Enfant et soldats

Enfant et soldats

Babacar n’a pas toujours vécu en Belgique. Une partie de son enfance, il l’a passée au Sénégal, un pays francophone d’Afrique de l’Est qui compte un peu plus de 16 millions d’habitants. Ses souvenirs ne sont pas des plus poétiques, ce dont il se rappelle surtout, ce sont des rebelles.

Dans le village de ma grand-mère

Petit, j’ai vécu à Dakar, la capitale du Sénégal, mais aussi dans beaucoup d’autres villes du pays. À 7 ans, mon père m’a envoyé chez ma grand-mère. Son village, situé dans le sud du pays, était assez pauvre. Les premiers mois ont été longs, les gens me semblaient très étranges par rapport à chez moi et puis, évidemment, avec le temps je me suis fait des amis.

Coups de feu

Au bout de quelques jours, les villageois m’ont parlé de groupes armés qui arpentaient la forêt. Ils avaient la réputation d’être cruels et fascinés par le meurtre. Tous les enfants du village étaient mis en garde. Ces groupes armés sont constitués en majorité de déserteurs, d’anciens commandos de l’armée ou d’anciens gendarmes et policiers. Un jour, j’étais en train de jouer avec mes amis sur le petit terrain de football du village quand on entend des tirs de gros calibre. Je reste figé sur place, je sens un bouillon d’émotions en moi. Je veux bouger mais je n’y arrive pas, je veux pleurer mais je n’y arrive pas non plus. La deuxième fois que j’entends ces bruits, je ne ressens plus rien comme si je m’y étais déjà habitué. Je ne ressens plus rien et je comprends que même les habitants se sont habitués aux rebelles.

Les rebelles

Ma première rencontre avec les soldats se passe dans la forêt, je suis avec trois ou quatre amis. Nous marchons à travers cette forêt qui parait interminable. Un de mes amis s’arrête subitement. Il nous dit : “Arrêtez-vous !”. Devant nous, une centaine de personnes marche dans notre direction. Elles ne font presque aucun bruit. Presque toutes portent des armes énormes, aussi grandes qu’un homme. Jamais je n’ai vu de telles armes. Beaucoup ont le visage troué, ils ne clignent pas ou peu des yeux. Mes amis et moi reprenons notre route. On est à côté des rebelles et on ne prononce pas le moindre mot. Ce village que nous venons de quitter s’appelle Tambacounda, il se situe non loin de la Casamance, une province du Sénégal. Je n’ai jamais parlé de ça à personne. Mais cet épisode de vie m’a appris que peu importe le degré de danger, il faut toujours continuer à avancer pour finir le chemin.

Auteur : Babacar, 19 ans, Gilly

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Lisa, autiste Asperger

Lisa, autiste Asperger

Quand elle était encore petite, les parents de Lisa ont cru qu’elle avait un problème à l’oreille. Elle ne réagissait pas à certains bruits. À cause de ce problème, l’institutrice maternelle ne voulait pas s’occuper d’elle. Après une visite chez le docteur, ses parents se sont rendu compte que tout allait bien avec les oreilles et que les problèmes ne venaient pas de là mais du syndrome d’Asperger (1), une des formes de l’autisme.

Pas comme tout le monde

Quand mes parents m’ont annoncé que j’étais autiste, je n’ai pas compris ce que cela voulait dire. Maintenant, je comprends que je n’agis pas toujours comme tout le monde. Mes parents ont dû choisir entre me mettre dans une école spécialisée ou dans une école ordinaire. Pour que j’aie les mêmes chances que les autres enfants, ils ont choisi la deuxième solution. À l’école, j’étais accompagnée par le SUSA (2), une association qui vient en aide aux enfants autistes. Au début, les autres enfants me trouvaient bizarre. Ensuite, ils ont appris à me connaitre et à me prendre comme je suis. Les professeurs disaient que je faisais trois pas en avant et un pas en arrière … donc j’avançais ! Les deux pas en avant, ils comptaient !

Des activités à la pelle

J’ai fait ma première secondaire dans une école mais j’ai dû changer d’école. Ils n’ont pas accepté ma différence. Pendant mon enfance, mes parents m’ont inscrite à plusieurs activités. Parfois ça fonctionnait, parfois moins. J’ai fait de l’aïkido, de la plongée et du hip- hop. Pendant mes deux premiers cours d’aïkido, je ne comprenais pas les exercices mais avec le temps, j’ai su les maitriser. J’ai essayé de faire du théâtre à l’académie mais ils étaient trop exigeants pour moi. J’ai eu un super prof de piano mais je n’ai pas tellement accroché et j’ai arrêté. J’aime la plongée. Certaines personnes m’ont déconseillé d’en faire car j’étais autiste mais cela ne m’a pas arrêtée.

