Rêver ? Je le fais aussi éveillée !

Rêver ? Je le fais aussi éveillée !

Qu’elle soit énervée, triste ou perdue, Emy rêve éveillée, c’est un peu étrange, un peu bizarre mais pourtant, c’est son truc !

Fermer les yeux

Rêver, mais d’une manière un peu particulière : je rêve éveillée. Certains font du vélo, de la course à pied … Eh bien moi, je rêve. Cela me permet, par exemple, de me calmer quand je suis énervée. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai commencé à le faire. J’étais très agacée et je n’en pouvais plus des reproches de mon entourage ! Que ce soit mes parents, mes professeurs ou mes amis, cela ne cessait d’augmenter ma colère. Une colère qui brulait en moi ! Je me suis donc isolée dans ma chambre et je me suis couchée dans mon lit. J’ai fermé les yeux et une idée m’est apparue … Rêver, mais consciemment ! Je l’ai fait une fois et c’est très vite devenu un « hobby. » Depuis, c’est un très bon moyen pour moi de me calmer. Je m’imagine alors des endroits calmes, où je peux me reposer, réfléchir, profiter. Je m’imagine une vie parfaite, une vie où je ne m’énerverais jamais. Vous allez me dire que cela n’existe pas, mais quand on rêve, … Tout est possible !

La plage

Mon endroit calme favori est un petit peu cliché, mais j’y trouve quand même mon bonheur : c’est une plage au sable blanc, à l’eau turquoise. Une limonade à la main, l’écume de l’eau me mouille légèrement les orteils. Derrière moi se trouve un paysage resplendissant, avec des palmiers aux couleurs à la fois vives et agréables. Le bruit apaisant des vagues s’écrasant sur le sable humide me berce jusqu’à m’endormir. Quand soudain j’ouvre les yeux, je suis en fait dans ma chambre, là où je me suis isolée pour me calmer.

Le réveil

Après ce rêve éveillé, je suis alors plus ouverte aux discussions et, je l’avoue, je m’excuse aussi plus facilement. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle je rêve : je le fais aussi pour le plaisir. À ce moment-là, je m’imagine plutôt dans des endroits cools et amusants. J’ai d’ailleurs rêvé, il n’y a pas si longtemps, d’un endroit où j’aime particulièrement aller : les parcs d’attractions. C’est un endroit qui me donne beaucoup d’adrénaline et je suis une fille qui adore ce genre de sensations. Le simple fait de m’imaginer tous ces manèges qui virevoltent me fait du bien et me fait passer un bon moment.

Rêver pour tout !

Et mes raisons de rêver éveillée ne s’arrêtent pas là ! Je rêve aussi quand je ne me sens pas bien mentalement. Surtout en ces temps d’épidémie. Je suis parfois triste car je ne peux plus inviter des amies et le fait de m’imaginer qu’elles découvrent ma maison apaise ma peine. Je me sens aussi seule donc j’imagine mes grands-parents et toute ma famille réunie dans mon salon à discuter comme si cette maladie n’existait pas. Un sourire se dessine alors sur mon visage et il me redonne espoir. L’espoir de revoir ces personnes comme avant. Cela me permet aussi de me faire sourire quand mes parents ne sont pas disponibles pour jouer avec moi car ils doivent, par exemple, préparer le repas ou faire le linge.

Endormie ? Je rêve aussi !

Bien évidemment, je rêve aussi endormie. Mais bizarrement, ces rêves-là sont influencés par ceux que je fais consciemment. Je peux, par exemple, me voir courir sur la fameuse plage de sable blanc. Je peux aussi avoir l’impression de virevolter dans les airs grâce à des attractions … C’est bizarre mais c’est aussi amusant. Beaucoup de personnes ne contrôlent pas leurs rêves, mais moi, j’y arrive un petit peu, comme si je pouvais les programmer. J’aimerais les contrôler complètement mais il y encore du travail à faire pour y arriver. Mais cela n’empêche que je fais déjà moins de cauchemars la nuit ! Bref, tout cela pour dire que rêver consciemment, c’est comme un jeu et une porte de sortie à la fois. C’est mon petit truc à moi qui fait de moi la personne que je suis. C’est un peu mon caractère, ma force, ma détermination, ma fragilité et ma personnalité. C’est grâce à cela que je suis moi-même ! Ma personnalité se résume donc à cet adjectif : très rêveuse.

