La danse réservée aux filles ?

La danse réservée aux filles ?

Entre Mathéo et la danse, c’est une relation qui dure ! Il en est à sa sixième année de danse classique et veut apporter quelques précisions, quelques éclairages sur ce sport qui est, trop souvent, considéré comme réservé aux filles !

Plus tard, je ne pense pas devenir danseur professionnel, mais pour l’instant, la danse, je ne peux pas m’en passer. Pour la simple raison que quand je danse, mes sentiments ressortent et je ne pense plus à rien d’autre qu’à mon corps et mes mouvements. Mais avant d’aller plus loin, un petit point sur les garçons et la danse classique s’impose.

 

Un peu d’Histoire, un peu d’histoires

 

La danse classique est un sport, si si c’est un sport, qui a été répandu et énormément modifié pour ne pas dire réinventé par Louis XIV (1). En effet, à cette époque, la danse commençait à décliner. Louis XIV va donc la réintroduire dans toute la France. Il va inventer de nombreux pas, comme les cinq positions principales qui sont les bases de la danse classique, et va l’uniformiser, donner des noms aux pas afin de pouvoir les écrire. Il va même faire danser presque tous les hommes de la cour de France. D’ailleurs, dans de nombreux ballets de l’époque (qui sont toujours dansés aujourd’hui), le nombre d’hommes est aussi important que le nombre de femmes. Étonnant ? Pas tant que ça. En effet, cette danse combine prestance, souplesse et force. Comment ça force ? Eh bien oui ! Ne serait-ce que pour les sauts, le maintien et les portés. La danse classique, ce sont des sentiments, de l’esprit et du gainage (2). Beaucoup de gainage. Or un bon danseur ou une bonne danseuse a appris à ne pas montrer que c’est difficile, à ne pas bouger, à rester fixe même dans l’expression du visage. C’est pour cela que lors de ma première année de danse, j’ai surtout fait des exercices de maintien et de souplesse. Ça ne ressemblait pas à de la danse et c’est seulement plusieurs années plus tard que me suis rendu compte de l’importance de ces exercices.

 

Apprende lentement

 

En danse classique, tout se fait petit à petit. On va nous apprendre un pas simple, puis on va ajouter une petite difficulté pour arriver finalement à un geste extrêmement technique comme une pirouette. C’est pour cela qu’il faut du temps et beaucoup de travail pour avoir un beau geste, propre et net. Et puis la danse classique peut prendre de nombreuses formes différentes, et peut aussi être mélangée à du jazz, du hip-hop… Il y a des ballets modernes comme ceux de Maurice Béjart (2) qui allient danse classique et moderne. De plus, pratiquer la danse classique peut être utile dans de nombreux sports tels que le foot pour le jeu de jambes, le frisbee pour le lancer en revers où l’on exécute un pas bien connu en danse classique, la boxe toujours pour le jeu de jambes, le basket pour sauter et bien d’autres… Cela peut aussi être une aide dans le domaine du théâtre, pour la tenue sur scène. Personnellement, je fais du théâtre et cela m’a beaucoup aidé. Mais aussi et surtout, c’est une aide dans le chant. Moi qui prends des cours de chant lyrique, je sais que la position dans laquelle je dois être quand je chante doit être la même que quand je danse. Savoir cela a été un avantage considérable pour moi parce que cette position en chant lyrique est primordiale.

 

Où sont les hommes ?

 

Très peu d’hommes font de la danse classique, et beaucoup réagissent étrangement quand j’annonce que je pratique ce sport. Et je sais de quoi je parle. Heureusement, pour ma part, ma famille m’a toujours soutenu, la plupart de mes amis ont trouvé ça bien et m’ont défendu face à certaines réflexions ou comportements. Je suis dans un petit conservatoire où il n’y a pas beaucoup de garçons, les classes de danse sont donc mixtes. Et même si je suis en minorité dans ma classe de danse, les filles sont très sympas et on s’entend bien. De plus, comme nous ne sommes pas beaucoup d’hommes dans mon conservatoire, nous sommes un peu chouchoutés. Nous avons les meilleurs rôles et les meilleures loges. Même si je sais que certaines personnes voient encore la danse classique comme un sport uniquement pour les filles, d’autres ont un esprit plus ouvert et critiquent même ce genre de comportements machistes. Les mentalités commencent à changer. Et il est temps !

