Divergences entre générations ?

Divergences entre générations ?

Brassens chantait… Quand ils sont tout neufs qu’ils sortent de l’œuf du cocon, tous les jeunes blancs-becs prennent les vieux mecs pour des cons. Quand ils sont d’venus des têtes chenues des grisons, tous les vieux fourneaux prennent les jeunots pour des cons. Moi, qui balance entre deux âges j’leur adresse à tous un message… (1). Hugo, sans attendre cette balance entre deux âges, en fait de même. 

Les temps changent

Depuis toujours une incompréhension entre les jeunes et les âgés se fait ressentir. Il y a toujours eu beaucoup de différences, beaucoup de changements. L’éducation d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui, les pratiques se font moins strictes, change aussi la place de l’enfant au sein de la famille, changent encore les valeurs transmises par les parents. Bien sûr, la différence d’âge joue. Les expériences vécues ne sont pas les mêmes et, évidemment, les adultes en ont naturellement vécues de plus nombreuses. Le monde dans lequel les jeunes, aujourd’hui, grandissent est tout aussi différent de celui dans lequel les adultes actuels ont grandi.

Hier, aujourd’hui …

Si on regarde bien, ces différences s’expliquent. On n’a pas grandi à la même époque. En effet, à la leur, peut-être, où on ne se souciait pas encore des problèmes actuels : réchauffement climatique, mondialisation, migration, certains phénomènes de société n’existaient pas ou étaient méconnus, comme les droits LGBT, le harcèlement sur internet… 

Combien de fois, n’a-t-on pas entendu « C’était mieux avant » ou « Vous les jeunes, vous ne savez plus rien faire ». Quelque part, on peut leur donner raison. C’est plus que probable, que dans la société dans laquelle nous évoluons, entourés par la technologie, nous, jeunes du jour sommes, en majorité, moins manuel que l’ont été nos parents. Mais est-ce réellement un défaut si nous vivons dans une aire de progrès technologique constant ? Ce n’est au fond qu’une adaptation à notre milieu de vie. 

Des vieux cons ?

Un jour, nous serons amenés à être des adultes. Nous serons d’ailleurs, peut-être, ceux qui diront à nos enfants, quand à notre tour, nous serons dépassés par l’évolution du monde, « C’était mieux avant ». À moins que,… nous parvenions à comprendre et à accepter les différences de générations et de pensées. Ne restons pas dans le passé, ne l’oublions pas non plus, mais utilisons le pour construire le monde de demain, ensemble.

Georges Brassens (1921-1981) poète et chanteur français a écrit et chanté des très nombreuses chansons populaires Chanson pour l’Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, Les Copains d’abord… Avec des mots parfois anciens, il parle d’amitié, d’amour, de tendresse.

Auteur : Hugo, 17 ans, Mortier

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R À DISTANCE.

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Parler un peu, beaucoup, à la folie… ou pas du tout

Parler un peu, beaucoup, à la folie… ou pas du tout

Dans une société où “parler” devient un bruit parasite qu’on peut paramétrer dans ses notifications facebook, Margo préfère se taire.

Certains ratent le bus, moi je rate la conversation

J’ai beaucoup de mal à parler avec des gens que je ne connais pas. En fait, je ne me sens vraiment moi-même qu’avec cinq personnes. Quand vient le moment où je dois parler avec les autres, non seulement je repousse le moment, mais surtout je réfléchis très longtemps avant de dire quoi que ce soit. Tellement longtemps parfois que les personnes autour de moi ont complètement changé de sujet. Alors je replonge dans ma tête et je loupe la conversation suivante. 

J’ai peur de tout rater

À l’inverse, pendant mes cours d’option théâtre à l’école, je suis toujours la première à me lever pour réciter mon texte ! Quand je suis sur scène, je n’ai absolument pas peur car ce que je dis est scripté. Tous mes partenaires de jeu sont donc au courant de ce que je vais dire, faire, être. Même lors des improvisations, je suis assez à l’aise car ma relation avec la personne en face ne dépend pas de mes dires. Alors que dans la vraie vie, tout ce qui se passe dans la conversation va déterminer la relation sociale que j’aurai avec la personne en question. Si je dis un truc de travers, ou un truc qui ne l’intéresse pas, je me dis que tout est raté. Tout ce que je dis est alors calculé à l’avance et si je n’ai rien à dire, je ne parle pas. Je passe le plus clair de mon temps à écouter ce qui se passe autour de moi plutôt qu’à communiquer. D’ailleurs, pendant les périodes où je ne vois plus les personnes que j’avais l’habitude de voir tous les jours, j’ai beaucoup de mal à prendre des nouvelles. J’ai du mal également avec les rassemblements de personnes, souvent je reste seule, dans mon coin, et je regarde les autres parler.