Auteure : Emy, 12 ans, Comblain-au-Point

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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La danse réservée aux filles ?

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Entre Mathéo et la danse, c’est une relation qui dure ! Il en est à sa sixième année de danse classique et veut apporter quelques précisions, quelques éclairages sur ce sport qui est, trop souvent, considéré comme réservé aux filles !

Plus tard, je ne pense pas devenir danseur professionnel, mais pour l’instant, la danse, je ne peux pas m’en passer. Pour la simple raison que quand je danse, mes sentiments ressortent et je ne pense plus à rien d’autre qu’à mon corps et mes mouvements. Mais avant d’aller plus loin, un petit point sur les garçons et la danse classique s’impose.

 

Un peu d’Histoire, un peu d’histoires

 

La danse classique est un sport, si si c’est un sport, qui a été répandu et énormément modifié pour ne pas dire réinventé par Louis XIV (1). En effet, à cette époque, la danse commençait à décliner. Louis XIV va donc la réintroduire dans toute la France. Il va inventer de nombreux pas, comme les cinq positions principales qui sont les bases de la danse classique, et va l’uniformiser, donner des noms aux pas afin de pouvoir les écrire. Il va même faire danser presque tous les hommes de la cour de France. D’ailleurs, dans de nombreux ballets de l’époque (qui sont toujours dansés aujourd’hui), le nombre d’hommes est aussi important que le nombre de femmes. Étonnant ? Pas tant que ça. En effet, cette danse combine prestance, souplesse et force. Comment ça force ? Eh bien oui ! Ne serait-ce que pour les sauts, le maintien et les portés. La danse classique, ce sont des sentiments, de l’esprit et du gainage (2). Beaucoup de gainage. Or un bon danseur ou une bonne danseuse a appris à ne pas montrer que c’est difficile, à ne pas bouger, à rester fixe même dans l’expression du visage. C’est pour cela que lors de ma première année de danse, j’ai surtout fait des exercices de maintien et de souplesse. Ça ne ressemblait pas à de la danse et c’est seulement plusieurs années plus tard que me suis rendu compte de l’importance de ces exercices.

 

Apprende lentement

 

En danse classique, tout se fait petit à petit. On va nous apprendre un pas simple, puis on va ajouter une petite difficulté pour arriver finalement à un geste extrêmement technique comme une pirouette. C’est pour cela qu’il faut du temps et beaucoup de travail pour avoir un beau geste, propre et net. Et puis la danse classique peut prendre de nombreuses formes différentes, et peut aussi être mélangée à du jazz, du hip-hop… Il y a des ballets modernes comme ceux de Maurice Béjart (2) qui allient danse classique et moderne. De plus, pratiquer la danse classique peut être utile dans de nombreux sports tels que le foot pour le jeu de jambes, le frisbee pour le lancer en revers où l’on exécute un pas bien connu en danse classique, la boxe toujours pour le jeu de jambes, le basket pour sauter et bien d’autres… Cela peut aussi être une aide dans le domaine du théâtre, pour la tenue sur scène. Personnellement, je fais du théâtre et cela m’a beaucoup aidé. Mais aussi et surtout, c’est une aide dans le chant. Moi qui prends des cours de chant lyrique, je sais que la position dans laquelle je dois être quand je chante doit être la même que quand je danse. Savoir cela a été un avantage considérable pour moi parce que cette position en chant lyrique est primordiale.

 

Où sont les hommes ?

