La gifle

La gifle

Pendant un an et demi, Amélia a eu une sale histoire et on ne peut pas appeler ça une histoire d’amour. Victime de celui qu’elle aimait, elle pense aujourd’hui à toutes les autres femmes qui sont deux fois prisonnières. Une première fois du virus, une seconde fois de leur gars.

Le confinement ce n’est pas chouette. On ne peut plus aller au cinéma, prendre un verre avec des copains, faire ses courses tranquillement ou seulement, bêtement, se balader en paix. Du haut de mes 20 ans, j’ai vécu un tout autre confinement qui, lui, a duré 1 an et demi. Livrée à moi-même, je tombe sous le charme d’un homme qui, au début, avait tout d’un gentleman. Il se présenta comme un héros, il m’a promis la lune et dans mon malheur… je l’ai cru.

L’oiseau était dans la cage. Interdiction de sortir, souffrances physique et mentale, surveillance constante, rabaissement et j’en passe. Aveuglée par ses moments de tendresse entre deux « personne d’autre que moi, jamais ne voudra de toi, Amélia » je ne vivais que par lui. Je restai car j’étais conditionnée, IL m’avait conditionnée. 

Certaines femmes le sont aussi, mais avant le confinement, elles avaient l’opportunité de s’aérer l’esprit. Aujourd’hui, je pense à toutes ces femmes qui, malgré elles, se retrouvent confinées avec leur bourreau. Ces femmes qui s’acharnent à éduquer leurs enfants du mieux qu’elles peuvent, qui malgré leur fatigue et la pression, s’occupent de leur maison comme des chefs et qui ne reçoivent jamais la reconnaissance qu’elles mériteraient. Je veux qu’on pense à elles car quand nous nous plaignons que le wifi bug, elle reçoivent une gifle pour une assiette mal rincée. 

A écouter aussi en podcast ici

Info en plus. Dans “Coronavirus en Belgique: les lignes d’écoute pour les victimes de violences conjugales sont saturées”, une dépêche de l’agence Belga publiée sur le site de la RTBF, on apprend que, depuis le début du confinement, le nombre d’appels passés au 0800/30.030 a doublé. Ce numéro est celui de Ecoute violence conjugale, disponible 7/24, il permet – gratuitement et dans l’anonymat – de parler de la situation. Parler, c’est un premier pas vers une solution.

Auteure : Amélia, 20 ans, namur

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance.

Et d’autres récits

Identité urbaine

Dans ma vie, se sont succédés des chemins, des rues, des avenues, des obstacles, des bâtiments, des maisons, une architecture bien définie pour toute chose à faire et à pouvoir faire. C’était beau,...

L’argent et la couronne

Ils veulent tous la monnaie mais personne veut la mine,Tout le monde veut l’empire, mais pas bosser pour qu'ils s'animent.On vend du rêve en vitrine, en coulisse ça s’abîme,Le salaire est maigre...

LES PETITS AVIS, EPISODE 142

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

Voyager

Le voyage peut-il servir en tant que quête identitaire ? Que ce soit pour les jeunes ou pour les plus vieux, parfois, voyager peut nous servir. L’activité nous pousse vraiment à faire ce que l’on...

J’ai toujours cru en notre génération

J’ai toujours cru en notre génération. Dans le monde actuel, nous sommes la génération la plus critiquée. Les plus âgés nous décrivent comme « flemmards », « pas responsables », comme « des assistés...

La nuit étoilée ; la vérité

C’est dans l’ombre du ciel que l’origine de l’être humain se décide et met à nu, il se dévoile et sa nature se dessine. C’est sous les étoiles que l’humain rêve et garde espoir au lendemain. C’est...

La douceur

La douceur est pour moi en lien avec l’affection. Je pense d’abord à celle qu’une mère est censée donner à son enfant, donner de la rassurance, la paisibilité, du repos, de l’amour. Une fois...

S’informer, c’est apprendre

Scan-R rencontre, parfois, des jeunes pour parler médias : qu'est-ce qu'un média ? Comment fonctionne-il ? Quel est le rôle d'un journaliste ? A quoi doit-on être attentif·ve face aux différentes...

Un cœur dans le siècle

Si j’étais une œuvre d’art, je serais L’Attrape-cœurs de Salinger. Je serais ce môme de 16 ans que tout le monde rejette, qui n’arrive pas à rentrer dans les cases. Pas par mauvaise volonté –...

