Jeune et lesbienne

Jeune et lesbienne

Très tôt, Jeanne s’est rendu compte qu’elle n’aimait pas comme les autres… Elle était, est, attirée par les filles. Si l’annonce de son homosexualité a été précoce, elle en souffre encore et toujours aujourd’hui mais ne baisse pas les bras.

Depuis toujours


J’ai ressenti de l’attirance très jeune pour les filles, notamment une amie d’enfance. J’avais 8 ans. Je ne savais pas vraiment mettre des mots sur ce que je ressentais pour elle. Mais j’ai commencé à m’assumer en tant que lesbienne à l’âge de 11 ans. Je sais, c’est très tôt ! Mon coming-out (1) s’est bien passé. Certains membres de ma famille l’ont mal pris, je m’y attendais. Le coming-out n’est pas quelque chose d’obligatoire, mais j’en ressentais le besoin. Mes parents s’en doutaient… J’avais des manières de garçon et je parlais souvent de filles de mon école que je trouvais belles. Ils n’ont donc été ni surpris ni étonnés par cette nouvelle et ont été très compréhensibles.

Souffrances


J’ai été harcelée pendant 2 ans, dans deux écoles différentes, juste à cause de mon orientation sexuelle. Je n’arrive pas à comprendre comment notre société a toujours cette mentalité après tant d’années ?! Aucune personne ne devrait connaitre le harcèlement, peu importe la raison, que cette personne soit LGBT, noire, blanche, musulmane, catholique ou autre ! J’ai été insultée, frappée, critiquée et rejetée. Toute cette tristesse que j’avais en moi s’est transformée en une haine énorme et parfois incontrôlable. Il suffit d’un minuscule problème et j’explose. Durant cette période, mon seul refuge a été la mutilation. J’ai toujours autant de pensées noires qu’avant, mais je ne me laisse plus faire. J’essaie de me retenir et de ne pas passer à l’acte, mais le seul moyen de ne pas me faire du mal, c’est de frapper dans un mur. Mes mains sont abimées à cause des coups dans les murs et mes bras sont cicatrisés à cause de la mutilation. Toute cette haine m’empêche de continuer d’avancer dans la vie, mais j’essaie de faire de mon mieux pour me retenir de faire quoi que ce soit. Je suis à l’hôpital à cause de toute la haine ainsi que la tristesse que j’ai tant de fois évacuée par de mauvais faits et gestes réalisés sur moi ou sur d’autres personnes. Je ne le souhaite à personne !

Amoureuse


Une chose qui me rend heureuse c’est que j’ai une amoureuse, une fille magnifique qui a connu ce que j’ai vécu, qui essaie de tout faire pour me rendre heureuse. Pareil pour moi, j’essaie qu’elle se sente bien. On s’aime et on s’en fout du reste, peu importe ce que d’autres personnes peuvent dire ! Ne vous laissez pas rabaisser par des gens qui ne méritent pas une seconde de votre attention, vous n’êtes pas seul·e·s !

Le coming-out, c’est l’action par laquelle une personne décide d’annoncer son homosexualité

Auteure : Jeanne, 13 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Harcèlements quotidiens

Harcèlements quotidiens

Les journées de Luce se ressemblent et ne sont pas réjouissantes du tout. Chaque jour, c’est la même histoire, subir les commentaires, les gestes déplacés, tenter de fuir les nombreux pénibles. Épuisée par ces comportements, Luce tire le bilan

