La ferme, l’école et la ferme encore

La ferme, l’école et la ferme encore

Julien et les animaux de sa ferme, c’est une histoire presque aussi longue que sa vie ! Depuis toujours, il côtoie et travaille avec vaches et moutons et partage ses émotions avec ses ami·e·s à poils. Pour la suite, c’est moins clair, mais comme il le dit, la ferme fera toujours partie de sa vie !

Une histoire de famille

L’agriculture et les animaux, moi j’adore ça. Aujourd’hui, j’ai 13 ans et je travaille dans notre ferme depuis près de 10 ans ! Petit, à seulement 3 ans, je voulais déjà aider mon père. Avant, je préférais de loin les machines : tracteurs, moissonneuses-batteuses, ensileuses… Maintenant, je préfère travailler avec les animaux même si aller faire un tour de tracteur, ce n’est pas de refus ! Mon père, probablement comme son père avant lui, est dans les animaux depuis toujours. J’aurais bien aimé, moi aussi, être agriculteur, mais mon père m’a dit à quel point c’était dur, compliqué. Il m’a dit que, dans le monde actuel, on ne pouvait plus en vivre, que cela coutait beaucoup d’argent et n’en rapportait plus assez. En plus, le corps en prend un coup, à 40 ans on a déjà mal partout. Maintenant, j’aimerais mieux être menuisier et créer ma propre entreprise. Pour nos fermes, on en a une qui est collée à notre maison et une autre chez mon grand-père de cœur. Les animaux sont mes meilleurs amis. Nous, on a des vaches et des moutons. Même si je râle toujours un peu quand on me le demande, j’adore aller les nourrir et une fois que j’y suis, je ne veux plus sortir des enclos. J’adore leur parler, je pense même qu’ils connaissent des secrets que personne d’autre ne connait. Les animaux me calment, me déchargent du stress que je retiens en moi, ce sont mes psychologues.

L’école, une autre histoire …

À une époque, j’en ai bien eu besoin de ces psys un peu spéciaux. En quatrième et cinquième primaires, les professeurs et certains élèves étaient trop sévères et durs avec moi. Même s’il y en avait des sympas, c’était vraiment insupportable. À un tel point que j’ai dû changer d’école. J’ai essayé d’en parler mais je n’y arrivais pas comme il le fallait. Les seuls avec qui j’arrivais à en parler, c’était ma mère et les animaux. Je trouve déjà que ma mère est une pro pour m’écouter mais les animaux, on dirait qu’ils comprennent tout ce que je dis et qu’ils apprécient de m’écouter. Une fois que j’ai changé d’école, j’ai rencontré de nouvelles personnes et c’est aussi là que j’ai eu le meilleur prof du monde.

La MJ

Aujourd’hui, je n’ai plus trop le temps d’aider mon père à la ferme. Je vais à l’école des devoirs de la maison des jeunes. Quand je rentre, il est déjà tard et les animaux deviennent un peu virtuels, je joue à Farming Simulator. C’est vrai que jouer aux jeux vidéos, c’est différent. Avec tout ce qui se passe à l’école, ça fait du bien de penser à autre chose en jouant, mais l’agriculture restera quand même près de moi.

Auteur : Julien, 13 ans, Louveigné

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Lumière blanche

Lumière blanche

Nouveau témoignage d’un parcours sur le scoutisme et sur une épreuve, particulière, celle de la qualification. En général, mais cela change parfois selon les unités et les mouvements de jeunesse, elle arrive lors du deuxième grand camp.

Swala

Je m’appelle Clara et chez les scouts c’est “Swala Lumière blanche.” Swala, c’est le nom Swahili de la gazelle de Thomson. Pour lumière blanche, je vous explique tout de suite. J’ai 17 ans et je fais partie du mouvement scout depuis mes 6 ans au Roeulx. Je devais faire – grand maximum – 1,20 m quand ma maman m’y a inscrite. À vrai dire, tout était impressionnant là-bas, à commencer par le grand rassemblement « carré », le cris des chefs en nous appelant pour le rassemblement et le goûter ou tout le monde se jetaient sur les faux spritz alors qu’il y en avait pour tout le monde. Mais c’est comme ça que l’histoire a débuté, avec un “spritz”…. J’avais fait tombé mon biscuit et Laura, alias Zibeline maintenant, avait partagé le sien avec moi. La semaine d’après c’était l’inverse, et c’est à ce moment là – précisément – que j’ai compris ce qu’était le partage, le vrai, le spontané…

