Educatrice, ma voie

Educatrice, ma voie

Lorsque j’ai commencé mes études, j’étais loin d’imaginer que j’allais devenir éducatrice. Lors de mon entrée en supérieur, j’ai commencé des études de chimie, et après un mois, j’ai abandonné car je ne me plaisais pas du tout. Les jours qui ont suivi étaient compliqués car je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire, ni vers quoi me diriger. C’est ma maman qui est venue me conseiller, en me rappelant que j’avais toujours eu un intérêt pour l’accompagnement et l’aide des autres. Je me suis renseignée sur les études, j’ai posé des questions, j’ai essayé, ça m’a plu, j’ai continué et j’ai adoré.

Il y a quelques jours, j’ai regardé un film, Dalva. Une jeune fille, qui a subi l’inceste de son propre père. Un jour, elle a été placée en institution, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Pour elle, son père n’avait rien fait et ce qu’elle a subi était normal.

L’inceste est un exemple parmi des centaines, mais ce film n’a fait que confirmer mon choix d’étude. Je me suis dit, à la fin de ce film, que je ne me voyais pas faire autre chose que ce métier car j’ai envie et j’ai ce besoin d’aider. J’ai notamment besoin d’aider les jeunes placés car je veux accompagner ces enfants dans leur reconstruction, dans leur identification, dans leur prise de conscience, dans leur éducation, et faire mon maximum pour essayer de les aider à avoir un avenir meilleur. Personne ne mérite de subir et vivre de telles choses.

Me voilà, aujourd’hui, en fin de 3ème année, avec 3 expériences de stage, un job étudiant et une envie encore plus grande qu’au début de faire ce métier.

Auteure : Anaïs, 20 ans, Mons

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Pourquoi je ressens tout ça ?

Pourquoi je ressens tout ça ?

J’ai toujours cru que ça ne m’arriverait jamais… pourquoi ? Parce que je suis jeune et, généralement, j’en rigole. Lorsque je ne suis pas bien, il m’est facile de dire : « Je suis en dépression ».

Seulement, cette fois-ci, lors de mon mal-être, celui que je suis en train de vivre actuellement, je ne vois pas de sorties. J’ai juste l’impression de résister à la noyade. Ces moments-ci, j’ai failli lâcher plusieurs fois et mes proches m’ont dit que ça me ferait sûrement du bien d’aller parler à un professionnel. Ce que je déteste car j’ai du mal à m’exprimer sur ce que je ressens.

Ne trouvant plus de sortie, après de longs mois de réflexion, j’ai tout de même décidé d’y aller et ce qui devait sortir, sortit ! Je suis diagnostiquée comme étant dépressive. J’ai un peu de mal à le prendre au sérieux car j’en ai toujours rigolé mais je dois avouer que je comprends mieux ce que je vis en ce moment, cette fatigue intense, le sentiment de vide, de rejet…

Le message que je souhaiterai faire passer est le fait que même si l’on peut ressentir de la peur avant d’aller voir quelqu’un, cela peut nous aider à comprendre ce qui nous arrive. Et des spécialistes peuvent nous aider à avancer.

Auteure : Meggy, 22 ans, Mons

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LES PETITS AVIS, EPISODE 107

LES PETITS AVIS, EPISODE 107

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc dans un seul article sobrement intitulé “Les Petits Avis”.

Pire et meilleure amie, Anonyme, Mons

La solitude, ma pire et, à la fois, ma meilleure amie. J’ai l’impression de l’avoir toujours connu, comme si elle avait tout le temps fait partie de ma vie.

On s’aime et, à la fois, on se déteste.

On a grandi ensemble et, quand j’ai ce sentiment qu’elle a enfin disparu, elle revient, en courant, me rappeler qu’elle est toujours là.

Parfois, j’aimerais m’en débarrasser pour de bon ; car c’est elle qui est à la source de toutes mes angoisses et peurs. Mais je me suis également rendu compte que vivre avec ce sentiment ne m’empêche pas d’être bien entourée.

Volez vers la lumière, Willy, 58 ans, Charleroi

Volez vers la lumière qui s’ouvre à vous comme une porte vers une vie meilleure, bien au-delà de celle sur Terre. Là-haut, vous n’aurez plus à subir de jugements ni de critiques sur votre vie. Ici-bas, être rejeté constamment par l’être humain vous détruit le moral et inflige tant de douleur que vous peinez à surmonter, tant de chagrin à endurer.

Dans la ville, vous menez d’innombrables batailles pour trouver un endroit où dormir la nuit, épuisé d’avoir marché et d’être rejeté. Vous êtes témoin de la disparition de vos amis de la rue, qui ont quitté ce monde, laissant derrière eux un deuil difficile à porter. Vous avez été tellement trahis dans la rue, cherchant désespérément la force et un courage énorme pour surmonter vos blessures, qui ne semblent jamais pouvoir cicatriser dans votre mémoire.

L’image de vos longues marches à la recherche d’un lit à l’abri pour la nuit restera gravée dans votre esprit. Même si vous savez qu’après une nuit dans un lit chaud avec une bonne couverture, demain vous n’aurez peut-être pas de place pour vous abriter, il y a toujours cette déception de ne pas pouvoir rentrer. Vous êtes confronté à l’indifférence persistante des gens, parfois forcés de rester dans un silence qui vous ronge, de peur que les gens ne croient pas à votre souffrance.

Vous assistez encore à des décès dans la rue, témoignant du manque flagrant de respect, de politesse et de dignité humaine envers les personnes sans-abris. Beaucoup vivent dans le brouillard, cherchant un endroit pour se reposer ou dormir sans être chassés dans la nuit.
Les préjugés persistent, rendant la vie encore plus difficile pour ceux qui sont déjà en marge de la société. Certains finissent par disparaître, oubliés et invisibles aux yeux d’une société qui préfère détourner le regard plutôt que d’affronter cette dure réalité.

NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteurs/es : Willy, anonyme

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Eunice, un roman que j’aurais voulu lire plus jeune

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Eunice. Une jeune fille de 19 ans, qui, comme nous toutes et tous, fait face aux vagues de la vie. Entre rupture, deuil, amour et quête de soi, réconfort, vérité, Eunice enquête. Elle est en quête de vérité sur la mort de sa mère, qu’elle traitait de ringarde et semblait ne pas comprendre. Avec Eunice, Lisette Lombé, poétesse nationale 2024-2026 et slameuse liégeoise, nous emmène dans une critique crue, osée, et engagée de notre société. Après avoir lu Brûler, brûler, brûler, son recueil de poèmes engagés, qui m’avait déjà bouleversée et inspirée, me voilà ébahie par Eunice, son roman sorti en 2023.

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’autrice avant de lire le livre, lors d’une rencontre littéraire, début 2024 à Spa. Une rencontre honnête, puissante, qui m’a encore davantage donné envie de le lire. Mais pourquoi ? Je vous répondrais simplement que j’aurais eu envie de lire ce livre bien plus jeune qu’à 24 ans.

Pour commencer, je me rappelle de notre rencontre. Elle a commencé par dire, qu’à refaire, elle n’écrirait pas le mot « anus » dans les premières pages d’un roman qu’elle voulait moins engagé et accessible à un autre public. À un public qui est peut-être un peu moins adepte de l’écriture forte et engagée. Pourtant, avec Eunice, j’ai trouvé qu’elle continuait de dénoncer. Dénoncer, les violences faites aux femmes, ou tout simplement, la place des femmes dans la société. La place des femmes dans notre société se retrouve au travers du caractère d’Eunice. Une jeune fille qui n’a pas peur de dire, de faire, même si son comportement peut être voué à la critique. Elle nous ouvre aussi à une jeune fille en quête de recherche d’amour et de liberté.

La place des femmes se trouve aussi dans le personnage de sa mère, Jane. En quête de savoir sur ce qu’était réellement sa mère, Eunice se questionne : « Qui s’intéresse à ce que sa mère ressent en tant que femme ? Qui se souvient même que sa mère n’a pas toujours été une mère ? ». Un questionnement qui m’a personnellement marqué lors de ma lecture, qui fait réfléchir à notre lien avec nos mères. L’histoire d’Eunice et de sa relation à sa mère nous invite dans les histoires familiales sombres et palpables qui déchirent.
Un autre thème crucial, c’est le deuil. Le deuil de perdre un être cher, aussi tôt, aussi brutal, durant lequel Eunice regrette ce qu’elle lui a dit ou n’a pas pu lui dire. J’ai lu le livre avant et pendant le deuil d’une personne qui m’est chère. D’un parent parti trop tôt. J’ai trouvé dans Eunice, un répit, une solidarité et une émotion vive que je m’apprêtais à vivre ou que je vivais déjà.

Au-delà de ses thèmes abordés, Eunice est un roman poétique. On y retrouve la plume slam de Lisette Lombé. Peut-être moins ou pas assez engagée pour celles et ceux qui la connaissent. Mais, il s’agit d’une porte d’entrée pour un autre public. Peut-être plus jeune, moins engagé, mais qui est accessible à toutes et à tous. Je le recommande à tout.e professeur.e qui passerait par là, pour qu’il.elle le recommande à ses élèves, qui le recommanderaient à leurs parents… et ainsi de suite.

Auteure : Manon, 24 ans, Liège

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Une souffrance que personne ne pourra comprendre

Une souffrance que personne ne pourra comprendre

Dans le silence de la rue, je marche seule, prisonnière de mes pensées. Le chagrin et la déception m’épuisent, comme une bataille sans fin contre un ennemi invisible. La douleur est profonde, une brûlure qui consume mon intérieur, tandis que le monde extérieur reste indifférent à ma souffrance.

Les critiques et les jugements des autres résonnent dans ma mémoire, formant un brouillard épais qui obscurcit ma vision. Je cherche l’abri, un refuge à l’intérieur de ma poitrine, où je peux panser mes blessures en silence. Les images du deuil persistent, refusant de disparaître, me rappelant constamment ce que j’ai perdu. Pourtant, quelque part au fond de moi, une force s’éveille. Elle me pousse à vivre, à ne pas me laisser vaincre par les préjugés et la solitude. Je refuse d’être définie par ceux qui m’ont trahie ou par ceux qui sont décédés, laissant un vide immense dans mon cœur.

Avec dignité et courage, je choisis de me relever. Chaque pas sur ce chemin de guérison est un acte de bravoure. Je ne laisserai pas les fantômes du passé hanter mon présent, ni compromettre mon avenir.

Le deuil est un processus, pas une destination. À travers la douleur, je redécouvre ma force intérieure. Les cicatrices que je porte sont des témoignages de ma résilience, pas des marques de faiblesse.

Petit à petit, le brouillard se dissipe. Je commence à voir au-delà de ma souffrance, à apercevoir la beauté qui existe encore dans ce monde. La guérison n’efface pas le passé, mais elle ouvre la porte à un nouveau chapitre, où je peux honorer ceux que j’ai perdus, tout en continuant à vivre pleinement.

Dans cette rue, où je marchais seule, je réalise maintenant que chaque pas me rapproche de moi-même, de cette force intérieure qui a toujours été là, attendant d’être redécouverte. Et c’est avec cette force renouvelée que je fais face au monde, prête à écrire la suite de mon histoire.

NDLR : Texte où l’auteur rédige au féminin. Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteur : Willy, 58 ans, Charleroi

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