Harcèlements quotidiens

Harcèlements quotidiens

Les journées de Luce se ressemblent et ne sont pas réjouissantes du tout. Chaque jour, c’est la même histoire, subir les commentaires, les gestes déplacés, tenter de fuir les nombreux pénibles. Épuisée par ces comportements, Luce tire le bilan

Journée – classique – de merde


7h27 Je rentre dans la station de métro pour aller à l’école. Il fait froid, très froid. Mon métro n’arrive pas, je fais un détour pour chercher un autre itinéraire quand soudain, je vois deux paires d’yeux m’inspecter de haut en bas. C’est deux gars dans la trentaine. Deux contrôleurs de la stib. Ils s’approchent et leurs deux voix se mêlent à leurs yeux obstinés: « Et toi ! T’aurais un numéro ? T’es vachement bonne ma chérie » ai-je entendu. Quand je cours pour essayer de fuir, je sens une de leurs mains sur mon poignet, essayant de me garder auprès d’eux. Quand je réussis enfin à m’échapper, les larmes coulent sur mes joues et mes jambes cherchent à courir, encore et encore. 15h50 Fin des cours, attroupement de jeunes en dehors de l’école. Comme d’habitude, un gars vient me claquer les fesses et me dire à quel point j’ai un gros cul. Il me suit pendant une centaine de mètres et me lâche après s’être lassé. 17h23 Enfin rentrée chez moi, je pense être soulagée… Je fais la bise à mon frère puis à mon père qui sur le fait me dit « Ho, ta poitrine est très jolie aujourd’hui, elle a grossi non ? » Je réponds par un rire gêné. La suite de la soirée continue par un rapprochement et une main sur mon épaule. Mes larmes coulent toute la nuit…

Témoigner et bouger


Aujourd’hui, je vis toujours dans la peur: peur de me faire siffler dans la rue, peur qu’on me regarde. Combien de fois me suis-je demandé si ma tenue pouvait justifier ce qu’il m’était arrivé ? Est-ce qu’un pauvre jean slim et un t-shirt uni large auraient pu causer cela ? Était-ce de ma faute ? Puis un jour j’ai vu un témoignage d’une fille qui racontait son histoire, cela me faisait beaucoup penser à moi. Cela m’a énormément touchée et j’ai décidé de me relever et de rejoindre un mouvement principalement composé de femmes : le féminisme. Je me suis rendu compte qu’aucun geste ni aucun vêtement ne pouvait justifier un acte ou une parole. Chaque jour, je me bats pour le droit des femmes, ces droits que normalement nous devrions déjà avoir parce que cela n’est pas normal. Ce n’est pas normal de devoir nous battre pour ce genre de choses. Surtout, n’oubliez pas que si quelque chose vous est arrivé, que vous soyez une fille ou un garçon parlez-en, ne vivez pas dans le secret !

Pour en savoir sur la réalité atroce d’autres femmes, voir l’expo Que portais-tu ce jour là ? organisée par Amnesty International

Auteure : Luce, 14 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Qui fait le malin, tombe à l’internat

Qui fait le malin, tombe à l’internat

Pendant des années, Rayan ne faisait pas ses devoirs, ne travaillait pas à l’école, provoquait les professeur·e·s. Il a fait des bêtises assez grosses pour que sa mère n’ait plus qu’une solution, le mettre dans un internat.

Le grand jour

Ca y est, c’est le jour J. Ma mère me dépose à l’internat et repart. À travers les gouttes de pluie qui coulent sur la fenêtre de ma nouvelle chambre, je la regarde partir vers l’arrêt de bus. C’est très difficile, je fonce en pleurant dans la chambre d’un ami à moi, Ricardo, et lui demande pour appeler ma mère. Je retourne à la fenêtre de ma chambre avec le téléphone. Je lui dis : « Maman, c’est Rayan. Tu me manques, je veux que tu viennes me chercher ». En larmes, ma mère répond « Rayan, tu dois rester. C’est pour toi que je fais ça ». Elle raccroche alors que le bus arrive. Elle monte dans le bus et ces dix secondes me paraissent durer dix ans. Je me sens abandonné, je pleure comme jamais je n’avais pleuré avant.

