Être ou que paraitre ? Telle est ma question

Être ou que paraitre ? Telle est ma question

Barek se et nous pose bien des questions … Qui est-il ? Qu’est-ce qu’il souhaite ? À toutes ces questions, on pourrait tenter de donner une seule réponse : une construction perpétuelle !

Je suis en-vie

Être, je le suis à chaque moment de ma vie, peu importe l’état dans lequel je me trouve. Paraitre, je le suis assurément. Paraitre, c’est parfois nécessaire ou obligatoire. Pourtant, à force de paraitre, nous risquons le piège d’être quelqu’un aux yeux des autres, mais pas le quelqu’un que nous sommes à l’intérieur : un par-être en somme, c’est à dire une création de substitution coupée des aspirations de notre être, une sorte d’imperméable sur lequel passe le temps de notre vie. Car oui, si je suis en vie, l’important n’est-il pas le degré de résonance entre ma vie intime et mes envies ? Est-ce que le paraitre n’entraine pas des envies périphériques ? Est-ce que s’y fier, ce n’est pas passer à côté de sa vie ? Si je ne fie pas à ce paraitre, mes envies me procurent une vie pleine et riche.

Le temps d’une question

Adolescent, j’ai eu la chance de m’arrêter sur quelques questions : qui suis-je, que veux-je, comment mettre en place ce que je veux ? Qui suis-je ? Les expériences de la vie donnent une multitude de réponses ; si je n’aime pas ces réponses, je change et voilà tout même si changer une habitude prend parfois plusieurs années. Que veux-je ? Difficile de le savoir… J’ai décidé de garder ce qui m’anime le plus : la beauté d’un nuage, comprendre la condition humaine, le plaisir du temps qui passe goutte après goutte, les relations humaines. Est-ce que ça donne un métier ? Oui, souvent. Est-ce que ça donne une vie ? Sans conteste !

Comment mettre en place ce que je veux ? Je me donne les moyens d’atteindre mes objectifs, méthodiquement. Une étape après l’autre en prenant soin qu’elles soient toujours à la limite de mes capacités. Les erreurs sont les jalons. Les lâchers-prises, les joies et la contemplation sont la persistance qui me permet d’atteindre mon but.

Dix années ont été nécessaires pour terminer certains de mes objectifs essentiels et puis ? Le vide, le néant, le silence. Heure fatidique où j’ai dû me réinventer, choisir de nouveaux objectifs à court, moyen et long terme. Somme toute le cycle de la vie intérieure composé de naissances, croissances, petites morts et d’attente.

Pour l’éternité

Ces questions ont-elles été nécessaires ? Oui, grâce à elles je ne suis pas resté statique et j’ai pu agrandir mon territoire intérieur. Sans but, la vie passe malgré nous. Vivre l’instant présent, c’est vivre éternellement ce moment. Selon moi, la vie est faite d’une multitude de moments assemblés. Vivre personnellement chacun d’eux donne du sens à l’ensemble, une esthétique de ce que le monde et moi devenons.

À la recherche d’authenticité

Et sinon quoi ? Sans cette authenticité, ma vie vaudrait-elle la peine d’être vécue ? Je ne sais pas, je sens que c’est comme mourir à petit feu, c’est me détester moi-même, ça me rend triste. L’authenticité est liée à l’instant, je reste cohérent, mais aussi libre d’être ce que je suis à chaque moment différent. À quoi bon donner l’image que les autres auraient voulu recevoir ? Offrons-nous nos authenticités comme un cadeau à partager, précieux, délicat et dans le respect de soi-même et des autres. La vie prend une saveur nouvelle et insoupçonnée. Je suis en-vie, le temps d’une question, pour l’éternité, à la recherche d’authenticité. Grâce au questionnement, je peux être sans par-être, connecté à mes aspirations.

