évident d’affirmer que prendre soin de ses pensées afin, notamment, d’apprendre à les dompter est nécessaire mais aussi primordial pour le bienêtre de tout individu. Si les dialogues intérieurs d’une âme venaient à être négatifs puis réellement malsains au quotidien, en venir à les refouler, ne pas les combattre sans non plus essayer de les comprendre, pourrait certainement aboutir à de sombres séquelles dans sa propre vie. En lisant ces quelques paragraphes, vous pourriez indubitablement ressentir la lourdeur des concepts que j’ai pu vous évoquer, mais aussi vous questionner sur les intentions qui m’ont poussés à énoncer de telles évidences. En tout cas, pour des raisons qui me sont obscures, peut-être de l’égocentrisme dramatique, de la fierté exacerbée, voire même de la honte, ceci était mon histoire.

Auteur : Félix, 20 ans, Forest

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Ma future chaîne youtube

Ma future chaîne youtube

Comme d’autres, Théo rêverait de percer sur Youtube. Son créneau, son credo ? L’humour ! Il veut s’en servir pour faire passer des messages importants concernant l’égalité des personnes, vaincre sa timidité et passer du temps avec son frère.

Ma future chaine et mes modèles

Cela fait quelques mois que je pense à lancer une chaine Youtube. Ce sera à but humoristique pour divertir les personnes qui regarderont, ça me permettra de m’amuser et de passer du temps avec mon frère : il a accepté d’être mon cameraman et de m’aider à écrire le scénario de la vidéo. Le contenu sera assez diversifié, mais tournera – toujours – autour de l’humour. Il y aura des caméras cachées, des micro-trottoirs ou encore des minis films, mais il me faudra un budget. Aller à la rencontre des gens et le fait de devenir célèbre me permettra d’être moins timide : mes abonné·e·s viendront me parler pour me demander des photos. Les youtubers qui m’inspirent sont Djilsi, Loris Giuliano ou encore Ludovik. Malheureusement je ne les ai jamais croisés dans la rue, ils sont Français, mais si je les croisais, malgré ma timidité, je n’hésiterais pas à demander une photo. Une autre source d’inspiration est l’instagrameur Trismaster, même s’il est de chez nous, je ne l’ai jamais croisé non plus.

Faire rire !

Faire rire les personnes, c’est génial surtout en période de Covid : le rire permet de s’évader de tout stress, de décompresser et de simplement aller mieux mentalement … C’est ce qui compte. En plus, les gens qui restent enfermés pourront se divertir directement de chez eux. J’ai découvert l’humour quand j’étais petit, mes parents adorent regarder des humoristes à la télé. Cependant, je n’ai jamais été voir un humoriste sur scène. Pour moi, l’humour est surtout un moyen d’expression et je me sens plus écouté lorsque j’utilise l’humour.

Comment ça va se passer ?

La majorité des tournages se passeront en extérieur. Je serai moins enfermé à l’intérieur à jouer aux jeux vidéo, ce qui fera plaisir à mes parents ! Exemple, les micros-trottoirs se passeront dehors dans les rues de Liège là où il y a beaucoup de passant·e·s et les caméras-cachées seront tournées dans le parc de la Boverie, là où il y a beaucoup de cachettes pour la caméra. Pour les minis films, les lieux seront toujours insolites et variés. Avant le Covid, je passais beaucoup de temps avec mon frère, maintenant qu’on reste enfermés à l’intérieur, on ne fait plus beaucoup d’activités. Cette chaîne youtube nous permettra de passer plus de temps ensemble, ce qui n’est pas mal non plus. Si la chaine est populaire, je pourrai faire passer des messages à des milliers de personnes pour dénoncer des injustices comme les inégalités raciales ou entre l’homme et la femme et tout cela, bien sûr, toujours par l’humour. Cette chaîne pourra peut-être me rapporter de l’argent mais ce ne sera pas mes revenus principaux, juste un loisir rémunéré. Plus tard, je compte bien faire des études supérieures.

C’est pour bientôt !

