Quand je suis seul

Quand je suis seul

Ceci n’est pas un message d’espoir, c’est même plutôt l’inverse, c’est presque un appel à l’aide… Quand je suis seul avec moi-même et que je suis en phase basse, je me sens très mal. J’ai plusieurs troubles, peut-être incurables, qui m’empêchent d’avancer, de me sentir bien ou d’être productif.

Je me mets à détester mon corps, mes faiblesses, mes troubles, mon cerveau cassé. Je me mets à pleurer, à ruminer chaque petite chose que j’ai pu dire ou faire, chaque pensée intrusive. Je me mets aussi à détester ce monde dans lequel je vis, lui qui est si injuste. Surtout avec les personnes comme moi.

 

Auteur : Anonyme, Namur

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Prône-misère, je te contre-haine

Prône-misère, je te contre-haine

Layla, 15 ans, aime beaucoup extérioriser ce qu’elle ressent en écrivant, même si ses journées chargées, l’anxiété sociale et le stress qui en découle ne lui permettent pas toujours de le faire. Layla a aussi un rêve : publier un livre qui se nommerait Prône-misère, je te contre-haine comprenant différents textes qu’elle écrit. Un projet dont elle ignore s’il aboutira un jour mais qui l’aide à avancer, à vouloir apprendre et simplement à vivre… Voici deux de ses textes.

Conscience

« Devenir ce que l’on déteste »

Tais-toi, ce n’est pas toi
Ce n’est qu’une excuse
Pour que tu puisses te rendre justice
Du mal que tu m’as fais

Je ne le méritais pas.

Mal-être

Ses cris qui résonnaient dans ma tête,
Des cris causés par de simples conneries.

– « Arrête de crier, et écoute-moi, comprends-moi », criait mon cœur silencieusement

Je n’ai rien demandé,
Je n’ai pas demandé à être conçue
Alors la moindre des choses
Serait de ne rien attendre de moi
Et de me donner une meilleure vie que celle-là
Je suis peut-être ton choix
Mais, je ne suis pas le mien
Et ton bonheur
N’est pas le mien
Tu peux toujours prétendre que tu m’as tout donné
Mais moi, je ne t’ai rien demandé.

Auteur : Layla, 15 ans, Saint-Georges-sur-Meuse

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J’ai toujours eu peur de ne pas trouver ma place dans le monde

J’ai toujours eu peur de ne pas trouver ma place dans le monde

J’ai toujours eu peur d’échouer et de ne pas trouver ma place dans le monde… J’ai l’impression que quoi que je fasse, personne n’est satisfait.

Que ce soit à l’école où mon comportement n’est pas top avec les surveillants et mes notes assez basses. Que ce soit avec mes “amis” où je me sens plus un poids qu’une bonne compagnie. Que ce soit à la maison où, des fois je ne respecte pas mes parents et où je me fais beaucoup critiquer sur mon physique et mon caractère. Et que ce soit avec moi-même, qui me punit, qui me trouve très peu de qualité et qui joue une double personnalité.

Avec tout ça, j’ai peur de ne jamais satisfaire quelqu’un ou de ne pas avoir d’avenir, de ne pas fonder une famille car personne ne pourrait m’aimer. De ne pas rendre mes parents fiers etc. J’ai peur, ça m’angoisse et me détruit peu à peu…  

Auteure : Basmala, 16 ans, Liège 

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Le mâle être

Le mâle être

Une douleur qui ne disparaitra jamais,

car je ne suis pas né comme je l’aimerais.

Mon corps me dégoute

et le vide se rajoute.

Les bandages me serrent

mon mâle être s’en sert.

Auteure : Nikita, 15 ans, Bruxelles

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Addict. Accro. Dépendante

Addict. Accro. Dépendante

Addict. Accro. Dépendante. Peu importe comment tu l’appelles, tu sais que ça sent pas bon. Ca évoque le chaos et les problèmes.

