Amour à sens unique, amour en fuite

Amour à sens unique, amour en fuite

Chacune, chacun, si il ou si elle en avait la possibilité, a dû choisir avec qui être confiné·e. Certaines ont passé le confinement dans les caisses de leur belle-famille, certains dans une bulle de solitude… Céline a passé le confinement loin de la personne qu’elle aimait.

57 Jours

Cela fait 57 jours que je n’ai plus revu la personne qui est pour moi « l’amour de ma vie ». 57 jours que je rumine, que je me sens seule et perdue. 57 jours qu’il me manque et que je ferais tout pour le revoir. Rien n’y fait… La solitude s’est emparée de moi. Ne me reste plus que mes doutes, ma tristesse. Se sent-il seul aussi ? Est-ce que je lui manque ? Passe-t-il une seule journée sans penser à moi ? M’aime-t-il comme je l’aime ? À vrai dire je ne l’ai jamais su, me comprenez-vous … ?

Dire l’amour

Quand il arrive que la personne que vous aimez vous offre un “je t’aime”, cela semble plus clair. Si celle-ci ne nous le dit pas, qu’on interprète son comportement et qu’on prend ça pour de l’amour et qu’on se rend compte, ensuite, que ce n’est peut-être pas le cas…On se sent très bête pour chaque seconde où on y a cru et j’y ai cru. Peut-être trop aveuglée par tout l’amour que je lui portais. J’ai accepté ce sentiment d’incertitude, cette impression que je ne recevais pas, en retour, ce que je donnais. J’ai accepté de vivre ça, même si la situation me faisait penser que je n’étais pas assez bien, même si je perdais peu à peu l’estime que j’avais de moi.

Libérée

Arrive le déconfinement, je réalise que j’ai le droit d’obtenir des réponses à mes questions, alors je décide d’aller le voir, c’est le moment où jamais. Je le vois enfin. Je ressens un mélange de joie et de tristesse. Je suis contente mais triste aussi. Je réalise à ce moment-là que c’est la dernière fois et que je ne le reverrai plus jamais. Je ne veux pas me laisser envahir par la tristesse. Au bout du compte, cette histoire m’a fait me rendre compte de ma valeur et de l’importance de ne pas m’oublier et, surtout de m’aimer avant qui que ce soit d’autre. Alors merci à ce confinement que je vivais mal au début, mais qui s’est avéré être bénéfique. Au final, Covid m’a ouvert les yeux.

Auteure : Céline, 19 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Réfugié et confiné

Réfugié et confiné

C’est par d’improbables chemins, des routes plus dangereuses que curieuses que Sami est arrivé en Belgique. Aujourd’hui, en attente du statut de réfugié qui lui permettrait de poser ses valises et ses souvenirs, il nous explique le confinement vécu d’un centre d’hébergement.

De l’Éthiopie à la Belgique

J’ai 20 ans, je suis éthiopien. J’ai quitté mon pays quand j’avais 9 ans et demi en compagnie d’une mère « d’adoption ». Un soir, à la tombée de la nuit, avec un sac comme seul bagage, nous avons rejoint 12 autres personnes pour monter dans une camionnette et rouler en direction du Soudan. Mon voyage a continué vers la Lybie, l’Italie, la France et enfin la Belgique. J’ai alors 17 ans quand j’arrive à Bruxelles. Cela fait 2 ans que je vis entre le parc Maximilien et les centres d’hébergement. Quand ce n’était pas le confinement, j’avais la chance de faire du bénévolat. Mes journées étaient alors bien occupées.

Confiné

Après un mois de confinement, la routine dans le centre s’est installée. Il est 9h, je me réveille dans le dortoir avec 17 autres personnes. J’ai mal dormi, il y a du bruit : les téléphones qui sonnent, le va-et-vient des autres résidents qui oublient d’éteindre les lumières, le personnel qui vient chercher du matériel, les ronflements, les flatulences, … Mais qu’importe, je suis content d’être là.