Pour ne pas être stressé par l’école et avoir tout le temps de faire les montages, la chaine sera lancée durant les vacances d’été. Ça me laisse du temps pour m’acheter un pc, une caméra et un micro. Je tournerai plusieurs vidéos en avance et je ne sais pas encore quand je les publierai mais ce sera surement durant les vacances aussi. Je demanderai à mon entourage et mes amis de faire une publicité. Je vais bien m’amuser pendant ces vacances d’été ! Je pense que l’humour est un bon moyen de se divertir et de se faire plus entendre pour mieux se faire comprendre. J’espère que ma chaine fera beaucoup de vues et que je deviendrai célèbre.

Auteur : Théo, 15 ans, Aywaille

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Paraitre n’est pas être

Paraitre n’est pas être

Sacha ne va pas très bien, pour être vrai et dire les choses avec ses mots. Elle ne va pas bien. Pourquoi ? Parce qu’elle ne se reconnait pas dans le monde tel qu’il semble fonctionner aujourd’hui.

Suis-je la seule ?

Je me sens seule et au fond de moi, je sais que je ne suis pas la seule à me sentir seule. Comment évoluer dans un monde où tout n’est que pression sociale ? Ne jamais montrer ses émotions, toujours sourire, être attentionnée, patiente, ne pas penser à soi pour ne pas paraitre égoïste. Nous traversons une période où les rapports entre les gens n’ont jamais été aussi froids. Plus de sorties et plus de nouvelles connaissances. Nous restons sans évoluer, cloisonné·e·s dans nos bulles sociales. Nous sommes contraint·e·s de nous éloigner des autres. Comment bien le vivre ? Comment évacuer notre malêtre ? Ah non, j’oubliais ! Nous devons bien paraitre aux yeux des autres, ne pas montrer que cela nous affecte. De plus, nous sommes submergé·e·s de mauvaises nouvelles et plus rien ne nous parait positif. L’école, les relations d’amitié ou d’amour, notre société qui ne daigne pas nous aider. Cette pression sociétale qui nous pousse à être les plus intelligent·e·s, les plus beaux ou les plus belles, les plus parfait·e·s ne peut pas nous rendre heureuses ou heureux.

Je ne suis pas un profil instagram

Nous sommes jeunes et l’avenir n’est qu’un large océan d’incertitudes. Alors je vais vous le dire : non je ne vais pas bien. Comment pourrais-je l’être ? Qui peut réellement affirmer que tout va bien ? Nous vivons dans une époque où tout n’est que superficiel, où tout se compte au nombre d’abonné·e·s, de relations et où tout est basé sur l’image. Notre génération n’a jamais été aussi seule et nous vivons à une époque où tout n’est que réseaux sociaux, vie parfaite et sans accroc. Parfois, j’ai l’impression que je gêne, que je n’ai pas ma place, j’ai l’impression d’être transparente. Plus je parle, plus je me montre, plus je parle de ma vie, plus j’avance et plus mes envies sont incertaines. J’ai 17 ans et je ne sais toujours pas ce que la vie va m’offrir. J’ai peur de l’avenir, de ne pas être capable de surmonter les épreuves. J’ai peur du jugement des autres.

Oser ?

J’aimerais tant pouvoir m’ouvrir à mon entourage, mais je ne sais même pas qui est “mon vrai moi”, si la personne que je suis – aujourd’hui – me définit vraiment. Il m’aura fallu cinq ans pour m’ouvrir à une personne qui ne sait pas encore tout de moi parce que j’avoue que je ne me sens pas encore capable de tout lui dire… Toutes les hontes que je traverse, je les garde pour moi. J’ai peur de gêner ou de ne pas être comprise. S’il y a bien un truc que j’ai compris au cours du laps de temps que la vie m’a donné, c’est que je ne rentre pas dans les cases, que ce soit de l’intelligence ou de la beauté. J’aimerais me démarquer, ne serait-ce qu’un peu, mais pour l’instant je ne resterai qu’une ombre. J’ai l’impression de demander trop et tout le temps aux autres, je manque de patience pour des choses futiles. D’ autre part, je n’aime pas être seule. Être entourée de personnes me permet de déstresser, je cesse de penser à ce qui me ronge.