Auteur : Barek, 34 ans, Tournai

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

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Je suis dépendante affective

Je suis dépendante affective

Quand Louisa aime, c’est fort, très fort, très très fort. Même si elle a appris à se méfier d’elle-même, elle souffre parfois de ce qui pourrait se passer bien plus tard …

Une définition, ma définition

J’ai décidé de parler de dépendance affective, chose qui me touche. Avant d’aller plus loin, voici une définition issue du Journal des femmes : “La dépendance affective désigne un phénomène d’incapacité psychologique à vivre par et pour soi-même. Dotés de peu de confiance en eux, les dépendants affectifs souffrent de ce manque dans tous les domaines de leur vie, et notamment dans le domaine amoureux.” De mon point de vue, la dépendance affective c’est être très attachée à des personnes, les aimer du plus profond de notre cœur, ne pas pouvoir vivre sans elles et ça peut même aller jusqu’à pouvoir mourir pour elles. Tellement on les aime, on les ferait passer avant nous-mêmes. On dit que ce comportement peut être dû au manque d’amour et d’attention durant l’enfance ou à un traumatisme. Cela peut exister en amitié comme en amour. Pour l’instant, je n’ai connu ça qu’en amitié. Cela peut être une grande souffrance pour les dépendants, par exemple, lorsque les gens dont ils dépendent s’éloignent, se disputent avec eux, lorsqu’ils les « remplacent », lorsqu’ils les quittent… Rien que d’imaginer la séparation peut faire souffrir. Plus le temps passe, plus la relation se renforce, et plus la dépendance est forte et donc, plus la séparation va être compliquée. Au moindre petit problème, on panique, se remet en question, s’imagine plein de scénarios dans lesquels on est fautif et où on se fait abandonner. On n’est jamais sûr de ce qu’on est aux yeux de l’autre, on pense toujours être moins que ce que l’autre est pour nous, beaucoup moins. On a toujours des doutes, on se demande si c’est vraiment sincère, s’ils ne sont pas en train de se moquer de nous, si on peut vraiment leur faire confiance… C’est dû à un manque de confiance en soi. Et ça aussi, ça fait beaucoup souffrir les dépendants.

Mathéo

Comme je le disais, j’ai vécu ça dans une de mes relations amicales. Cela s’est passé avec Mathéo (prénom modifié) et c’est la première personne avec qui j’ai eu une dépendance affective. J’avais 12 ans, je jouais à un jeu en ligne avec un ami et il a invité un ami à lui pour jouer avec nous. Il s’agissait de Mathéo. On a joué tous les trois jusqu’à la fin de l’après-midi, puis notre ami commun est parti, il ne restait plus que nous deux. Même si on ne se connaissait pas, on a continué à jouer et on a donc été “obligés” de faire connaissance, parce que jusqu’à présent, les seuls mots qu’on avait échangés étaient les communications pour le jeu. De là, on est devenus amis, on se retrouvait – tous les jours – pour jouer en ligne. Le temps passa, nous sommes devenus meilleurs amis, jusqu’à se considérer comme frère et sœur. J’étais très attachée à lui, c’était la première fois que j’avais une amitié si forte. On se disait des trucs que je n’avais dits à personne auparavant. On s’était promis de toujours être là l’un pour l’autre. On était très fusionnels, comme un grand frère et sa petite sœur. Il était mon numéro un, j’étais sa numéro un.

On se pardonne tout

La particularité de cette relation, c’est qu’elle était à distance. Il habitait en France à 400 km de chez moi. Cela ne nous empêchait pas d’être les meilleurs amis. Je l’aimais comme je n’ai jamais aimé personne, je ne pouvais pas voir ma vie sans lui. Je pouvais me mettre dans des états démesurés rien que pour une dispute, je pouvais pleurer jusqu’à ne plus savoir respirer, en me disant que c‘était la fin, que j’avais perdu la personne la plus importante de ma vie. Parce que oui, c’était vrai, c’était ce qu’il était. On finissait toujours par se réconcilier, s’excuser, se rappeler à quel point on s’aimait et se dire que nous n’allions pas recommencer. Même si c’était sa faute, que j’avais toutes les raisons de lui en vouloir, qu’il me faisait du mal, etc, je lui pardonnais toujours tout. Je l’aimais trop pour lui en vouloir. Après environ un an, j’ai compris que c’était mieux pour moi de me séparer de lui, de m’en éloigner. Mais, malgré ça, je restais quand même en contact avec lui.

