Les coups

Les coups

Anila avait une amie et puis, pour une bêtise, tout s’est compliqué. Plutôt que la situation se calme, revienne à la normale, tout a empiré. Après l’agressivité des mots arriva celle des gestes. Anila a choisi de se défendre avec le taekwondo. Rappelons tout de même, qu’on ne peut pas utiliser les arts martiaux n’importe quand, n’importe comment même si c’est pour se défendre…

Ce n’est plus mon amie

Tout a commencé à cause d’une dispute. Pas très grave, mais après, elle a commencé à dire du mal des gens, à être méchante. Je lui ai dit que c’était mal, qu’il fallait arrêter… Elle s’est retournée et j’ai vu son visage s’assombrir. Elle m’a regardée dans les yeux et m’a crié dessus : « Et mais… tu n’es pas mon amie ? » Je lui ai répondu que, bien sûr, j’étais son amie, mais qu’il y a des choses qui ne se faisaient pas. Ça ne l’a pas calmée. Elle a continué à me crier dessus en me disant que je ne serai plus son amie. Elle m’a laissée au milieu de la cour… Tout le monde me regardait. J’ai commencé à pleurer et je me suis cachée dans les toilettes.

Les jours passent

Elle revient avec d’autres amies de sa classe et me bouscule. Elle me regarde avec un regard noir, je ne comprenais pas pourquoi elle se faisait d’autres amies, j’étais plutôt jalouse. J’ai baissé les yeux, je me suis sentie trahie. J’étais seule et triste. Est-ce que c’était ma faute ? Petit à petit, les petites bousculades devenaient des gestes plus violents. Malgré tout, j’ai voulu me réconcilier avec elle. Quand je lui en ai parlé, elle m’a coupé la parole en me demandant si on se connaissait… À ce moment-là, je me suis sentie vraiment mal, mon cœur s’est déchiré. Les larmes aux yeux, je lui ai demandé de me pardonner, elle s’est retournée vers ses nouvelles amies et a dit : « Comment pouvais-je être amie avec cette débile »… Ces amies rigolaient. Je suis partie en courant. Les jours passaient, ses gestes et ceux de ses copines se faisaient de plus en plus violents. Je n’ai pas compris ce qui se passait.

Me défendre

Pendant deux ans, la situation s’est envenimée, la violence est devenue plus grande. Un jour, je n’ai plus pu supporter cette situation. J’ai demandé à ma maman de m’inscrire à un cours de taekwondo. Le but était de me permettre de me défendre contre elle. Après quelques semaines, quelques leçons, j’ai su me rebeller, j’ai su me défendre. J’étais tellement fière de moi. Un jour, une fois de trop, elle essaya de me taper, je me souvenue de ce que j’apprenais au taekwondo et j’ai répondu à la violence par la violence. Elle semblait surprise et je l’ai repoussée, elle est tombée par terre et je lui ai dit de ne plus jamais m’approcher. Elle était en colère, avait une folle envie d’en découdre avec moi. Je le voyais dans ses yeux, mais rien ne s’est passé. Par la suite, elle ne m’a plus cherchée et je me suis fait d’autres ami·e·s. De loin, je croisais encore, de temps en temps, son regard noir. Le taekwondo est devenu mon art martial, il m’a permis de me défendre et de défendre les autres personnes qui en ont besoin. Cherchez un moyen de vous défendre. J’ai choisi le taekwondo, il m’a donné de la force et le courage d’affronter des personnes horribles.

Auteure : Anila, 15 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

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Dyslexique, je me sens différente

Dyslexique, je me sens différente

Depuis qu’elle est toute petite, Sakura a des difficultés à s’exprimer, à lire, à parler. À 14 ans, elle a pu mettre un mot sur sa difficulté… La dyslexie, ce n’est pas une maladie, une maladie on la soigne. C’est un trouble, plus ou moins grave de la lecture et souvent de l’orthographe, qui handicape celles et ceux qui en souffrent à l’école mais aussi ailleurs (1).

Être invisible

J’ai toujours voulu faire comme si de rien n’était. Je voulais me faire remarquer le moins possible, du coup, je parlais très peu. J’essayais aussi de faire croire que je comprenais tout, et donc je répondais oui à toutes les questions. Je voulais montrer aux autres que j’étais normale, je ne voulais pas qu’ils me jugent trop sur le fait que je ne savais pas m’exprimer, que je ne savais pas vraiment lire. J’avais vraiment peur de me faire harceler, je voulais donc être la plus discrète possible.