 

Très peu d’hommes font de la danse classique, et beaucoup réagissent étrangement quand j’annonce que je pratique ce sport. Et je sais de quoi je parle. Heureusement, pour ma part, ma famille m’a toujours soutenu, la plupart de mes amis ont trouvé ça bien et m’ont défendu face à certaines réflexions ou comportements. Je suis dans un petit conservatoire où il n’y a pas beaucoup de garçons, les classes de danse sont donc mixtes. Et même si je suis en minorité dans ma classe de danse, les filles sont très sympas et on s’entend bien. De plus, comme nous ne sommes pas beaucoup d’hommes dans mon conservatoire, nous sommes un peu chouchoutés. Nous avons les meilleurs rôles et les meilleures loges. Même si je sais que certaines personnes voient encore la danse classique comme un sport uniquement pour les filles, d’autres ont un esprit plus ouvert et critiquent même ce genre de comportements machistes. Les mentalités commencent à changer. Et il est temps !

 

Fille ou gars, on ne danse pas la même chose

 

D’autres préjugés que j’ai déjà entendus concernent aussi la tenue. Mais j’aimerais préciser quelque chose : aucun homme ne met de tutu et ne s’habille en rose ! Nous portons un simple t-shirt blanc et des collants noirs (comme les collants de foot ou de course). On ne leur demande pas de faire comme les filles, ce sont des façons de danser très différentes. Et même si le but de la danse classique, que ce soit pour les hommes ou les femmes, c’est d’apporter de la prestance, on demande aux femmes d’avoir de la grâce, chose qui n’est pas demandée aux hommes qui, eux, auront un rôle plus imposant dans les ballets. Alors, si tu as envie de t’évader en te musclant et en gagnant de la prestance, si tu aimes le rythme et la musique, lance-toi. Fais comme moi. Prends des cours, fais-toi des amis et plein de magnifiques souvenirs. Et deviens toi aussi un danseur étoile !

 

 

Notes de la rédaction

(1) Louis XIV, (France 1638-1715) dit aussi Le Roi Soleil, a régné sur la France pendant 72 ans. Pendant son règne, un des plus longs à ce jour, il souhaite faire de la France le premier pays d’Europe dans tous les domaines : commercial, politique et donc artistique … Cet article vous permettra d’en savoir plus.(2) Le gainage est un exercice musculaire qui permet de renforcer les muscles abdominaux et ceux des fesses.(3) Maurice Béjart (France 1927 – Suisse 2007) est un chorégraphe franco-suisse qui a, durant une vingtaine d’années, travaillé en Belgique. Une de ses chorégraphies les plus célèbres est celle du Sacre du printemps.

Auteur : Mathéo, 14ans, Havelange

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Révélation

L’école, ça me stresse. Parfois quand l’angoisse est trop forte, je fais des crises de panique. Pourtant, même si les points sont bons, même si les professeurs m’aiment bien, je me sens juste oppressée, mal à l’aise, en danger … Parfois j’ai juste eu l’envie de mourir. À force, j’ai été déscolarisée et j’ai développé des phobies sociales. “On” a dû prendre la décision de me faire hospitaliser en pédopsychiatrie. Après avoir appris la nouvelle, j’ai beaucoup pleuré. Je n’étais ni malade, ni folle. Je n’ai pas vraiment eu le choix, alors je me suis résignée à y aller. Au début, j’étais très mal. Je pensais qu’on m’avait placée avec les dingues et les cas désespérés. Alors que pas du tout. J’y ai découvert des jeunes géniaux, avec certes leurs difficultés, mais géniaux tout de même.

Réfugiée dans la lecture

Durant mon hospitalisation, je me suis souvent ennuyée, surtout le soir. Les journées étaient plutôt longues et je n’avais pas de visites. Le matin, on se réveillait à 8h, et on mangeait tou·te·s ensemble. Ensuite, on allait se balader et, à 9h on avait cours à l’hôpital. Les heures de repas étaient toujours les mêmes. L’horloge rythmait nos journées. Le coucher était à 21h15, ce qui était plutôt tôt. J’avais des troubles du sommeil, et dans ces moments là, mon cerveau pensait en permanence. Cela a été horrible pour moi : pas de téléphone, pas de télévision, pas d’ordinateur, alors … je me suis réfugiée dans la lecture. Depuis petite j’aime lire, mais je ne lisais pas spécialement beaucoup. Un peu avant mon entrée à l’hôpital, j’avais commencé à lire plus. Je ne sais pas si on peut dire que les livres m’ont sauvée, mais je remercie chaque auteur·e de m’avoir fait voyager dans des univers extraordinaires ! De m’avoir permis de voir autre chose que les murs de l’hôpital. En dehors de la lecture, j’ai tout de même fait des activités telles que de l’hippothérapie, du sport et de la relaxation.