Rêver plus loin

Je suis actuellement en formation pour devenir animatrice pour les enfants. J’aime tellement ça que, l’année prochaine, je vais intégrer la section “technique sociale”. C’est un grand défi pour moi. J’ai les mêmes sentiments que tout le monde mais j’ai du mal à les gérer et à les exprimer. Ma petite sœur Darla me considère plus comme une personne normale qu’une personne autiste. Mon père me fait souvent des mauvaises blagues pour m’apprendre à réagir à celles des autres. Je vous donne un exemple : je demande à mon papa où est mon chat car je ne le vois plus et que je sais qu’il ne sort jamais. Mon papa me fait croire qu’il est sorti sur la terrasse. Ça m’énerve car, parfois, je pense que c’est vrai. J’ai conscience du fait que les autres font des efforts pour m’aider mais il faut comprendre que je dois aussi faire énormément d’efforts de mon côté. Comme pour toute chose, il faut considérer la différence des deux côtés, envisager les deux points de vue. Je suis différente pour les autres mais ils sont aussi différents pour moi.

1. D’après, www.passeportsante.net, le syndrome d’Asperger est un trouble de la famille de l’autisme. Concrètement, les personnes atteintes par ce syndrome ont des difficultés à se sociabiliser et à interagir avec les autres. Les enfants atteints sont souvent intelligents, perfectionnistes et exigeants. Ils donnent une importance particulière aux détails pouvant échapper à la majorité. Ils ont des centres d’intérêt précis qui sortent parfois de l’ordinaire pour des enfants de leur âge, par exemple la conquête spatiale ou les trains. Ils sont doués d’une mémoire remarquable et la logique est le fondement de leur raisonnement. Ils possèdent également une grande lucidité et une bonne capacité d’analyse.
2. Depuis 1991, le Susa est une fondation qui a pour but principal d’accompagner les personnes autistes tout au long de leur vie.

Auteure : Lisa, 17 ans, Woluwé Saint-Lambert

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus compliqués… Estelle est harcelée.

”Sale connasse”

Je suis sur le terrain de sport, ma future harceleuse est énervée contre moi pour la simple raison que je suis une bonne sportive. Elle a eu le besoin de se défouler sur moi et de me faire tomber, dans les deux sens du terme : Sale connasse ! Tu fais chier ! Arrête de courir partout. Et d’un coup d’épaule: Et puis arrête de faire ta victime, t’es qu’une menteuse. Après cette altercation, elle a commencé à parler dans mon dos, utilisant mes propres mots contre moi. Ces mots, je les lui avais dits en primaire. Aujourd’hui, elle en déformait le sens : Estelle, elle dit qu’elle est sensible mais elle exagère juste. Mes amies m’ont dit d’oublier, qu’elle ne mérite pas que je lui porte tant d’attention. Mais c’est comme pour tout, plus facile à dire qu’à faire. Malheureusement, ce n’était pas fini…

Discréditée partout

C’est pendant le cours de français qu’est tombée la goutte de trop. Celle qui a fait déborder le vase déjà rempli des larmes des soirées précédentes. Il a suffi qu’elle raconte des bobards à ma classe, à ma professeure. Quand ma prof a dit : Estelle, je ne pensais pas ça de toi, j’ai senti le sol s’effondrer. Pour moi, le regard des adultes, celui de la justice incarnée par ma prof, était le seul élément qui me permettait de tenir le coup.

Parler pour s’en tirer

Ce soir-là, j’ai tout raconté à ma maman, en pleurs, ce fut la chose la plus difficile à faire, en parler et mettre des mots sur ma souffrance. Elle a alors appelé mon éducateur. Le lendemain, j’étais dans son bureau, ma harceleuse sur la chaise d’à côté. Elle a nié les faits tout en rejetant la faute sur ses amies : Ce que j’ai dit en classe ? C’est ma voisine qui m’a donné cette phrase. Mais je n’ai rien fait ! C’est elle qui invente tout ! C’est une menteuse de toute façon. Après cet épisode dans le bureau de l’éducateur, toute cette histoire s’est, peu à peu, estompée. Plus tard, par la suite, tout s’est arrangé, on ne se parlait pas et c’était la meilleure solution.