Journée de merde, journée classique

7h27 Je rentre dans la station de métro pour aller à l’école. Il fait froid, très froid. Mon métro n’arrive pas, je fais un détour pour chercher un autre itinéraire quand soudain, je vois deux paires d’yeux m’inspecter de haut en bas. C’est deux gars dans la trentaine. Deux contrôleurs de la stib. Ils s’approchent et leurs deux voix se mêlent à leurs yeux obstinés: « Et toi ! T’aurais un numéro ? T’es vachement bonne ma chérie » ai-je entendu. Quand je cours pour essayer de fuir, je sens une de leurs mains sur mon poignet, essayant de me garder auprès d’eux. Quand je réussis enfin à m’échapper, les larmes coulent sur mes joues et mes jambes cherchent à courir, encore et encore. 15h50 Fin des cours, attroupement de jeunes en dehors de l’école. Comme d’habitude, un gars vient me claquer les fesses et me dire à quel point j’ai un gros cul. Il me suit pendant une centaine de mètres et me lâche après s’être lassé. 17h23 Enfin rentrée chez moi, je pense être soulagée… Je fais la bise à mon frère puis à mon père qui sur le fait me dit « Ho, ta poitrine est très jolie aujourd’hui, elle a grossi non ? » Je réponds par un rire gêné. La suite de la soirée continue par un rapprochement et une main sur mon épaule. Mes larmes coulent toute la nuit…

Témoigner et bouger

Aujourd’hui, je vis toujours dans la peur: peur de me faire siffler dans la rue, peur qu’on me regarde. Combien de fois me suis-je demandé si ma tenue pouvait justifier ce qu’il m’était arrivé ? Est-ce qu’un pauvre jean slim et un t-shirt uni large auraient pu causer cela ? Était-ce de ma faute ? Puis un jour j’ai vu un témoignage d’une fille qui racontait son histoire, cela me faisait beaucoup penser à moi. Cela m’a énormément touchée et j’ai décidé de me relever et de rejoindre un mouvement principalement composé de femmes : le féminisme. Je me suis rendu compte qu’aucun geste ni aucun vêtement ne pouvait justifier un acte ou une parole. Chaque jour, je me bats pour le droit des femmes, ces droits que normalement nous devrions déjà avoir parce que cela n’est pas normal. Ce n’est pas normal de devoir nous battre pour ce genre de choses. Surtout, n’oubliez pas que si quelque chose vous est arrivé, que vous soyez une fille ou un garçon parlez-en, ne vivez pas dans le secret !

A écouter aussi en podcast ici

Pour en savoir sur la réalité atroce d’autres femmes, voir l’expo Que portais-tu ce jour là ? organisée par Amnesty International

Auteure : Luce, 14 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

Et d’autres récits

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...
Honte de mes parents

Honte de mes parents

Longtemps Sofian a eu des difficultés à assumer la profession de ses parents, à accepter que sa culture n’était pas la leur. Arrivé à l’université, c’est dans un tout autre milieu qu’il évolue, mais il ne s’y sent pas à l’aise non plus… Qui est-il au juste ?

J’ai honte de mes parents

J’ai honte que ma mère soit ouvrière dans une usine et ne connaisse pas le Premier ministre de Belgique. J’ai honte que mon père soit chauffeur de bus et ne connaisse pas Victor Hugo (1). J’ai honte du fait qu’ils ne connaissent pas ce que j’aime, et surtout, je regrette de ne pas pouvoir leur en parler.
5h30 du mat’, j’éteins enfin mon ordinateur après l’annonce de la victoire surprenante de Donald Trump à la présidence des USA. J’ai tout suivi : les différents reportages, les différents États des USA clôturant peu à peu leur vote, la victoire serrée du milliardaire. C’est donc avec une fatigue intense, mais surtout une excitation profonde que je descends dans le salon pour annoncer les résultats à ma mère : “Maman, tu ne vas jamais le croire, c’est Trump qui a gagné!” Cigarette en bouche, devant la fenêtre entrouverte, elle me demande “Qui ?”.

Honte de ma famille

“Donald Trump est le nouveau président des USA”, lui dis-je… “Oh, tu sais bien, que je n’y connais rien de tout ça… Moi, la politique…” J’essaie tant bien que mal de lui expliquer les détails de l’élection : comment l’État du Sud a finalement voté républicain (3), les votes serrés… mais rien n’y fait. Elle m’écoute attentivement, mais ne comprend pas ce que je dis. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. J’ai toujours été fasciné par la politique, la littérature et les différents évènements sociétaux. Mais lors des repas, lorsque je décide d’en parler à la table familiale, je subis les regards embarrassés de mes parents et les discussions se recentrent sur le dernier feuilleton à la télé. Gêné, mais aussi honteux, j’ai donc fini par ne plus en parler.