C’est la fin

Ça arrivait qu’on se dispute et puis qu’on arrête de se parler pendant quelques jours, puis quelques semaines, et même plusieurs mois. Mais je revenais toujours vers lui pour lui dire à quel point il me manquait. Pour lui rappeler à quel point je l’aimais, à quel point je voulais que ça redevienne comme avant. En général, c’était juste une conversation sans grand intérêt, pour prendre des nouvelles, mais plus on passait de temps sans se parler, plus notre relation se dégradait. Cinq mois plus tard, je lui ai reparlé pour lui souhaiter un bon anniversaire, il m’a simplement remerciée, rien de plus. Ce fut notre dernier échange. J’ai eu beaucoup de mal à me séparer de lui, c’était mon meilleur ami, mon frère, celui qui avait toujours été là pour moi. Au fond, je savais très bien qu’il était toxique pour moi, mais j’étais incapable de vivre sans lui. J’étais littéralement dépendante de lui. J’aurais pu mourir pour lui, donc ça allait vraiment loin.

Naomi, Lisa, Alexandre, Maxence

Aujourd’hui, j’ai toujours l’impression d’être dans cette dépendance affective dans mes relations. Les personnes principalement concernées sont Naomi, Lisa, Alexandre, Maxence… (ces prénoms ont été modifiés) et il y en a d’autres. Au départ, elles et ils ont été ou sont dans ma classe, à l’arrivée ce sont mes meilleur·e·s ami·e·s que je vois presque tous les jours et auprès desquels, une fois de plus, je développe cette dépendance.

Les filles

Naomi et Lisa, je les aime vraiment beaucoup, j’y suis très attachée. Je les connais depuis presque trois ans, on s’est rencontrées à l’école, en première. Au début, nous étions juste camarades de classe, on restait ensemble pendant les récrés, on parlait et rigolait un peu, mais sans plus. En seconde année, il n’a fallu qu’un ou deux mois avant qu’on se rapproche. On était tout le temps collées à l’école, pendant les cours, en ville après les cours, on rigolait tout le temps, on se parlait beaucoup par message, on passait des heures au téléphone. On a appris à vraiment bien se connaitre, on se parlait de nos problèmes… Tout cela nous a beaucoup rapprochées et ça nous a fait nous voir différemment. Bref, on est devenues vraiment amies. Cette année, malgré des classes différentes, on continue à se voir. Au fil du temps, la relation a évolué, jusqu’à ce qu’elles fassent partie des personnes les plus importantes de ma vie. Le temps a fait que je me suis vraiment attachée à elles. Je ne sais pas comment je pourrais vivre sans elles, c’est comme si j’avais vraiment besoin d’elles. Je pourrais tout faire pour elles, pour qu’elles soient heureuses au point qu’elles me rendent heureuse.