Les épreuves

Quelques années plus tard, en deuxième année éclaireur à mes 15 ans, l’heure de mon quali avait sonné ! J’appréhendais même si je connaissais, plus ou moins, ce qui m’attendait. Le quali est un qualificatif qui met en évidence la qualité principale scoute et l’épreuve consiste à se remettre en question à travers divers activités.
Et c’est ce jour-là – précisément toujours – le jour de mon quali, le 12 juillet 2018 que pour la première fois de ma vie je peux dire que j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même. Il était 16h00 et les chefs m’ont appelée pour me prévenir que le quali était lancé, ma tâche était d’écrire une lettre, une lettre à moi-même pour dans 10 ans. Sur le coup, je me souviens m’être dit: « Ça va, super facile, si c’est ça le quali… » et je crois qu’à l’instant où ils m’ont donné la feuille sur laquelle je devais m’écrire, la feuille sur laquelle j’allais me promettre des choses, … j’avais compris que ça ne serait pas si facile. Ça n’était pas qu’une impression, cette lettre m’a remuée bien plus que je ne le pensais … Je me suis installée à la table sur pilotis, cette même table que j’avais construite moi-même y donnant tout mon coeur et, vues les cloches qui étaient encore présentes au douzième jour de camp, mes mains … Assise, ne sachant pas quoi écrire ou par où commencer.

Éclaireuse éclairée

Oryx, mon grand chef, est venu et m’a dit quelques mots pour m’éclairer et m’aider sur les idées. Une fois qu’Oryx eu les talons tournés, les mots sont venus d’un seul coup et les sanglots avec … La rédaction de la lettre m’avait, approximativement, pris 1h30 … “Rien dans une vie” direz-vous, pour moi, c’étaient les plus longues nonante minutes de ma vie. Écrire cette lettre m’a permis de mettre sur papier ce que je ressentais au plus profond de moi, coucher sur le papier ce sentiment d’abandon qu’une nouvelle fois, je ressentais. D’écrire et d’écrire ce manque de confiance que je ressentais … C’était la première fois que je posais mes émotions et ça, cela me sortait de mes habitudes. Au final, je comprenais que toutes ces années où j’avais tout gardé pour moi, où j’utilisais le sport pour évacuer cette tristesse et cette rage, n’avaient – au final – rien évacué du tout … J’étais là, à Franchimont, au camp scout, assise à ma table de cordes et de bois en train de ressentir quelque chose que je n’avais jamais ressenti.

Je suis pas bien

La lettre que je m’écrivais pour 25 ans, n’était qu’une partie de la qualification … L’épreuve n’était pas terminée. Après être remise de guingois et de mes émotions, je suis partie pendant deux jours en randonnée. Unique objectif : recevoir mon quali. Étrangement j’étais malade. Comme si écrire cette lettre m’avait rendue malade, dit comme ça, c’est difficile à croire mais c’était palpable, réel. Chacune des lettres écrites ressortait. J’avais réellement le sentiment que mon corps et mon esprit étaient liés, … Dingue, impensable ! De retour, complètement malade, sur la prairie du camp, sans aucune force, je veux avoir mon quali, prouver – et me prouver – que je n’étais pas nulle. Je m’étais promis de ne pas abandonner pour enfin montrer à ceux et celles qui n’avaient pas cru en moi qu’ils et elles avaient tort durant toutes ces années. Qu’est ce que j’ai eu du mal ! Je me souviens, j’avais froid, j’avais envie de rentrer chez moi pour enfin exprimer ce que je ressentais et dire les mots, ces mots que mes proches attendaient tant, depuis trop longtemps… Je voulais montrer que j’avais changé, que je n’avais plus cette colère au fond de moi … Colère qui, au bout du compte, faisait souffrir mon entourage. Je me sentais sans force et de fait, ça faisait un jour que tout ce que je mangeais ou buvais ressortais dans la minute … Une quinzaine de fois, Oryx et les chefs m’ont proposé d’abandonner … Impensable.