 

Fille ou gars, on ne danse pas la même chose

 

D’autres préjugés que j’ai déjà entendus concernent aussi la tenue. Mais j’aimerais préciser quelque chose : aucun homme ne met de tutu et ne s’habille en rose ! Nous portons un simple t-shirt blanc et des collants noirs (comme les collants de foot ou de course). On ne leur demande pas de faire comme les filles, ce sont des façons de danser très différentes. Et même si le but de la danse classique, que ce soit pour les hommes ou les femmes, c’est d’apporter de la prestance, on demande aux femmes d’avoir de la grâce, chose qui n’est pas demandée aux hommes qui, eux, auront un rôle plus imposant dans les ballets. Alors, si tu as envie de t’évader en te musclant et en gagnant de la prestance, si tu aimes le rythme et la musique, lance-toi. Fais comme moi. Prends des cours, fais-toi des amis et plein de magnifiques souvenirs. Et deviens toi aussi un danseur étoile !

 

 

Notes de la rédaction

(1) Louis XIV, (France 1638-1715) dit aussi Le Roi Soleil, a régné sur la France pendant 72 ans. Pendant son règne, un des plus longs à ce jour, il souhaite faire de la France le premier pays d’Europe dans tous les domaines : commercial, politique et donc artistique … Cet article vous permettra d’en savoir plus.(2) Le gainage est un exercice musculaire qui permet de renforcer les muscles abdominaux et ceux des fesses.(3) Maurice Béjart (France 1927 – Suisse 2007) est un chorégraphe franco-suisse qui a, durant une vingtaine d’années, travaillé en Belgique. Une de ses chorégraphies les plus célèbres est celle du Sacre du printemps.

Auteur : Mathéo, 14ans, Havelange

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Nouveaux romantiques, actuels et nostalgiques

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Laura se demande qu’elle est non pas “la” mais “sa” définition de l’amour, du coup de foudre. Pour elle, il n’y a pas un mais des amours : l’amour pour une autre personne, pour sa famille, l’amour pour la nourriture… Dans ce texte, elle nous parlera de l’amour entre amoureux.

Les papillons

Certains vous diront que le coup de foudre, c’est lorsque vous ne pouvez plus vous passer de l’autre personne, que vous pensez tout le temps à elle, que vous aimez être avec elle. Pour moi, ça va encore plus loin, c’est lorsque vous avez des papillons dans tout votre corps quand elle est avec vous, que vous avez mal au ventre quand elle vous parle, que vous ne pouvez pas imaginer faire votre vie sans elle. En vérité, il existe beaucoup de définitions de ce sentiment, de ce ressenti, aucune n’est correcte ou incorrecte, aucune ne peut exprimer complètement cette sensation extrême qui mérite le respect absolu.

Je t’aime ?

Trop souvent, les gens jouent avec ce sentiment. Aujourd’hui, « je t’aime », cette phrase magique, est mal ou trop employée. Maintenant, on dit « je t’aime » pour le dire, sans avoir conscience de la puissance de ces mots. Moi, par exemple, je ne le dis pratiquement jamais, je l’ai trop dit à des personnes qui n’ont pas été franches avec moi. Parce que l’amour fait souffrir et on finit par ne plus y croire, pour moi les gestes et la sincérité se font rares. Malheureusement, l’être humain confond désir sexuel et envie d’être, de partager sa vie, avec son congénère. Il est parfois difficile de faire la part des choses. Des garçons ne flirtent avec des filles que pour le cul, il n’y a plus de sentiments et je trouve cela fort dommage. Inversement, du côté des filles, je pense qu’il nous est arrivé de penser que c’était de l’amour véritable alors que ce n’était que sexuel. Parfois, on croit aimer la personne alors que ce n’est juste que de l’attirance physique, cela m’est déjà arrivé de vouloir sortir avec quelqu’un alors que ce n’était que purement physique.