Les garçons

Pour Alexandre, ce n’est pas aussi particulier, mais il y a quand même cette dépendance affective. Je l’ai rencontré cette année, il était nouveau à l’école et nous étions dans la même classe. Après quelques semaines, on était déjà très ami·e·s, après quelques mois, il faisait déjà partie des meilleur·e·s. Même si on ne se connait pas depuis longtemps, on se parle de nos problèmes, nous sommes proches. Maxence, je l’ai aussi rencontré dans la classe de première et, cette année, on est toujours dans la même. Au fil du temps, un lien s’est créé. On s’appelait, on parlait beaucoup et on rigolait énormément. Il est lui aussi devenu l’un de mes meilleur·e·s ami·e·s. Maintenant, on se rencontre moins parce qu’il ne vient plus à l’école mais on s’arrange quand même pour se voir, il vient le vendredi après-midi devant l’école pour nous voir et il vient aux sorties qu’on organise. Avec lui la relation est assez particulière, on ne se parle pas trop de nos problèmes personnels ou de sujets très sérieux. Lui, il est plutôt du genre renfermé mais malgré ça, on est toujours dans la rigolade et l’humour. Un lien assez fort nous unit. C’est comme s’il n’y avait pas besoin de parler de ce qui ne va pas, rire ensemble suffit.

Se séparer ?

Pour l’instant, être autant attachée à eux ne me dérange pas, sauf si on se “dispute”, parce que ça peut me rendre très triste. Le gros problème, c’est qu’un jour, à cause du choix des études ou d’un déménagement, on va forcément être amené·e·s à se séparer. Je sais que cette séparation va me faire très très mal, je vais surement beaucoup en souffrir. Ça m’arrive parfois de m’imaginer le moment où cette séparation aura lieu, et à chaque fois, je finis en pleurs, rien que de l’imaginer. J’essaie d’y penser le moins possible, je préfère profiter au maximum tant qu’elles et ils sont avec moi.

Dans la dépendance affective, on illustre souvent le fait d’être attaché de façon fusionnelle à des personnes, mais, et c’est mon cas, à un groupe. Je suis très attachée à chacun·e de nous et surtout au groupe lui-même. Je me rends vraiment compte de cette notion de dépendance quand je vois à quel point je suis attachée à elles et eux, à quel point ces personnes comptent pour moi, à quel point je les aime… Ensemble, elles et ils sont vraiment ma raison de vivre. Impossible d’être si “heureuse” si je ne les avais pas pour rire, avoir autant de “délires”, de fous-rires…

Le problème

Mon problème, c’est que cette dépendance me fait plus de mal que de bien. À dire vrai, je pense que ça ne me fait aucun bien, je pourrais très bien avoir des ami·e·s magnifiques et être heureuse sans elle. Ce que cela m’apporte, ce sont des inquiétudes, de l’anxiété, des problèmes, … Je sais, mais je ne fais rien, qu’en allant consulter un psychologue ou juste en travaillant sur moi, il est possible de mettre fin à ça. Aujourd’hui, j’essaye juste de vivre avec. Je souhaite m’en libérer, et si possible avant de devoir me séparer de mes amis, pour éviter les dégâts que la séparation causera. Même si je n’ai pas peur de revivre d’autres épisodes, comme celui avec Mathéo, je n’écarte pas la possibilité de vivre encore pas mal d’expériences par rapport à la dépendance affective, mais plus au point que ça l’était avec lui. Je l’espère en tout cas.

Auteure : Louisa, 14 ans, Spa

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L’abandon m’a amené le soleil

L’abandon m’a amené le soleil

Shelsy a une histoire compliquée, une histoire brutale qui commence mal. Pourtant, au fil du temps, au fil des rencontres, grâce à sa famille, à ses ami·e·s, à son chéri, elle s’en sort très bien aujourd’hui.

Un toit

Depuis mon plus jeune âge, l’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Je n’ai que 16 ans et c’est pourtant la chose qui a été la plus présente dans ma vie. Le premier abandon est celui de mon père. Il parait anodin, pourtant c’est celui qui, aujourd’hui encore, est le plus difficile à vivre. C’est cet abandon qui a tracé le chemin sur lequel je suis. À son départ, je n’avais que deux ans et avoir mes parents réunis dans une même pièce n’est qu’un vague souvenir. Après son départ, la seule chose qu’il nous restait, c’était un toit. Nous n’avions plus de meubles, plus aucun objet de la vie quotidienne. Seul souvenir précis qui me reste de cette époque, c’est celui de ma mère et moi mangeant sur le sol et elle qui me faisait rire pour préserver ma jeune innocence. Nous vivions seules, nous n’avions presque plus rien et ma mère travaillait beaucoup pour nous sortir de là. C’est pour cela que ce sont mes grands-parents qui m’ont, en grande partie, élevée.