Honte de moi

Dans ce contexte, j’avais un espoir : l’université. En m’y inscrivant, je me disais qu’enfin, j’allais pouvoir discuter politique, philosophie… Je me disais qu’enfin, j’allais être compris. J’y ai rencontré des amis qui me comprenaient, mais hélas, c’est moi qui ait fini par ne plus les comprendre : je me suis retrouvé dans un tout autre monde, différent de celui de ma famille et tout aussi éloigné de qui j’étais, de mon milieu familial. Mes amis portaient des vêtements que je ne pouvais m’offrir. Ils parlaient de théâtre ou d’opéra où je n’avais jamais été, de livres ou de musiques classiques que je n’avais jamais écoutés ou lus. J’avais cette fois-ci honte de qui j’étais, honte de ne pas être à la hauteur face à ce tout nouveau monde. Honte d’avouer que je ne pouvais m’offrir le dernier téléphone à la mode. Honte de dire à mes amis quel métier faisaient mes parents.

Décalé

Ma famille venait d’un milieu trop ouvrier pour que je puisse parler de choses intellectuelles avec elle. Mes amis venaient d’un milieu trop riche pour que je puisse les comprendre. J’étais un zèbre : trop blanc pour être avec les chevaux, mais trop noir pour être avec les moutons. Je me sentais en décalage avec la société dans laquelle j’avais grandi. Quelle était donc ma place ? Était-elle aux côtés de mes parents? Devais-je succomber au déterminisme social en devenant ouvrier comme eux et leurs parents ? Etait-elle aux côtés de mes amis ? Avec ces personnes dont je ne comprenais pas la culture et qui ne comprenaient pas la mienne ? Cette question m’a hanté depuis des années et me hante toujours pour être honnête, mais plus je grandis, plus je parle avec ma mère. J’ai compris que son inculture n’était pas un choix, que la vie et la société ne lui avaient pas offert les mêmes privilèges qu’à moi. J’ai haï mes parents, sans me rendre compte que je possédais ce qu’ils n’ont jamais eu la chance d’avoir. Ne devrais-je pas avoir honte de moi-même pour cela ?

Accepter les nuances pour être moi

Tout cela m’a permis de m’affirmer. De ne plus avoir honte de dire que ma mère est ouvrière alors que celles de mes amies sont avocates ou banquières. De ne plus avoir honte d’expliquer à ma mère les dernières infos du monde politique même si elle ne comprend pas toujours de quoi je parle. Je suis fier de mes parents. Je suis fier que ma mère soit ouvrière dans une usine et ne connaisse pas le Premier ministre de Belgique mais qu’elle me montre les anciens quartiers métallurgiques de Liège où sa mère et sa grand-mère ont vécu. Je suis fier que mon père soit chauffeur de bus et ne connaisse pas Victor Hugo mais puisse réciter par cœur les génériques des dessins animés qu’il regardait petit. Je suis fier d’eux, car même s’ils ne comprennent pas ce que j’aime, ils me font découvrir ce qu’ils ont aimé. Je suis fier de qui je suis et d’où je viens.

Victor Hugo (France, 1802-1885), a éclairé la France et le monde de ses romans, de ses poèmes et de ses idées. Aujourd’hui, il inspire encore et toujours d’autres artistes… Deux exemples parmi de très nombreux autres, quand Disney sort le long-métrage “Le Bossu de Notre-Dame”, c’est à partir d’un de ses romans. C’est ce même roman qui a servi de base pour la comédie musicale “Notre-Dame de Paris”… Cette courte vidéo vous éclairera sur sa vie.

Auteur : Sofian, 20 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Qui fait le malin, tombe à l’internat

Qui fait le malin, tombe à l’internat

Pendant des années, Rayan ne faisait pas ses devoirs, ne travaillait pas à l’école, provoquait les professeur·e·s. Il a fait des bêtises assez grosses pour que sa mère n’ait plus qu’une solution, le mettre dans un internat.