Et si le monde appartenait à ceux qui écoutent ?

Et ça pour parler, les autres parlent! Ils parlent beaucoup. Avec les réseaux sociaux, on vit dans un monde où tout le monde a un avis sur tout. Ce qui n’est pas mal en soi, sauf quand on en arrive à des scénarios où les gens se disputent, disent n’importe quoi et ne s’écoutent plus. Ne pas beaucoup parler peut alors devenir un avantage ! En ne me mêlant pas des affaires des autres sur internet, par exemple, j’ai moins de chance de m’attirer des problèmes en disant une chose qui pourrait blesser quelqu’un sans que je ne m’en rende compte. C’est le grand drame des réseaux sociaux : le but étant de parler le plus possible de ce qui te passe par la tête, tu peux être sûr qu’il y aura toujours quelqu’un pour ne pas comprendre ce que tu viens dire. Alors moi, je fais l’inverse : j’essaie d’abord de comprendre. Je parle peu parce que j’écoute le monde autour de moi.

 

Auteur : Margo, 16 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R .

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Nous sommes belges

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Anaïs a quinze ans, elle est blanche. Abraham, 3 de moins est son petit frère et il est noir. Elle a profité d’un atelier Scan-R pour nous offrir un texte à la fois poétique et humaniste

Avec son petit air malicieux et ses yeux brillants, Abraham, mon  frère,  fait craquer beaucoup de monde  Pourtant, des centaines et centaines de personnes ont encore peur de la différence. Tellement peur, qu’ils en viennent à haïr les personnes .

Il est mon frère.
Je suis sa soeur.
Une couleur de peau peut-elle nous enlever ce lien fraternel? Non, pas à nous.
Il a les cheveux frisés. 
J’ai les cheveux lisses. 
Et alors?

 Quand je parle avec les gens, j’entends beaucoup de remarques telles que «  mais c’est pas ton vrai frère alors? » ou « ben non, il a pas les mêmes parents que toi! ». Mais ça ne change rien. Un lien de fraternité, c’est plus qu’un nom sur une feuille ou les mêmes parents. C’est beaucoup plus. C’est un  « lien magique », une complicité, de l’entraide. mais des disputes aussi. Nous sommes frère et soeur et rien ni personne ne pourra nous enlever ce lien si particulier.

Tout le monde est pareil. Nous avons une bouche, deux oreilles et un nez. Une couleurs de peau ne devrait pas provoquer rixes et guerres. Les gens ont peur. Peur de la différence. Mais quelles dissemblances avons-nous? Une couleur. Une putain de couleur qui rend les hommes si détestables.

Mais réfléchissons…Quand nous avons chaud, nous devenons rouges, quand nous avons froid, nous devenue bleu; quand nous avons peur, nous devenons vert, quand nous serons mort, nous serons gris. Alors qui sont les hommes de couleurs ? Les Chinois ? Les  Éthiopiens ? Les Brésiliens ? Nous ?

 

Auteure : AnaIs, 15 ans, Jalhay

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Sans papier, sans droit, sans dignité

Sans papier, sans droit, sans dignité

Un jour en me baladant à Louvain-la-Neuve, je rencontre T. Ressortissant tunisien, il me demande une information : il vient d’arriver en Belgique. S’en suit une discussion sur nos vies, la sienne, la mienne. “De toute façon, je n’existe pas, je n’existe plus aux yeux des personnes.” Il m’explique alors son parcours, les craintes, les difficultés qui découlent de son absence de papiers. Je comprends alors qu’un sans papier n’est plus une personne, plus vraiment. Le sans-papier est un humain qui a, souvent, tout perdu ou tout sacrifier dans l’espoir d’une vie meilleure mais c’est surtout quelqu’un à qui on retire quelque chose d’essentiel, une partie de son identité.