Daddy et maman

J’étais chez eux durant la semaine et le weekend aussi car ma mère avait besoin de sortir. À ce moment-là, elle était encore jeune et, suite à ses sorties, un homme est rentré dans nos vies. Celui qui, aujourd’hui, n’est pas seulement devenu un beau-père et a pris la place d’un véritable père. Cet homme que je surnomme Daddy est là depuis le début, il m’a aidée à devenir ce que je suis aujourd’hui. Il a rempli mon enfance de bons souvenirs, de beaucoup de bonheurs. Il m’a aussi apporté une famille, une vraie famille. Il était là quand tout le monde nous a tourné le dos à ma mère et moi. Ma mère… La femme que je trouve la plus forte au monde. Ma mère souhaitait simplement mon bonheur. Elle ne voulait pas que, comme elle, je subisse les coups d’un homme. Les coups qu’elle sentait s’écraser sur son corps à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, et ça, déjà bien avant ma naissance. Elle ne voulait pas que je subisse ça ! Mon Daddy est entré dans ma vie avec ses deux enfants qui sont aujourd’hui comme mes propres frère et sœur. Ils sont d’ailleurs bien plus importants que d’autres membres de ma famille qui sont pourtant du même sang que moi.

Du soleil et de l’ombre

Malheureusement du noir est quand même présent dans ce joli tableau. Mes deux parents travaillaient beaucoup et le premier enfant de leur union allait bientôt arriver… Et c’est donc encore une fois mes grands-parents qui se sont occupés de moi. Leur maison est le lieu où j’ai passé la plus grande partie de mon enfance. C’est un des seuls souvenirs que j’aimerais garder. J’ai eu la chance d’avoir le soutien et l’amour de mes grands-parents qui sont, pour moi, les personnes les plus importantes à ce jour. D’autres personnes qui vivent la même situation que moi n’ont pas toujours la chance d’avoir ce genre de personnes à leurs côtés. Vers mes six ans, mon père biologique a refait surface, mais les souvenirs sont brefs. Je me souviens juste des coups que me portait sa compagne alors que je n’étais qu’une enfant. J’ai compris par la suite qu’il était revenu parce qu’il s’opposait au mariage de ma mère et Daddy, qu’il ne voulait pas notre bonheur, qu’il ne voulait pas qu’on se reconstruise sans lui.

Cassée

L’abandon est la chose qui m’a le plus détruite. Cela m’a fait perdre toute confiance en moi. Je pensais que c’était de ma faute si on m’avait abandonnée, que c’était parce que j’avais fait quelque chose de mal. Je pensais même que tout ce qui s’était passé avait une seule et même cause : ma naissance. J’étais tellement mal que j’avais mal au ventre quand je rentrais chez moi. J’avais peur de croiser le regard de ma mère. Parfois, elle me regardait tellement mal que je ressentais toute la haine qu’elle avait pour lui. Elle le dénigrait tous les jours pour m’empêcher de l’aimer sans comprendre que j’avais tout simplement besoin de son réconfort. J’avais seulement besoin qu’elle me dise qu’on était mieux sans lui et qu’on avait juste besoin de mon beau-père pour être heureuses, ensemble.