Blessée

Finalement, on finit par être blessée, détruite, parce que ce n’était que mensonge. Je suis plutôt de la vieille époque. Pour moi, l’amour doit être sincère, quand j’aime quelqu’un c’est pour de vrai, il n’y a aucun rôle à jouer dans la relation amoureuse. Il fut un temps où l’amour n’était pas gâché par tant de mensonges, c’était la sincérité, on écrivait des poèmes pour séduire les demoiselles. Maintenant, Roméo abandonne un « je te suis parce que t’es bonne », « ça embrasse et couche avec des filles sans jamais les rappeler”. Aujourd’hui, pour moi, parfois, l’amour est surjoué. Et, le problème, c’est qu’on rencontre énormément de mauvaises personnes qui nous blessent. Si bien que même si on est sincère en face, on finit par ne plus y croire. Je connais une personne qui a été tellement brisée par l’amour qu’elle a fini par ne plus y croire. Trop manipulée, on en vient à être dégoutée et tout ça parce qu’en face, ils pensent que l’amour est un jeu.

On ne joue pas (avec) les sentiments

C’est dangereux de jouer avec le cœur des gens, les mauvaises expériences les changent. Que vous soyez un garçon ou une fille, faites attention à qui vous donnez votre cœur. Ce n’est pas un jouet qu’on peut partager facilement et penser que l’autre personne va vous rendre intacte. Je disais tout à l’heure qu’il n’y a pas de définition satisfaisante de l’amour, que chacun, chacune a sa propre définition. L’amour, pour moi, c’est d’abord faire passer les besoins de l’autre avant les siens. C’est la confiance, pouvoir être soi-même, sans gêne, bref s’accomplir en accomplissant l’autre. Si vous ne partagez pas cette vision, ce n’est pas grave, mais pitié, ne jouez pas avec les sentiments des nouveaux romantiques, même s’ils semblent un peu démodés.

Auteure : Laura, 19 ans, Marche-en-Famenne

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Ce que les scouts m’ont appris !

Ce que les scouts m’ont appris !

”R.”, alias Mustang, a le scoutisme dans le sang ! Cela fait une dizaine d’années que ses weekends sont peuplés de rencontres, de nature, d’amitiés. Depuis tout petit, il est dans le mouvement scout (1) et plus les années passent, plus son implication est grande !

Depuis mes six ans

Je suis un scout de la 3 ème unité de Mouscron . Depuis mes 6 ans, je suis aux scouts. Je vais vous raconter ce que les scouts m’ont appris : des choses que je n’aurais jamais pu apprendre autre part ou par moi-même. On ne nous a pas appris à faire des maths, des sciences ou une autre matière que l’on apprend à l’école. C’est une tout autre forme d’apprentissage ! On nous apprend à forger notre personnalité, ce que j’appelle le “moi intérieur”. Depuis que je suis aux scouts, je n’ai fait qu’apprendre de nouvelles choses sur la vie en général et sur moi aussi.

Apprendre

J’ai appris à faire des brelages et des nœuds (2), à allumer un feu, à coudre et bien plus. Bien sûr, ça ne me servira pas tous les jours de ma vie, mais ça m’a montré que je savais faire de belles choses avec mes mains. Je me souviendrai toujours de mon premier brelage qui était un bricolage. J’en étais vraiment fier. Même s’il était loin d’être parfait, ça m’a motivé et maintenant, je fais des brelages qui supportent toute une structure où huit personnes peuvent dormir ! Il y a aussi eu mon premier feu où j’ai eu du mal à l’allumer, mais j’ai persévéré jusqu’à réussir à allumer des feux de camp de plusieurs mètres de haut. Cela ne sert à rien dans la vie actuelle où on a des chauffages pour nous réchauffer et des cuisinières pour cuisiner, mais ça m’a montré qu’au début de chaque chose, nous sommes des débutants et que si on a envie de s’améliorer, il faut continuer et être fier de soi pour chaque petite avancée.