Merci

Après de multiples séances de psychomotricité et de thérapie avec une psychologue, j’ai pu sortir de l’hôpital. Après 3 mois, j’ai eu du mal à partir : je me suis beaucoup attachée au personnel hospitalier, aux autres jeunes avec lesquels j’étais très à l’aise. Ils et elles m’ont appris à apprécier tous les petits détails insignifiants de la vie. Même si j’ai toujours des difficultés pour aller à l’école, je peux dire qu’aujourd’hui, je vis beaucoup mieux et ça, c’est en partie grâce à leur aide.

Auteure : Marissa, 15 ans, Eupen

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Année sabbatique, année gagnée !

Année sabbatique, année gagnée !

À en croire certains bruits familiaux, les conseils des sages ou certaines assemblées bien pensantes, l’année qui suit les études secondaires ne peut être qu’une nouvelle année d’étude, dans le supérieur cette fois. Il s’agit de savoir, très tôt, très vite, tout de suite ou carrément pour hier, quel est le chemin vers le monde professionnel … Maëlle n’est pas du tout d’accord avec ça. Elle nous explique pourquoi !

Se donner le temps pour mieux choisir

Aaah, cette époque bénie dont on se souvient comme de celle de la liberté et de l’indépendance. Sortant des longues années d’obligations scolaires, la vie, enfin, s’offre à nous ! Enfin, ça c’est l’image qu’on a de la fin des secondaires avant de la vivre. Désormais, la perspective de cette étape est source d’anxiété et d’une myriade de questions. Le nombres de cursus d’études supérieurs ne cesse d’augmenter, de plus en plus d’universités étrangères sont accessibles … La diversité actuelle n’a rien à voir avec celle que nos parents ont connue. De plus, on pense être libre mais on est attaché·e aux normes de notre classe sociale, aux désirs de nos parents. Certains, par exemple, doivent se former pour reprendre l’entreprise familiale, d’autres doivent directement travailler pour gagner leur vie … Au moment de commencer, tout le monde n’a pas le même nombre de pommes dans son panier.

Mon chemin

Je ne vais pas comparer tous les cas, lister les inégalités dont j’ai conscience. Aujourd’hui, je vais vous parler de mon expérience et de mes interrogations. Je suis sortie des secondaires l’année passée, pendant cette funeste année entachée par le virus. Bonne élève, toutes les portes s’ouvraient à moi. Seul problème : aucune illumination ne m’était apparue quant à la voie que je devais prendre. Celle des études me paraissait peu attrayante, sans attrait pour une matière en particulier. S’ouvre alors le chemin de l’année « sabbatique » : année dédiée à la découverte de soi, à l’expérience de la vie et à la recherche de sa destinée.

Une année « off »

Mon but est d’expérimenter le travail dans les deux domaines qui me tiennent à cœur : le social et l’artistique. Après quelques recherches et tergiversations, je commence mon Service Citoyen. Je commence donc à travailler en tant que bénévole dans un centre social. Ainsi, je vais donner six mois à la communauté tout en me formant et en cherchant mon chemin. Magnifique projet vous ne trouvez pas ? Ce n’est pas l’avis de tous. De nombreuses personnes sont peu convaincues et tiennent le discours suivant : « Cette année, c’est une année de perdue dans ton parcours universitaire. Une année de plus qui te sépare du monde du travail. Une année où il n’y a pas de réussite à la clé et où l’investissement et le travail ne sont pas mesurables par des points. Une année où tu ne dois pas te battre pour gagner ta vie. » Tout cela sont des faits que je ne réfute pas. Je demande seulement de penser aux réalités que traversent les jeunes qui entament des études supérieures.

