Histoires de migration

Histoires de migration

Ces textes ont été produits pendant un atelier sur l’interculturalité. Les jeunes ont rencontré une personne ayant vécu un parcours migratoire et ont été invité à s’exprimer suite à son témoignage. 

Anonyme, Liège

J’ai souvent vécu des histoires de racisme. Ma mère est voilée et je sens la discrimination, le jugement et les réflexions des gens. Ici en Belgique, je ne ressens pas beaucoup de racisme mais une fois en France ou du côté Flamand, je sens beaucoup les gens nous dévisager. Peut-être parce qu’on n’est pas blanches ou qu’on n’est pas comme tout le monde. J’ai vu des sœurs voilées se battre pour le porter mais la société et le gouvernement d’aujourd’hui les forcent à le retirer alors que c’est un choix et non une soumission. Je trouve que chacun a le droit de faire ce qu’il veut.

Immigré de l’Irak, Abdallah, 21 ans, Liège

Née en 2004, l’opération tempête du désert (organisée par une coalition) a ravagé mon pays. Ravagé de manière sociale, économique, politique et j’en passe. Aujourd’hui, mon pays est en ruine et les enfants de ce pays sont condamnés à reconstruire leur pays.

Mon pays est mort parce que les dirigeants sont devenus trop puissants. J’ai la chance de m’en sortir et d’être venue de manière légale en Belgique mais la fin de la guerre m’a laissé des séquelles immenses.

L’opération tempête du désert a pris fin de manière officielle en 2004 mais celle-ci a réellement continué jusqu’en 2010.

Aujourd’hui, je me considère comme belge à racine Irakienne.

Anonyme, Liège

Quand on me dit « migration », ce qui me vient en tête c’est changer de pays. Plus tard, j’aimerais bien migrer dans un autre pays. Un pays musulman pour ne pas que mes enfants connaissent le racisme, mais aussi pour avoir plus de facilités à trouver un métier. Quand on n’a pas un prénom français, c’est plus compliqué.

Océane, 19 ans, Liège

Moi j’ai dû quitter mon pays, il y a 15 ans, avec ma mère pour des raisons de santé. Et l’année prochaine, je compte partir en France pour les études. (Quand c’est par choix, je trouve ça bien mais pas quand c’est « obligé »).

J’ai mon meilleur ami qui est en France depuis qu’il est petit (10 ans) avec sa famille car, dans leur pays, c’était dur politiquement jusqu’à maintenant, ils n’ont pas les papiers et l’Etat ne veut pas les régulariser et je trouve ça très injuste.

Personnellement, je ne me sens pas belge car je n’ai aucun attachement ici.

Anonyme, Emily, 21 ans, Liège

Quand j’entends migration, je pense à mes parents, à ma mère a dû quitter son pays très jeune afin de fuir des conditions de vie très compliquées car le Nigéria est un pays qui est très faible niveau sécurité. Arrivée en Belgique, à Bruges, dans un centre puis elle a obtenu le statut de réfugié et elle est partie vivre à Ostende où je suis née pour migrer à Liège, quand j’avais 7-8 ans car elle n’aimait pas la mentalité des flamands. Mon papa, lui, a migré pour poursuivre ses études.

Auteurs/ices : Anonymes, Abdallah, Emily, Océane

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Je pars

Je pars

Enfant nègre, fils d’un émigré,

Bien loin du littoral à la recherche du Saint Graal.

Je pars, dans l’espérance de repêcher,

Un avenir bien meilleur que ce qu’offre la mer au filet des pêcheurs.

Je pars dans une aventure captivante à travers l’océan Atlantique. Les eaux cristallines se mêlent au bleu profond de l’horizon, tandis que les vagues rythment le voyage en pirogue. C’est un périple rempli de défis et de beauté naturelle, où chaque kilomètre parcouru raconte une histoire unique de courage et de détermination.

Je pars, mon cœur ne supporte plus de revenir dans cette injustice et misère.

Alors ce soir je m’en vais sur le chemin de l’Atlantique.

Je pars dans le doute de perdre ma vie. L’Atlantique peut être très dangereux et les conditions maritimes peuvent changer rapidement et rendre la navigation difficile.

Je pars et ne saurais te dire quand je reviendrai…

Ne m’attends pas pour déjeuner ou dîner, car à vrai dire, je ne sais si je reviendrai vivant.

Je pars, très loin de cette injustice. En voulant être juste sans tomber dans l’injustice. Je me retrouve sans papier et c’est pas juste. Vouloir fuir l’injustice me met dans une situation injuste.

Je pars pour me refaire.

Je sais pas si je peux le faire.

Je pars pour une transformation pour le faire. Je pars et je tombe dans un transfert.

Je pars pour devenir un infirmier exemplaire mais, je sais pas si on va me payer mon salaire. Je pars pour ensuite me retrouver dans un autre hémisphère.

Je pars en avion comme les pigeons en l’air. Je pars pour ne jamais revenir. Je sais pas quand est ce que je vais revenir. Je pars pour construire mon avenir.

Je sais pas quand cette aventure va finir. Je pars et je tombe dans une vie sans savoir si je vais m’en sortir. Je pars.

Auteur : Boubacar, 18 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre livre

Ce que je réalise sur la migration

Ce que je réalise sur la migration

Ces textes ont été produits pendant un atelier sur l’interculturalité. Les jeunes ont rencontré une personne ayant vécu un parcours migratoire et ont été invité à s’exprimer suite à son témoignage. 

