Mal tourner ?

Mal tourner ?

J’ai 14 ans et on peut dire que j’ai réellement changé depuis maintenant 1 an. Je sors beaucoup plus qu’avant car je me sens plus libre, j’ai changé de fréquentation, à cause ou grâce au fait que je sois tombé dans la drogue douce; j’ai essayé d’en vendre, pour l’instant ça ne marche pas, vu que financièrement c’est pas facile. J’ai échoué ma 3e secondaire, mes parents m’ont mis à la porte, 2 semaines, et même avec les filles, je suis devenu un « connard ». Et même si je résume tout ça, je me dis que ça ne me déplaît pas vraiment.

Je ne sais pas si c’est mal tourner, je me dis que mal tourner n’existe pas sauf si tu ne vis pas comme tu le voudrais et, à ce moment-là, on peut parler de mal tourner. Donc, vivez comme vous le voulez, foutez-vous de ce qu’en pensent les autres, tant que ça vous convient à vous, ne gâchez pas votre vie pour celles des autres.

Pour en revenir à moi, peut-être que ce n’est que de passage, et je l’espère, même si pour l’instant, ça ne me déplaît pas mais je le sais bien, je ne suis pas encore heureux.

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Auteur : Kozo, 14 ans, Charleroi

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J’aimerais apprendre à être heureux et m’aimer comme je suis, qui je suis et le pourquoi je suis comme ça. J’aime tant mon chat pour l’amour qu’il me porte, malgré mes pathologies mentales, et le fait que je sois un homme dans un corps de femme. Toujours « deadname » et jamais Jin, toujours elle au lieu de il, lui, ce chat, s’en fout et m’aime. Il calme mes crises malgré tout. Certes, je rigole de mon vécu, mais en vrai j’en souffre, je veux échapper à cette souffrance derrière l’humour. Je rêverai de vivre et de ne plus survivre, manger si je le veux et sans me soucier de mon poids, dormir sans faire de cauchemar, me réveiller sans pleurer ou stresser, vivre sans trop me soucier de tout, des critiques et insultes. La danse m’aide beaucoup à m’évader et ne plus y penser. Mais, malgré mes galères avec mon corps que j’ai affamé pour perdre du poids, mes nuits blanches pour ne pas faire de cauchemars ou alors ne faire que dormir pour ne pas avoir peur du lendemain.

Même si je ne sais pas ce que j’ai dans la tête, je m’en sortirais, je crois. Je me suis mis au sport, je mange sain, je dors un peu plus correctement, et j’assume ma transidentité et tout va avancer. J’ai essayé de mourir mais là je veux vivre. Malgré ma peur du futur, je suis curieux. J’y croyais plus, mais, maintenant, je commence à y croire, je sortirai de ce merdier, faut pas baisser les bras. Toi qui lis ça, sache que tu es magnifique et que je suis fier de tes efforts.

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Auteur : Jin, 16 ans, Charleroi

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Mon masque

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J’ai souvent été discriminé à cause de mon ethnicité et de ma pauvreté. J’ai changé d’école afin de fuir les personnes malveillantes. La société me dicte toujours ce que je dois faire et j’ai l’impression que je suis obligé de me soumettre à leurs règles. J’ai souvent dû obéir à mes profs et à mes camarades malgré que ce soit contre ma volonté.

Mais bref, je change d’école l’année prochaine. Un nouveau départ m’attend.

Si je ne voulais pas me faire discriminer à nouveau, il fallait que je leur mente sur ma personne (à mes camarades et profs). Ils ne doivent pas découvrir ma face cachée. Je devrais mentir jusqu’au bout car s’ils découvrent ce qu’il y a derrière mon masque, je me ferais à nouveau discriminer.

Je sais que ce n’est pas la meilleure solution mais je n’ai pas le choix car la société nous dicte ce qu’on doit faire.

Auteur : Anonyme, 15 ans, Bruxelles

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OMI en Lune

OMI en Lune

J’aimerai apprendre à être libre.

Pourquoi ? Parce que le monde a essayé longtemps de m’imposer une idée de cette liberté. On ne m’a jamais posé la question “qu’est-ce que tu souhaiteras faire de ton avenir pour être heureuse ?”. Le monde est tourné vers une course à l’acquisition matérielle, une course à un bonheur fictif qu’on nous fait croire apaisant au bout.