Le grand jour

Ca y est, c’est le jour J. Ma mère me dépose à l’internat et repart. À travers les gouttes de pluie qui coulent sur la fenêtre de ma nouvelle chambre, je la regarde partir vers l’arrêt de bus. C’est très difficile, je fonce en pleurant dans la chambre d’un ami à moi, Ricardo, et lui demande pour appeler ma mère. Je retourne à la fenêtre de ma chambre avec le téléphone. Je lui dis : « Maman, c’est Rayan. Tu me manques, je veux que tu viennes me chercher ». En larmes, ma mère répond « Rayan, tu dois rester. C’est pour toi que je fais ça ». Elle raccroche alors que le bus arrive. Elle monte dans le bus et ces dix secondes me paraissent durer dix ans. Je me sens abandonné, je pleure comme jamais je n’avais pleuré avant.

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs

À l’heure où je vous parle, je sais que ma mère a fait ça pour moi, elle pensait que j’allais être mieux là-bas. Malheureusement, j’y ai vécu un enfer : les éducateurs nous frappaient. Un jour, à l’étude, un éducateur a jeté mon tout nouveau plumier sur moi parce que je n’avais pas fini mes devoirs. J’ai ramassé mon tipex, mes crayons cassés. J’ai pleuré. Je me sentais humilié. Après que plusieurs jeunes de l’internat aient aussi parlé de ce qui se passait là-bas, l’internat a finalement dû fermer.

L’ailleurs attise le manque du pays

Après cette mauvaise expérience, j’ai heureusement passé les quatre dernières années dans un internat qui me convenait. Là-bas, les éducateurs et les activités étaient très bien. J’ai donc pris du recul. Finalement, l’internat m’a permis d’apprendre à me gérer, à me calmer, à être plus sociable et à faire moins de bêtises. Et surtout, le manque de ma mère m’a fait comprendre qu’il était important de prendre soin des gens qu’on aime.

Auteur : Rayan, 14 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Un type, un joint et une grand-mère

Un type, un joint et une grand-mère

C’est dans la fumée d’un joint que Lucas a cru oublier la tristesse liée à la disparition de sa grand-mère… Au bout du compte, hélas, il semble qu’il s’est plutôt oublié lui-même.

Premier joint

Je m’appelle Lucas, j’ai 16 ans et depuis que j’ai 12 ans, je suis fumeur de cannabis (1). Depuis 4 ans donc, je fume tous les jours. J’ai commencé après le décès de ma grand-mère. Cela qui m’a fortement aidé, non pas à oublier son départ mais plutôt à me contrôler, je suis quelqu’un de nerveux. Je ne prends aucun traitement mais je fume, et ça calme. Quand j’essaie de ne pas fumer, je deviens plus agressif, le cannabis c’est devenu une addiction. Je ne fumais pas du tout avant son décès mais le manque de ma grand-mère était trop important pour moi et je ne pouvais plus supporter cette douleur. J’ai donc commencé à fumer tous les jours en me disant que la douleur partirait, elle aussi, en fumée.

Un être unique

Le jour où j’ai appris qu’elle était morte, je me suis focalisé sur tous les moments passés avec elle, ils passaient en boucle dans ma tête. Elle était comme ma deuxième mère, cette complicité, je ne l’avais avec personne d’autre. Je garde au fond de moi les moments partagés avec elle. Le moment où j’ai eu le plus mal, c’est à l’enterrement, je ne suis pas du genre à pleurer mais ce jour-là, je suis tombé en larmes quand on a passé sa musique préférée. Un sifflement dans mes oreilles est apparu et l’air est resté dans ma tête pendant des jours, impossible de ne plus rien entendre. C’est à partir de ce moment-là que je me suis mis à fumer… Pour ne plus repenser à ces bruits associés à la souffrance de l’avoir perdue.