Se découvrir

Ensuite on m’a montré mon « moi intérieur ». Depuis tout petit, je suis assez timide et les scouts m’ont fait faire des progrès. Maintenant, je suis capable d’aller parler à des inconnus dans la rue pour leur demander des indications. Par exemple, si lors d’un hike (c’est une randonnée se déroulant lors du camp éclaireur), je n’ai plus d’eau, avant je n’aurais jamais osé aller demander de l’eau en faisant du porte-à-porte, maintenant je n’ai plus du tout peur. Les scouts m’ont aussi confirmé qu’il fallait vivre sa vie à fond, ne pas rester sur une défaite et ne jamais regretter ce qu’on a fait. J’ai participé à des évènements comme le BE.scout (3) ou encore les 24 heures vélo du Bois de la Cambre (4) qui m’ont fait remarquer qu’au plus je fais de choses, au plus j’aurai de souvenirs, au plus j’aurai une vie pleine d’expériences. Aux 24 heures vélo du Bois de la Cambre, je n’ai pas voulu dormir ou rester assis à rien faire. Je voulais rester actif parce qu’on était entourés de centaines de scouts. C’était une chance de faire de nouvelles connaissances. Les chefs nous ont motivés à donner le meilleur de nous-mêmes au vélo et aussi de profiter de tout ce que proposait l’évènement ce weekend-là.

Les badges

Aux éclaireurs et aux pionniers, j’ai appris à mettre en place des projets, mais aussi à les tenir et à tout faire pour qu’ils se concrétisent ! Lors de ma deuxième année aux éclaireurs, j’ai dû mettre en place des animations pour remporter des badges. Les badges, ce sont des manières de se perfectionner dans un domaine comme le badge pilote pour apprendre l’orientation, l’intendant pour réaliser un plat… Mon premier badge était le badge campeur où j’ai appris énormément de choses que j’ignorais comme la manière de tenir des outils, monter une tente… J’ai aussi construit, dans la forêt et avec trois amis, un lit de quatre mètres sur deux. On y a “dormi” et je me rappelle que cette nuit-là, on était tous les quatre extrêmement fiers de nous : on avait réussi quelque chose ensemble, sans l’aide de personne. On n’a pas beaucoup dormi cette nuit-là : nous n’avons pas su arrêter de rigoler.

La totémisation (5)

Lors de ma totémisation, j’ai aussi appris que j’étais capable de plus de choses que je ne le pensais au niveau physique, mais aussi mentalement. J’ai appris à ne pas lâcher, mais également que je devais toujours apprendre à me faire mon propre avis sur quelque chose, et à ne pas croire tout ce que l’on me dit. Lors de cette journée, on nous avait donné de faux totems et le mien, c’était fleur. Les chefs nous ont dit que la moitié d’entre nous avait le bon totem. On avait tous très peur d’avoir un totem qui ne nous allait pas. Heureusement, ce n’était pas vrai et aujourd’hui, on m’appelle Mustang.

Scoutisme et Covid

En cette période de Covid-19, nous ne pouvons malheureusement pas nous voir, mais ça ne nous empêche pas de faire des réunions via d’autres moyens comme par face-cam. Nous apprenons peut-être moins, mais ça reste un de nos objectifs. On se demande, par exemple, comment on pourrait faire des défis pour apprendre aux plus jeunes à faire des nœuds ou on leur propose de passer un badge.

Transmettre

Aux scouts, on ne fait pas qu’apprendre des choses, on en apprend aussi aux autres et des autres. Chacun a eu des expériences que d’autres n’ont pas forcément vécues. Par exemple, quand je suis arrivé aux éclaireurs, les chefs de patrouilles m’ont beaucoup appris. L’année passée, c’était à mon tour d’apprendre aux premières années à couper des buches, à s’orienter grâce à une boussole et j’espère que, quand ils en seront à leur 4ème année chez les scouts, ils feront de même. C’est un peu comme le patrimoine familial de la grande famille scoute et je trouve dommage que certains disent que le scoutisme est une secte alors que je le vois plus comme une école de la vie.

La vie autrement

En conclusion, le scoutisme a été pour moi, et sera encore longtemps, une source de savoirs incomparables à d’autres. On nous montre la vie sous un nouvel angle. Les scouts nous apprennent aussi à être autonomes. Les scouts ont réussi à aborder une autre manière d’apprendre, qui n’a rien à voir avec l’école. Si un jour j’ai des enfants, je les inscrirai dès les baladins aux scouts pour qu’ils apprennent à avoir une vie remplie de joies et d’amis, mais aussi à réussir à transformer les mauvais côtés de la vie en bons souvenirs pour avancer, car comme disait Martin Luther King (6) « l’obscurité ne peut chasser l’obscurité, seule la lumière peut le faire ».