Douche, café, clope

Je prends une douche, je vais boire un café, fumer un clope, et je réfléchis à ce que je vais faire aujourd’hui. Passer le temps. Je n’aime pas ne rien faire, je m’ennuie, alors je pense. Et quand je pense, le temps ne passe pas vite. Mes pensées se perdent dans le passé, ça me fait mal, je préfère voir l’avenir. L’avenir, pour moi, c’est avoir des papiers, faire une formation, améliorer mon français, avoir un travail normal. J’aimerais devenir pompier, infirmier, ambulancier,… Je veux aider les autres sans rien attendre en retour. Mais, ça prend du temps d’avoir des réponses pour les papiers et on ne connaît pas l’issue. L’incertitude est grandissante… Plus le temps passe, plus mon moral diminue mais je garde espoir. L’espoir… c’est Dieu qui me le transmet.

Bouger

Fatigué ou non, je décide de sortir. Je n’ai pas trop envie d’avoir quelqu’un qui me parle. J’aimerai lire tranquillement mais on vient souvent me solliciter. Alors, je prends le métro masqué dans n’importe quelle direction et je marche pour rentrer au centre. Je découvre Bruxelles, les Bruxellois, la vie à l’européenne. Je passe le temps. Je suis seul, la solitude ne me dérange pas. Parfois, un ami du centre m’accompagne. Vers 17h, je fais un peu de sport, je reprends une douche, je prie, je fume, j’écoute de la musique, je lis les infos, je discute avec des amis sur les réseaux sociaux, je mange, je fume, je discute,…

J’essaye de ne pas penser, de garder l’espoir pour un avenir meilleur.

Auteur : Sami, 20 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance 

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Amoureux de l’émission Génération 80

Amoureux de l’émission Génération 80

Il y a 40 ans, Pierre n’était pas né, mais vraiment pas né du tout… Il y a 40 ans, il est même assez probable que ses parents ne se connaissaient pas encore. Il y a 40 ans, étaient les années 80. C’est sur cette période et sa musique que Pierre, né début 2000, revient. Pour lui, ces années avaient l’énergie, la liberté et l’audace qui, aujourd’hui hélas, n’existent plus.

Je rêve “On air”

“ Bonjour, vous écoutez Classic 21, il est 17h ! Vous, qui êtes de l’autre côté de la radio, j’espère que vous allez bien ! Que vous soyez en voiture, au shopping center, en balade… quel que soit le cas de figure, c’est Génération 80 jusqu’à 19h ! Le meilleur des 80’s avec du rock, de la pop, du funk, des perles rares et même des maxis vinyles ! ” Depuis 10 ans, c’est cette phrase que je rêve de dire. Mon rêve, ce serait de devenir animateur radio comme dans les années 80 ! Tout cela a commencé quand j’ai découvert Génération 80, une émission de radio programmée tous les samedis de 17h à 19h, sur Classic 21, une des chaînes radio de la RTBF. Pour moi, cette émission, c’est un moment de folie et même de récréation, de détente.

Né au mauvais moment

Je ne me sens pas bien dans mon époque et je n’aime pas trop les musiques d’aujourd’hui. Je n’aime pas le monde tel qu’il est et je me dis que je me serais mieux senti dans les années 80. En 2020, il y a trop de racisme, trop de violence, trop d’incompréhension… Dans les années 80, il y avait plus, je pense, cette vague de liberté, cette vague contestataire. D’après moi, la radio, c’est une véritable machine à remonter le temps, c’est encore un passe-temps qui me permet de m’évader.
Parmi ce qui m’a marqué dans les années 80, c’est le Live Aid, (1) un concert absolument mythique. Le 13 juillet 1985, en Angleterre à Londres ou à Philadelphie, aux USA, une petite centaine d’artistes et de groupes se sont succédés, sur scène, pendant près de 16 heures. Ce spectacle a été organisé pour récolter de l’argent et aider l’Éthiopie. À cette époque-là, elle connaissait une terrible famine entraînant la mort d’un million de personnes.

