Traces dans le sable

Traces dans le sable

Imaginez que vous marchez sur une plage de sable fin, comme on en trouve à Ostende. Vous marchez et, en vous retournant, vous vous apercevez qu’un seul de vos pieds – disons le gauche – laisse une empreinte. De l’autre, pas de trace. Évidemment, puisqu’il est là, solidement articulé au bout de votre jambe, tout porte à croire qu’il a dû, qu’il aurait dû, lui aussi, imprimer dans le sable sa marque, alternée avec celle de son controlatéral. Et pourtant, rien. La trace continue d’un pied, d’un seul pied, comme si la mer avait mangé l’autre, comme si le droit n’avait jamais existé.
La situation semble incongrue et mentalement inconfortable, n’est-ce pas ?
Elle est pourtant l’image de ce que peut encore ressentir aujourd’hui un jeune Belge comme moi, issu de la dé٠colonisation, descendant de colons et de colonisés.
J’ai toujours vécu à l’ombre de cet arbre généalogique manchot, à la branche sciée, sans me poser de questions, sans me demander pourquoi tout le monde était blanc sauf mon papa.
Bien sûr, on m’avait raconté l’histoire : 1950, l’après-guerre, la faillite du commerce familial, l’école coloniale et le départ pour le Congo, les aventures toutes véridiques mais néanmoins incroyables comme un album de Tintin, la plantation, l’indépendance, la guerre, la fuite par le lac, le retour à Liège avec un fils : mon futur père. Cette histoire, mon papy me l’a racontée et, j’ai tout cru, tout gobé sans me poser de questions, puis en m’en posant : qui était ma grand-mère ? Pourquoi elle n’est pas venue avec toi ? Pourquoi vous ne vous êtes pas mariés ? Je ne les posais pas tout haut, parce que je savais déjà que c’était compliqué, que personne ne voulait vraiment savoir, que personne ne voudrait vraiment répondre. Parce que ce n’était qu’une petite histoire de famille sans importance. Parce que c’était mon grand-père, qu’il nous aimait et qu’il ne pouvait pas être le méchant.

À l’école, j’aurais voulu trouver moins de pudeur, j’aurais voulu qu’on me raconte cette histoire sans détour, avec plus de détachement, sans voile. J’aurais voulu avoir des professeurs que les liens du sang n’empêchent pas de répondre aux questions gênantes. Mais là encore, je n’ai retrouvé que la mythologie à peine actualisée d’une Afrique sortie du néant le jour de la Conférence de Berlin, d’une colonisation certes débattue, parfois contestée mais entre parlementaires, à Bruxelles et toujours vue exclusivement d’Europe. Jamais un mot sur ce qu’en ont vu, vécu, souffert les colonisés. Jamais un mot ni sur les royaumes Bantous, ni sur les esclavagistes ni sur rien de ce qui a pu se passer dans cette terra incognita. Pourtant, tout ce travail de critique, qu’on a fait en classe pour l’Amérique du Sud, qu’est-ce qui nous empêche de la faire pour le Congo ? Est-ce un manque de distance qui nous fait rejouer chaque année le jeu de la poutre et de la paille ? Est-ce qu’il faut attendre le décès de toutes les générations d’avant 1960 pour regarder dans le rétro ?

Aujourd’hui, je me pose encore les questions, et je n’ai pas plus de réponses, mais je suis sûr, désormais, que je ne suis pas le seul à me les poser ;
sûr que mon histoire n’est qu’une des variations infinies de la même Histoire de la colonisation ;
sûr que ce n’est qu’un fil parmi les milliers qui forment cette grande tapisserie ;
sûr que mon arbre généalogique élagué en cache une forêt.
C’est pourquoi je voudrais que la Belgique d’aujourd’hui et ses institutions abandonnent cette vieille fable d’une colonisation toute bienveillante et bénéfique, à ne pas rester sourde et aveugle à la juste colère exprimée contre l’injustice brutale faite à tout un continent et à rechercher, et à reconnaître, et à enseigner honnêtement la vérité de cette époque qu’on ne veut pas voir.