Se libérer

J’essaye de me défaire des choses qui me font du mal mais ce n’est pas une tâche facile. J’ai récemment quitté un groupe qui me faisait plus de mal que de bien. J’avais envie d’être appréciée, alors je me suis montrée géniale et stylée, tout ça pour avoir de la reconnaissance, mais ce n’était pas moi. Je tiens là un discours bien triste et déprimant, mais je ne vais plus le cacher derrière des rires, comme à mon habitude. Serait-ce un appel à l’aide ? Je ne sais pas mais l’avenir me le dira.

Auteure : Sacha, 17 ans, Neupré

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Mon stress et moi

Mon stress et moi

Le texte qui suit est un peu particulier, un peu spécial ! Inès a imaginé un dialogue entre elle et son stress ! À chaque moment de la journée, elle s’exprime et lui aussi !

7h

Inès / Mon réveil sonne. Je me réveille, devant ma garde-robe. Je prends une éternité – ou deux – à choisir une tenue. Il est 7h et déjà, je me prends la tête.
Le stress / Son réveil sonne. Je me réveille avec beaucoup d’énergie et, tout de suite, je commence à m’activer. Elle est devant sa garde-robe et je décide de l’embêter : “Cette jupe ? C’est trop court, tu vas te faire renvoyer. Ça, c’est trop moulant, tu n’as pas le corps pour mettre ce genre de trucs. Ça, c’est trop fleuri, ce n’est clairement plus à la mode, tout le monde va se moquer de toi.”

8h25 ⇒ 8h30, arrivée à l’école

Inès / Je suis devant l’école. Au final, j’ai mis un gros pull. J’ai l’impression que tout le monde me regarde… Je prends une grande inspiration et je passe la grille.
Le stress / Elle m’a écouté et elle est sortie avec un énorme pull. Les autres habits étaient très beaux et je suis sûr qu’ils lui auraient bien été, mais c’est drôle de voir qu’elle a si peu confiance en elle !
Inès / Heureusement, on est jeudi. Je commence par la biologie. Mon cours de bio, c’est comme si le temps s’arrêtait. Ça me passionne tellement que j’en oublie le monde qui m’entoure. Je souris et je me sens bien.
Le stress / Jeudi ! On est jeudi ! Je déteste ce jour ! Elle m’oublie, elle me laisse de côté. Aujourd’hui encore plus que d’habitude. Elle va me le payer !

9h25 ⇒ 9h35 ⇒ la récré

Inès / Je marche pour aller à mon second cours : math. J’ai un test… Même si j’ai révisé hier, j’ai l’impression d’avoir tout oublié. Je vais rater, j’en suis sure, ça n’ira jamais. Je suis trop nulle, je ne vais jamais y arriver. À quoi bon essayer ? Je ne suis vraiment qu’une moins que rien.
Le stress / Ma vengeance commence ! Je m’installe toujours en douceur et lentement, très lentement. Plus elle souffre, mieux je me sens. Plus elle souffre, plus elle a peur de moi. Plus elle souffre et plus mon pouvoir prend de la place et augmente !
Inès. Mon interro est devant moi. Je fluore les instructions pour être sure de ne rien oublier. Je me perds un peu dans toutes les définitions que j’ai pourtant apprises. J’ai du mal à écrire, je tremble. Au final, ça s’est plutôt bien passé.