En chemin

Que dire ? Ce n’est pas facile de parler de soi... De se décrire, d’exprimer des choses qui nous appartiennent au plus profond de soi... Cela dit, c’est un exercice d’écoute de soi-même dans ses...
Confinée, saison 2

Confinée, saison 2

Blanche a 24 ans, son confinement a quelque chose d’unique. Pour elle, c’est une prolongation d’une situation qu’elle connaissait déjà de manière intime et angoissante. Malgré tout, le message qu’elle partage est formidable d’espoir.

Pour moi, le confinement a un goût amer. Pas parce qu’il me sort de mon quotidien mais, au contraire, parce qu’il est présent depuis trop longtemps. Le matin du 12 mars, on m’a annoncé la rémission de mon cancer. Le même 12 mars, au soir, le pays se mettait partiellement à l’arrêt. Physiquement et psychologiquement, je m’étais préparée à sortir à nouveau en commençant un service citoyen(*) afin de retrouver un rythme quotidien. Aujourd’hui, j’ai l’impression que tout le monde s’est adapté au mien.

Il y a encore un mois, la connotation du verbe « sortir » était pour moi source d’angoisses. Le monde extérieur était devenu un lieu hostile, un terrain de jeu potentiel pour mes crises de spasmophilie, vertiges et autres joyeusetés, toutes des conséquences de mes traitements hormonaux. Sortir seule ressemblait alors à un fantasme, la faute à mes cognitions négatives et obsessionnelles qui me criaient que sortir, c’était prendre un risque. Changer ces cognitions en démarrant un service citoyen m’a demandé beaucoup d’efforts et j’ai peur que cette obligation de confinement les réduisent à néant.

Des psychologues estiment qu’une durée de confinement de plus de dix jours est prédictive de syndrome post-traumatique. Des numéros verts spéciaux pour le corona se sont donc mis en place mais, parfois plus forte que les angoisses intérieures, il y a l’angoisse téléphonique, et aussi souvent la sensation qu’on n’est pas légitime ou qu’on n’a pas assez de raison de demander de l’aide. Mais il n’y a jamais de mauvaise raison, elles se valent toutes. J’ai eu un épisode dépressif qui a été bien plus dur à vivre que toutes les douleurs physiques que j’ai connues. Ce que j’en ai retenu, c’est que nous ne sommes pas responsables de notre détresse psychologique.

Je pense à ceux qui souffrent du confinement, pour une raison ou pour une autre, que ce soit les personnes autistes qui doivent adapter leurs habitudes, ceux qui subissent la violence de leur conjoint ou de leurs parents, ou encore ceux qui subissent une addiction renforcée par la situation. Je pense à tous ceux qui culpabilisent de retomber dans de mauvais travers, de prendre des médicaments pour dormir, de ne pas travailler assez ou de ne pas profiter du confinement pour apprendre le grec ancien.

Je voudrais qu’ils puissent déculpabiliser, et moi avec. Chercher à vivre, avec ou sans aide (médicamenteuse ou humaine), mais vivre, malgré tout. Malgré les angoisses qui persistent, malgré le chagrin et la peur. Vivre malgré le confinement, les non-sens politiques, les cognitions négatives. Vivre malgré les deuils et la solitude. Vivre pour ne pas mourir, périr, pourrir. Vivre avec des anxiolytiques, de l’alcool, du chocolat, des antidépresseurs s’il le faut. Nous avons le droit d’être en détresse, d’être faible, d’être paresseux ou anxieux. Je fêterai mes 25 ans dans un mois, confinée et sous anxiolytiques s’il le faut. On n’est pas surhumain, on ne doit pas l’être. Humain, c’est déjà très bien.

(*) Le service citoyen est une expérience de vie, exceptionnelle, proposée aux jeunes de 18 à 25 ans. Durant six mois, ils prennent le temps de s’engager  dans une structure, une association solidaire, tout en réfléchissant à de quoi demain sera fait.  

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Blanche, bruxelles, 24 ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier, virtuel, de Scan-R

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...
L’humain plus bête que les bêtes ?

L’humain plus bête que les bêtes ?

Quatorzième jour de confinement, mon esprit est fatigué. Je suis fatiguée. J’essaie de m’occuper mais en vain. Je pense que les humains ne sont pas faits pour être enfermés aussi longtemps. Mais finalement quatorze jours, est-ce beaucoup ? La mentalité des gens changera-t ’elle à la fin de cette période ? 