Partager la passion

Si je ne m’étais pas intéressé aux années 80, ma vie ne serait pas telle qu’elle est maintenant. Je ne saurais pas quoi écouter. Grâce à l’émission et aux années 80, ma vie a changé. J’aimerais devenir animateur radio pour pouvoir affirmer et montrer tout mon amour que j’ai pour les années 80, partager cette machine à remonter le temps, cette bulle qui me sert à oublier mes tracas. Ce que j’aimerais surtout c’est faire découvrir cette passion des années 80, la partager avec d’autres jeunes ou d’autres passionné·es.

On se retrouve samedi prochain à 17h pour une autre émission de Génération 80. À très bientôt.

Auteur : Pierre, 20 ans, Uccle

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Reprendre son histoire et l’Histoire en main

Reprendre son histoire et l’Histoire en main

Les puissant·es le sont-ils et elles vraiment ? Quel degré de confiance peut-on leur accorder ? Est-ce qu’on peut, doit encore les croire ? Sébastien s’est posé toutes ces questions quand le confinement a été décrété… Voici ses réponses.

Ne compte que sur toi

J’étais ancré dans cette routine, à suivre les grands exemples qui, actuellement, me déçoivent. J’ai décidé, sans trop avoir le choix, de changer de mentalité et de vision du monde. En effet, je comprends mieux pourquoi c’est l’affaire de chacun de voir la détresse des autres. Si on se dit toujours que c’est le voisin qui va arranger ça, on ne fait rien dans la vie, rien ne change.

17 mars 2020

Ce jour-là (1), je me trouve obligé de rester chez moi. Seul devant ma propre vie, mes propres questions, mes propres sentiments. Je me trouve dans une profonde solitude pendant 48 heures. Quand tout à coup, arrivent les nouvelles. Enfin, je veux le croire, des explications à mes questions. De nouvelles têtes apparaissent dans les médias. À cet instant, je comprends que nous sommes toutes et tous condamné·es à attendre, sans pouvoir agir. À travers ces nouvelles têtes, des virologues, des épidémiologistes… Je comprends qu’il ne faut justement pas rester là, à attendre de manière passive. Je comprends que nous sommes tous humain·es et que nous avons tous et toutes, à décider du monde.

Exemples à suivre ?

Je comprends, à l’instant où j’entends les messages des différents scientifiques, des femmes et hommes politiques, qu’ils étaient les exemples à suivre. Ils et elles étaient, en principe, cette voix à écouter. Pourtant, Maggie De Block (2) ne fournissait pas assez d’efforts pour les soignants. Avec le temps, nous avons découvert, nous avons compris les conséquences de notre manque d’investissement dans la société. Je cite aussi les présidents Trump et Bolsonaro (3), sans oublier monsieur Johnson (4), qui ne voulaient pas faire de confinement, sous prétexte qu’il n’y avait pas d’épidémie et que c’était ridicule. Tous ces personnages, avant, me paraissaient puissants. Aujourd’hui, ils me déçoivent terriblement, plus encore que par le passé.

Prendre les choses en main

Je comprends maintenant la situation du monde. Je comprends ma place de citoyen, d’adolescent. Je comprends mieux pourquoi nous devons être le chef de notre propre conscience et ne plus suivre comme des moutons. Cette crise me change énormément, je ne suis plus le même. Je veux changer le monde, changer ce qui est déjà pensé, ce qui est déjà décidé. Je veux travailler à changer le monde, reprendre les choses en main. Je veux être parmi ceux qui s’occupent du monde de demain.

1. Le 17 mars 2020, lors d’une première conférence de presse du Centre National de Crise, Sophie Wilmès, première-ministre de Belgique a annoncé le confinement.
2. Maggie de Block est la ministre fédérale de la Santé publique. En Belgique, huit autres ministres ont cette compétence mais à différents niveaux ou pour une partie du territoire.
3. Donald Trump est le président des USA, Jair Bolsonaro celui du Brésil.
4. Boris Johnson est le premier ministre du Royaume-Uni.

