Anxieuse comme jamais

Anxieuse comme jamais

Dans les médias, on parle souvent de santé mentale et de confinement. La question est de savoir comment on peut continuer à fonctionner dans un univers qui se rétrécit, en ne voyant plus ou moins nos ami·es, en vivant d’une manière complètement anormale par rapport aux besoins du genre humain. Lison va plus loin que la théorie, plus loin que les médias. Elle, elle nous explique cette réalité de l’intérieur.

J’ai peur d’exploser

Et voilà, ça recommence. J’ai du mal à respirer, j’ai l’impression de suffoquer. Les larmes coulent sur mes joues déjà trempées, mon regard devient de plus en plus trouble. Je me secoue, je me frappe la tête pour me calmer mais rien n’y fait, ça ne s’arrête pas. Je suis assise sur mon coussin, sous l’étagère dans ma chambre. Recroquevillée sur moi-même, je me fais toute petite pour me cacher des regards, du monde… par peur d’exploser. Ma chambre devient mon seul abri dans ces moments-là mais à force, elle se transforme progressivement en une prison. Il n’y a plus d’issue.

Retour à la case maman

Je jette un regard par la fenêtre en ayant espoir d’y trouver quelconque réponse, de l’aide. Je ne veux pas qu’on sache que j’ai mal. Je ne veux pas être regardée, jugée, méprisée. Ça fait maintenant presque un mois que je suis revenue vivre chez ma maman, le temps du confinement. Je n’ai plus de boulot, plus de projet, plus rien à faire. Je suis face à moi-même et à mes peurs. J’ai dû me réhabituer à un environnement familial que j’avais quitté depuis déjà plus d’un an. Revivre avec mon frère, ma mère, tout le temps. Du matin au soir. Reprendre une routine qui m’est maintenant étrangère et dure à adopter.

Seule

Il n’y a que moi qui dois porter sur mes épaules le poids des pensées douloureuses que je m’inflige. Pourtant je suis entourée de mes proches. On vit sous le même toit, on mange ensemble, on discute de tout et de rien. On se dispute aussi comme toute famille dysfonctionnelle. Aujourd’hui, j’ai eu ma deuxième crise d’anxiété depuis le début du confinement. Elle semble pire que d’habitude, j’ai l’impression que cela empire.

Auteure : Lison, 21 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Pendant le (dé)confinement, toutes et tous, passons bien plus de temps sans sortir de chez nous qu’auparavant. Le risque de voir augmenter le nombre d’accidents domestiques – autrement dit les accidents qui se passent à la maison –  est grand. Si les journaux ont beaucoup parlé des risques d’empoisonnement, l’accident qu’a vécu Aïona est tout autre mais, c’est un accident quand même !

 

La porte maudite

Tout le monde a vécu des aventures durant le confinement. Mais, est-ce que vous, vous avez dû vous rendre en urgence à l’hôpital pour que votre petite sœur ne perde pas un doigt ? Je ne crois pas. Laissez-moi vous expliquer ce qu’il s’est passé. Il est midi, ma sœur crie et pleure. La porte s’est refermée sur son doigt. Je me prépare vitesse grand V pour l’emmener aux urgences. Évidemment en ce temps de confinement, les transports en commun sont déconseillés, nous allons devoir marcher. Heureusement, l’hôpital n’est qu’à 13 minutes. Je me demande comment cela va se passer là-bas.

Dans la gueule du loup

C’est l’endroit où personne ne veut se retrouver en cette période. Est-ce qu’on va rencontrer des malades du coronavirus ? Ma petite sœur est stressée. Je le suis aussi. Pas le temps de penser à ça, nous nous mettons donc en route. Le soleil tape, il n’y a pas un chat dans les rues, ma petite sœur se plaint. Son doigt lui cause beaucoup de douleur. Elle me pose des questions auxquelles je ne peux pas répondre. Je ne sais pas ce qu’il va se passer une fois que nous serons sur place. Plus tôt, pour la rassurer et calmer ses pleurs, je lui avais pourtant assuré que ça allait aller, que ce n’était rien, qu’on n’aurait pas à se rendre à l’hôpital. Mensonges… Maintenant elle ne croit plus ce que je dis. 