 Je me pose beaucoup de questions. Nous ne supportons pas l’idée d’être enfermés, pourtant nous infligeons ça et bien pire à des milliards d’animaux. En effet, d’après l’article de Thomas Depicker paru en février 2019 sur Moustique, plus de 26 millions d’animaux sont abattus par mois. Les porcs sont les animaux les plus abattus. Ils représentent 59% à eux seuls. D’après Animal Rights, chaque année en Belgique et au Pays-Bas, plus de 2,5 millions d’animaux de laboratoire sont tués… Pire encore, plus de la moitié de ces animaux sont morts avant que ne soit menée la moindre expérience… ces animaux n’étaient qu’un stock.

Certains êtres humains sont vils et cruels, certains détruisent. J’espère qu’après ce confinement, une remise en question générale apparaîtra et qu’une prise de conscience naîtra afin que nous arrêtions, enfin, de détruire notre belle planète. J’aimerais que les gens se rendent compte du mal qu’ils font lorsqu’ils enferment des animaux sans s’en occuper. Un animal n’est ni un jouet ni un ornement, il n’est pas fait pour vivre seul ou abandonné dans un coin. J’ai beau espérer que ça change, je crains que cela ne change jamais. Le fait que l’être humain puisse penser au bien-être animal avant son plaisir pécuniaire me parait dérisoire. 

 J’ai envie de m’évader, j’ai envie de profiter. Je vis avec ma famille, c’est amusant mais il m’est impossible d’être seule lorsque j’en ressens le besoin. Mon esprit essaie de s’évader mais il n’y arrive pas. Et les animaux ? Comment font-ils lorsqu’ils veulent s’évader ? Eux non plus ne sont jamais seuls. Être enfermés toute leur vie dans une cage, tel est leur sort. Comment puis-je me plaindre après seulement quatorze jours ? Je me sens égoïste vis-à-vis d’eux. 

J’aimerais faire passer un message, j’aimerais que les gens bannissent de leur vie les zoos et les cirques utilisant des animaux. Certes c’est divertissant, mais c’est tellement cruel. Pouvez-vous vous imaginer être arraché à votre famille puis enfermé seul dans un endroit qui vous est inconnu bien loin de votre milieu naturel ? Pouvez-vous vous imaginer d’être torturés durant toute votre vie afin de réaliser différents tours devant une foule en délire ? Il y a quelques années, je suis allée en Afrique et nous sommes allés faire une balade à dos d’éléphant. Crédule et inconsciente, je pensais que cela serait une expérience inoubliable. Quel souvenir atroce. J’en ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Les éléphants étaient tellement braves mais tellement déprimés. Lorsque qu’ils n’obéissaient pas, un crochet en fer de 5-10 centimètres leur était enfoncé dans la tête. Comment l’être humain en est-il arrivé là ? Comment ce genre d’individu peut dormir et vivre en faisant cela ? 

 L’humain subit une pandémie virale. Il faudrait pourtant qu’il se rende compte que le virus sur terre, c’est lui. Quatorzième jour, je me réveille le matin, je mange mon dîner et je m’occupe de mes chevaux l’après-midi. Ensuite, je retourne dans ma cage. Voilà mon quotidien depuis quatorze jours. Et demain, quinzième jour, le rituel recommencera.

Auteure : Aurore, Heusy, 19 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance.

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Ma manière de voir le confinement

Ma manière de voir le confinement

Je crois que je ne me rends pas bien compte…. On pourrait me dire d’ouvrir les yeux et de voir, tout le monde connaît la situation Le problème ce n’est pas de voir ni de savoir, mais de réaliser ! Tout est arrivé si vite ! D’un jour à l’autre on s’est retrouvé enfermé chez nous (ou pas pour les moins chanceux d’entre nous) avec la demande de ne plus sortir. Les cours ont été suspendus, tous les loisirs externes ont été annulés. Comment vivre avec tout ça ?