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs

À l’heure où je vous parle, je sais que ma mère a fait ça pour moi, elle pensait que j’allais être mieux là-bas. Malheureusement, j’y ai vécu un enfer : les éducateurs nous frappaient. Un jour, à l’étude, un éducateur a jeté mon tout nouveau plumier sur moi parce que je n’avais pas fini mes devoirs. J’ai ramassé mon tipex, mes crayons cassés. J’ai pleuré. Je me sentais humilié. Après que plusieurs jeunes de l’internat aient aussi parlé de ce qui se passait là-bas, l’internat a finalement dû fermer.

L’ailleurs attise le manque du pays

Après cette mauvaise expérience, j’ai heureusement passé les quatre dernières années dans un internat qui me convenait. Là-bas, les éducateurs et les activités étaient très bien. J’ai donc pris du recul. Finalement, l’internat m’a permis d’apprendre à me gérer, à me calmer, à être plus sociable et à faire moins de bêtises. Et surtout, le manque de ma mère m’a fait comprendre qu’il était important de prendre soin des gens qu’on aime.

Auteur : Rayan, 14 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Accro de la manette 

Accro de la manette 

Pendant le confinement, l’ennui et l’absence de ses proches ont plongé Anas, au coeur du jeu vidéo. Aujourd’hui, il s’est rendu compte des conséquences et tente de retrouver une vie normale : une vie où on sort et fait la vaisselle sans trop rechigner.

Une irrésistible envie de jouer

Il est 11h00 du matin, je suis devant la console, manette à la main. Des chips salissent mes doigts, une bouteille de boisson pastèque-melon est un peu plus loin. Je suis bien, j’ai de quoi rester là quelque temps. Dans ma tête, je me donne la limite de quatre heures de jeux, pas plus. Ensuite, je sortirai avec mes copains. Pendant le confinement, j’étais déjà resté huit heures d’affilée devant mon PC, sans manger, sans me lever. J’en avais même oublié que j’avais des jambes ! Quand je me suis levé, je ne les sentais plus. Bref, je ne veux pas revivre cette sensation. “Anaaaaaas”, c’est ma mère qui m’appelle pour passer à table. Il est 14h30. J’ai fini le paquet de chips, je n’ai pas faim et surtout, j’ai envie de continuer à jouer.

Boulimie numérique de 11h à … 6h du matin

Un peu plus tard, ma mère m’appelle pour aller faire la vaisselle. L’horloge de ma chambre indique 16h. Bon, ça fait déjà cinq heures que je joue, mais j’ai envie de continuer quand même. Je n’ai pas envie de me lever, je fais mine de ne pas entendre ses cris jusqu’à ce qu’elle monte et me demande un peu plus sévèrement d’aller faire la vaisselle. Là, je m’énerve. “T’es chiante, tu ne veux pas me laisser tranquille ?”. Comme c’est un jeu en ligne, impossible de mettre sur pause. Je n’ai qu’une seule idée en tête, jouer. Jouer. Jouer. Je joue et plus tard, je regarde l’horloge : 23h. La console est en surchauffe, je n’ai pas le choix : je dois m’arrêter. Je l’éteins et je passe à un autre écran, celui de mon téléphone. Une heure plus tard, je reçois un message d’un pote qui me propose de jouer en ligne avec lui. Je rallume la console. Je plonge les doigts dans un nouveau paquet de chips, j’oublie mes jambes, j’oublie le temps. Il est 6h du matin.

Addict

Mon addiction s’est particulièrement déclarée pendant le confinement. Pendant ces mois, j’ai trouvé ma vie ennuyeuse et mes amis me manquaient. Le comble, c’est que maintenant que je peux les revoir, il m’arrive de les nier pour pouvoir continuer à jouer. Le pire, ce sont les tensions avec ma mère. Je les regrette mais tant que je suis addict, c’est difficile de me retenir, je deviens rapidement agressif sans m’en rendre compte tout de suite. Je culpabilise mais je recommence.

Peut-on parler d’addiction ?