Malade

À force d’être confrontée à cette haine, j’en ai développé une par rapport à moi-même et envers mon physique. C’est là que les mauvaises pensées m’ont traversé l’esprit et que les lames d’une paire de ciseaux ont – pour la première fois – touché et ouvert la peau de ma cuisse. Au fur et à mesure, les cicatrices étaient plus nombreuses sur mon corps. Cette douleur n’étant pas assez forte pour moi, le dégout de mon corps s’est ajouté et l’envie de ressembler à ces filles que l’on voit partout sur les réseaux était puissante. Eh oui, vous l’avez compris, je me suis réfugiée dans l’anorexie. J’ai commencé à vomir tout ce que je mangeais, mais cela n’a pas duré longtemps… Très vite ma forme physique a commencé à s’affaiblir. Comme je suis de nature très sportive, ma prof de sport et ma grand-mère s’en sont alors rendu compte. Suite à cela, elles m’ont aidée à reprendre gout à la vie. Mes ami·e·s m’ont aussi aidée à retrouver le sourire.

Je me relève

L’année de mes 14 ans est celle qui m’a le plus marquée, mais aussi la plus endurcie. C’était la période des garçons et du changement vers un corps de femme. Je venais de perdre une personne très chère à mes yeux et beaucoup de personnes ont profité de ma tristesse et de ma vulnérabilité. Il y avait un garçon, un peu plus vieux que moi, qui a essayé d’abuser de moi physiquement et mentalement. J’en ai eu marre. J’étais au bord du gouffre. Ne sachant plus quoi faire, mais ne voulant pas être un pantin toute ma vie, je me suis dit que j’étais la seule personne sur qui compter. Même si je n’étais pas toute seule, si je croyais en moi, la plus longue partie du chemin allait être accomplie. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à muscler le mental, et même mon corps. Le sport était devenu comme une drogue, c’était ma seule échappatoire. Ma famille n’était pas beaucoup présente, mais mes ami·e·s sont devenu·e·s comme une seconde famille pour moi.

Je vais bien

Aujourd’hui, je suis très heureuse ; de jour en jour, mes relations familiales vont de mieux en mieux et mes relations amicales sont plus solides que jamais. Pour mon plus grand bonheur, cela fait bientôt un an que je suis en couple avec une personne qui me donne le sourire chaque jour, même quand je ne suis pas dans un bon mood. C’est pour ça que je remercie ma famille, mes ami·e·s et mon copain. Sans elles, sans eux, sans lui, je ne m’en serais jamais sortie, mais surtout je me remercie moi-même d’avoir voulu m’en sortir ! À partir d’aujourd’hui, je me promets de toujours vivre pour moi. Le seul conseil que j’ai à donner aux personnes dans ma situation, c’est que même si le monde parait parfois cruel, il y a des gens sur qui vous pouvez compter. Demander de l’aide est difficile, mais c’est le premier pas à faire. Il ne faut jamais douter de vous. Connaissez vos valeurs et vos principes et ne laissez personne les remettre en question ou vous faire douter de vous.

Auteure : Shelsy, 16 ans, Louveigné

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Rêver ? Je le fais aussi éveillée !

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Qu’elle soit énervée, triste ou perdue, Emy rêve éveillée, c’est un peu étrange, un peu bizarre mais pourtant, c’est son truc !

Fermer les yeux

Rêver, mais d’une manière un peu particulière : je rêve éveillée. Certains font du vélo, de la course à pied … Eh bien moi, je rêve. Cela me permet, par exemple, de me calmer quand je suis énervée. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai commencé à le faire. J’étais très agacée et je n’en pouvais plus des reproches de mon entourage ! Que ce soit mes parents, mes professeurs ou mes amis, cela ne cessait d’augmenter ma colère. Une colère qui brulait en moi ! Je me suis donc isolée dans ma chambre et je me suis couchée dans mon lit. J’ai fermé les yeux et une idée m’est apparue … Rêver, mais consciemment ! Je l’ai fait une fois et c’est très vite devenu un « hobby. » Depuis, c’est un très bon moyen pour moi de me calmer. Je m’imagine alors des endroits calmes, où je peux me reposer, réfléchir, profiter. Je m’imagine une vie parfaite, une vie où je ne m’énerverais jamais. Vous allez me dire que cela n’existe pas, mais quand on rêve, … Tout est possible !