10h35, fin de la récré, cours de religion et tétanie

Inès. Mon cœur bat étrangement vite. Je cherche de l’air, j’ai du mal à respirer. J’ai compris ce qu’il va se passer. Pas de bol, j’ai religion… Hors de question que ça se passe là-bas ! Il me déteste et il va surement s’acharner sur moi comme il adore le faire. Vous savez ? Ce genre de prof qui aime bien se moquer. Un peu plus tard, je suis assise. Je n’écoute absolument pas le cours, je tente de me concentrer sur moi et sur ma respiration tout en faisant semblant d’écouter pour ne pas éveiller les soupçons. Ça commence, je le sens. Je suis toujours obstinée à ne pas sortir. Demander de sortir devant toute la classe et surtout avec ce prof est très dur. J’ai honte. Alors je reste assise.
Le stress / J’ai décidé de ne pas m’emballer en math. Je préfère de loin commencer le travail en religion. Tout est multiplié par deux, car en plus d’avoir peur de mes réactions, elle a peur de son prof. Nous sommes dans de parfaites conditions pour passer à la vitesse supérieure.
Inès / 10h50, le powerpoint défile à une vitesse incroyable. D’un coup, tout va plus vite. Ma respiration devient de plus en plus rapide, je cherche de plus en plus de l’air, mais en vain. Mes jambes ne répondent plus. Elles s’endorment, je sens les picotements monter de plus en plus. Ça monte, ça monte jusqu’au bassin. Je ne sens plus mes jambes … J’ai bien compris que j’ai trop attendu, je ne vais pas savoir me lever de ma chaise. Toute ma classe me regarde, ils se lèvent, ils se collent à moi. Des dizaines de personnes m’entourent et me fixent. Je panique. Mes bras s’endorment à leur tour… C’est le début de ma crise de tétanie. L’ensemble de mes membres se contractent, se crispent et je sombre dans la peur. Je tremble, ça brule. Ça brule tellement, je me sens partir dans un autre monde, il n’y a que mes yeux qui m’aident à rester ici. Je me coupe du monde. Malheureusement, elle n’est pas là. J’aurais aimé qu’elle soit là avec moi. Elle, c’est la personne avec qui je me sens en totale confiance et qui arrive à me calmer, je la considère un peu comme mon ange gardien. Je l’appellerai Annelise.
Le stress / Elle l’aura cherché. Je commence toujours par les jambes, car c’est le plus atroce et je suis sûr qu’elle ne pourra pas se déplacer pour aller dehors et respirer le bon air. Puis je monte très lentement pour qu’elle ait peur. Le plus drôle c’est de la faire halluciner. Je vous rassure, personne ne s’est levé, personne ne l’a fixée. Tout le monde s’en fout, mais en faisant cela, je gagne du terrain de plus en plus. Quand elle arrive dans sa crise, c’est moi qui prend le dessus. Vous voyez les personnes qui ont deux personnalités ? C’est un peu pareil. Je prends sa place et Ines est enfouie au fond d’elle. J’ai tous les pouvoirs, je peux enfin faire ce que je veux !
Inès / 11h, sors de moi, va-t’en ! Laisse-moi ! Ça fait horriblement mal, j’ai perdu le contrôle. Pendant ma crise, il m’arrive même de me taper la tête contre le mur ou de me taper moi-même.
Le stress / Elle commence à reprendre le contrôle. Je t’interdis de revenir ! C’est moi qui m’amuse maintenant !

11h20, bureau de l’éducatrice

Inès / Je commence à reprendre mes esprits. J’ai si peur, mais je reconnais mon environnement. Je suis dans le bureau de mon éducatrice. On a dû me porter là-bas, j’étais incapable de me déplacer. Quand je fais une crise et qu’Annelise est avec moi, il m’arrive de fondre en larmes. Toute la pression s’en va et je pleure dans ses bras. Dans ces moments-là, le temps s’arrête et je me sens protégée de tout. Je suis heureuse que nos chemins se soient croisés, je l’admire beaucoup. Je vous souhaite d’avoir une personne comme elle dans votre vie. Bref, les larmes coulent pour montrer la frayeur que je viens de vivre. Dix minutes plus tard, la crise est finie et pourtant, le pire moment arrive… Vu que mes muscles se sont crispés tout au long de ma crise, c’est difficile de les détendre. C’est une étape atroce, douloureuse et je trouve que c’est la pire.
Le stress / Je vais perdre. Elle a repris le contrôle et ne se soucie plus de moi. Je suis trop faible, il faut que je me repose.