Notes de la rédaction

(1) Dans le mouvement scout, mais cela change parfois un peu, il y a un nom par tranche d’âge. Entre 6 et 8 ans, on est aux Baladins, de 8 à 12, ce sont les louveteaux pour les garçons et les lutins pour les filles, de 12 à 16, ce sont les scout·e·s, les éclaireurs ou encore les guides, de 16 à 18, ce sont les pionniers. À chaque âge, mais cela change parfois aussi selon le groupement dans lequel on se trouve, il y a des objectifs.

(2) Sans clou, sans visse, les brelages et noeuds permettent, quand ils sont bien faits, de fixer des morceaux de bois, des troncs et de réaliser des constructions absolument incroyables ! Le tout est toujours démontable et réutilisable !

(3) BE.scout est LE très grand rassemblement qui, en 2018, a réuni des milliers de baladins, louveteaux, scouts, éclaireurs, pionniers… à Louvain-La-Neuve.

(4) Depuis 1985 sont organisées les les 24 heures vélo du Bois de la Cambre. Chaque année, autour d’une thématique, elles rassemblent des milliers de scouts venus de toute la Belgique.

(5) Souvent, lors de son premier camp, le scout reçoit un totem c’est-à-dire le nom d’un animal reflétant parfois le physique, parfois le caractère d’une personne.

(6) Martin Luther King, (USA, 1928 – 1969) était un pasteur américain qui voulait, par la non-violence, faire changer la situation des Noir·e·s aux USA. Il réclamait l’égalité de tous, que chacune, que chacun puisse avoir les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes libertés. Prix Nobel de la paix en 1964, il a été assassiné. Aujourd’hui, son message demeure et inspire toujours.

Auteur : R. alias Mustang, 16 ans, Mouscron

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Léa est à l’hôpital

Léa est à l’hôpital

Durant plusieurs jours, Scan-R a installé sa rédaction dans une unité pédopsychiatrique bruxelloise. Ce service hospitalise de jeunes adolescent·e·s – âgé·e·s de 8 à 14 ans – qui présentent une souffrance psychopathologique importante qui dépasse les compétences d’un service ambulatoire. La concentration et le moral de ces ados ne sont pas toujours au rendez-vous de nos rencontres et écrire en « je » est pour elles et eux un véritable défi.

Mon univers

Je m’appelle Léa, j’ai 14 ans. Ici, je connais des hauts et des bas mais mon récit me montre que chaque jour, j’avance un peu plus. Mon endroit à moi, c’est ma chambre. Elle est grande. J’ai une colocataire prénommée Karolina, elle est géniale. Nos murs sont bleus clairs avec quelques motifs, des ronds et des triangles, qui font penser à des montagnes. Nous avons des lits en bois avec un sommier de lattes métalliques qui font un peu mal au dos, le matelas n’est pas très épais. Quel dommage : il ne rebondit pas ! J’ai des draps colorés ; ma couette est rougeâtre, orange et jaune, mon matelas est mauve. J’ai des étagères où j’y range mes pulls, livres et pantins de bois, que j’utilise quand je dessine ou encore pour peindre. J’ai aussi Ursule : une plante grasse. Très mignon ce prénom pour une plante, n’est-ce pas ? Mon côté de la chambre n’est pas très coloré. Ce qui contraste avec celui de ma coloc’ qui, pour le coup, est très créatif et respire la joie. À côté de son lit se trouve un poster d’éléphanteau. Elle a beaucoup d’affaires : photos, lettres, jeux de société, vêtements, … Et surtout, elle a beaucoup de produits de beauté. C’est une grande fan d’Yves Rocher ! Pour en revenir à mon côté, il n’est peut-être pas aussi joyeux que celui de ma copine, mais il me convient bien. Finalement, on partage la même chambre !