« Rater » sa première année

N’entendez vous pas le nombre grandissants d’étudiant·e·s qui ratent leur première année, l’ arrêtent en vol, changent de cursus après deux ans ? Ces jeunes aussi ont « perdu » du temps dans leur parcours universitaire, professionnel, etc. Et je ne parle pas de celles et ceux qui ont arrêté parce que c’était compliqué mais bien de celles et ceux qui n’avaient pas la motivation nécessaire pour rester sur les rails qu’ils ou elles avaient pris. Sur le papier, ces années ne valent rien.

Étudier plutôt que de prendre le temps

Pourtant on va pousser les jeunes incertains à plonger dans des études, peu importe lesquelles. « Au pire, tu changes ! », ai-je entendu dire. Ne vaut-il pas mieux goûter à la réalité de la vie professionnelle pour comprendre l’utilité de faire des études et assurer ses choix ? Le temps passé à découvrir la suite nous évite de « perdre » du temps plus tard. Mieux vaut utiliser son temps dans des projets et une démarche qu’on a choisie que de se faire du mal à cause de choix hasardeux.

La préciosité du temps de la jeunesse

Pourquoi nous presse-t-on autant à décider vite ? Une fois sur une voie qu’on aime, on aura toute notre vie pour la suivre. Tout le monde reconnaît que la période de transition entre l’adolescence et la vie d’adulte est précieuse et unique. Alors pourquoi vouloir immédiatement et obligatoirement envoyer les jeunes dans des chemins préconstruits ? Je m’adresse à vous, jeunes à qui on demande de faire un choix mais aussi à vous, parents soucieux pour vos enfants : mieux vaut choisir bien que choisir vite ! Refusez de suivre le troupeau par facilité. Découvrez, essayer, apprenez ce que vous aimez puis, ensuite, décidez ! Vous prendrez plus de plaisir par la suite en ayant pris le temps avant…

Dans deux semaines, ça fera trois mois que je travaille en tant que bénévole et même si les temps ne sont pas les meilleurs, je suis plus heureuse de me lever le matin que quand je le faisais pour aller à l’école. J’observe comment les choses fonctionnent autour de moi, apprends et découvre ce qui me plait ou non. Petit à petit, je me positionne et oriente mes envies et mes choix pour plus tard. Je ne regrette pas un instant mes décisions car je sens que, quoi que je choisisse de faire après cette année, je le ferai en connaissance de cause.

 

Dans ce documentaire de l’émission Thalassa, Elisa – 18 ans – s’envole pour la Thaïlande pour vivre, elle aussi, une année sabbatique.

Auteure : Maëlle, 18 ans, Bruxelles

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Ma réorientation: une route sinueuse

Ma réorientation: une route sinueuse

Longtemps, entre les animaux et l’art, le cœur d’Amélie s’est balancé. Après avoir terminé des études dans le domaine du second, elle revient à sa passion poilue. Récit d’une route une peu sinueuse ou tout se termine bien !

Le départ

Depuis mon enfance, je suis attirée par les animaux. J’ai directement été mise en contact avec des chats et chatons à la maison. À partir de mes 3 ans, un chien a rejoint l’aventure. Dans ma rue de campagne, nombreux étaient les champs où restaient des chevaux. J’allais les voir régulièrement et je passais un bon nombre d’heures dans le fond de mon jardin à côté des clôtures de la ferme voisine pour regarder vaches et chevaux. Les yeux fermés, je jouais avec mon chien, un Golden Retriever, comme si, d’autres cousins de sa race, il était chien guide. J’ai passé énormément de temps à apprendre par cœur et à classer toutes les races de chien que je retrouvais dans « L’encyclopédie du chien », livre que j’avais trouvé à la bibliothèque de ma ville. J’ai toujours rêvé – et j’en rêve encore – du moment où je pourrais enfin adopter MON chien, quand j’en aurai les moyens et que j’aurai quitté le cocon familial.

