Fuir la guerre

Fuir la guerre

Le lien que j’ai avec le sujet de la migration, c’est que ma famille a dû quitter notre pays pour fuir la guerre. La Syrie est un pays très beau mais qui a été détruit.

Ma maman et mon papa ont quitté la Syrie pour nous offrir une meilleure vie, pour qu’on n’ait pas à subir ce qu’ils ont subi. En 2015, mon papa et ma maman ont fait venir, en Belgique, la famille de ma maman. Ses sœurs, ses neveux, sa maman…

Il faut du courage pour tout quitter, sans même savoir ce qui va nous arriver. Il me reste encore en Syrie de la famille. Ça devient de plus en plus compliqué de les faire venir avec les démarches à suivre, elles sont longues et dures. J’ai des connaissances qui ont été touchées par les tremblements.

Mes cousins ont tout réussi, ils ont eu du courage et de la force. Partir de rien et puis finir ingénieur, être à sa 5ème année d’étude de médecine. Ils n’avaient rien mais maintenant, ils ont tout.

Auteure : Laetitia, 18 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

Humain = Humain

Humain = Humain

Comment se considérer comme humain si nos semblables ne sont pas considérés comme tels ? Bafouer les droits des autres au point qu’ils doivent fuir, est-ce humain ?

Aimeriez-vous qu’on vous le fasse ? Migrer ne veut pas juste dire « nouvelle vie ». Pour moi, migrer veut dire se sacrifier… que ce soit pour la famille ou le peuple. Migrer ne veut pas dire aller vers la lumière, c’est aller vers l’inconnu.

Je me sens touché car mon pays d’origine est en guerre et quand je vois, tous les jours, des gens de mon peuple venir ici, sans aucun soutien, je me dis toujours… et si c’était moi ? Comment j’aurais pu avoir le courage de mourir pour revivre ? Pourquoi la Belgique a une meilleure qualité de vie que le pays que fuient ces personnes ?

Soyons unis et soyons justes.

Auteur : Anonyme, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

Plus ukrainienne que jamais

Plus ukrainienne que jamais

Je me sens plus ukrainienne que jamais. Même si cela fait 4 années que j’habite en Belgique. Même si c’était un choix de quitter mon pays.

Même si j’ai tout fait pour m’adapter et m’intégrer au maximum ici. Même si je suis moitié ukrainienne et moitié russe, moitié je ne sais pas qui…

L’Ukraine est mon cœur. La terre où je suis née et où j’ai grandi. Là où mon esprit restera pour toujours.

Nous étions pourtant divisés et le 24 février nous a réuni. On a désormais le même but, le même souhait, les mêmes valeurs. Le même espoir. Nous pensons tous que nous allons gagner cette terrible guerre. Pour notre liberté et celle du monde entier. Mais la question est quand ?

Et combien de nos gens vont tomber ? Combien vont encore souffrir ? Combien de morts, encore ? Au début, personne ne croit que cela va durer longtemps… Chaque jour, j’ai attendu de bonnes nouvelles. La réalité, c’est que c’est un film d’horreur. Je n’ai jamais imaginé pouvoir ressentir autant de noirceur dans mon cœur et dans mon âme. Je déteste chaque russe venu dans mon pays pour tuer, voler et violer. Pour la première fois, je me sens capable de tuer pour protéger tout ce que j’aime. Mais dans cette colère, dans cette noirceur, je me perds moi-même. Le plus dur est de voir son impuissance.

J’essaye de transformer cette colère en action. Je suis désormais bénévole pour aider mes compatriotes ici. Je transforme ma haine en amour.

Auteure : Nathaliia, 33 ans, Liège (Origine: Ukraine)

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

Connaissez-vous l’avenir ?

Connaissez-vous l’avenir ? Savez-vous où vous serez dans 10 ans ? Ou savez-vous qui vous serez à vos 30 ans ? J’existe dans une ville qui court à toute heure. Tout le monde est pressé de voir le...