12h10, pause

Inès / C’est enfin la pause ! L’air frais me fera du bien. Je m’entoure de mes amies et j’essaye de penser à autre chose. J’ai encore du mal à monter ou descendre des escaliers, mais je vais mieux. Les cours qui vont suivre vont être très compliqués. Je suis exténuée, j’ai envie de dormir mais je dois continuer ma journée…

15h30, latin

Inès / La prof de latin m’a fait une réflexion que je n’ai pas du tout acceptée. Je vais aller la trouver fin de cours
Le stress / après une petite sieste, je reprends de plus belle le cours de ma vie. Si elle pense qu’elle va réellement aller trouver sa prof, alors là, elle rêve!
Inès / C’est peut-être pas une bonne idée que j’aille la trouver… Et si ça se passait mal ? Et si elle le prenait mal ? Et si j’empirais la situation ? Elle m’enverrait chez la directrice ? Elle me détesterait jusqu’à la fin de l’année et ferait tout pour me pourrir la vie ?

16h30, retour à la maison

Inès / Je rentre chez moi. Je n’ai pas été voir la prof de latin.
Le stress / Elle rentre chez elle. Bien évidemment, vous vous doutez bien qu’elle n’aurait jamais eu le courage d’aller voir la prof ! C’est toujours comme ça. Si quelque chose la dérange, si elle a été touchée par quelque chose, je m’arrange toujours pour ne pas qu’elle le dise. Pourquoi ? Déjà grâce au fait qu’elle garde tout pour elle, elle est encore plus vulnérable que d’habitude ce qui me facilite le travail et je peux encore aller plus loin. Ensuite, ce genre de situation se retourne souvent contre elle. En ne voulant rien dire pour ne pas blesser les personnes qu’elle aime, elle s’attire beaucoup de disputes. C’est super marrant d’assister à cette déferlante de reproches alors que la pauvre petite pensait bien faire les choses. Mon travail s’arrête ici. Malheureusement elle se sent très bien chez elle. Elle a des super parents… Ça me frustre, mais vu qu’elle est une petite intello et qu’elle travaille beaucoup chez elle, je peux encore me défouler un peu avant de dormir. Vous devriez la voir étudier ses leçons ! Si elle ne connaît pas à la virgule près, j’arrive, je la taquine un peu et bam ! Elle a peur et elle pense ne rien connaitre et recommence depuis le début. Ça peut durer 3 heures comme ça. Je m’éclate !

19h ⇒ sport, 21h ⇒ posée au lit

Inès / Depuis mardi, je décomptais les jours, voire les heures. Je pars enfin pour mon entrainement . Mon sport est la meilleure chose qui me soit arrivée. Là- bas, je me sens moi-même, à ma place. Il n’y a pas de place pour mon stress là-bas mais juste de la joie de vivre, du plaisir et du dépassement de soi. Le rugby, j’en fais depuis 4 ans maintenant et c’est toute ma vie. C’est ma bulle, mon échappatoire, là-bas, je me sens moi. Après une bonne douche, je me pose dans mon lit. Je traine un peu sur les réseaux. Fatiguée de cette journée, je m’endors directement. Comme toutes les filles je rêve de mes crushs, de voyage, de plein de choses et ça me donne le sourire. Vers 21h30, je ferme les yeux, une nouvelle aventure m’attend demain .

Auteure : Inès, 15 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Être heureuse quand la famille va mal

Être heureuse quand la famille va mal

Parfois c’est compliqué, parfois, c’est bien pire que ça. Parfois, il y a des bobos et parfois il y a de gros dégâts, des choses qui se cassent, se brisent, ne se réparent pas… Pourtant, malgré tous ces parfois, on peut avancer, continuer à y croire et au bout du compte, après des mois ou des années, on peut trouver la sortie du tunnel. C’est ce tunnel et cette sortie du tunnel que nous raconte une jeune auteure anonyme