Auteur : Sébastien, 17 ans, Bruxelles

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Gloss

Tout d’abord, commençons par le fait que je porte du gloss ou du rouge à lèvres tous les jours. Me croyez-vous si je vous dis que, même pour aller au supermarché, j’en porte ? D’où vient cette addiction, cette habitude ? J’ai commencé les réseaux sociaux vers 13 ans. Evidemment, à cet âge, je ne faisais pas vraiment attention aux regards des autres. Vers 14 ans, je voyais des filles ou des femmes magnifiques sur ces réseaux. Du coup, je me suis demandé pourquoi moi, je ne pourrais pas être comme ça ? Pourquoi ne pas essayer de leur ressembler. Donc j’ai commencé à acheter du maquillage, à en mettre et j’ai reçu plusieurs compliments. Comme je prends les remarques des autres assez à coeur, cela m’a poussée à devenir, encore plus, comme toutes ces autres filles.

INFLUENCéE

À 15 ans, je portais du rouge à lèvres tous les jours. Même si j’étais en retard, ce détail ne pouvait pas manquer. Quand je regardais les photos de grandes influenceuses comme Kylie Jenner ou Kim Kardashian (1) avant et après la chirurgie esthétique, je me disais que moi aussi je devais être absolument comme elles. Parce que, d’après moi, tout le monde les trouve magnifiques, vous voyez qui elles sont ? Si non, vous pouvez retrouver toutes leurs photos sur Instagram. La plupart des influenceuses ont toutes les mêmes traits du visage. Un petit nez, des lèvres pulpeuses, un front pas trop grand, etc. Et comme je ne me retrouvais pas dans certains critères, je me disais que les gens ne trouvaient pas ça beau …

Devenir parfaite

Vous vous doutez bien qu’avec toutes les méthodes pour “perfectionner” son visage à l’heure actuelle, mon envie de rentrer dans cette case de la femme “parfaite” est encore plus grande qu’avant. Par exemple, si je ressemblais totalement à Naomi Campbell ou à Beverly Peele (2) quand elles étaient jeunes, je n’aurais jamais à me plaindre puisque je les trouve parfaites. Malgré l’âge, elles le sont toujours mais évidemment la beauté est éphémère et diminue avec le temps… Donc faut-il en être autant addict ?

Comme tout le monde

J’ai eu très longtemps envie de faire de la chirurgie esthétique. Je pense même en avoir toujours envie. Mais finalement, pourquoi vouloir à tout prix ressembler à des personnes qui elles-mêmes s’inspirent du visage d’une autre personne ? Un exemple très simple : la youtubeuse Sananas (3). Elle a pratiquement le même visage que Kim Kardashian ! Certaines filles, plus jeunes, qui la suivent vont peut-être vouloir lui ressembler. Mais en réalité, elles veulent ressembler à une personne qui, elle-même, n’est pas elle. Juste le reflet d’une autre personne grâce à la chirurgie… Sans oublier que l’abus de chirurgie est très souvent catastrophique. Donatella Versace (4) en est un bon exemple. Pour conclure, les réseaux sociaux ne sont pas uniquement rempli d’influenceuses qui placent des produits (5). Elles nous racontent aussi des choses drôles et parfois intelligentes. On peut également faire de belles rencontres. 

Un conseil venant d’une personne qui essaye, tant bien que mal, de moins se focaliser sur le physique : apprenez à vous aimer comme vous êtes. Car chacune, chacun est unique et nous ne sommes pas des clones, même si c’est plus facile à dire qu’à faire.