Le chiffre de contaminés augmente chaque jour et les gens sont de plus en plus méfiants. On se sent jugé au moindre toussotement ou reniflement. Nous évoluons dans un climat de peur et de stress mélangé à de l’euphorie et à de la colère. Je repense au vendredi avant le confinement, tous les élèves étaient joyeux et criaient « Plus d’école durant 5 semaines ! » et moi je les regardais. Je n’étais pas révoltée ni même offusquée par leurs propos. Pourquoi l’aurais-je été ? Je comprenais leur joie et j’avoue que ne plus avoir école me rendait tout aussi joyeuse, mais je me demandais surtout s’ils se rendaient vraiment compte de la situation. La suspension des cours, c’est une conséquence, une répercussion à une situation qui n’est pas forcément des plus drôles. Je me demande comment nous sortirons de cette…expérience.
Chez moi, rien ne semble changer. Des cris, des engueulades, des rires, … j’ai l’impression d’être enfermée dans un cube qui ressemble beaucoup à mon quotidien mais qu’au-dehors se trouve l’inconnu. Personne ne sait vraiment vers quoi on va…

Beaucoup de choses me trottent dans la tête, faut dire qu’on a le temps pour ça… Moi qui ne pensait que : présentations, jobs étudiants, examens, avenir ! Voilà que je me retrouve avec des journées entières de libre, comme de pages blanches qui attendent qu’on les remplisse. Mais combien y a-t-il de pages ? Le soleil semble nous accompagner, le printemps pointe le bout de son nez, les feuilles des arbres et les pâquerettes semblent entretenir un discussion endiablée au rythme du vent qui lui, est toujours présent, fidèle au poste comme un bon soldat.

Les gens semblent enfin se rendre compte de la beauté que nous offre la terre, les voilà qu’ils veulent tous aller se promener ! J’ai l’impression de redécouvrir l’ennui, j’ai le temps de m’asseoir et de me demander : “Qu’est-ce que j’ai envie de faire ?” Bien sûr je ne perds pas le nord, je travaille la moitié du temps. Mais je chante aussi, je dessine, je lis plus d’un livre par semaine, je cours ! Pleins de satisfactions que j’avais mise tout en bas de la liste de mes priorités. Je reprends goût à aller dehors (dans mon jardin, bien sûr), je dépoussière ma bibliothèque au rythme des valses de Chopin et des préludes de Bach et surtout je profite de tous ces petits moments rien qu’à moi. Pour moi ce confinement, c’est une renaissance ! Je ne dois plus décompter les heures à l’école avant de pouvoir me remettre au travail pour tenter de rendre mes présentations à temps ! Mon stress et ma fatigue se sont envolés, loin !

Je pense qu’au final, le confinement nous aura été à tous bénéfique (du moins pour les personnes confinées), il nous aura permis de nous retrouver, de fertiliser notre créativité, de s’occuper de soi et des autres. Alors même si c’est un situation bizarre et exceptionnelle, profitons de ces petits moments de liberté, profitons des autres et de nous. Et bien sûr, parce qu’il faut en parler, pensons aux personnes touchées par cette maladie et envoyons de la force au personnel médical, aux policiers, aux personnes qui font tout pour nous aider à subvenir à nos besoins et à toutes les personnes dans la rue qui n’ont pas la possibilité de pouvoir se réfugier chez elles.

La solidarité, c’est ça qui nous sauvera ! On peut parfois avoir l’impression d’être inutile mais rien que le fait de rester chez soit, de faire les courses pour les personnes malades, d’applaudir le personnel soignant à 20 heures tous les soirs ou encore d’éviter les écrans pour ne pas surcharger internet, ça aide ! On peut être utile ! 

Auteure : Sarah, Fernelmont, 14 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance.

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Les petits avis, épisode 1

Les petits avis, épisode 1

Scan-R, dès le départ, donne la parole à tout le monde… Dans les témoignages que nous avons reçus, certains étaient un peu trop courts pour faire l’objet d’un post sur notre site. Nous avons donc décidé de rassembler ici ces petits avis !  

Nathaël, 12 ans, Halanzy

Je ne suis pas très stressé par la crise qui se passe en ce moment car j’essaye de respecter au maximum les règles de sécurité. Pendant le confinement, un club de basket donne des défis chaque jour alors avec ma famille ou tout seul je les réalise ensuite on leur envoie la vidéo de nous. Puis ils rassemblent toutes les vidéos des personnes qui on fait le défi pour en faire une vidéo plus longue qui est publiée sur facebook. C’est très important pour moi ! Le basket a une grande place dans ma vie et pour l’instant j’en suis privé. (…) Le confinement terminé  j’aimerais retourner au basket jouer avec mes ami-es, aller me balader dans les rue avec elles et eux, aller dormir chez mes amis ou les inviter a dormir chez moi.