Arrêter l’enfer

Discuter de tout cela avec ma maman a été la chose la plus difficile. Pourtant, c’est la seule solution pour que l’enfer s’arrête. J’ai eu la chance d’être entourée d’oreilles attentives, mais je n’aurais jamais réussi à m’en sortir si je n’avais pas osé en parler. En parler, c’est permettre de ne plus être seule face aux problèmes. Je souhaite à tout le monde d’avoir cette bouée de sauvetage.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Estelle, 20 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ écrit LORS D’UN ATELIER SCAN-R À DISTANCE.

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Un dessin a changé ma vie

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Pendant des années, Dimitri a sérieusement galéré. Il se considérait et/ou était considéré, un peu comme un loser… Un jour pourtant, par le biais d’un simple dessin, tout mais vraiment tout, va être bouleversé.

Je suis un minable

En grandissant, j’ai toujours eu l’impression d’être différent de tous les autres et quand je dis différent, je devrais plutôt écrire inférieur. En vrai, c’est cela que je veux dire. Inférieur, en tous points et à tous mes camarades de classe. J’étais moins beau, moins grand, moins fort, mais également moins bon en sport, dans les jeux, les cours et j’en passe. Peut-être avais-je ce sentiment à cause de mes condisciples qui n’hésitaient pas à me le rappeler jour après jour. J’avais néanmoins l’impression qu’il y avait un fond de vérité. Je pensais qu’après l’école primaire, j’aurais une seconde chance et que ce serait comme un nouveau départ. J’avais tort. Certes, il a fallu peut-être un mois ou deux à mes nouveaux camarades pour qu’ils s’en rendent compte, mais l’évidence était là… J’étais, à nouveau, un bon à rien.

Je suis un artiste

Un beau jour, en période d’examens pour obtenir mon CE1D, j’ai pris une décision. Je me suis dit que, pour la première fois de ma vie, j’allais dessiner. À ce moment-là, je n’en avais encore aucune idée, mais cette décision allait changer ma vie. J’ai pris un crayon, une feuille, et j’ai passé presque une semaine de mon temps libre à essayer de redessiner une image que j’avais trouvée sur le net. Une fois finie, je l’ai amenée à l’école pour la montrer à mes quelques amis. C’est là que tout a changé. Mes amis ont trouvé ça beau. Du jour au lendemain, je suis passé du mec un peu paumé, pas méchant mais sans réel intérêt, au mec qui dessine bien. Soudainement j’étais quelqu’un et les gens s’intéressaient à ce que je faisais mais aussi à qui j’étais.

Dessinez c’est gagné

Voyant l’effet d’un dessin pas si beau sur mon entourage, je n’ai pas réfléchi et j’ai continué à dessiner. Si un dessin pouvait en faire autant, qu’en serait-il de 100 ? Alors, j’ai dessiné, dessiné et dessiné, j’ai dessiné autant que je le pouvais, dès que j’avais du temps libre. Dans le but d’avancer plus vite, je me suis fixé un objectif. Je ne voulais plus être le mec qui sait dessiner, le mec qui dessine trop bien… Je voulais être le meilleur dessinateur de l’école. ! Et ça a marché, je me suis très vite amélioré.

Les temps changent

À la rentrée des classes, c’était différent des autres années. Plus personne pour me mettre des bâtons dans les roues. Les gens avaient arrêté de m’insulter sans raison. Après dix ans de lynchage quotidien, tout avait enfin cessé. Quant à moi, j’étais toujours moi sauf que je savais dessiner et comme on ne me rabaissait plus, j’avais une plus grande confiance en moi. Et cette grandissante confiance en moi m’a permis d’être plus à l’aise en société. L’année suivante, j’ai changé d’école pour aller dans une autre spécialisée en art comme mon entourage me l’avait conseillé. En arrivant dans une école où tout le monde savait dessiner, j’avais peur de perdre ce que les gens voyaient de spécial en moi. J’ai donc redoublé d’efforts pour m’améliorer le plus possible. Quand j’ai montré ce que je savais faire à mes nouveaux camarades, ils étaient autant, voire plus impressionnés que les anciens. Ça m’a donné un boost de confiance en moi. En plus, ils ne me voyaient pas comme ‘le mec qui dessine vraiment bien’ mais comme un ami avant tout.

Aujourd’hui, j’ai des amis incroyables sur lesquels je peux compter. Je n’ai plus trop de problèmes d’estime de moi. Mon entourage dit de moi que je suis devenu sociable. Je n’ai jamais vraiment approuvé ça. Cependant le dessin n’est plus “LA” chose qui me définit mais reste bien la chose la plus importante à mes yeux. Après tout, un vieux dessin plutôt médiocre a changé ma vie.

Le dessin qui illustre le texte de Dimitri est aussi signé Dimitri. Merci à lui !