Accro

Ceci dit, le cannabis n’a pas que le bon rôle de l’histoire. La première fois que j’ai fumé, j’ai attrapé un mal de tête, j’ai été saisi de vomissements. Le pire, c’est cette sensation de mollesse. Quand je fume, je me sens mou, je n’ai plus envie de bouger et j’ai faim. J’ai perdu de l’endurance aussi, et de la rapidité. Aujourd’hui, je n’en ai plus forcément besoin par rapport au décès de ma grand-mère mais c’est devenu une addiction. Cela fait maintenant quatre ans qu’elle est décédée. Ma nervosité vis-à-vis de son absence s’est transformée en douce nostalgie. Penser à elle, aux souvenirs passés ensemble et à l’amour qu’elle me portait a plus d’impact qu’un joint. Bien sûr, j’ai envie d’arrêter de fumer mais je n’ai pas encore trouvé d’autres solutions pour diminuer ma nervosité. Le coup de penser à ma grand-mère ne marche malheureusement pas avec tout ce qui me rend nerveux dans la vie… mais j’en trouverai d’autres.

(1) Le cannabis, est une drogue. Ses effets sur l’être humain varient en fonction de toute une série de données, si le produit est très concentré ou pas, quelle est la consommation… Dans les effets, il y a, par exemple, un sentiment de bienêtre, une impression de planer… Il arrive aussi des effets contraires comme un sentiment de profond malaise, d’angoisse… D’autres effets secondaires existent aussi, Lucas en parle dans son article.

Auteur : Lucas, 16 ans, Amay

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Team papa ou team maman

Team papa ou team maman

Est-ce qu’on doit choisir un camp ? Est-ce qu’on doit être d’une, et d’une seule, tribu ? Entre son père et sa mère, doit-on vraiment opter ? Après avoir grandi à la campagne Sarah se retrouve à Liège. Elle passe d’un univers plutôt monochrome à un univers nettement plus nuancé. Doit-elle, aussi dans cette situation, épouser un monde plutôt que l’autre ?

Tracer ma route entre deux autres

Tu choisirais plutôt maman ou papa ? Probablement l’un des dilemmes les plus célèbres auquel on a tous au moins une fois été confronté. Mais si d’après André Gide (1), choisir c’est renoncer, je renonce pour ma part à faire un choix. Née d’un père marocain et d’une maman belge, j’ai assisté à l’exécution d’un contrat de compromis entre ces deux identités culturelles disparates. Je dis disparates, mais pas incompatibles et j’insiste. La communion est possible. J’en suis témoin. Pour ma part, il a bien fallu me construire une identité propre au milieu de cette diversité. Certaines choses étaient presque prédestinées, car découlant notamment du compromis matrimonial du couple dont je suis issue. Je pense par exemple à mon éducation spirituelle. Un point pour papa : je suis musulmane. À côté de ça, j’ai participé aux fêtes de fin d’année, je recevais moi aussi des friandises dans mes chaussures à l’approche du 6 décembre et je chassais les œufs dans le jardin en avril : un point pour maman. Mais mon identité ne se résume pas aux seules influences parentales. Ma propre expérience de la vie a bien évidemment activement participé à mon développement personnel : attention, entrée en jeu de mes amies.

Quelles amies ?

Mais quelles amies ? Parle-t-on ici d’Aurélie et Fanny – amies d’enfance que le temps et les choix d’études différents ne sont pas parvenus à séparer – ou parle-t-on plutôt de Marwa et Nawal, amitiés nées plus récemment dans le contexte estudiantin de la ville de Liège ? Il faut dire que mon entrée à l’université a changé beaucoup de choses. L’institution porte d’ailleurs bien son nom : université ou florilège de diversités dans lesquelles il s’agit de se faire une place. Je pense pouvoir dire qu’il y a un avant et un après l’université puisque c’est à partir de cette étape que j’ai fait de plus amples connaissances avec une autre partie de moi-même. Considérons ainsi que le premier groupe d’amis représente le côté maman, quand le second renvoie plutôt au côté papa. J’ai, dans un premier temps, passé le plus clair de mon enfance dans l’ambiance « maman ». Originaire de la campagne, je n’ai pas énormément eu l’occasion de côtoyer, en dehors de ma famille, des personnes du team « papa ». C’est ça aussi d’habiter dans les Ardennes : le calme verdoyant propose certes pas mal d’avantages, mais sa faible densité de population n’offre pas énormément d’opportunités en terme d’ouverture sur la pluralité culturelle ou sociale à laquelle on est plus vite confronté au sein d’une ville telle que Liège par exemple. Ainsi, je grandis en faisant du solfège avec Angèle et Romain, en jouant au tennis avec Axelle, en montant à cheval avec Laure, en faisant du basket avec Bruno, en peignant avec Aurélie et j’en passe. Puis vient le grand jour, celui de mon entrée dans la cour des grands. Quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir alors des jeunes filles voilées, des peaux plus colorées… Tout un arc-en-ciel humain duquel je n’ai jusqu’à lors que peu d’acquis.