”(R)êvolution”

Reposée avant de reprendre le rythme, le rituel de la qualification, j’ai à lire ma lettre devant mon chef. Ça a été un moment clef dans mon évolution : il y avait là des choses que, jamais, je n’avais dites. C’est aussi à ce moment-là que cette lettre, étonnement, m’a vraiment redonné confiance en moi. C’était fait, les scouts m’avaient poussée à me surpasser dans tous les sens du terme et avoir fini mon quali m’a permis de me dire que j’étais capable et que je n’étais pas nulle. J’avais réussi. Finalement, c’était une fierté scoute et personnelle de recevoir ce qualificatif qui sonne si bien et qui représente tellement de choses: « lumière blanche ». Mes chefs m’ont donné ce quali, métaphore pour dire que j’avais toutes les qualités en moi. C’est à cette minute, autour du feu, bien chaud – brûlant aussi à l’intérieur – que j’ai compris que, jamais, je ne devais plus douter de moi. Jamais..

Engagée

Le lendemain du quali, c’était la promesse. La promesse c’est ce moment sacré qui fait que nous nous engageons dans la fraternité scoute d’ici et du reste du monde. Après avoir bien réfléchi, j’avais décidé que les deux lois scoutes que je choisirai et respecterai toujours seraient: « la scoute fait et mérite confiance, et la scoute fait tout de son mieux ». Je trouvais qu’en m’engageant à pousser les autres à avoir confiance en eux et elles, en m’engageant à toujours donner le meilleur de moi-même, en m’engageant à transmettre cette envie de se dépasser aux autres, la boucle était bouclée. C’est aussi à ce moment là, quand j’ai prononcé les mots: « Moi, Swala je m’engage à respecter les lois suivantes,… » que je me suis également engagée personnellement à ne plus douter de moi. Aujourd’hui, quand je regarde la photo de ma promesse, on m’y voit fière sous le regard admiratif de ma cheffe d’unité, ma maman. C’est la première fois que je me suis vue fière de moi. Ce camp 2018 m’aura changée, enfin pas changée, améliorée.

Auteure : Clara, 17 ans, Le Roeulx

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Chocolat & mozzarella : la mixité culturelle vue par un fils d’immigrés italiens

Chocolat & mozzarella : la mixité culturelle vue par un fils d’immigrés italiens

Si le grand-père d’Alexandre était amené à parler de ses lointains aïeux, il ne commencerait probablement pas par “Nos ancêtres les Gaulois…” mais plutôt par “Nos ancêtres les Romains…” Ce qui est plutôt pénible, c’est qu’encore et toujours, des individus le ramènent, le raccourcissent, le réduisent à ces lointaines origines.

”Je viens du Sud…”

« Je viens du Sud, et par tous les chemins, j’y reviens (1) », cette petite phrase ne vous dit peut-être rien, c’est le refrain d’une chanson, un peu ringarde, de Michel Sardou. Cette citation, c’est, un peu, l’histoire de ma vie : mes grands-parents italiens ont immigré en Belgique à la suite de la demande gouvernementale pour engager des mineurs et relancer l’économie belge (2). Je ne vous apprends rien : quand l’immigration est là, le racisme n’est jamais loin. La Belgique fait ressentir aux immigrés le fait qu’ils doivent – et non peuvent – s’intégrer en acceptant de nouveaux us et coutumes. Cette pression, mes grands-parents l’ont ressentie, mes parents l’ont ressentie, et je l’ai moi-même ressentie. Cela se traduisait notamment par des railleries de cour de récré : « Eh le rital, tu vas manger des pizzas ce soir ? », par des propos racistes : « Retourne dans ton pays ! » ou encore par des regards désapprobateurs lorsque ma mère me parlait en italien dans un lieu public.

Je suis toléré

Le simple fait de venir d’ailleurs m’oblige à m’adapter : on me tolère, mais on ne m’accepte pas. Je finis donc par effacer une partie de mon identité : ce qui faisait ma fierté quand j’étais enfant m’apparait désormais comme un fardeau que je dois porter. Je ne mange plus la cuisine italienne de ma maman avec le même entrain, j’exècre les musiques de tarentelle (3), je ne prends plus de cours de langue pour perfectionner mon italien, je trouve des excuses pour ne plus accompagner mes parents en Italie, etc.