Auteur : Laurent, 32 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Liège

Liège

Un An que tu m’as accueillie
D’abord à Saint-Barthélemy,
bercée par le carillon
Aujourd’hui,
sur la Meuse et son roulis

Liège, ville d’accueil et de fête,
ville de travaux et imparfaite

Ma bicyclette brave tous les jours
tes pavés pas très vélo friendly,
pour ajouter mon +1 au compteur de la passerelle Saucy

Pour aller en cours
ou dans le Carré
Pour faire une soirée jeux de société
ou aller écouter slamer

En octobre à la Foire de Liège
pour manger des lacquemants
Ou au 15 août en Outremeuse
pour boire des pekets
et passer du bon temps

Liège, ville insoumise et résistante
ville aux 374 marches éreintantes

Dans le passé,
tu te dressas
Contre Charles le Téméraire
ou contre une gouvernance religieuse tutélaire

Cette année,
Contre la fermeture des salles de ciné au Grignoux
ou contre un projet immobilier dans le bois de la Chartreuse Liège, tu me rends fière et heureuse !

Auteure : Caroline, 24 ans, Liège

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A toi, Maison de Quartier du Petit Ry

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Merci pour ces années à tes côtés, merci pour toutes les choses que tu m’as apporté. Grâce à toi, j’ai pu rencontrer des personnes qui m’ont marquées et qui me marqueront à jamais. Grâce à toi, j’ai pu trouver ma voie, confirmer mon envie de devenir éducatrice et d’autant plus de travailler, de travailler dans ce secteur. Merci plus précisément à tes permanences ado qui m’ont permises d’obtenir mon diplôme, d’y rencontrer des jeunes que je n’oublierai jamais de par leur personnalité, leur présence et des moments passés avec eux.

Merci à toi coordinatrice, sans qui je ne serais pas où j’en suis, et aux éducateurs qui t’animent, sans qui je n’aurais pu prendre confiance en moi. Cette lettre est une réelle lettre d’adieux. Comme vous le savez pour certains, j’ai officiellement décroché le job pour la ville, alors, sur ces derniers mots, mille mercis à toi !

Auteure : Lauryn, 23 ans, Jambes

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L’état de notre démocratie

L’état de notre démocratie

La démocratie est une valeur qui m’est très chère. Si nous nous focalisons sur son étymologie, c’est un mélange idéal entre le peuple et le pouvoir. Dans notre système politique, la notion de démocratie a une particularité car elle est représentative. En effet, il suffit de s’observer, lorsque nous devons prendre une décision ensemble avec nos amis. Il est impossible que 11 millions de Belges puissent exercer ce pouvoir en même temps. Ainsi, la majorité des sociétés occidentales ont opté pour le système de la représentation. Système qui a pour objet de de confier ce pouvoir à des élus. Ces derniers pouvant être élus directement ou indirectement selon les pays.

En théorie, ce système semble être idéal car le peuple, ou du moins la majorité des personnes qui composent ce peuple, choisiraient délibérément les personnes qui vont être dotées de ce pouvoir. Mais, que se passe-t-il si le peuple n’est pas en accord avec la manière dont ce pouvoir est utilisé ? Sa réponse simple serait de dire que peuple sanctionnerait ces élus de manière électorale, en leur retirant ce pouvoir lors des prochaines élections. Mais que se passe-t-il si ce peuple n’est plus politisé ou si sa jeunesse n’a plus confiance en cette classe dirigeante ? Pire encore. Que se passe-t-il si la jeunesse ne partage plus les mêmes valeurs que ses aînés ? Ces questions reflètent l’état de la démocratie dans nos pays occidentaux car cette majorité du peuple qui éliraient sa classe dirigeante n’est plus qu’une utopie. Les personnes qui se retrouvent dotées de ce pouvoir ne représentent plus la majorité dominante du peuple mais une majorité moins la jeunesse, moins les personnes dépolitisées et moins les communautés minoritaires.

En somme, il est vital que les peuples puissent retrouver des valeurs communes, puissent se réconcilier avec leur jeunesse et enfin, puisse se repolitiser à nouveau pour que la démocratie puisse être efficace.

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Fortuné, 22 ans, Liège

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Rage against the machine

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Le plus révoltant dans ce monde, c’est l’indifférence des gens concernant un tas de problèmes que l’on vit. On se veut tous défenseur d’une cause, d’une valeur qui nous est chère. Mais dans la pratique, peu de personnes agissent. On se prétend par exemple grand protecteur de l’environnement à coup de post Instagram ou d’apparition lors de marches pour le climat. Mais une fois rentré chez soi, on oublie tout ce pour quoi on prétend se battre.

Beaucoup d’opinions et peu d’actes. On se veut donneur de leçons sans soi-même appliquer ses principes. Alors agissons tous à notre niveau et à notre échelle. Un petit geste suffit pour en entrainer des milliers d’autres et permettre ainsi de transformer toutes nos belles paroles en faits.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Emma, 21 ans, Liège

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