Les hommes autour de moi

Depuis ma naissance, j’ai majoritairement été entourée d’hommes et j’ai vite compris qu’ils avaient une grande influence sur moi, sur la manière de me comporter ou de parler, sur mon rôle ou ma position de fille puis de femme dans cette société bien compliquée. J’ai deux grands frères, un père bien présent. Pour moi, tout a commencé lorsque mon père s’est davantage occupé de Nicolas, mon frère ainé. Ma maman ne pouvait rien dire à cela, comme si elle n’avait plus aucun mot à dire à Nicolas. Elle ne pouvait plus s’occuper que de mon autre frère, Arthur, et de moi. Bien que nous étions trop jeunes, pour vraiment comprendre ce qui se passait entre mon père, ma mère et Nicolas, on sentait que quelque chose clochait. Tout cela nous marque aujourd’hui encore.

Mes parents

Entre les multiples séparations de mes parents et les bêtises de Nicolas, les pièces du puzzle commençaient, petit à petit, à se mettre en place. La situation devenait claire pour moi. Jusqu’à mes 14 ans, où tout est devenu transparent, je ne voulais pas y faire attention. Plus jeune, mon père a, lui aussi, eu des problèmes et fait des bêtises. Là, il avait peur que Nicolas emprunte les mêmes routes que lui. Seulement, en voulant tout faire seul, il a fait pire, bien pire. Comment voulez-vous vous occuper d’une personne, quand vous n’avez pas été capable de vous occuper de vous-même ?

Pour moi, la relation entre mes parents était toxique, mon père exerçait un contrôle sur ma mère. Petit à petit, ma maman, détruite et ne pouvant plus supporter la pression que mon père lui mettait sur les épaules au quotidien, a commencé à se confier à moi. Elle me parlait des choses qu’une petite fille de 12 ans ne devait pas savoir. Une petite fille de cet âge ne devrait se soucier que de la connaissance de ses fables et non pas des tortures mentales, économiques, sociales ou encore sexuelles, que sa maman subit depuis 23 ans d’une relation infernale.

Nicolas

Mon grand frère enchainait les conquêtes d’un soir, les mauvaises fréquentations et les altercations avec la justice. Quand le regard épuisé de ma maman, incapable de le comprendre, se posait sur lui, il commençait à se décomposer. Un soir de 2019, Nicolas a fini par en avoir marre. Il a décidé que la pression était trop forte et il a essayé de mettre fin à ses jours. C’en était trop. Entre ‌les‌ ‌confidences‌ ‌de‌ ‌maman,‌ ‌l’état‌ ‌mental‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌père,‌ ‌la‌ tentative‌ ‌de‌ ‌suicide‌ ‌de‌ ‌mon‌ ‌frère‌, ‌moi aussi – n’ayant le contrôle sur rien – j’ai commencé à me ‌dégrader‌.

S’occuper de moi ?

La‌ ‌tentative ‌de suicide de mon frère‌ ‌a‌ ‌été‌ ‌une‌ ‌grande‌ ‌claque‌ ‌pour mon‌ ‌père‌. Elle ‌lui‌ ‌a‌ ‌fait‌ ‌réaliser‌ ‌qu’il‌ ‌avait‌ ‌deux‌ ‌autres‌ ‌enfants‌ ‌et‌ ‌qu’il‌ ‌serait‌ ‌peut-être‌ ‌temps‌ ‌de‌ ‌s’en‌ ‌occuper. ‌Malheureusement‌ ‌pour‌ ‌moi‌, ‌j’aurai‌s ‌préféré‌ ‌qu’il‌ ‌continue‌ ‌sa‌ ‌route.‌ ‌“Occuper”‌ ‌est‌, probablement, un bien grand mot. Si ‌ « occuper » cela signifie‌ ‌faire des remarques,‌ ‌se moquer ou rabaisser au ‌quotidien,‌ ‌alors‌ ‌oui‌, ‌peut-être‌ ‌qu’il‌ ‌s’occupait‌ ‌de‌ ‌moi‌… Qui‌ ‌sait ? La‌ ‌pression‌ ‌était‌ ‌maintenant‌ ‌sur‌ ‌mes‌ ‌épaules‌ ‌et‌ ‌du‌ ‌coup‌ ‌j’ai‌ ‌commencé‌ – à mon tour – ‌à‌ ‌me‌ ‌confier‌ ‌à‌ ‌ma‌ ‌maman‌, mais‌ ‌cela‌ ‌ne‌ ‌m’a‌ ‌pas‌ ‌soulagé‌e. A‌u‌ ‌contraire‌, ça‌ ‌n’a‌ ‌fait‌ ‌que‌ ‌grandir‌ ‌le‌ ‌mal‌être‌ ‌que‌ ‌j’avais‌ ‌en‌ ‌moi.‌ ‌