Vanina, 16 ans, Bruxelles

Ce cher covid-19 a débarqué dans nos vies de manière si brutale et spontanée. Nous ne l’avions pas vu venir, ça c’est sûr. Mais il fait du bien. Un peu paradoxal n’est ce pas ? Quand on regarde le taux de pollution, n’y-a-t’il pas un petit sourire au coin des lèvres ? La terre semble enfin respirer !  À côté, le désastre meurtrier qu’il provoque est très effrayant et triste. C’est étrange comme une chose peut être si positive et négative à la fois. C’est le cas pourtant du coronavirus. J’espère tout de même qu’on pourra bientôt lui dire « à plus » et tirer des nombreuses conséquences, une bonne leçon, à ne pas manquer si l’on veut éviter d’autres amis du genre à l’avenir.

Ayoub, 15 ans, Amay

Le confinement est très compliqué pour moi,  je ne vois plus mes amis et le fait de ne plus pratiquer la soudure me manque énormément. L’école à la maison, c’est la pire école qu’on puisse avoir. Les professeurs nous surchargent de travail et quand je reçois leurs exercices, mes yeux n’en reviennent pas à la vue de la quantité de travail à fournir. À cause du confinement, je ne dors pas beaucoup ce qui fait de moi un véritable zombie, heureusement que le café existe ! Sinon ma routine est la même que pour tout le monde, je fais mes devoirs, je joue dehors, je passe du temps en famille et j’embête ma sœur mais disons que ça ne change pas de d’habitude. Ma devise : rester positif car tant qu’il y a de la nourriture tout va bien.

Zélie, 13 ans, Villers-la-Chèvre (France)

Quand le confinement sera fini, j’irai voir mes amies. Ça fait trop longtemps que je ne les ai plus vues et elles me manquent énormément. Je ne sais pas ce que je ferai d’autre à part aller voir mes grands-parents. Eux aussi me manquent énormément. Donc pour conclusion, après le confinement, j’irais voir mes grands-parents et surtout je fêterai mon anniversaire avec mes amis. 

Dorian, 19 ans, Bruxelles

L’arrêt de ma mission au Service citoyen fut une petite déception. Je faisais enfin quelque chose, j’était utile. Le confinement m’a renvoyé à ma vie, pas ma vrai vie, celle qui commencera un jour, mais plutôt cette vie ou je n’ai pas de projet et où l’avenir est incertain. Cette vie, où je n’ai ni activité, ni passe temps. Je suis chez moi et je ne fais rien. Ce confinement va-t-il me ramener à cette routine ennuyeuse pendant encore longtemps? Est ce que je perdrais le moral, encore ? Je n’ai pas de réponses à ces questions. Nous sommes  enfermés.

J’ai l’impression que le temps passe vite mais en même j’ai l’impression qu’il ne s’écoule pas. Ce confinement est une mise en pause et j’espère pouvoir reprendre le cours de ma vie. Que seront nos vies après tout ça ? Tout redeviendra-t-il comme avant ? Est-ce que je ferais toujours la bise a mes amis ? Est-ce que je me souviendrais ? Tant de questions pour savoir comment demain sera ? Mais est-ce que demain sera ? Trop d’incertitude et de doute. C’est une période de doute.

Alexis, 19 ans, Housse

Le confinement, c’est une chose qu’on ne vit pas très souvent. Il y a des aspects positifs avec le coronavirus mais il y a beaucoup plus d’aspects négatifs. Le positif : puisque de nombreuses entreprises sont à l’arrêt, puisque c’est presque pareil pour les avions, les voitures aussi, la pollution a vraiment beaucoup diminué et la nature reprend le dessus sur l’humain. Il faudra donc en tirer une conclusion et ne pas reproduire les mêmes erreurs dans le futur. Le négatif : à cause du virus il y a beaucoup de morts et de malades, dont la plupart sont des personnes âgées. Et puis il y a aussi le fait que l’on doit rester enfermé chez soi. Chose très compliquée car nous vivons dans une société et nous  avons l’habitude de sortir beaucoup de chez nous. Et enfin moi ce que je vais faire après le confinement, je vais retrouver ma copine puis aussi mes amis, aller en ville boire un verre.

 

Et d’autres décryptages

Fleurir l’humanité

Le plus révoltant dans ce monde, c’est toutes les fois où l’on ne donne pas à l’autre ce qu’on aimerait recevoir, où l’on fait subir ce qu’on ne voudrait jamais vivre. Cette attitude a un nom. Plus...

Soufi mon Amour

Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.Pour m'accompagner durant ce périple, j'ai décidé d'acheter un livre dont une amie m'a parlé : " Soufi mon Amour "...

La descente en enfer

            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R