Les petits avis, épisode 37

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Les crises d’angoisse : le cauchemar de l’imaginaire

Les crises d'angoisse font-elles voir le monde différemment pour ceux qui en souffrent ? Oui les crises d’angoisse peuvent rendre les gens fous car ils ne reconnaissent plus le monde dans lequel ils...

Les petits avis, épisode 36

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Mon masque

J’ai souvent été discriminé à cause de mon ethnicité et de ma pauvreté. J’ai changé d’école afin de fuir les personnes malveillantes. La société me dicte toujours ce que je dois faire et j’ai...

La famille

La famille peut apporter de bonnes choses mais aussi tellement de douleurs. Les gentils mots avant de dormir, les bisous du matin, l’amour des parents, cela peut être tellement agréable mais comme...

LES PETITS AVIS, EPISODE 35

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Le basket

Pour moi le basket c’est pas juste un sport, c’est aussi une thérapie parce que ça m’aide à penser, réfléchir, trouver des solutions aux problèmes, résoudre des problèmes. J’avais commencé à jouer...

La nourriture

C’est injuste car dans le monde il y a assez de quantité pour tout le monde, mais elle est mal dispersée. Dans certains endroits du monde les gens n’ont pas accès à la nourriture. Par exemple, dans...

La pauvreté

Le plus injuste dans ce monde, Jusdi, 12 ans, Anderlecht Le plus injuste dans ce monde, c’est la pauvreté car les pauvres ne mangent pas tous les jours, ils n’ont pas assez d’argent pour se faire...
Enfant et soldats

Enfant et soldats

Babacar n’a pas toujours vécu en Belgique. Une partie de son enfance, il l’a passée au Sénégal, un pays francophone d’Afrique de l’Est qui compte un peu plus de 16 millions d’habitants. Ses souvenirs ne sont pas des plus poétiques, ce dont il se rappelle surtout, ce sont des rebelles.

Dans le village de ma grand-mère

Petit, j’ai vécu à Dakar, la capitale du Sénégal, mais aussi dans beaucoup d’autres villes du pays. À 7 ans, mon père m’a envoyé chez ma grand-mère. Son village, situé dans le sud du pays, était assez pauvre. Les premiers mois ont été longs, les gens me semblaient très étranges par rapport à chez moi et puis, évidemment, avec le temps je me suis fait des amis.

Coups de feu

Au bout de quelques jours, les villageois m’ont parlé de groupes armés qui arpentaient la forêt. Ils avaient la réputation d’être cruels et fascinés par le meurtre. Tous les enfants du village étaient mis en garde. Ces groupes armés sont constitués en majorité de déserteurs, d’anciens commandos de l’armée ou d’anciens gendarmes et policiers. Un jour, j’étais en train de jouer avec mes amis sur le petit terrain de football du village quand on entend des tirs de gros calibre. Je reste figé sur place, je sens un bouillon d’émotions en moi. Je veux bouger mais je n’y arrive pas, je veux pleurer mais je n’y arrive pas non plus. La deuxième fois que j’entends ces bruits, je ne ressens plus rien comme si je m’y étais déjà habitué. Je ne ressens plus rien et je comprends que même les habitants se sont habitués aux rebelles.

Les rebelles

Ma première rencontre avec les soldats se passe dans la forêt, je suis avec trois ou quatre amis. Nous marchons à travers cette forêt qui parait interminable. Un de mes amis s’arrête subitement. Il nous dit : “Arrêtez-vous !”. Devant nous, une centaine de personnes marche dans notre direction. Elles ne font presque aucun bruit. Presque toutes portent des armes énormes, aussi grandes qu’un homme. Jamais je n’ai vu de telles armes. Beaucoup ont le visage troué, ils ne clignent pas ou peu des yeux. Mes amis et moi reprenons notre route. On est à côté des rebelles et on ne prononce pas le moindre mot. Ce village que nous venons de quitter s’appelle Tambacounda, il se situe non loin de la Casamance, une province du Sénégal. Je n’ai jamais parlé de ça à personne. Mais cet épisode de vie m’a appris que peu importe le degré de danger, il faut toujours continuer à avancer pour finir le chemin.

Auteur : Babacar, 19 ans, Gilly

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R