Je ne sais pas si je peux à proprement parler “d’addiction”, car je suis encore très jeune. Dans un article de Clara Van Reeth paru dans Le Soir, il est dit que “l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a reconnu l’addiction aux jeux vidéos comme maladie, refuse de parler de trouble pathologique avant l’âge de 18 ans, car il est trop difficile de distinguer ce qui relève de l’adolescence (dépression, repli sur soi, agressivité) ou d’une réelle addiction aux jeux vidéos.” Ce qui est certain, c’est qu’il y a une tendance addictive dont j’aimerais me débarrasser, puisque je continue à jouer en dépit des conséquences négatives que le comportement produit sur moi (maux de tête, mauvaise humeur, désocialisation …

Couper le fil

Depuis ce jour où j’ai joué pendant seize heures, je me suis remis en question et la relation avec ma mère s’est apaisée, même s’il y a encore des efforts à faire. J’ai diminué les jeux vidéos et je me force à sortir plus. Je constate que ce type de dépendance peut abimer des familles et des relations, je conseille à tous de ne jamais tomber dans cet engrenage. C’est plus facile de prévenir que de guérir, croyez-moi.

Auteur : Anas, 14 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

« Retourne dans ton pays »

« Retourne dans ton pays »

Acheter un paquet de chips est parfois extrêmement difficile. Rentrer dans un magasin et en ressortir – sans paquet de chips – et avec une envie de tout casser, c’est quand même assez particulier.

Sale noir

Je me rappelle d’un jour en particulier. Je me promenais en ville, je portais des chaussures rouges, un pantalon bleu clair et un pull à capuche gris. Comme j’avais faim, j’ai décidé de me rendre dans une épicerie du coin pour acheter des chips. En rentrant dans le magasin, j’ai tout de suite remarqué que tout le monde me dévisageait. Sur le moment, je n’ai pas compris puis cela m’a semblé évident : j’étais le seul noir. Voilà pourquoi ils me regardaient de cette manière : à cause de ma couleur de peau. J’ai décidé de faire comme si de rien n’était mais un client s’est adressé à moi en disant : « sale noir, retourne dans ton pays ». J’étais choqué, énervé. La seule chose que je voulais, c’était de le blesser mais je me suis dit que si je lui donnais une baffe, ça se retournerait contre moi. J’ai donc fait demi-tour et suis sorti du magasin, tête baissée, sans rien avoir acheté. J’étais triste.

Je ne comprends pas

Pourquoi les gens peuvent-ils être si méchants et se comporter de cette façon à cause de la couleur de peau d’une personne. Cette histoire peut vous paraitre anecdotique, mais quand on vit tout cela quotidiennement, qu’on fait partie des personnes qui sont systématiquement visées, c’est très compliqué. Cela s’appelle de la discrimination raciale. Depuis quelque temps, les États-Unis ont fait la une des journaux, chez nous, cela arrive souvent aussi. Moi, en tant que noir, je me sens rejeté. Je veux dire à certaines personnes qu’il faut faire attention. Quand on nous regarde de travers, même si vous ne le faites pas exprès, ça nous donne l’impression qu’on n’est pas chez nous. Je suis né en Belgique.

Auteur : Abdou, 12 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

L’assiette de pâtes de trop

L’assiette de pâtes de trop

Lucie n’est pas à l’aise du tout avec son corps. Longtemps, elle s’est trouvée grosse, imparfaite… Tenant compte de tout cela, elle s’est demandé comment elle pouvait être aimée. Pour rentrer dans la norme et les standards des magazines, elle s’est fait vomir. Aujourd’hui, elle est dans une tout autre dynamique.

Les bourrelets

Devant le miroir, je m’examine. Je repère le moindre détail. Subitement, je m’aperçois qu’entre mes doigts, je tiens ce qui me rend si mal : mes bourrelets. Je tire et tire encore sur ces fameux surplus de graisse. Espérant de toutes mes forces qu’ils s’en aillent, je tire encore et encore. Malheureusement, ils sont là. Je les vois… Heureusement, mon copain, lui, ne les voit pas.

Un garçon

Il y a un an et demi, j’ai rencontré un garçon. Depuis, on ne se lâche plus. Il est tellement attentionné avec moi ! Il me fait me sentir bien. Tous nos moments passés ensemble me font du bien. Je l’aime déjà beaucoup. Il me rend heureuse, je rigole beaucoup avec lui. Nous avons fait énormément de choses tous les deux. Tout se passe bien. Mais, comment puis-je accepter d’être aimée alors que moi, je me déteste ? Comment peut-il aimer ce corps trop gros et imparfait ? J’ai longtemps combattu ce sentiment qui à chaque instant, me rongeait. Je me posais un milliard de questions.