Tanis, 17 ans

Suite au témoignage de Younes, je me suis rendu compte de beaucoup de choses. Je souhaite à toutes les personnes là plein de réussite et de bonheur. C’est dommage que certaines personnes ne voient pas la difficulté des gens qui viennent d’ailleurs. Tout le monde doit être accepté !!!

Maureen, 17 ans

Suite au témoignage de Younes, je me rends compte qu’en tant que Belge cette situation me dépasse mais j’arrive à comprendre les personnes dans cette situation. J’aimerais leur donner un regard extérieur ainsi que du soutien moral. J’aimerais dire à ces personnes que tout est surmontable.

Eloïse, 17 ans

Suite au témoignage de Younes, ce que je réalise c’est que jusque-là je pensais que les migrants venaient par choix et non par obligation. J’ai parfois pu penser des choses méchantes par rapport aux migrants, mais je me rends compte que certaines personnes n’ont aucun choix et doivent tout abandonner pour ne pas mourir. Cette histoire a fait changer mon opinion et je ne jugerai plus ces personnes qui ont dû vivre des choses atroces.

Kenza, 18 ans

Suite au témoignage de Younes, ce que je réalise c’est que nous ne réalisons pas la chance qu’on a de vivre dans un pays « libre » sans dictature. Nous avons tous le choix dans notre société. Le choix de notre orientation sexuelle, le choix de notre travail. On ne se rend pas compte que les migrants vivent une période compliquée et qu’on doit être là pour les soutenir. Cherchons plutôt à les comprendre et à les aider au lieu de les JUGER.

Anonyme

Quitter tout ça doit être dur car moi je sais que si je devais quitter la Belgique je le vivrais vraiment mal, car tout est ici. Ma famille, mes amis, ma maison, mes habitudes et quand on arrive dans un autre pays déjà que c’est dur on se fait juger et critiquer sur notre origine.

Sara, 17 ans

Je pense que par rapport à certains pays la Belgique est beaucoup plus sécurisée que ce soit au niveau des lois ou même dans la rue, par exemple le fait que les femmes étaient obligées de se voiler en Iran et de demander l’accord de leur père ou leur mari pour certains choix m’a vraiment choquée.

Auteurs/ices : Anonymes, Tanis, Maureen, Éloïse, Kenza, Sara, Herve

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Quand on me dit « migration »

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Ces textes ont été produits pendant un atelier sur l’interculturalité. Les jeunes ont rencontré une personne ayant vécu un parcours migratoire et ont été invité à s’exprimer suite à son témoignage. 

Anonyme, 17 ans

Quand on me dit « migration », ce qui me vient en tête c’est tout d’abord l’histoire de ma mère qui est partie depuis la République Dominicaine afin d’avoir une vie meilleure.

Mais je pense aussi à ma grand-mère du côté de mon père qui, elle, est née au Congo après que mes arrières grands-parents y soient partis pour devenir riches mais elle a dû partir à cause de la révolte au sein de ce même pays.

Anonyme, 17 ans

Quand on me parle de migration, ce qui me vient en tête c’est des parcours, une aventure vécue pour différentes causes par différentes personnes. Certaines personnes comme mes grands-parents qui ont migrés à cause de la guerre et pour offrir un bon avenir à leur enfant, ne pas leur faire vivre la misère.

Faustine, 17 ans

Un réfugié c’est quelqu’un qui quitte son pays pour aller dans un autre pays, c’est quelque chose qui existe depuis très longtemps et qui touche un grand nombre de personnes. Leurs histoires sont toutes différentes mais toutes touchantes, ils ont parfois tout quitté pour leur sécurité, leurs idées politiques ou autre. Personnellement, je n’ai pas eu à migrer mais je me vois peut-être migrer dans les îles comme la Réunion ou Tahiti. Pas parce que ma sécurité est en danger, mais parce que ces endroits me plaisent plus que ma ville.

Anonyme, 17 ans

Quand on me dit « réfugiés », je pense à l’injustice car ça aurait pu être moi. Ce sont des personnes qui n’ont pas choisi de naitre dans un pays en guerre, dans la famine ou même dans un pays avec une dictature. Le monde est parfois injuste et je respecte les gens qui osent lever ces injustices et se battre contre. Tout le monde ne serait pas capable.

Auteurs/ices : Anonymes, Faustine

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Je suis venu pour apprendre

Je suis venu pour apprendre

Je suis arrivé, cœur battant, dans l’hiver de vos rues,
Mes rêves en poche, mes douleurs à demi nues.
J’ai laissé derrière moi les chants et la poussière,
Un pays sans lumière, où l’on grandit sans repère.

Là-bas, les livres étaient rares comme la paix,
L’école un mirage, que la misère effaçait.
Mais j’avais ce feu, ce besoin d’espérance,
Cette soif d’apprendre, cette foi en silence.

Je suis venu non pour voler, ni mendier,
Mais pour m’asseoir, écouter, me relever.
J’ai frappé aux portes, le regard sincère,
Mais l’accueil fut froid, parfois même sévère.

Je ne demande pas l’aumône ni la pitié,
Juste une place, un banc, une identité.
Je suis étudiant, pas un poids ni un problème,
Je porte un crayon, pas un dilemme.

L’intégration m’a rejeté sans me connaître,
Comme si mes rêves n’avaient pas le droit d’être.
Mais je reste debout, malgré les refus,
Car même blessé, je poursuis ma vue.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Richnel, 23 ans, Liège

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