La plage

Mon endroit calme favori est un petit peu cliché, mais j’y trouve quand même mon bonheur : c’est une plage au sable blanc, à l’eau turquoise. Une limonade à la main, l’écume de l’eau me mouille légèrement les orteils. Derrière moi se trouve un paysage resplendissant, avec des palmiers aux couleurs à la fois vives et agréables. Le bruit apaisant des vagues s’écrasant sur le sable humide me berce jusqu’à m’endormir. Quand soudain j’ouvre les yeux, je suis en fait dans ma chambre, là où je me suis isolée pour me calmer.

Le réveil

Après ce rêve éveillé, je suis alors plus ouverte aux discussions et, je l’avoue, je m’excuse aussi plus facilement. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle je rêve : je le fais aussi pour le plaisir. À ce moment-là, je m’imagine plutôt dans des endroits cools et amusants. J’ai d’ailleurs rêvé, il n’y a pas si longtemps, d’un endroit où j’aime particulièrement aller : les parcs d’attractions. C’est un endroit qui me donne beaucoup d’adrénaline et je suis une fille qui adore ce genre de sensations. Le simple fait de m’imaginer tous ces manèges qui virevoltent me fait du bien et me fait passer un bon moment.

Rêver pour tout !

Et mes raisons de rêver éveillée ne s’arrêtent pas là ! Je rêve aussi quand je ne me sens pas bien mentalement. Surtout en ces temps d’épidémie. Je suis parfois triste car je ne peux plus inviter des amies et le fait de m’imaginer qu’elles découvrent ma maison apaise ma peine. Je me sens aussi seule donc j’imagine mes grands-parents et toute ma famille réunie dans mon salon à discuter comme si cette maladie n’existait pas. Un sourire se dessine alors sur mon visage et il me redonne espoir. L’espoir de revoir ces personnes comme avant. Cela me permet aussi de me faire sourire quand mes parents ne sont pas disponibles pour jouer avec moi car ils doivent, par exemple, préparer le repas ou faire le linge.

Endormie ? Je rêve aussi !

Bien évidemment, je rêve aussi endormie. Mais bizarrement, ces rêves-là sont influencés par ceux que je fais consciemment. Je peux, par exemple, me voir courir sur la fameuse plage de sable blanc. Je peux aussi avoir l’impression de virevolter dans les airs grâce à des attractions … C’est bizarre mais c’est aussi amusant. Beaucoup de personnes ne contrôlent pas leurs rêves, mais moi, j’y arrive un petit peu, comme si je pouvais les programmer. J’aimerais les contrôler complètement mais il y encore du travail à faire pour y arriver. Mais cela n’empêche que je fais déjà moins de cauchemars la nuit ! Bref, tout cela pour dire que rêver consciemment, c’est comme un jeu et une porte de sortie à la fois. C’est mon petit truc à moi qui fait de moi la personne que je suis. C’est un peu mon caractère, ma force, ma détermination, ma fragilité et ma personnalité. C’est grâce à cela que je suis moi-même ! Ma personnalité se résume donc à cet adjectif : très rêveuse.

Auteure : Emy, 12 ans, Comblain-au-Point

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Changer avec le scoutisme

Changer avec le scoutisme

Depuis qu’elle a 6 ans, Pauline, dont le totem est Wallaroo – un kangourou vivant dans une région très précise d’Australie – fait partie des scouts. Pour elle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le scoutisme apporte vraiment beaucoup de savoirs, valeurs et principes … Toutes choses qu’elle n’aurait surement jamais abordées à l’école, lors d’activités extrascolaires.