S’effacer

Cette situation n’est pas souhaitable : je suis entièrement contre le fait de devoir effacer ma culture pour que l’on ne me fasse pas de réflexions dérangeantes. Pour moi, un changement sociétal est nécessaire : la différence de culture devrait être célébrée et non réprimée. Une des choses qui me procure énormément de plaisir est de faire découvrir à des amis le gout exceptionnel d’une mozzarella de bufflonne (4), les paysages à couper le souffle de la côte ou la joie de vivre avec laquelle vivent les Italiens.

À quand le mélange ?

Je dois cependant faire la part des choses : mes parents ont également exercé une pression sur moi en me forçant, en quelque sorte, à revendiquer une culture quand je n’en avais pas forcément envie. Je pense qu’ils avaient tant peur que nos racines s’évaporent, qu’ils se sont assurés que je mange italien, pense italien, me comporte en Italien. Selon moi, ce n’est pas une bonne chose non plus et cela peut même entrainer de l’animosité envers la culture du pays d’accueil. Combien de fois n’ai-je pas entendu mes parents dire, sur un ton condescendant, « Mon Dieu, c’est vraiment des Belges ceux-là. », comme si la nationalité belge était quelque chose de négatif. J’ai la conviction que si les nationaux font sentir aux immigrés (et soyons réalistes, ceux qui subissent le plus de discrimination ne sont plus, de nos jours, les Italiens) qu’ils sont acceptés (et non seulement tolérés), le problème sera en grande partie résolu. Je pense que la mixité culturelle est une chose magnifique qui nous permet de comprendre l’autre. La compréhension permet de ne plus avoir peur de l’autre, or comme dirait Maitre Yoda (5) : « La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine … mène à la souffrance. »

(1) Je viens du Sud est une chanson de Michel Sardou, parue en 1981. Elle a été reprise par Chimène Badi (France, 1982). (2) En 1946, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, la Belgique doit relancer la machine industrielle. Pour nourrir cette machine, il faut l’indispensable charbon. Problème, les Belges ne veulent plus travailler dans les mines. Dans un premier temps, ce sont les prisonniers de guerre allemands qui descendront dans le trou mais quand, peu à peu, ils sont libérés. Il n’y a plus personne. La solution pour la Belgique ? Aller chercher de la main-d’oeuvre ailleurs. L’accord entre l’Italie et la Belgique est signé le 23 juin 1946. 50 000 travailleurs italiens travailleront dans nos mines. Un lien pour en savoir plus sur cette épisode de l’immigration. (3) Les tarentelles sont des musiques traditionnelles du sud de l’Italie. (4) La mozzarella de bufflonne est un fromage italien réalisé à partir du lait de jeunes vaches d’une race particulière, élevées de manière particulière, nourrie d’une manière, également particulière. (5) Maitre Yoda fait partie de la saga Star Wars, il est à la fois, le plus sage et le plus instruit de toutes les personnes de cet univers. Bien qu’ immensément doué dans le maniement des armes – et notamment le sabre laser – il est profondément pacifiste.

Auteur : Alexandre, 22 ans, Liège

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Les petits avis, épisode 9

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Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici les témoignages de Luca, Christelle, Luca et Thomas. 