Une absence totale de statut.

Pour clarifier mon propos il convient, dans un premier temps, de préciser ce qu’est un sans-papier. Il s’agit d’une personne qui n’a pas, ou plus, de titre de séjour lui permettant de résider en Belgique. Le fait d’être sans-papier constitue, en tant que tel, un délit au vu du droit belge. L’article 75 de loi sur les étrangers de 1980(1), on parle de séjour illégal. Ces termes sont inacceptables dans un état respectant les droits fondamentaux, une personne ne peut être considérée comme illégale en soi.

Ce vocabulaire renvoie à un imaginaire criminel et pousse à l’amalgame. Cette criminalisation systématique et insidieux soulève des questions. Est-il acceptable de nier l’existence juridique et administrative de quelqu’un ? De traiter cette personne comme un criminel alors que son seul tort est de ne pas pouvoir accéder à un statut, celui de réfugié ?

Le terme de sans-papier est presque un oxymore (2). C’est une étiquette qu’on colle à quelqu’un, qui va définir sa place dans la société. On vous retire vos droits jusqu’au plus élémentaire, celui d’avoir des droits. En outre, les sans-papiers sont tous qualifiés de la même façon alors qu’ils représentent une mosaïque d’histoires et de parcours distincts les uns des autres, les unes des uns. Quand on est tous pareils, la richesse de leur différence n’existe plus. On estime qu’il y a en Belgique, aujourd’hui, entre 100 000 et 150 000 (3) humains inexistants d’un point de vue juridique. On tourne autour d’1% de citoyens fantômes. Alors est-il réellement légitime de refuser des droits à certains dans l’optique d’un meilleur contrôle sur les agissements d’autres personnes ? J’espère que non. En fait non, je prie même pour que ce ne soit pas le cas. Dans le cas inverse, notre justice n’aurait vraiment pas de sens… Ne pas reconnaître le droit de tous à exister représente une injustice absolue.

Une volonté politique.


Commençons par quelques chiffres. Il convient de rappeler que 84% des réfugiés sont accueillis dans des pays en voie de développement ce qui constitue en soi une injustice? Selon les chiffres d’Amnesty International, le top 10 des pays accueillant le plus de réfugiés est la Turquie, la Jordanie, le Liban, le Pakistan, l’Ouganda, l’Ethiopie, le Soudan, la République Démocratique du Congo et l’Allemagne. On peut constater assez facilement, par ce classement, que l’UE est loin d’être envahie. De ce fait, il conviendrait davantage de parler de crise de l’accueil que de crise migratoire en Europe.
 
Dans le discours politique actuel, l’argumentaire sur la question migratoire s’axe surtout une logique conséquentialiste : “Que se passera-t-il si on accueille plus ? On ne peut pas accueillir toute la misère du monde quand même,…” Régulariser les sans-papiers et mettre en place des procédures simplifiées et comportant moins de risque serait compliqué et risqué.

Le risque serait de créer un “appel d’air”, un genre de signal d’encouragement pour “les autres”. Malgré de nombreuses études sérieuses à ce sujet (4), cet argument est tenace dans l’imaginaire collectif. On veut bien d’une immigration choisie mais surtout pas d’une d’une immigration subie. Mais qu’en est-il de ceux qui fuient ? Ont-ils choisi de migrer ou subissent-ils des contraintes qui les poussent à fuir leur pays ? Il est temps de se poser la question. Au moins pour respecter les droits fondamentaux de ceux qui en ont le moins.

Dans Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt (5) analysait notamment le concept du droit d’avoir des droits. Elle analysait dans le contexte de la seconde guerre mondiale. Les constats d’enseignements qu’on peut tirer de ce livre peuvent étrangement s’appliquer aux sans-papiers. Le sans-papier, c’est presque Jean-Baptiste Clamence (6) dans La Chute coupable de tout jusqu’à sa propre existence. Être sans-papier, c’est être coupable de fuir. Si on écoute le discours politique actuel et qu’on relève tous les problèmes et complications inhérentes à la procédure de régularisation, on peut se demander si une volonté politique existe. Les procédures de régularisation peuvent durer des années entières comment ne pas y voir une volonté de décourager ? 

