Se donner toutes les chances

Se donner toutes les chances

Le parcours de Karla n’est pas un parcours tout à fait classique… Elle n’est pas née en Belgique, n’a pas forcément les mêmes repères que tout le monde mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant !

Pourquoi ?

Pourquoi suis-je là ? Pourquoi suis-je différente ? Pourquoi je fais ça ? Comment suis-je arrivée ici ? Voici quelques-unes des questions qui me traversent l’esprit. Ce sont des questions que nous nous posons tous lorsqu’on arrive dans un nouvel endroit. Enfin, du moins, c’est ce qui s’est passé pour moi. Je m’appelle Karla, j’ai 17 ans et je proviens du Salvador (1). Je suis encore jeune mais j’apprends à découvrir un nouveau et beau pays : la Belgique. Même si, au début, je me suis sentie très différente non seulement parce que j’étais dans un nouveau pays complètement différent du mien mais surtout parce que la langue est différente, les coutumes et la culture aussi.

Profiter des différences

Mais ces différences qui étaient étranges pour moi au départ, me sont apparues petit à petit plus familières. Avec le temps, j’ai pu intégrer une école de stylisme et de mode, rejoindre une équipe de football ainsi qu’un groupe de bénévoles : Les compagnons bâtisseurs (2). J’ai réussi à m’intégrer, à oublier les différences. Nous sommes finalement tou·te·s les mêmes, peu importe notre origine, ici j’ai le sentiment que nous sommes tou·e·s les bienvenu·e·s.

Transmettre

Les rêves que je souhaite réaliser dans cette aventure, parce que pour moi, toutes les phases de la vie sont des aventures, c’est être graphiste, travailler, acheter ma propre maison et transmettre les mêmes valeurs que j’ai apprises au cours de ma vie telle que tomber et se relever ou encore toujours essayer même si on n’y arrive pas du premier coup. Enfin, c’est aussi très important de ne pas laisser passer les opportunités. Si vous ne risquez pas le risque de vous lancer dans une activité, vous ne gagnez jamais. C’est la vie, apprenez à la vivre.

(1) Le Salvador est un pays d’Amérique Centrale. Hispanophone, il est plus petit et moins peuplé que la Belgique. (2) Les Compagnons Batisseurs est une organisation de jeunesse. Cette association à pour but de contribuer au développement par les jeunes de leur responsabilité et aptitudes personnelles en vue de les aider à devenir des citoyen·ne·s responsables, critiques, solidaires…

Auteure : Karla, 17 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Je veux de la culture

Je veux de la culture

C’était il y a un mois, une semaine, une heure. Doit-on écrire “c’était” ? Le covid est encore partout, à peine caché derrière nos masques, il pèse sur nos vies, sur nos relations, nos envies… Déshydratée par le confinement, Eloïse espère désormais qu’elle pourra, et tout le monde avec elle, épancher sa soif de culture.

Confinement

Il y a plusieurs mois, le monde s’est arrêté de tourner. Il n’y avait plus d’interactions entre les gens, les contacts sociaux étaient minimisés, les écoles avaient fermé, la culture était mise de côté. Chaque journée ressemblait à la précédente. La vie devenait monotone. Tous les jours, les cas de contamination ne cessaient d’augmenter. Malgré la difficulté de cette période, il fallait garder espoir. Il fallait continuer de rêver. C’est dans les périodes les plus sombres que l’imaginaire devient le plus indispensable. Cette pandémie mondiale permit à chacun·e de se rendre compte de la vulnérabilité de la vie.

Tout à découvrir

La vie est une chance, il faut la conserver précieusement. Chacun·e est né·e, chacun·e est là par hasard, sans rien savoir d’avant et, chacun·e, mourra sans rien savoir d’après. Pourtant, entre le point de départ et le point d’arrivée de la vie, il y énormément de choses à découvrir, à apprendre, à expérimenter. Afin de préserver la vie, nos vies, nous avons dû être solidaires, nous avons dû respecter les mesures de sécurité. La mise en pause de la société était nécessaire pour sauver un grand nombre de vies. Cependant, à cause de cette pause, l’apprentissage, la visite des musées ou de sites archéologiques, les représentations théâtrales ont dû être stoppées. C’est un drame pour les humain·e·s que de devoir mettre de côté l’art, la culture. C’est grâce à ces moyens d’expression que nous pouvons garder notre liberté.