La journée

Le matin, quand je me lève, Karolina fait des étirements et puis, on commence la journée. On se prépare, on se maquille. Elle met mon mascara et me regarde faire mes traits d’eye-liner. On va manger, je vois tout le monde à table. Il y a des motivé·e·s pour commencer la journée et d’autres qui le sont moins. Mais tous gardent le sourire. Les activités commencent : les cours, les entretiens, … Le soir, il y en a qui regardent un film et d’autres, dont moi, qui préfèrent parler. On s’exprime et on rigole, de ce qu’on se dit ou de ce qu’on a aperçu pendant la journée. Puis on va dans nos chambres, on parle encore un petit peu – en cachette – avant de dormir. Quelle joie de voir tout ce monde de bonne humeur ! Je déprimerais si je ne voyais pas ces sourires contagieux à longueur de journée.

Mes ami·e·s

Je suis amie avec presque tout le monde ici. On n’est pas forcément très proches, mais ensemble, on rigole tous bien, on parle de tout, de rien. J’ai aussi quatre ami·e·s à l’extérieur de l’hôpital. Je suis plus proche et je m’entends mieux avec deux d’entre-eux, on se comprend plus. La différence entre eux, elles et les jeunes de l’hôpital c’est le fait que je suis plus proche de mes ami·e·s à l’extérieur et que mes ami·e·s sont peut-être parfois plus joyeux, enjouées ou plus faciles à vivre que les enfants d’ici. Puis, forcément, je connais mes ami·e·s de l’extérieur depuis plus longtemps que ceux et celles d’ ici.

Ma vie à l’hôpital

Mon moment préféré ici a duré deux jours… Un week-end, pour être exacte. Beaucoup de jeunes étaient parti·e·s chez leurs parents ou ailleurs, mais moi, je suis restée ici avec un garçon qui, maintenant, est parti. On s’entendait bien et on a beaucoup rigolé : on a fait une mini bataille d’eau, une bataille de balles de kicker, … On discutait aussi. Je lui ai mis du vernis, il n’a pas apprécié et l’a enlevé. On a fait deux puzzles aussi, un de 500 pièces avec une stagiaire et un autre de 100 pièces, qu’on a fait à deux. Bref, ce sont les seuls moments où j’ai eu des fous rires à l’hôpital. Le moment que j’ai le plus détesté ici… Il y en a plusieurs, mais c’est tous les entretiens et toutes les nuits. Je n’aime pas les entretiens et ils me rendent toujours d’humeur négative car je n’aime pas parler de mes problèmes. Quant aux nuits, je n’ai pas envie de rentrer dans les détails mais je suis insomniaque, et je vois, entends ou ressens des choses que personne d’autre de « normal » ne peut voir, entendre ou ressentir.

Ce qui me manque

Du dehors de l’hôpital, ce qui me manque le plus, ce sont les sorties ou les journées à ne rien faire. J’aimais voir mes ami·e·s, les petites soirées organisées chez eux ou chez moi, les sorties shopping ou autre à Bruxelles. Sortir de chez moi est une habitude importante pour moi : cela me permet de me changer les idées. J’aimais aussi rester chez moi à ne rien faire de particulier, je m’habillais ou restais en pyjama. Je m’occupais en dessinant ou peignant ou je restais sur mon téléphone. Le soir quand j’étais chez mon père, je restais avec lui dans le salon et on regardait des films en mangeant – pas très sainement – jusqu’à tard. Ce n’était pas comme ça tous les soirs bien entendu, mais quand ça se passait c’était vraiment cool. Que cela fait du bien d’être au calme chez soi !

Ma fierté

Ce qui me rend le plus fière, c’est d’avoir été là pour mon père et mes ami·e·s. Après le départ de ma mère, mon père est tombé en dépression et j’étais la seule personne sur qui il pouvait compter, la seule à qui il pouvait se confier car nous étions en plein confinement, il ne pouvait voir personne d’autre. J’étais là pour lui remonter le moral. J’étais là aussi pour mes ami·e·s qui sombraient en dépression. J’étais là pour mon amie et je l’ai empêchée de se faire du mal. J’étais là pour mon ami qui part en vrille foutant sa santé en l’air, buvant et fumant presque tous les jours mais tient beaucoup à moi. Le fait que je sois présente pour lui l’aide. Il sait que je suis là s’il veut se confier ou tout autre chose. Je l’aide comme je peux, je l’incite à parler de son mal-être à des adultes, de son mal-être. Je suis persuadée que bientôt, il ira mieux. Je suis fière d’avoir été là et d’être toujours là pour eux, pour elles, c’est la meilleure chose que j’aie pu faire depuis ma naissance.