Et moi ?

Dans quelle couleur vais-je me ranger ? Je suis à la fois perplexe et excitée quand je vois le panel de possibilités qui s’offrent à moi. Finalement, je décide de laisser les choses se faire naturellement. C’est comme ça que de fil en aiguille, de rencontres en éloignements, je me rends compte que je vais étudier à la bibliothèque avec Nawal, que j’aime manger dans les petits endroits où m’emmène Marwa, que je commence à apprécier cette musique que Mehdi écoute en boucle. Mais il n’empêche que mercredi prochain, je prendrai un chocolat chaud avec Aurélie, qu’on discutera de ce que sont devenues Mathilde, Authone et Justine. On se remémorera les bons souvenirs tout en en créant de nouveaux. Au fond, je ne crois pas qu’il existe de réel vainqueur à ce simulacre de compétition entre « maman » et « papa ». Je les aime autant l’une que l’autre, l’autre que l’un. Mon identité continue simplement d’éclore au rythme de mes expériences. Hier, je rencontrais Aurélie, demain je rencontrerai Marwa. Je considère ainsi ma mixité comme une richesse inestimable et je n’ai de cesse de vouloir l’accroitre. Et si je me perds parfois dans la multiplicité culturelle qui me compose, je sais au moins une chose : je me sens moins belge ou marocaine que musulmane.

André Gide (France, 1869-1951), écrivain, prix Nobel de Littérature en 1947. Pour lui, le but secret de la littérature était de “ lever l’homme au-dessus de lui-même, le délivrer de sa pesanteur, l’aider à se surpasser, en l’exaltant, le rassurant, l’avertissant, le modérant.” Découvrez les textes de cet auteur en cliquant ici.

.

Auteure : Sarah, 22 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Reconnaissons Rosalind

Si j’étais la personne la plus intelligente au monde, je serais Rosalind Franklin. Rosalind Franklin est une scientifique anglaise, née en 1920, à Londres. Elle grandit dans une famille cultivée qui...

Et c’est ok

Quelle serait la trace que j'aimerais laisser sur Terre ? C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question ou de trouver exactement ce que j’aimerais laisser comme trace de mon existence....

Victimes

Les critiques, les commentaires et les clichés, j’essaie que ça me passe par-dessus la tête.Mais quand t’es jeune et que t’as des parents conservateurs, c’est difficile. 22 ans. Je veux vivre avec...

Anxiété

Je suis anxieuse mais on ne dirait pas. Je suis très anxieuse mais les gens ne le voient pas / je ne le montre pas. Tout le monde pense que je suis « je m’en foutiste » et évidemment je ne vais pas...

LES PETITS AVIS, EPISODE 159

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Planète tatou

Le dessin, ça a été, et c’est toujours d’ailleurs, mon exutoire. Une porte de sortie pour les émotions que j’ai eu tendance à emballer. C’est une façon de me concentrer dessus et de les expulser,...

A mon futur enfant

En 2026, Scan-R organise des ateliers d’expressions pour des jeunes adopté·es, leurs proches ou les personnes connaissant la thématique. L’objectif final sera de retrouver leurs témoignages dans une...

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R