La main bionique

On arrive enfin. Je lève les yeux vers la façade de l’hôpital, on y est. Ma mère nous rejoint rapidement sur place. Elles entrent dans le bâtiment, moi, j’attends dehors, sur un banc. Le temps semble long, j’aimerais savoir ce qu’il se passe derrière ces murs. Est ce qu’elle va s’en sortir indemne ? J’imagine déjà le pire, je vois ma sœur dans une salle d’opération, les médecins qui lui annoncent que son doigt est déjà trop pourri pour pouvoir être sauvé et qu’il faut l’amputer pour que ça ne s’aggrave pas. Seulement il est déjà trop tard, ils vont devoir amputer toute sa main ! Comment va-t-elle faire ? Peut-être va-t-on la lui remplacer par une main bionique ? Si tel est le cas, elle va devoir être forte mais je serai là pour la soutenir ! 

Merci

Mère et sœur sortent enfin de l’hôpital, je cours vers elles et constate que je me suis inquiétée pour rien. Aucune trace de main bionique, elle n’a qu’un pansement autour du doigt. Je suis soulagée. Finalement, plus de peur que de mal. Je voulais vous raconter cette anecdote pour parler des soignants qui en plus de s’occuper des malades du Covid-19, ont continué à s’occuper de toutes nos blessures. Un grand merci à eux !!

Auteure : Aïona, 16 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R 

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Le jour où j’ai failli me noyer

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Il y a quelques années, Sarah ne savait pas nager. Lors d’une séance à la piscine avec son école, on a frôlé la catastrophe. De tout cela, elle retire une très intéressante leçon. 

Panique

J’étais en 3ème primaire quand c’est arrivé. Le professeur de natation venait de nous dire qu’on allait, enfin, aller dans le grand bassin. J’étais très angoissée… Je ne savais pas du tout nager ! Il nous a distribué les “frites” : les fameux longs tubes colorés, facilement pliables, qui servent de bouées. Dans la file indienne, j’avais fait exprès de me mettre en dernière position pour avoir le temps de parler au prof et surtout de sauter dans la piscine le plus tard possible. Je suis vite allée près du prof pour lui dire que j’avais peur et que je ne voulais pas y aller. Il m’a dit que tout irait bien … Il me surveillait, j’avais une frite … Je suis retournée à ma place. Misère, il n’y avait plus que deux personnes devant moi ! Je commençais, vraiment, à avoir peur. 

À l’eau

Et puis le moment est venu… Debout sur le rebord, je ne voulais vraiment pas y aller. Mais … j’ai glissé et suis tombée dans l’eau. De plus, la frite venait de m’échapper des mains. Je ne savais plus quoi faire. J’essayais tant bien que mal de remonter à la surface. L’image dont je me souviens était moi, seule, dans l’eau, en train de bouger le plus possible. Puis, à un moment, je n’avais plus de force… J’étais en train de couler, je regardais vers le haut. Je n’avais plus aucun espoir… J’avais abandonné. Et puis tout devenait noir, je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait… Le maître-nageur me sauva. Dès que ma tête fût sortie de l’eau, je recommençais à respirer normalement et je me mis, bien évidemment, à pleurer. Il me ramena chez mon institutrice et le prof était là. Tout ce qu’il a trouvé à me dire c’était “Ah! Désolé, je parlais avec ton institutrice.” Je ne comprends même pas comment il a eu le culot de me dire un truc pareil ! Je n’ai plus voulu aller à la piscine pendant un mois. Mais je me suis dit que ce n’était pas parce que j’avais failli me noyer que je devais arrêter la piscine. 

On y retourne

J’ai donc repris les cours. Les premières fois, c’était compliqué. Mais maintenant j’adore nager ! Je fais même partie des meilleures nageuses de ma classe. Je suis très reconnaissante envers le maître-nageur et mon institutrice qui m’ont aidé à vaincre ma peur. J’avoue que je reste traumatisée mais je suis heureuse d’avoir repris la natation. Ma conclusion ? Ce n’est pas parce que l’on tombe que l’on ne doit pas se relever. 

Auteure : Sarah, 12 ans, Waterloo

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