Je suis une addict, une éternelle accro et pour sûr dépendante à bien trop de choses. On pourrait d’abord parler de la dépendance affective, celle qui te fout une boule au ventre dès que tu t’attaches à quelqu’un·e. Tu sais que tu n’en sortiras pas indemne. Et l’autre personne non plus. Tu comprends dès la première seconde que ce vieux mécanisme ancré en toi va se reproduire, faire du mal et te rendra encore plus seule et désillusionnée que tu n’es déjà. On pourrait ensuite parler de la dépendance à toutes les choses qui font ou faisaient partie de mon quotidien, comme de celui de beaucoup de monde – comme le sexe, l’alcool, les cigarettes. Et puis les choses vitales, comme la nourriture par exemple. Pour couronner le tout et compléter le combo gagnant, BAM, jackpot, tu as les substances psychoactives qui te font voyager ou te renferment, qui t’anesthésient ou t’éveillent, te font réfléchir ou t’empêchent d’avoir la moindre pensée raisonnée.

La complexité de l’addiction pour moi est qu’elle se situe partout et tout le temps. Je mange tous les jours et chaque repas est une épreuve. Je me balade quotidiennement et je vois l’alcool partout, omniprésent, vanté et offert à chaque coin de rue. Je sens l’odeur de la cigarette sur chaque terrasse. Je tente de ressentir la tension sexuelle ambiante de manière quasi permanente. Je suis entourée de personnes qui aiment prendre quelques traces de coke le vendredi soir, une ou deux P le samedi soir et puis qui subissent des descentes aux enfers faramineuses dès le dimanche midi. Je ne vis pas dans une bulle, je suis confrontée à mes démons en permanence.

Je suis comme vide à l’intérieur. Je n’ai jamais réussi à expliquer pourquoi je ressens cela. Les différentes psychothérapies ont tenté d’y parvenir mais sans succès. J’ai donc cette image de moi depuis très longtemps d’une batterie vide qu’il faut constamment recharger, d’un récipient qu’il faut inlassablement remplir. Une cigarette fait l’affaire pour 10-15 minutes. Une bonne pizza peut me calmer pendant 2 à 3 heures. Un orgasme également. L’alcool, à l’époque, me permettait de tenir plusieurs heures en fonction de la quantité ingérée. Les autres drogues permettent de combler ce manque pendant des durées variables également. Parfois quelques minutes, parfois une nuit entière. Mais peu importe la quantité, la fréquence ou la dose, tu reviens toujours – toujours – à ce vide abyssal. Celui qui te ronge l’estomac, te donne envie de pleurer, de te réfugier dans les bras d’un inconnu, ou de te vider une bouteille de vin blanc. Ce cycle infernal est mon quotidien. Rassurez-vous, je m’apprivoise. J’ai appris des trucs et astuces pour contrôler mes pulsions de manque. Je suis fière de vivre sans alcool. Je suis fière de réussir à ne rien consommer, seule sous mon plaid regardant une énième série sur mon projecteur. Je suis fière de me réjouir lorsque une de mes plantes bourgeonne. Je suis heureuse de réussir à passer une soirée jeux de société et de me surprendre à aimer chaque minute de celle-ci. Une vie de mamy disent certains. Plutôt un semblant de tranquillité qui me pose et m’apaise.

J’ai l’impression – et je me déteste pour cette raison – d’avoir toujours été et par conséquent de m’être toujours considérée comme une victime. Victime de mon hyper-sensibilité, victime de mes gestes qui me trahissent, victime d’homophobie et de transphobie et victime de ces addictions. Combien de personnes m’ont dit qu’avec un peu de bonne volonté, j’arriverai à m’en sortir et que – je cite – j’avais tout pour être heureuse. Même si cela part probablement d’une bonne intention, ce n’est pas vrai. Blâmer les victimes ne sert à rien. Les rendre responsable de leurs addictions ou de leurs angoisses les fait plonger d’autant plus. Par contre, leur donner espoir, leur rappeler qu’iels ne sont pas seul·es, que la bonne volonté couplée à d’autres types d’aide peuvent leur permettre de passer d’une vie rythmée par les addictions à une vie plus sereine, plus heureuse et moins difficile.

Arrêtons de nous juger. Tentons de nous mettre à la place de personnes qui ne vivent pas la même chose que nous. Et si on n’y arrive pas, acceptons simplement que notre réalité n’est pas celle de notre voisin·e. Que chacun·e tente de s’en sortir, avec ses propres armes. Essayons-nous de nous écouter et de nous comprendre.

Auteur : Anna, 29 ans, Liège

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