Mais ce temps perdu à essayer d’acquérir le monde est un temps perdu pour dompter nos cœurs et nos âmes. Un temps perdu pour créer le bonheur intérieur où l’on se connait et l’on est heureux des petits moments dans la vie. Un coucher de Soleil si éloigné mais proche du lever. La Lune et sa manière de se développer au jour le jour.

Je me poserai la question moi-même alors ! Qu’est ce qui me rendrait heureuse ?

Être la Lune ! Ceux qui me connaissent savent tout l’amour et l’admiration que je lui porte. Un symbole religieux à mes yeux, mais aussi un modèle de vie pour moi. Partir de rien, un simple “Hilal”, attendre la pleine Lune et recommencer. Elle me ressemble n’est-ce pas ? Disparaître mais toujours revenir. Chercher l’apaisement de mon cœur mais profiter de chaque étape et s’admirer durant ce développement pour pas finir dans une course folle même dans mon propre développement.

Profitez de votre temps, oubliez le monde et brillez telle qu’une Lune dans le ciel.

Alors oui, je me sens libre quand mon âme est apaisée à être une Lune.

Auteure : @okradtc, 23 ans, Bruxelles

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L’injustice : les violences policières

L’injustice : les violences policières

Je choisis de parler de l’injustice car l’injustice commence à devenir de plus en plus fréquente dans le monde, que ça soit l’injustice dans les tribunaux, donc quand ça parle de droits (des droits qui sont enlevés à certains), ou encore avec les policiers. Et c’est ce qui est, pour moi, le plus impactant, car malheureusement, depuis pas longtemps, le nombres de bavures policières augmente et cela se banalise.

Avant de parler de l’injustice, principalement des bavures policières, je vais commencer par vous expliquer ce que c’est une bavure policière. Une bavure policière est une erreur grave commise par des policiers et qui peut être commise sous plusieurs formes. Elle peut être commise sous forme verbale, tel que les stéréotypes ou encore des phrases racistes que les agents peuvent dire. Il y a aussi les discriminations et il y a les bavures policières violentes, c’est ce qui va faire office de notre sujet. Ces bavures sont tout simplement des policiers qui vont rouer des coups ou encore tirer sur une personne qui ne méritait pas vraiment ça. Comme vous le savez, les tirs peuvent tuer directement mais les coups, eux, non donc ces incidents vont majoritairement conduire à des blessures graves et même souvent la mort. Et c’est ce qui va créer une sorte de recul envers les forces de l’ordre. Dans ces incidents, le problème le plus grave est la mort certes, mais il y a aussi le fait que ce sont des agents qui ont commis cette erreur dans leur travail et la responsabilité de la justice. Ce que je veux dire par là, c’est que majoritairement la justice ne poursuit pas les poursuites pénales et c’est, donc, ça la source des émeutes. Je ne fais pas l’apologie des émeutes, mais c’est la réaction d’une tristesse incontrôlable, d’énervement et d’injustice qui fait naître ce comportement.

Dernièrement, il y a eu la mort du jeune Nael en France. Et, en Belgique, il y a eu ADIL, MEDHI, MARWA ou encore IBRAHIMA qui est le plus impactant, avec ADIL, car tous les deux venaient d’Anderlecht et à ce moment-là j’habitais dans cette commune et IBRAHIMA faisait partie de mon club. Afin de vous mettre dans le contexte, j’aimerais vous racontez deux histoires :

Premièrement, je vais raconter l’histoire du jeune Ibrahima, qui faisait partie de mon club de foot qui est le FEFA. Ibrahima est un jeune de la FEFA qui est mort, il était d’origine guinéenne et avait seulement 23 ans. Un soir, il se balade simplement et il s’arrête lorsqu’il aperçoit des policiers en train de malmener quelqu’un. Il décide donc de filmer. Et les policiers décident de l’embarquer et l’ont ramené au commissariat de Gare du Nord. Là, ils ont tapé le jeune et, après cela, ils l’ont ramené dans l’ambulance à l’hôpital parce qu’il était dans un état critique en disant qu’il avait fait une simple overdose mais la vraie vérité n’est pas cela. Et il est mort. Voilà donc comment s’est finie l’histoire d’un jeune qui a côtoyé les mêmes locaux que nous. Je ne sais pas vous, mais cette histoire me rappelle la même histoire que la maman qui s’appelait SOUROUR qui, elle aussi, a été tuée dans une cellule par des policiers.