Sortons ! (si on peut)

En allant au théâtre, nous observons différentes façons d’aborder la vie, la joie, l’amour, la tristesse, la mort, la colère, tout y passe… En allant dans les musées, nous apprenons à comprendre notre passé. En allant visiter des expositions, on voit différentes manières de représenter nos émotions… Tous les moyens d’expression, quels qu’ils soient, sont essentiels à l’enrichissement personnel. En lisant, en regardant des films, en allant au théâtre, nous nous remplissons de différentes valeurs et pensées. Grâce à la culture et à tous ces points de vue différents, nous pouvons apprendre à mieux nous connaitre. Nous pouvons retenir les valeurs transmises à travers l’art. C’est pour ces différentes raisons que la culture ne doit pas être mise de côté. Elle est notre plus grande richesse. Alors maintenant que le gouvernement nous autorise à ressortir, allez visiter des musées, au cinéma, allez voir des pièces de théâtre. Mettez votre masque et osez contribuer à la liberté de penser !

Auteure : Eloïse, 17 ans, Chaumont-Gistoux

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Un garçon, ça peut pleurer (mais pas trop quand même)

Un garçon, ça peut pleurer (mais pas trop quand même)

Pour Matthieu, il n’est pas aisé de vivre et d’exister pleinement dans une société qui attend des garçons qu’ils soient insensibles, qu’ils cachent toutes leurs émotions. Ce qu’il voudrait, c’est être libre d’exprimer ce qu’il ressent sans être considéré comme un faible, un couillon.

Les cartes magiques

La plupart des parents diraient à leur garçon que, après une chute, il ne doit pas pleurer, que c’est un homme fort et qu’un homme ne pleure pas sinon… c’est une fillette. Moi, mes parents m’ont dit : « explique-moi où tu as mal ? Ça pique, ça brule ? … » Grâce à cela, j’ai appris à exprimer mes émotions. Je me souviens d’un jeu de cartes un peu spécial. Chaque carte représentait une émotion ou un sentiment. Avant d’aller me coucher, après chaque dispute ou contrariété, je choisissais une carte pour visualiser ce que je ressentais. Un peu plus tard, on en parlait avec maman, on discutait des cartes choisies, de ce qui se passait en moi.

Gérer les émotions

Grandissant, j’ai laissé les cartes de côté et j’ai découvert deux manières de gérer ses émotions. Je m’en sers aujourd’hui encore. La première, j’utilise le verbe, j’arrive à mettre des mots – très précis – sur mes sentiments, soit dans mon esprit, soit sur une feuille de papier. J’écris, je m’évade et extériorise ma sensibilité sur papier. L’écriture me permet de me comprendre, de visualiser mes émotions. Ma seconde technique, c’est de me promener dans la nature, d’y faire le vide dans mon esprit, de me concentrer sur autre chose que mes problèmes directs. Grâce à cette bouffée d’air frais, je peux prendre du recul et remettre mes actes en question. Je parviens alors à accepter, à comprendre ce que je ressens.

Les autres

À l’école, j’accumule frustration, colère et tristesse. Je suis avec un groupe que je juge inintéressant, un groupe dans lequel je ne me sens pas à ma place. Je rêve de me terrer au fond d’un terrier et de ne plus voir personne. Dans ces moments-là, faute de ne pas avoir cours en forêt, je prends mon bloc et j’écris, je déroule mes pensées et mon énervement s’envole avec les mots. Mes réflexions, mes remises en question se bousculent entre les lignes, mes idées les plus sombres et ma colère se retrouvent gravées sur ce bout de papier. Mes phrases me permettent de m’évader, de faire s’envoler le poids que j’ai sur le cœur.

Écrire pour la poubelle

Grâce aux cartes magiques puis à mes stratégies de gestion émotionnelle, je suis persuadé d’avoir dépassé les injonctions machistes de la société. Il y a peu, je me suis rendu compte que je n’avais trouvé aucun substitut à la personne avec laquelle je partageais mes émotions, quand j’étais enfant, ma mère. Aujourd’hui, ces feuilles qui me servent d’exutoire lyrique se retrouvent systématiquement à la poubelle. Je n’ose même pas imaginer de montrer ce texte a quelqu’un. Honte, pression, peur du regard des autres. J’ai beau avoir eu des parents qui m’ont appris à me comprendre, exprimer mes émotions reste très compliqué. Comme tout le monde, j’ai baigné dans une société patriarcale : on nous disait de ne pas pleurer car nous étions des hommes. Les superhéros des films n’ont pas peur, sont virils et musclés. Dans beaucoup d’aspects de notre vie, nous sommes au contact du cliché de cet homme grand, beau, fort, qui n’a peur de rien. Un peu comme le prince charmant des Disneys qui ont bercé notre enfance. Ce que la société m’a appris reste ancré au fond de moi. C’est une révélation pour moi : inconsciemment mais constamment, j’apprends et utilise moi aussi ces stéréotypes.