Être sans papier, c’est être sans dignité, sans avenir, sans présent. Être sans-papier c’est avant tout être sans. Combien de fantômes ? 100 000 ou 150 000 ? C’est beaucoup et un seul, c’est déjà de trop. Je refuse de me laisser hanter par une politique migratoire inhumaine et j’espère ne pas être le seul.

(1) “Art. 75. Sous réserve de l’article 79, l’étranger qui entre ou séjourne illégalement dans le Royaume est puni d’un emprisonnement de huit jours à trois mois et d’une amende de vingt-six francs à deux cents francs ou d’une de ces peines seulement. Est puni des mêmes peines l’étranger à qui il a été enjoint de quitter des lieux déterminés, d’en demeurer éloigné ou de résider en un lieu déterminé et qui se soustrait à cette obligation sans motif valable. En cas de récidive dans le délai de trois ans d’une des infractions prévues aux alinéas 1 et 2, ces peines sont portées à un emprisonnement d’un mois à un an et à une amende de cent francs à mille francs ou à une de ces peines seulement.”

(2) Un oxymore est une figure de style… D’autres exemples : une guerre tranquille, la jeune vieillesse, jouons sérieusement,… 

(3) Voir cet article de l’organisation caritative catholique Caritas International pour en savoir plus.

(4) Avant de devenir président du parti Défi, François De Smet était le directeur de Myria, Centre Fédéral Migration. Il s’exprime sur le trou d’air dans un article publié sur le site de l’organisation. 

(5) Hannah Arendt est née Allemande en 1906 et morte Américaine en 1975. Juive, elle fuit le nazisme en 1933. Après avoir habité en France et au Portugal, elle rejoint les États-Unis en 1941. En 1951, elle donne des conférences dans différentes universités. Philosophe, elle travaille sur les réalités de son époque. En 1951 toujours, elle publie Les Origines du totalitarisme. Dans cet ouvrage, elle place un même niveau le stalinisme et le nazisme et fonde le concept de totalitarisme. Selon elle, un système totalitaire, c’est une dynamique pour anéantir réalité et structures sociales. Pour elle, c’est un mouvement « international dans son organisation, universel dans sa visée idéologique, planétaire dans ses aspirations politiques ». Pour en savoir plus sur cet extraordinaire personne, découvrez la sélection de France Culture. Pour lire quelques passages de ce livre, cliquez sur ce lien.

(6) Jean-Baptiste Clamence est le personnage principal du livre, La Chute publié par Albert Camus (1913-1960, Français, Prix Nobel de littérature). Dans La Chute, Jean-Baptiste Clamence, ancien avocat parisien parle de sa vie et de ses bouleversements. Pendant quelques années, il a été un brillant et grand séducteur et il s’aime beaucoup… Tout allait bien jusqu’au moment où il n’apporte aucune aide à une jeune femme sur le point de se noyer. C’est le début de la chute. Il se rend tout doucement compte de ses erreurs passées, il se rend compte qu’il a été une belle ordure et il est dégoûté de lui-même. Voici une version du livre pour smartphone ou tablette.

 

Auteur : Mounji, Louvain-la-neuve, 22 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R. 

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Certains m’appelent la Terre

Certains m’appelent la Terre

Les textes écrits lors des ateliers proposés par Scan-R, prennent parfois par des formes plus poétiques. C’est le cas avec ce texte d’Ali. Son proverbe personnel ? « Souri à Ali et Ali te sourira. »  

Certains m’appellent la Terre
D’autres mère nature
Dès vos premiers pas, j’ai été là.
Je vous ai regardé grandire, sans rien dire.
J’existe depuis plus de 4 milliards et demi d’années
Soit 22500 fois plus longtemps que vous
Je n’ai pas besoin de vous.
Mais vous avez besoin de moi.
Oui !!! Votre future dépend de moi.
Lorsque je prospère, vous prospérez.
Lorsque je faiblis, vous faiblissez… ou pire
Je suis là depuis l’éternité
J’ai soumis des espèces plus grandes que vous
Et affamé de bien plus nobles que vous.
Mes océans, ma terre, mes rivières, mes forêts
Tous peuvent vous emporter
Ou vous laissez en paix.
Vous n’êtes qu’une infinie partie de mon Histoire
Une phrase sur une centaine de pages
Les choix que vous faites chaque jour
Que vous vous préoccupiez de moi ou pas
M’importe peu.
Vos actions déterminent votre sort.
Pas le mien
Je continuerai d’exister, vous pas
Grâce à moi, vous êtes en vie.
Et cela jusqu’à aujourd’hui.
Je suis éternelle
Mais vous
Votre temps est compté 

Auteur : Ali, Bruxelles

Cet article a été réalisé lors d’un atelier Scan-R.