Je suis une bombe

Ça m’a fait peur d’avoir tellement de colère en moi, tellement de rancune, de haine et de mauvais sentiments. Ça m’a fait peur de tout garder, de ne pas avoir réussi à tout laisser partir et d’avoir été cette bombe à retardement. Ça m’a fait peur quand je voyais que j’étais capable de m’en prendre à mes proches – sans même avoir de remords – parce que, parfois, j’étais tellement en colère contre le monde entier que n’importe qui pouvait se prendre une rafale de haine. Ça m’a fait peur d’être une grenade et de me dire qu’un jour, j’allais exploser tellement fort que j’allais finir en morceaux.

Il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌un‌ ‌coeur‌ ‌amoureux‌ ‌avant‌ ‌qu’il‌ ‌ne‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌faut‌ ‌frapper‌ ‌à‌ ‌plusieurs‌ ‌reprises‌ ‌pour‌ ‌qu’un‌ ‌être‌ ‌amoureux‌ ‌cesse‌ ‌de‌ ‌voir‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌cœur.‌ ‌Quand‌ ‌vient‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌le‌ ‌cœur‌ ‌se‌ ‌brise,‌ ‌il‌ ‌n’y‌ ‌a‌ ‌plus‌ ‌aucun‌ ‌moyen‌ ‌de‌ ‌recoller‌ ‌les‌ ‌morceaux.‌ À ‌ce‌ ‌moment-là‌, ‌il‌ ‌ne‌ ‌reste‌ ‌plus‌ ‌que‌ ‌la‌ ‌raison,‌ ‌la‌ ‌raison‌ ‌qui‌ ‌mène‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌méfiance et‌ ‌la méfiance‌ qui mène ‌à‌ ‌la‌ ‌haine.‌

Il faut qu’on discute

Comme si ça ne suffisait pas, un soir mes parents m’ont appelée pour qu’on discute. Cela n’a jamais été un bon signe. Ils m’ont alors expliqué que Nicolas avait fait une grave erreur, celle de trop. Cette fois-ci, la justice en avait marre de donner des secondes chances à Nicolas. Il était maintenant à la prison de Lantin pour payer toutes les conneries qu’il avait faites. Je me suis durcie sous l’effet de cette nouvelle qui m’enlevait quelque chose. Avant cela, j’étais si émotive que je m’effondrais à la demande, j’étais une fontaine …

Aujourd’hui

L’eau s’est retirée. Évidemment, même si je me soucie des êtres autour de moi, j’ai beaucoup de mal à le montrer. Un mur fait obstacle. J’ai toujours rêvé d’être aussi forte que rien – jamais – ne pourrait m’atteindre. Maintenant, je suis devenue tellement forte que j’ai l’impression que plus rien ne me touche. Mon souhait serait de parvenir à m’adoucir. Aujourd’hui, tout va beaucoup mieux, mais beaucoup d’entre nous doivent réaliser que le bonheur n’est pas une destination mais un parcours. Le bonheur, ce n’est pas d’avoir la voiture ou la fille de tes rêves. Le bonheur, c’est réaliser que ce que tu as est assez, et malgré tout ce qui arrive dans la vie, en être reconnaissant. Quand on aura compris ça, on ne sera pas juste heureux ou heureuse, on attirera plein de choses qu’on a toujours voulues.

L’auteure de ce texte souhaite rester anonyme

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