La rencontre

Je suis l’ainée d’une famille de trois et j’ai toujours été quelqu’un qui prend beaucoup de place, j’aime me faire entendre, me montrer en spectacle… À la maison, j’étais le genre d’enfant qui en organisait tout le temps. En première primaire, trois personnes arrivent dans ma classe. Elles nous présentent le scoutisme, nous expliquent ce que c’est. Hyper emballée, je rentre chez moi et, surexcitée, j’explique à mes parents que je veux absolument y aller : je vais faire des cabanes dans les bois, dormir en tente pendant une semaine avec mes copains… Mes parents, ayant tous les deux aussi fait du scoutisme pendant des années, m’y inscrivent sans hésiter.

Les baladins, les louveteaux

Commence alors mon merveilleux voyage chez les scouts ! Je fais mes deux premières années chez les baladins dans la joie et la bonne humeur, avec de supers chefs et un nouvel endroit pour rencontrer des gens et rigoler. Arrive ensuite ma première année chez les plus grands, les louveteaux ! Dans ce groupe, qu’on appelle la meute, on reste quatre années alors qu’aux baladins, ce n’était que deux. Là encore, je me fais de nouveaux amis et continue dans cette show-attitude.

”Arrête avec tes je”

Un jour, je me souviens, c’était pendant une veillée de camp, on commence à chanter et à faire des petits jeux et je commence à parler beaucoup. Un des chefs me dit « Pauline arrête avec tes je, je, je le monde ne tourne pas autour de toi ! » Sur le moment, ça fait mal. Du haut de mes 8 ans, je prends ça comme une grosse claque et je ne le prends pas hyper bien. Un peu sonnée, je me tais pour le reste de la soirée. Je reste là, la gorge serrée et je n’ose en fait plus trop parler. Le lendemain, je me souviens même avoir eu une gommette orange sur le résumé de la journée d’hier (vert : très bien, orange : bof, rouge : pas bien). Ça remue encore une fois ma frustration et je n’ose plus trop parler avec les chefs.

C’est vrai

Le camp terminé, je rentre chez moi et je me rends compte qu’en fait, c’est vrai. Je prends beaucoup de place. Alors même si la phrase était plutôt violente et manquait énormément de tact, j’ai pris conscience qu’elle était vraie et que j’avais plutôt intérêt à la prendre comme une remarque constructive. À la place de ce chef, j’aurais surement dit à cette petite fille quelque chose de plus calme. Je l’aurais déjà prise à part et je ne l’aurais pas dit devant tout le monde, même si ça m’étonnerait que les autres se soient sentis concernés. J’en aurais parlé avec elle, je lui aurais sans doute demandé comment elle se percevait… J’ai donc appris à prendre le temps d’écouter, à faire plus de place aux autres, à prendre en compte les avis et à réaliser que chacun d’eux comptait. Le scoutisme, c’est vraiment l’endroit qui m’a donné des tas d’expériences, des valeurs à suivre et à adopter. Aujourd’hui, je me rends compte que malgré tout, ce chef avait raison. Grâce à lui, j’ai évolué, je suis aujourd’hui plus apaisée.

Encore des rencontres

Chez les éclaireurs, après les louveteaux, j’ai aussi rencontré beaucoup de personnes de mon âge et tout en apprenant des idées des autres, j’ai pu échanger. J’ai fait tellement de rencontres grâce aux scouts et j’ai appris tellement de choses en écoutant davantage les autres ! Beaucoup expliquent que le scoutisme les a ouvert aux autres, beaucoup sont devenus plus sociables. Ils étaient timides et sont maintenant plus à l’aise avec les échanges. Pour moi, c’est un peu la même chose au final, le scoutisme m’a appris à prendre en compte la parole de l’autre, à équilibrer la place que je prends dans la société. De près ou de loin, le scoutisme nous apporte à tous et toutes des valeurs essentielles de la vie de tous les jours, demandez à n’importe quel scout ce qu’il a retenu de son expérience, et vous n’en tirerez certainement que du positif ! Merci les scouts <3 !

Auteure : Pauline, 17 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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