Mon secret

À part avec ma famille et mes ami·e·s, je ne parle à personne du fait que je suis ici. Elles et ils ne m’ont pas prise pour une folle ou quoi que ce soit. Non, tout le monde a été compréhensif. Je ne l’ai pas dit à ma classe par exemple car les élèves me prendraient pour une dingue, avec tous les stéréotypes de l’hôpital psychiatrique. Ils jugeront le fait que je ne rentre pas dans la case de l’adolescente normale qui se préoccupe de sa popularité … Je crois que les gens n’aiment pas ce qui est bordélique.

Auteure : Léa, 14 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Sauvée

Sauvée

Dans l’armada des nouvelles compliquées, des mesures difficiles à comprendre, il y a parfois de la lumière. Les articles qu’on publie traitent parfois de la santé mentale de la jeunesse, articles qui peuvent se résumer par une dièse ou un hashtag, #cestpasfacile, le témoignage de Marissa est unique.

Révélation

L’école, ça me stresse. Parfois quand l’angoisse est trop forte, je fais des crises de panique. Pourtant, même si les points sont bons, même si les professeurs m’aiment bien, je me sens juste oppressée, mal à l’aise, en danger … Parfois j’ai juste eu l’envie de mourir. À force, j’ai été déscolarisée et j’ai développé des phobies sociales. “On” a dû prendre la décision de me faire hospitaliser en pédopsychiatrie. Après avoir appris la nouvelle, j’ai beaucoup pleuré. Je n’étais ni malade, ni folle. Je n’ai pas vraiment eu le choix, alors je me suis résignée à y aller. Au début, j’étais très mal. Je pensais qu’on m’avait placée avec les dingues et les cas désespérés. Alors que pas du tout. J’y ai découvert des jeunes géniaux, avec certes leurs difficultés, mais géniaux tout de même.

Réfugiée dans la lecture

Durant mon hospitalisation, je me suis souvent ennuyée, surtout le soir. Les journées étaient plutôt longues et je n’avais pas de visites. Le matin, on se réveillait à 8h, et on mangeait tou·te·s ensemble. Ensuite, on allait se balader et, à 9h on avait cours à l’hôpital. Les heures de repas étaient toujours les mêmes. L’horloge rythmait nos journées. Le coucher était à 21h15, ce qui était plutôt tôt. J’avais des troubles du sommeil, et dans ces moments là, mon cerveau pensait en permanence. Cela a été horrible pour moi : pas de téléphone, pas de télévision, pas d’ordinateur, alors … je me suis réfugiée dans la lecture. Depuis petite j’aime lire, mais je ne lisais pas spécialement beaucoup. Un peu avant mon entrée à l’hôpital, j’avais commencé à lire plus. Je ne sais pas si on peut dire que les livres m’ont sauvée, mais je remercie chaque auteur·e de m’avoir fait voyager dans des univers extraordinaires ! De m’avoir permis de voir autre chose que les murs de l’hôpital. En dehors de la lecture, j’ai tout de même fait des activités telles que de l’hippothérapie, du sport et de la relaxation.

Merci

Après de multiples séances de psychomotricité et de thérapie avec une psychologue, j’ai pu sortir de l’hôpital. Après 3 mois, j’ai eu du mal à partir : je me suis beaucoup attachée au personnel hospitalier, aux autres jeunes avec lesquels j’étais très à l’aise. Ils et elles m’ont appris à apprécier tous les petits détails insignifiants de la vie. Même si j’ai toujours des difficultés pour aller à l’école, je peux dire qu’aujourd’hui, je vis beaucoup mieux et ça, c’est en partie grâce à leur aide.

Auteure : Marisa, 15 ans, Eupen

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Médias et identité

Médias et identité

Marcher droit, respecter les normes, rentrer dans le cadre, suivre le troupeau, se faire avoir, accepter, renoncer à qui on est, se fondre, s’oublier, se morfondre, se soumettre, s’oppresser … Ce ne sont plus des mots pour Valeria. Furieuse contre les médias, furieuse de la majorité qui étouffe, elle prend son clavier et nous offre une page légitimement contestataire !