Premier sentier

En attendant, je me suis plongée – depuis petite – dans toutes sortes d’expressions artistiques : un peu de peinture par-ci, 3 coups de crayons par-là, un tour du jardin avec mon appareil photo à la main. Fille d’une mère artiste, j’ai baigné dans le dessin et dans les bricolages, et mon futur était tout tracé : je serai une artiste à mon tour. À mes 12 ans, je voulais être styliste, à mes 15, photographe et à mes 18, graphiste. Depuis longtemps, tenant compte d’une fausse croyance bien trop répandue, j’avais mis de côté le monde animalier … Bref, je décide alors de partir à Bruxelles pour un Bachelier. Trois ans plus tard, me voilà diplômée en publicité et agencement de l’espace.

Nouvel itinéraire

Ayant très bien réussi mes deux premières années et un tout petit peu moins bien ma 3ème, je sors de la Haute-École dépitée, tant au niveau psychologique par rapport à ma vie personnelle que par la fin peu glorieuse de mes études, même si je suis diplômée. S’en suit alors un merveilleux été, pendant lequel j’ai beaucoup profité. En août, je me motive enfin à finaliser les démarches et partir faire un stage à l’étranger. Je m’envole pour 6 mois au Danemark à travailler dans une superbe agence dans le centre de Copenhague. Une des plus belles expériences de ma vie même si le coronavirus l’écourte de deux mois ! Ces quatre mois à l’étranger m’ont appris beaucoup sur moi-même. J’adore passer du temps seule, j’apprécie aller au musée, j’aime toujours autant me balader dans les rues, mon appareil photo dans les mains. Et enfin, je me suis rendue compte que le graphisme et la pub sont des sujets plus qu’intéressants mais qu’en réalité, ce secteur n’était pas fait pour moi. J’ai appris en vivant immergée dans ce milieu que ce métier magnifique, un de ceux que j’admire le plus, n’est pas ma passion. Petite, quand on me demandait quel était mon job de rêve, je répondais toujours « je ne sais pas ce que je veux faire comme travail, mais en tout cas, je veux être bénévole dans un refuge pour rééduquer les chiens ». Aujourd’hui cette réponse reste presque inchangée, mais j’ai compris que je pouvais faire de ma passion un métier, je suis alors prête à m’investir à 100% pour me réorienter.

La ligne d’arrivée

Je ne regrette aucune des étapes par lesquelles je suis passée, car après avoir fait tout ce chemin, j’ai compris quelle direction je voulais prendre et à quel point l’éducation canine m’anime. Ma réorientation est pour moi, une chance et une leçon. Je peux à présent me dire que tout ce que j’ai vécu m’a ramené à cette passion et qu’elle devait en réalité être une vocation. N’étant pas encore formée et étant donné que tout est retardé à cause du virus, il me semblait être une évidence de donner 6 mois de mon temps pour finalement être volontaire dans un refuge. Dans le cadre de mon service citoyen, j’ai donc commencé une longue mission à la Société Royale de Protectrice des Animaux (SRPA), réalisant mon souhait de gamine. La boucle est bouclée.

Auteure : Aurélie, 22 ans, Arlon

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Bienvenue au buffet de l’info à volonté !

Bienvenue au buffet de l’info à volonté !


Entre malbouffe et information, Clémence trace une série de parallèles plutôt intéressants. Plutôt que de se faire gaver comme un canard, elle nous propose une application magique qui nous permettrait de nous informer, en vrai, de ce qui se passe dans le monde sans tomber dans l’infobésité, sans renoncer à l’info de qualité.

Faim de connaissance

Tout comme la nourriture, la connaissance est aujourd’hui devenue un besoin essentiel car elle a été capitalisée. Je m’explique. De nos jours, posséder de la connaissance, ou un « capital culturel », c’est s’assurer d’acquérir du capital économique, social et symbolique. Autrement dit, de l’argent, une meilleure classe sociale et plus de prestige. Par exemple, si vous étudiez à l’université et obtenez un master, cela vous assure de trouver un bon travail, avec un bon salaire, qui vous permet de vous acheter de belles choses et d’entrer dans certaines strates sociales. La connaissance est donc essentielle pour survivre dans cette société. Malheureusement, l’accès à l’éducation n’est pas le même pour tou·te·s puisque, comme l’explique la revue Sciences Humaines, le concept d’égalité des chances qui est à la base du système éducatif est, en grande majorité, un échec. En effet, un·e élève appartenant à une classe sociale favorisée a sept fois plus de chances qu’un·e condisciple d’un milieu plus précaire de faire partie des meilleurs élèves, et donc d’obtenir ce qu’on pourrait appeler un « bon diplôme ».