Auteur : Dimitri, 19 ans, Liège

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Je n’ai pas choisi et je n’ai pas le choix

Je n’ai pas choisi et je n’ai pas le choix

Un peu à gauche, un peu à droite. Elisa est entre ses parents, dans un entre deux permanent et elle ne s’y sent pas bien. Un temps sur deux, sa chambre n’est même pas la sienne. Elle déteste tout cela et se demande, vraiment, quand ça va se terminer.

Mon lit n’est pas à moi

Cette pièce m’est inconnue. Je ne m’y sens pas à ma place ce n’est pas ma chambre. Pas ma pièce, je n’ai pas mon confort. Je ne peux m’exprimer comme je le veux dans celle-ci. Je n’ai presque aucune liberté. Des règles dans une chambre… Pourtant c’est un endroit où on est libre, non ? Pas de déco, les murs sont unis, tristes, aucune chose ne montre ma personnalité. Pas la mienne, c’est celle de quelqu’une d’autre, celle de cette demi-sœur qui n’est, pour moi, qu’une inconnue. Parfois, on me prend même pour elle. Pourtant, je ne lui ressemble en rien ! C’est une chambre, pas ma chambre.

Sans repère

Cela devrait être quelque chose de personnel, ma bulle que je n’ai plus. Vais-je la récupérer un jour ? Me sentir à nouveau chez moi après presque une année ? Est-ce que cela va rester comme ça ? Je pensais que changer d’environnement pourrait m’aider. Mais c’est tout le contraire. J’ai perdu tous mes repères. Oui, j’ai toujours ma famille, mes amis… Eux sont mes repères, mais j’ai besoin de bien plus que ça : de repères matériels, peut-être mes posters, mon lit, mon bureau. Un environnement agréable quoi. J’en ai besoin pour ma créativité et mon bien-être. Mais comment le faire comprendre quand tout ce que l’on me dit est : « Cela va s’arranger », « Ca va changer » ou « De toute manière, tu vas bientôt pouvoir partir, tu n’auras plus à te soucier de tout ça ».

Se taire

Et en attendant quoi ? Je résiste… Alors un jour ça craque. Peut-être que j’ai besoin d’un temps d’adaptation. Mais qu’est-ce qui se passe si je ne veux pas m’adapter ? Si je reste brisée. Si je ne veux pas de cette vie que je n’ai pas choisie. Je n’ai pas besoin de cet endroit, de ces personnes que je ne vois presque jamais même si j’habite chez eux. C’est trop dur. Je n’ai plus mon mot à dire et à la rare occasion de parler, on ne m’entend pas ! Enfin… Si, on m’entend mais… Est-ce que l’on m’écoute vraiment ? Ou je parle peut-être aux murs ? Aux murs de cet endroit que je hais ! De cette sorte de prison de règles que je n’approuve pas et trouve insensée. Mais je reste silencieuse jusqu’au jour où… Au jour où… Ça va craquer. Peut-être qu’il faut que je craque pour qu’enfin, on écoute ma voix, mes mots, mes pensées, mon avis. J’ai cette impression que ce ne sera jamais fini. Ce ne sera jamais assez. Ça continuera encore et encore jusqu’à la fin. Mais quelle sera la fin ? De quoi est-elle faite ? Qu’est-ce qui m’arrive à moi, à la fin ? C’est quoi la fin déjà ? Est-ce que j’ai faim de cette fin ? Combien de temps à rester coincée là, à attendre qu’on m’entende, qu’on m’écoute et me comprenne ? Je suis là au milieu de ces problèmes.

Rêver jusque quand ?

Oh mais ce sont des problèmes d’adultes et je n’ai rien à dire c’est ça ? De toute manière, on dit que les enfants n’ont rien à dire et en plus, je suis une fille ou une femme je ne sais même plus… Une enfant seulement quand ça arrange « les grands », par exemple pour gérer mon argent de poche ou garder mes frères et une adulte quand ils le décident. Les femmes n’ont apparemment rien à dire de toute façon ! Alors devrais-je me taire tout le reste de ma vie ? Et me revoilà toujours enfermée là, à réfléchir à ce que je peux faire, à penser à mon passé, qui me paraissait si difficile à ce moment-là… Maintenant c’est pire. Enfin, c’est mon impression. Rester là, à rêver à une vie meilleure. C’est quand même pas si difficile. J’ai besoin d’un espace pour m’exprimer mais cela en même temps parait si difficile, si loin… Je pourrais au moins avoir mon mot à dire sur ça non ?

Auteure : Elisa, 16 ans, Liège

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