Noyée

Qui suis-je ? Que suis-je ? Comment arriver à me représenter différemment dans une société où on veut que tout le monde soit pareil et se nourrisse des mêmes informations ? J’ai l’impression que les médias m’oppressent, me désaccordent. Ils voudraient que je me reconditionne en une personne que je ne suis pas et que je ne veux pas devenir. Je sens les masses vouloir me pousser et m’écarter. J’ai l’impression que la seule façon de ne pas être exilée, c’est de se laisser prendre par ce troupeau de moutons entêtés. Je crains les foules comme elles me craignent jusqu’à en faire des crises d’angoisse, je préférais donc finir seule plutôt que de les suivre. Quoi de plus facile que de former la masse pour la manipuler, ensuite, à sa guise ?

Les médias …

Les médias ne reflètent que la partie émergée de l’iceberg, c’est-à-dire qu’ils ne véhiculent que des informations qui leur ont été transmises et pour moi, les journalistes ne connaissent qu’une version des faits qu’ils modifient eux-mêmes avant de les diffuser. De plus, certain·e·s cherchent plutôt le buzz médiatique et parlent souvent de l’aspect négatif d’UNE partie d’UNE certaine information. Ils et elles sont devenu·e·s la courroie de transmission de manipulations gouvernementales sans même forcément en avoir conscience. Qu’est-ce vraiment « une information vérifiable » alors ?

… et moi ?

Depuis que je me suis éloignée de l’emprise médiatique, j’ai pu ainsi me construire, devenir, réagir. À présent, chacun de mes battements est militant en tant que femme, métisse et queer. J’existe et assume fièrement cette partie de mon identité dont je ne peux me délier. Cela devrait être le cas pour la partie de la population qui me ressemble mais comment être certain d’avoir le droit d’être fier ou fière lorsqu’on n’arrive pas à se reconnaitre dans les yeux des médias ? Médias qui devraient pourtant représenter le peuple tel qu’il est. Au lieu de cela, ils parviennent à flouter la réalité, à vouloir en créer une nouvelle, qui n’est pas réelle. La diversité dans les médias est primordiale mais, pour moi, moins absente. Cela implique le problème des représentations approximatives. Ainsi, le mariage homosexuel a amené un grand débat médiatique alors que les informations n’étaient pas livrées par des représentants propres à cette cause. Serait-ce trop d’espérer une mixité dans les représentations médiatiques à l’heure d’aujourd’hui ?

Renverser la tendance médiatique

Je me pose beaucoup de questions auxquelles je ne suis pas sure d’obtenir les réponses. Je me demande comment renverser les masses qui m’ont elles-mêmes marché dessus. Je pense que c’est le cas pour un bon nombre de jeunes qui, comme moi, veulent renverser cette tendance médiatique. Nous nous sentons accablés par ce surplus d’informations, souvent diffamatoires, notamment en ce moment suite aux récents attentats en France et aux informations constantes liées au covid. Peut-être verrons-nous le jour d’une réforme où on garantirait la mixité dans les médias ? Une réforme qui pourrait aider à rétablir une confiance entre la population et ceux qui les représentent journalistiquement. Les masses resteront puisque, comme le disait Aristote , « l’Homme est un animal social ». Mais si le public avait des représentations médiatiques diverses auxquelles il parviendrait à s’identifier, je pense que l’harmonie se dégageant de la vie et de la cohabitation entre êtres humains ne serait que plus belle.

 

Des textes pour aller plus loin !

Les questions soulevées par Valeria ont été abordées par différents organismes. L’ASBL Média Animation a proposé un grand dossier intitulé Médias sans frontières autour de la représentativité des minorités dans les médias. Femmes Plurielles, le magazine des Femmes Prévoyantes Socialistes a traité de la représentation de l’homosexualité dans les médias. En octobre 2020 Emma Mestiner, journaliste à la RTBF a proposé un article autour de la question du genre dans les médias. Elle explique et reprend les grandes lignes d’une étude du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel autour de la question de l’égalité du genre dans les métiers de l’audiovisuel au sein de la RTBF, RTL Belgium et les chaînes de télévisions locales.

Auteure : Valeria, 19 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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