Être vrai

Comment apprendre à exprimer ses émotions dans un monde qui nous dicte de faire face à toutes nos difficultés sans jamais montrer aucune faiblesse, aucune faille ? Nous subissons tous cette pression sociétale depuis toujours. Lequel d’entre nous ne porte pas une caisse remplie de livres sans broncher alors que la douleur se fait sentir dans les avant-bras ? Lequel d’entre nous ne retient pas ses larmes lors d’un enterrement ? Cette pression deviendra de la honte si nous ne parvenons pas à tenir, à résister face à nos émotions. C’est dommage car ce processus de résistance et d’imperméabilité dans l’échange ne m’aide pas dans mes relations aux autres. Tisser de vrais liens sans avoir besoin de construire des murs nécessite de prendre un risque, celui d’oser partager aux autres ce qui m’habite vraiment. Bref, j’ai envie d’y travailler, c’est, et ce sera, un travail de longue haleine mais il en vaut la peine. C’est un travail d’humilité, je suis conscient que j’ai été et suis influencé par le contexte socioculturel dans lequel j’évolue.

J’y arriverai et vous ?

Il me faut apprendre à accepter les sanglots libérateurs en cas de tristesse, il me faut apprendre à ne plus avoir honte de laisser un ami·e plus baraqué·e que moi porter un sac de courses. Libérons-nous de cette muselière qu’est la société et laissons nos émotions prendre le dessus jusqu’à nous submerger !

Auteur : Matthieu, 16 ans, Clavier

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan

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Je suis un zèbre

Je suis un zèbre

Un zèbre, ce n’est pas qu’un sympathique petit “cheval” rayé… C’est aussi le nom qu’on donne aux personnes surdouées. Cette appellation a été proposée par Jeanne Siaud-Facchin, une psychologue et psychothérapeute française. Pourquoi ce mot ? Pour ne plus parler de “personnes surdouées”, ces mots impliquant une supériorité sur les autres personnes. Bref, Odile nous invite à découvrir son parcours zébré.

Solitude et ennui

Je me souviens bien de ces moments, en primaire, où je me sentais seule, rejetée. Dès qu’il y avait un jeu d’équipe, je savais que j’allais être la dernière choisie. Le moment de la récréation me paraissait interminable : je n’aimais pas jouer avec les autres, je trouvais leurs jeux nuls … Quand l’institutrice rendait les points des contrôles, je me préparais à recevoir des commentaires des autres par rapport à mes bonnes notes. Le tout avec un sentiment d’ennui pendant les cours, l’impression constante de ne rien apprendre. Plus tard, je me suis rendue compte que je n’avais pas été heureuse durant toutes ces années, y compris au sein de mon groupe d’amis. Inconsciemment, j’ai toujours eu le sentiment d’être différente.

Une explication, enfin !

Un jour, mon père a pris le temps de nous parler à mon frère et moi. Il nous a raconté que comme nous, quand il était petit, il se sentait différent, sans trop savoir pourquoi. Il a ensuite poursuivi son histoire en racontant que récemment, il avait entendu parler d’une chose à laquelle il s’était identifié et à laquelle il nous avait très bien identifiés mon frère et moi. On a discuté de longues heures ce jour-là. Deux mois plus tard, nous avons pris un rendez-vous chez une psychologue spécialisée en la matière. C’est ce jour-là, le jour de mes 14 ans (pure coïncidence que le rendez-vous tombe le jour de mon anniversaire), que j’ai véritablement compris: je suis surdouée, haut potentiel ou zèbre…

Aujourd’hui

Maintenant encore, je me sens différente : comparer à celui des autres, mon humour est parfois particulier. Souvent, je ne comprends pas une phrase de la même façon que les autres, je prends tout au pied de la lettre. Avant, j’étais toute sage à l’école, j’étais « l’intello de la classe ». Maintenant, mes points ne sont plus aussi beaux qu’avant, j’ai besoin d’étudier un minimum pour réussir. Mais j’ai surtout beaucoup de notes, j’ai déjà eu des problèmes avec certains professeurs car je ne comprenais pas que mon comportement pouvait être insolent dans certaines situations et que je dépassais les limites. J’ai toujours l’impression d’être à côté de la plaque.

C’est quoi être surdouée ?