Deuxièmement, je voulais raconter l’histoire du jeune Adil, qui était seulement âgé de 19 ans et qui était très souriant et toujours content de rendre service. Mais, le 10 avril 2020, le jeune motard a pris son scooter, sans doute pour se faire plaisir, et acheter des victuailles pour regarder un film, comme disait ses amis. Ce jeune est mort, percuté à pleine vitesse par un véhicule de police qui venait en contresens et à très grande vitesse. La mort de Adil me concerne en quelque sorte car il venait du même quartier que moi. Mes grands frères et mes amis le connaissaient très bien et savaient que ce n’était pas un jeune méchant ou encore insolent. A l’inverse, il aimait faire du bien, était poli et il rendait même des services sans jamais refuser.

Et puis, malheureusement, les policiers vont s’étonner du fait qu’il y ait des émeutes, qu’elles soient violentes ou non. Mais lorsque on y pense réellement, la vraie source de ces émeutes sont les policiers qui ne font pas leur travail, qui est de nous protéger, et qui font totalement l’inverse ! Mais attention, je ne dis pas que tous les policiers font mal leur travail, car, certes, il y a des mauvais policiers qui commettent des erreurs, qui sont peut-être pardonnables, par la justice mais, pour la famille de la victime, cela ne sera jamais justifié et jamais accepté. Car nous-mêmes, lorsque nous perdons un proche, nous sentons un manque et personne ne peut s’empêcher de pleurer parce que la personne nous tient vraiment à cœur donc je ne vous laisse même pas imaginer la souffrance des familles qui ont perdu un de leur proche à cause de policiers.

Lorsque nous entendons ces histoires, nous trouvons ça triste mais nous ne pensons pas au fait que des parents, des sœurs, des frères endeuillés vont devoir vivre avec ça. Et c’est ce qui est le plus triste, hormis le fait que les policiers qui sont là, pour de base, nous protéger font totalement l’inverse en tuant des jeunes. Comme l’a dit le rappeur Booba, les émeutes sont les abcès qui devaient péter.

Auteur : Wa’el, 15 ans, Anderlecht (avec l’aide de Don)

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

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Les émotions des jeunes ne sont-elles pas valides ?

Les émotions des jeunes ne sont-elles pas valides ?

Ceci va être très subjectif. Depuis toujours, les adolescents ont l’habitude de cacher certaines choses à leurs parents. Mais aujourd’hui, cela ressemble plus à du repli sur soi à cause d’une « pression » implicite chuchotée par la société. Ressentir la joie est évidemment acceptée. Mais éprouver un sentiment d’amour et d’euphorie trop puissant, et le révéler, parfois trop, ne vous a jamais amené de remarques ?

« Calme-toi », « Pas besoin d’être excité juste pour ça ». C’est similaire avec les dites « mauvaises » émotions. La peur n’est plus tolérée, elle est même moquée, si fut-elle déjà tolérée un jour. La tristesse est supportable, mais pas trop triste, ni trop longtemps. Et surtout « Evite de le montrer », « Fais un effort », « Souris pour les autres au moins »… tout doit être constamment refoulé.

Alors, pendant cette période difficile qu’est l’adolescence, est-il vraiment nécessaire de créer des adultes complexés et surmenés d’émotions ? Les émotions et la capacité à savoir les exprimer font peur à la société. Les malheureuses personnes dotées de compétences et d’intelligence émotionnelle sont considérées comme invalides par leurs semblables. Le fait d’exprimer nos émotions nous rend aujourd’hui vulnérables.

Mon message concernant tout cela est donc le suivant : tout ce torrent que tu as en toi est normal et fais de toi la personne que tu es. Veille quand même à bien choisir ton confident qui aura le même point de vue que toi sur la question.

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Auteure : Lili, 14 ans, Wavre

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