 

1. Kylie Jenner et Kim Kardashian sont soeurs. Elles ont accédé à la célébrité grâce à L’Incroyable Famille Kardashian, une émission de télé-réalité diffusée depuis 18 ans aux USA et rediffusée un peu partout . Ce qui caractérise cette émission, c’est la mise-en-scène et la dramatisation du quotidien d’une famille qui n’a d’incroyable que la fortune et les moyens et la mise en valeur permanente des apparences, forcément trompeuses.
2. Naomi Campbell et Beverly Peele sont deux mannequins.
3. Sananas est une youtubeuse et blogueuse française qui parle surtout mode et beauté.

4. Donatella Versace est une styliste italienne. Aujourd’hui, elle est plus connue pour ses opérations que pour son travail.
5. Le placement de produits est un système qui permet aux youtubeuses et youtubers populaires de gagner de l’argent. Contre une somme ou un cadeau, ils ou elles font la promotion d’un produit ou l’autre. Plus la personne a d’abonné·es, plus le gain qu’elle gagne est important. C’est une nouvelle manière de faire de la publicité qui connait, pour le moment, un succès croissant : les jeunes regardent de moins en moins les chaines de télé classiques.

 

 

 

Auteure : BEVERLY, 17 ans, BRUXELLES

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Méditer et s’accepter

Méditer et s’accepter

Pour Caroline, comme pour d’autres, le confinement a été un long moment pour se concentrer sur d’autres choses qui, trop souvent, peuplent les journées. De la méditation qu’elle a pratiquée, elle retire une formidable leçon.

 

Se perdre

Ces derniers temps, il m’est souvent arrivée de me perdre dans mes pensées et de tourner en rond sans trouver d’issue. En un coup, il y a eu tout ce temps devant moi. Et ça m’a déstabilisée. J’ai commencé à me perdre dans mes pensées. Trop souvent. Cela a mené à beaucoup de stress et d’anxiété. Dans ces moments-là, tout se bascule et je panique. Ce n’est pas facile de se dire à un moment qu’il faut se calmer, relativiser. Dans ces cas-là, un bon réflexe serait de se dire: “Attends une minute. Pourquoi est-ce que je m’inquiète ? Quelle est la situation ? Qu’est-ce que je peux y faire, y changer ?”.

Méditer pour avancer

Ces questions peuvent mener à la méditation. La médiation peut simplement se résumer à se mettre dans un endroit calme, fermer les yeux, prendre de grandes inspirations par le nez et expirer longuement par la bouche et surtout d’essayer de se concentrer sur une seule chose ou, en tout cas, un seul sujet à la fois. On peut voir ça comme un état second. On prend un moment hors de la réalité, hors des soucis. Cela peut mener à des réflexions. Comme accepter qu’on n’est pas parfait, qu’on a des faiblesses, des difficultés. Mais que cela ne nous rend pas plus faible. Cela prouve juste que nous sommes humains. Des humains face à une situation inédite.

Accepter

Le fait d’accepter cela m’a rendu la vie plus facile sur certains aspects, par exemple mon apparence. Oui, il y a des choses que je n’aime pas chez moi. Oui, j’ai des défauts. Oui, je n’ai pas l’impression d’être dans les canons de la beauté. Mais au fond, est-ce que cela est grave ? Ça ne nous définit pas. Ce n’est pas représentatif de notre personne. Je ne dévalorise pas l’importance que certaines personnes portent à leur apparence mais personnellement… Cela me débarrasse d’un poids de me dire, de temps en temps : “Aujourd’hui je ne me trouve pas au top”.

Trouver ce qui fait du bien

En fait, cela me fait plutôt du bien de ne pas réfléchir mais ça, c’est impossible, ne penser à rien ? Penser par exemple à la simple beauté d’un coucher de soleil. Et me concentrer là-dessus. Je l’imagine dans ma tête sans forcément en penser quoi que ce soit. Et si ma pensée est perturbée, ce n’est pas grave, je pense à autre chose. Et si j’ai envie d’arrêter, j’arrête. Personne ne m’oblige à faire cela. Je fais ça pour mon propre bien. Je n’essaye pas d’accomplir quelque chose si ce n’est me sentir mieux.

Auteure : Caroline,17 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R À DISTANCE.

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