Vomir

Alors, petit à petit, à chaque repas, j’ai commencé à diminuer les quantités de nourriture que je mangeais pour en venir, au final, à ne plus avaler quoi que ce soit. Après le repas, je me réfugiais dans les toilettes. Je me faisais vomir. Ça me permettait d’éliminer ce que j’avais avalé auparavant, d’évacuer ce sentiment de honte et de culpabilité. J’ai toujours fait en sorte qu’on ne s’en aperçoive pas tant il était impossible, pour moi, de garder ce petit morceau de pain qui pouvait me faire grossir.

Au restaurant

Un jour, entourée de ma famille, je me trouvais au restaurant. Habituellement, j’aurais commandé des pâtes, mais ce jour-là, j’ai pris une salade. Mon papa pensait que j’étais gênée… Il a pris l’initiative de me commander, en plus de ma salade, cette fameuse assiette de pâtes. Pour ne pas le décevoir, je me suis forcée à avaler chaque bouchée sans la recracher. Je me demandais si j’allais avoir la possibilité de me faire vomir. Cette pensée me hantait, chaque bouchée me faisait réfléchir à un moyen de l’éliminer d’aussitôt. Cette heure me paraissait si longue… À la fin du repas, j’ai tenté de dissimuler mon envie d’aller aux toilettes. J’en suis arrivée à me dire que, cette fois, j’allais tout garder. Mais c’était impossible, il fallait que je le fasse ! Sinon j’allais grossir.

Maman absente

Je me suis souvent demandé d’où venait mon manque de confiance en moi. Ma mère m’a abandonnée il y a quelques années. Je me suis sentie seule et depuis, je me demande, souvent, si c’est de ma faute si elle est partie. N’étais-je pas assez bien ? N’ayant aucune réponse, je me suis donc résignée à penser que c’était à cause de ça et donc à cause de moi. Aujourd’hui, j’ai peur que mon copain, lui aussi, ne me trouve pas assez bien non plus et me quitte.

Les filles des magazines

D’accord, il y a tout mon contexte familial mais il y a, peut-être aussi, la société qui entraine un manque de confiance. Qu’est-ce que ces magazines, ces émissions télévisées, ces normes sur le corps féminin ? J’ai remarqué que je n’étais pas la seule qui avait du mal à accepter son corps. Certaines de mes amies répètent souvent qu’elles veulent prendre ou perdre du poids. Avant, je n’y aurais pas forcément prêté attention. J’ai aussi remarqué que, parfois, elles se refusaient une gaufre et tout le monde faisait mine que le problème n’existait pas. “Ce n’est qu’une gaufre”. Mais souvent, derrière, ce sont des petits messages de détresse. Et peut-être qu’il n’y a pas qu’aux femmes que cela arrive…

Ah l’amour…

Au fil du temps, mon copain m’a aidée à prendre confiance en moi. Finalement, tout simplement, peut-être que j’avais juste besoin d’être aimée pour ce que je suis. Je dois bien avouer que j’ai toujours un peu de mal avec mon poids, mais je ne suis plus dans une relation malsaine avec mon corps. Ce qui, je trouve, est un bon début. Je pense qu’on a toutes et tous, au fond, une petite voix qui est là pour nous rappeler qui nous sommes. Écoutons-là. C’est une petite voix qui dit que nous sommes toutes belles, nous sommes tous beaux.

Auteure : Lucie, 16 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R

Idées reçues

Idées reçues

Pour Joanne, c’est clair, on fonctionne toutes et tous avec des stéréotypes, des aprioris, des idées reçues. Ce qui est tout aussi évident, et c’est magnifique, c’est qu’en apprenant à découvrir et à connaitre l’autre, on s’en rend compte très vite et que la différence se retrouve diluée dans l’humanité.