Etre surdouée, c’est simplement penser différemment. Ce n’est pas parce que vous apprenez un jour qu’une personne l’est, que vous devez la voir différemment, elle reste la même personne que le jour où vous l’avez connue. Dans ma vie, le savoir change un peu mon rapport à moi-même, ça a permis d’expliquer beaucoup de choses sur ma manière de vivre. Dorénavant, j’essaye de m’ouvrir aux autres et je ne cache plus vraiment ma personnalité même si je ne crie pas sur tous les toits que je suis haut potentiel.

Auteure : Odile, 16 ans, Huy

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Pratiquant et ouvert

Pratiquant et ouvert

Un célèbre proverbe dit que l’habit ne fait pas le moine. Il remonterait au XIIIème siècle, lorsque François Grimaldi et ses soldats se déguisèrent en moines pour conquérir le rocher de Monaco. Le succès de l’opération permit à Grimaldi de s’installer sur le trône qui, aujourd’hui encore, est occupé par un de ses descendants. Khalid n’est ni moine ni Monégasque mais la barbe qu’il porte le fait passer pour quelqu’un qu’il n’est pas.

Twilight et Titanic

J’aime beaucoup le théâtre, la philosophie, la lecture et j’aime également les films romantiques tels que Twilight (1) ou Titanic (2). J’aime encore les comédies musicales et certains ballets dont le Lac des cygnes (3). Je rêve de vivre une histoire d’amour comme dans les films, les livres où la chose la plus importante est de s’aimer envers et contre tout. Je suis sentimental et romantique, j’aime imaginer des situations un peu loufoques où je suis le héros de l’histoire.

Qui suis-je ?

Comment m’imaginez-vous ? Peut-être en rasta blond, blanc hippie, fumeur de joints vivant en colocation et peut-être même artiste ? Eh bien, non ! Je m’appelle Khalid, jeune d’origine marocaine de classe moyenne, rien de spécial me direz-vous ? Non ? Figurez-vous que je suis un musulman pratiquant! La foi est omniprésente dans ma vie et fait partie de mon identité tout comme ce que j’ai cité précédemment. Pour moi, certains médias véhiculent un message et une vision biaisée des musulmans. Selon eux, un musulman convaincu est une personne sans vie sociale, qui s’isole loin de toutes les personnes différentes, qui ne partage pas les mêmes idées, les mêmes opinions, une personne qui n’aime pas la culture et d’autres divertissements.

Vous vous êtes trompé de salle …

Ces fausses idées ont atteint la pensée de la masse et j’en ai fait les frais à plusieurs reprises. Un exemple : je vais voir une représentation du Lac des cygnes. À l’entrée on me dit : « Désolé monsieur, vous vous êtes trompé de salle » … Alors que non… Mais voir un homme avec une barbe n’est pas chose courante. Deuxième exemple, je suis allé voir Huis-clos (4) et on m’a dévisagé lors de mon entrée dans la salle. Je ne comprends pas cette stigmatisation, cette façon de cataloguer certains musulmans dans des cases dont ils ne pourraient pas sortir ! Alors oui, je suis musulman convaincu, je prie 5 fois par jour, j’ai mes opinions, ma croyance, etc. mais cela n’empêche pas que je suis un grand romantique, que j’aime le théâtre, les comédies musicales, les ballets et que j’aime Twilight et Titanic etc. Au final, je suis pratiquant certes mais pas fermé !

Twilight est une saga de romans fantastiques et romantiques écrite par l’Américaine Stephenie Meyer (1973). Ces romans, adaptés au cinéma, racontent les étranges histoires amoureuses de Bella Swan. (2) En 1912, suite à une collision avec un iceberg et lors de son premier voyage, le Titanic – paquebot qui reliait l’Europe aux États-Unis – a sombré entrainant la mort d’environ 1 500 personnes. Cette histoire a été adaptée au cinéma à plusieurs reprises. La plus connue date de 1997, elle est signée par le Canadien James Cameron (1954). Elle met en scène l’amour et la mort de Jack Dawson (Leonardo DiCaprio, USA 1974) et de Rose DeWitt-Bukater (Kate Winslet, Grande-Bretagne 1975) (3) Le Lac des Cygnes est un ballet du Russe Tchaïkovski (1840-1883). Il raconte l’histoire de Siegfried qui ne pourra pas, alors qu’il le souhaite, choisir son épouse. Désolé de ne pouvoir faire librement son choix, il part dans la forêt et y croise une nuée de cygnes. Alors qu’il s’apprête à tirer sur les oiseaux, une magnifique femme vêtue de plumes de cygne apparait devant lui.

Auteur : Khalid, 28 ans, Bruxelles

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