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Entreprendre, du ridicule à l’évidence

Entreprendre, du ridicule à l’évidence

Certaines et certains rêvent de longs voyages autour du monde, de devenir professionnel·le du jeu, d’être couvert·e d’or, de sauver le monde, de 325478 abonné·es sur Tik Tok, d’avoir une licorne ou une voiture de luxe… Le rêve d’ Odemis est tout autre : il veut innover, entreprendre, monter sa petite entreprise !

Tout homme productif n’est pas forcément épanoui mais tout homme épanoui sera productif. Pour entreprendre, il faut être clair dans sa tête. Savoir où on va, savoir ce que l’on veut. Un homme épanoui aura, toujours, la possibilité d’entreprendre autant au niveau professionnel que dans sa vie privée.

Au niveau d’entreprendre, au niveau des idées, je pense qu’il ne faut pas avoir peur : toutes les grandes idées, toute les révolutions sont toujours passées par trois grandes étapes : ridicule, dangereux, évident. Cela ne veut pas dire que chaque idée ridicule aboutit à une évidence mais que pour cela le devenir. Un exemple ? Non trois exemples !

Vers 1840, il n’existait pas de chaussure droite ou de chaussure gauche… Il était ridicule de penser autrement pour nos pieds. Pour changer cette état des choses, il fallait produire autrement et c’était dangereux puisqu’il faut serait aussi nécessaire de procéder, ce qui coûterait trop, trop cher mais aujourd’hui,… C’est évident. (1)

Lors de la naissance de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à la révolution française, en 1789, il était ridicule de penser que les femmes auraient les mêmes droits que les hommes. Quand les hommes ont commencé à réfléchir, ils se sont dits que ce serait dangereux de leur donner ces droits … Est-ce que les femmes étaient assez intelligentes pour s’occuper d’argent, de droits, de devoirs ? Aujourd’hui, c’est une évidence presque partout, hélas, mais presque partout  tout de même. (2)


Dernier exemple, une idée révolutionnaire qui a été lourdement critiquée en son temps : le courant alternatif. Pour prouver sa dangerosité, Thomas Edison (3) est allé jusqu’à exécuter, via le courant alternatif, des animaux. Y compris une éléphante nommée Topsy, en plein New-York… Aujourd’hui, ce courant est évident.(4)

Pour conclure, mon exemple… J’ai dans l’idée de créer une marque de vêtements élégants en utilisant le plus de matériaux biodégradables. Cette idée peut paraître ridicule, sûrement que des grandes enseignes l’ont déjà fait, ridicule de vouloir se frayer une place dans cette industrie. Dangereux, car je pourrais perdre beaucoup d’argent et de temps. Mais peut-être que, dans quelque temps, le vêtement biodégradable sera une évidence pour tout le monde.

Alors n’ayons pas peur d’entreprendre quoi que ce soit ! L’erreur est la meilleure des écoles pour apprendre.

(1) Un article pour en savoir plus, le paragraphe “La révolution industrielle a complètement changé la société et les exigences en matière de chaussure” sur le site du fabricant de chaussures Sioux.

(2) En 1791, Olympes de Gouges (France, 1748-1793), considérée comme la première féministe, publiera la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne. C’est un des éléments qui, en 1793, lui coûtera la tête.

(3) Dans la Guerre des courants, article disponible sur Wikipedia, on explique que Thomas Edison (USA, 1847 – 1931) a tout fait pour ridiculiser Nikola Tesla (Croatie 1856 – USA 1943) et George Westinghouse (USA, 1846 – 1941). Le premier défendait donc le courant continu, les deux autres le courant alternatif.

(4) Ce lien pour en savoir plus sur cette sordide histoire.

 

Auteur : Odemis, Liège, 25 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R. 

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