Les ingrédients

Heureusement, depuis une cinquantaine d’années, de nouveaux canaux d’éducation apparaissent avec les progrès technologiques. Entre 1955 et 1970, c’est d’abord la télévision qui s’invite dans nos domiciles et nous donne un accès facile à l’information. Ce sont ensuite les ordinateurs et internet qui se démocratisent, suivis de près par les smartphones, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Cependant, ces nouveaux canaux ont apporté avec eux une nouvelle manière de consommer l’information : le zapping.

Eh oui. Comme le disent Guglielmo Cavallo et Roger Chartier dans Histoire de la lecture dans le monde occidental, avec la télévision est apparue la télécommande, qui a permis de passer de chaine en chaine, créant ainsi un spectacle personnalisé, interactif et fragmentaire, nécessitant un minimum d’attention. On retrouve cette façon de consommer sur les ordinateurs, où on « scroll » et on fait des recherches soi-même sur des moteurs tels que Google. Puis sont arrivés les smartphones. Ils nous ont permis d’installer des applis et de nous abonner à des comptes abordant nos centres d’intérêt, et permettant ainsi un accès toujours plus rapide et toujours plus personnalisé à l’information.

 

L’indigestion

Je compare souvent ces sources d’information aux fast-foods, où, là aussi, on peut créer son menu personnalisé et manger rapidement. Le problème avec les fast-foods ? On ne sait pas toujours ce qu’il y a dedans, on s’en gave, pour au final avoir faim 30 minutes plus tard. Pour l’info, c’est la même chose. Et nous n’avons pas toujours accès à une information fiable, transparente, objective, et complète. On a un surplus d’informations inutiles et indigestes, ce qui ne nous assure pas toujours d’y retrouver les actualités que l’on attend ou dont on a besoin. Et donc, ici aussi, on reste sur notre faim. Selon moi, l’idéal serait de créer un canal d’information équivalant aux fast-goods : rapide, personnalisable, mais assurant l’apport de « nutriments » vitaux, c’est-à-dire d’informations importantes.

Au menu

C’est dans ce but que j’ai pensé à l’outil Food for thought (1), pour smartphone et ordinateur. Son concept de base : terminez votre plat principal pour avoir droit au dessert. Chaque jour, Food for thought proposerait un « plat », une sélection d’articles hyper-condensés et snackable ou grignotable qui rapporteraient quelques actualités brulantes nationales et internationales. Cette sélection serait présentée sur la page d’accueil, sous forme d’un plat où chaque aliment serait cliquable et dévoilerait une info. Une fois le plat terminé, on pourrait gagner un sticker le représentant, qui rejoindrait notre collection. Ensuite, on aurait accès à la « carte des desserts », qui proposerait une multitude de catégories de centres d’intérêt allant des arts aux sciences en passant par les lois, l’environnement et les sports. Chaque catégorie reprendrait les articles les plus récemment publiés par des sources spécialisées, et suite à la lecture de l’un de ces articles on gagnerait également une récompense sous forme de sticker dessert.

 

Le digestif

Food for thought serait donc un outil ludique et personnalisable, tout en conservant une portion « non-négociable » d’articles d’actualité et de culture générale. Sa vocation première serait de rendre les informations accessibles et compréhensibles pour tou.te.s, afin de résorber au mieux l’inégalité dans la possession de capital culturel et, immanquablement, de capital économique, social et symbolique. C’est pourquoi j’encouragerai les écoles à se munir de l’outil Food for thought afin de fournir à leurs élèves une base de données, de sources, qui leur permettrait d’étudier et de travailler sur des sujets qui les intéressent, tout en étant tous sur un même pied d’égalité. Le but de ce projet, ce serait de permettre un accès à la connaissance et à l’information aussi facile que de se lever pour aller se resservir au buffet !

(1) On pourrait traduire cette petite expression par de la nourriture à penser.

Auteure : Clémence, 24 ans, Namur

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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