Les stéréotypes sont universels

Noir, blanc, jaune, arabe, juif, SDF, malade… Quelles sont les premières images qui vous sont apparues en lisant ces mots ? Quelles formes, quels détails avaient-elles ? Ces questions vous rendront peut-être indifférents, mais pour la majorité des personnes, ces mots les amèneront tout de suite à des stéréotypes. Dans les médias, avec les ami·e·s, un peu partout, on parle beaucoup du racisme ou des préjugés qu’on aurait sur une personne de couleur noire, une personne aux yeux bridés … Je crois qu’il faut, aussi, savoir que sur moi, sur nous, femmes et hommes blanc·he·s existent aussi stéréotypes et idées reçues. Moi par exemple, je suis blonde aux yeux bleus, quelques-un·e·s de mes ami·e·s m’ont révélé après quelque temps qu’elles et ils avaient eu, au début, peur de moi ! Pourquoi cela ? À cause de ma couleur de peau très blanche, de mes yeux « transperçants » … Le fait est que la première impression que je leur ai renvoyée n’était pas, pour elles et eux, très rassurante. Mais tout cela s’est estompé, rapidement, après que nous ayons fait connaissance, après que nous nous soyons rencontré·e·s. Pour cela, il faut donner, un peu, de sa personne, cela demande un minimum d’efforts.

Dans le métro

Depuis toute petite, j’habite à la campagne : j’ai toujours côtoyé les mêmes personnes et la mixité était fort réduite. Alors, quand je me retrouve dans une ville comme Bruxelles, où plus de 179 nationalités différentes se côtoient, c’est vrai que cela fait un petit choc. Lorsque l’on va dans un milieu comme celui du métro, on se dirige généralement davantage vers des personnes nous ressemblant que vers l’inconnu·e. Je pense que c’est d’abord pour avoir une certaine forme de confort, de sécurité et puis on aura également tendance à se faire des idées reçues même très brèves sur les personnes que l’on verra. Il est vrai que lorsque je vois une personne sans abri vraisemblablement ivre ou une personne d’une autre couleur, habillée en training avec un sac banane et une casquette à l’envers, je ne vais pas forcément m’assoir à côté d’elle. Pourquoi finalement ? Peut-être parce que cela m’est inhabituel ou encore à cause de mauvaises représentations assimilées via les médias, les films… La réalité est que l’on baigne dans les stéréotypes, mais que, comme dit précédemment, ils peuvent disparaitre au bout d’un moment. Comment ? Tout simplement en apprenant à connaitre les personnes, en découvrant, finalement, qui se cache derrière l’habit.

Au Quatar

J’y ai vécu pendant plus d’un an, j’ai pu, notamment par le biais de l’école, passer mes journées avec des personnes venues des quatre coins du monde. Le fait est qu’au fur et à mesure que le temps passe, ces idées reçues finissent par disparaître. Ce fut une des expériences les plus enrichissantes que j’ai pu avoir dans ma petite vie. Généralement, on dit que l’homme arrive à se faire une idée de la personne qu’il a en face de lui en moins de trois secondes. Pour ma part, je pense qu’il faut surtout essayer d’aller au-delà de ces trois secondes, d’accepter ces idées reçues qu’on reçoit, mais par la suite, il faut essayer de connaitre ces différentes personnes. Ce qui nous permettra, à nous comme à eux, d’enrichir nos vies.

Auteure : Joanne, 16 ans, Orp-le-Grand

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

Et d’autres décryptages

Délinquant sans autre choix

Au mois de juin 2019, une équipe de Scan-R s’est rendue à l’Institution Publique pour la Protection de la Jeunesse (1) de Saint-Hubert. Elle y a rencontré une dizaine de jeunes. Voici le texte de...

Les petits avis, épisode 8

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc...

Jus d’orange, jus d’orage ?

À l’inverse de 82% de Belges de 15 ans et plus, Anne-Lyse ne boit jamais d’alcool, ni par allergie, ni par religion, ni pour quoi que ce soit… La raison est simple : elle n’aime pas ça et ne voit...

Harcèlement, en parler pour s’en sortir

Il y a bien des années, c’était en primaire, Estelle a partagé quelques temps et quelques mots avec une fille. Aujourd’hui, les rapports avec cette ancienne connaissance sont beaucoup plus...

Je joue un rôle

Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

Média d’expressions
Individuelle et collective
Destiné aux jeunes
En Fédération Wallonie Bruxelles

Scan-R est soutenu par

Pour être informé des activités de Scan-R