Les héros meurent à la fin par Luca, 16 ans

La lame est remplie de sang, ses genoux touchent le sol, son coeur est transpercé par son ennemi juré. Le roi est tombé. En voyant ses amis courir, il se sent libre, mais la colline où il se trouve est remplie d’ennemis. Un tir le traverse et le fait tomber de la falaise. “ À sept ans, j’ai commencé à écrire une histoire et puis les années ont passé. J’ai aimé ça : écrire une histoire et devenir plus vieux. Le problème, c’est qu’en devenant plus vieux, je n’ai aucune confiance en moi. Ce sentiment a commencé à m’habiter suite à un rejet d’une fille qui me plaisait. J’ai alors compris qu’il était possible de ne pas convenir, de ne pas être assez, de ne pas être aimé pour ce qu’on est spontanément. Le monde réel m’a déçu. Alors, j’ai commencé à modifier les caractéristiques de mes personnages. Je suis en quelque sorte jaloux d’eux, car contrairement à moi, ils ne vivent pas dans le monde réel. Je me déteste car je suis peut-être trop réel. Et comme je crée les personnages à mon image, je les tue à la fin. Je n’aime pas le monde réel, avec la politique ou le travail, je préfère un autre monde que je peux construire. Un monde où mes personnages sont libres. Plutôt que de le quitter moi, ce sont mes personnages que je fais mourir. Mais là n’est pas le fin mot de mes histoires. Après leur mort héroïque, je les ressuscite à chaque fois, au même titre que je décide chaque jour de continuer à vivre dans l’espoir de devenir un homme libre. Toutes ces histoires inventées me donnent envie de devenir écrivain et réalisateur de films fantastiques et d’action. Ma famille me dit qu’il faut que je revienne dans le monde réel et que j’ai plus de chance de réussir dans l’électricité, qui est mon option, plutôt que dans la fiction. Aujourd’hui, je vais avoir 17 ans et j’ai toujours envie d’y croire et de faire de mon plus grand rêve ma réalité. N’est-ce pas ça, le chemin de la liberté ?

#Nobra par Christelle, 18 ans

Je m’appelle Christelle, j’ai 18 ans. Depuis trois ans, je ne porte plus de soutien-gorge. Vivant dans une famille majoritairement composée de filles, il m’a toujours semblé normal d’en porter un : tout le monde en mettait un, je ne voulais pas être jugée parce que je ne m’en mettais pas. Au début, quand je sortais sans en mettre, je me sentais mal à l’aise. On voyait la forme de mes seins et je me sentais regardée. À l’école, il y avait régulièrement des élèves – et principalement des filles – qui venaient me voir pour me dire qu’on voyait la forme de mes tétons et que c’était provoquant et dégoutant. J’essayais de mettre des pulls pour ne pas avoir ce genre de remarque. Beaucoup de personnes pensent que le fait de ne pas en porter peut affaisser la poitrine. Il y a, par exemple, une étude réalisée par le médecin du sport français, Jean-Denis Rouillon qui prouve le contraire, le soutien-gorge compresse la poitrine et empêche une bonne circulation du sang, peut causer des douleurs au dos, des blessures …

 

 

 

 

 

 

 

Je suis parfait par Luca, 15 ans, Vaux-sous-Chèvremont

Mais c’est quoi être parfait ? À vrai dire, c’est facile à vivre, car tout le monde vous envie. Je n’ai aucun problème dans ma vie… Je rigole quand je dis que je suis parfait. En réalité, personne ne l’est. J’ai des défauts comme tout le monde mais je pense qu’il faut avancer tel qu’on est. Personne ne peut vous changer. Personne ne peut me changer. Je suis quelqu’un de très nerveux, je peux me mettre en colère ou stresser pour très peu, par exemple quand je rate quelque chose ou que je dois m’exprimer devant les autres. En fait, j’ai beaucoup de défauts, mais mes amis me connaissent comme quelqu’un de souriant, toujours présent. Le fait de s’accepter soi-même permet d’évoluer. Je suis fier de la personne que je deviens chaque jour. Seul l’avenir me dira comment je vais devenir, si je deviens un homme bien. Peut-être vais-je regretter l’enfant joyeux que je suis à 15 ans ?

Un jour mon rêve viendra par Thomas, 14 ans, Plombières

 À la récré, si je me dirige vers mes amis et que je vois d’autres personnes, que je connais moins bien, je me retourne et je fais comme si je ne les avais pas vus. J’ai peur de déranger. Pour le moment, je stresse : je vais changer d’école et j’ai peur de ne pas avoir d’ami·e·s. À cause de ma timidité, je n’oserai pas aller vers de nouvelles personnes. Aujourd’hui, mon problème de timidité se résout petit à petit. Le théâtre m’aide à la combattre. Pour ne pas me laisser envahir par cette timidité, je dois continuer cette activité. Mais ce qui me fait le plus grand bien, ce qui me fait le plus plaisir, c’est de créer des vidéos pour YouTube. Pour moi, c’est une façon d’échapper à la timidité.

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