Foutue

Même si depuis l’école primaire, je voyais des logopèdes, ce n’est qu’à 14 ans que j’ai appris que j’étais dyslexique. À 14 ans, j’ai enfin pu mettre un mot sur ce que je vivais. J’ai commencé à poser plein de questions à ma mère tellement je ne m’y attendais pas. Je me suis vraiment sentie mal quand elle m’a expliqué. Je me suis dit que ma vie était foutue, je pensais que tout le monde allait rigoler de moi et voir dans leurs propres yeux que j’avais une difficulté.
Aujourd’hui à 17 ans, je l’assume un peu plus car de plus en plus de gens le comprennent. Quand on me demande, souvent, ce que c’est, je ne sais pas trop quoi répondre parce que les autres posent trop de questions :  » ça fait quoi d’être dyslexique ? « ,  » ça fait quoi d’être bizarre ?  » Moi, on m’a simplement dit qu’être dyslexique, c’est avoir du mal à écrire et à lire, c’est tout.

Parler est compliqué

En lien avec ma dyslexie, j’ai également des difficultés à m’exprimer à l’oral. Exemple, quand je dois lire à voix haute en classe, je reçois des remarques comme « Oh le bébé, elle ne sait pas lire une phrase entière ». Depuis, je bégaye ou je perds mes mots. Je ressens alors un gros vide dans ma tête et je panique. Je me dis qu’on va me prendre pour une débile. J’ai peur que la personne en face de moi ne comprenne pas ce que je vais dire, j’ai peur de recevoir encore des réflexions du style « Pourquoi tu prends autant de temps pour dire une seule phrase?”, “Tu ne sais pas parler ou quoi ?!”. Parfois, je dis une phrase qui n’a rien à voir avec une autre et du coup, on m’insulte : “T’es handicapée ou quoi ?!”… Alors…je me tais.
Quand je dois parler, je n’aime pas qu’il fasse calme dans la pièce. Je préfère quand il y a du bruit comme cela on m’entend moins, on ne va pas entendre ce que je vais dire. Je n’ose plus rien dire, j’ai vraiment peur de parler. Au pire, si on ne me comprend pas, je dis à la personne “laisse tomber”.

Peu aidée

Mes parents ne m’ont pas beaucoup aidée pour surmonter cette situation. Lors de mes devoirs à la maison, ma mère me disait souvent de demander à mon père. Mais mon père rentrait tard du travail. Moi, je voulais qu’on m’aide à faire mon devoir et surtout qu’on m’aide à le comprendre. Fatigué de sa journée de travail, mon papa faisait mon devoir à ma place sans que je reçoive vraiment de l’aide, ce que je ne lui demandais surtout pas. Dans sa vision, cela me permettrait d’être tranquille. Évidemment, j’aurais aimé qu’il puisse m’aider dans mes cours.

L’éclaircie est pour demain

Heureusement, sur mon chemin, il y a eu des logopèdes. Elles m’ont aidée, elles m’ont comprise. Grâce à elles, j’ai pu réussir à me faire comprendre et à m’exprimer. Je me suis améliorée depuis 3 ans. C’est encore très compliqué pour moi mais je ne suis pas quelqu’un qui abandonne facilement. Dorénavant, je ne me dis plus que je ne pourrai rien faire dans la vie car je sais que je pourrai faire un jour ce que j’aime. J’ai rencontré une personne dyslexique de 50 ans qui faisait un travail qu’elle aimait. Pour moi, elle avait réussi dans la vie, cela m’a soulagée et cela m’a fait du bien. Il n’y a pas que moi dans ce monde qui a cette difficulté, d’autres personnes que moi vivent ce que je vis et ne baissent pas les bras.

(1) Dans la brochure : Le petit guide des dyslexiques, disponible gratuitement et en téléchargement sur le site de l’Association belge de Parents et Professionnels pour les Enfants en Difficulté d’Apprentissage (ADEPA), une multitude d’informations, de suggestions et de conseils permettent de comprendre et de vivre – aussi bien que possible – avec la dyslexie. Une définition du trouble est aussi proposée : “Est dyslexique celui dont les difficultés en lecture ne viennent pas de troubles intellectuels, neurologiques, sensoriels, ni d’un milieu social très défavorisé. Un enfant est dit dyslexique lorsqu’il éprouve des difficultés spécifiques et persistantes (par exemple des confusions auditives ou visuelles, des omissions, etc) lors de l’apprentissage de la lecture et, dans la plupart des cas, de l’orthographe”.

Auteure : Sakura, 17 ans, Chaudfontaine

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Harcelée, un an après

Harcelée, un an après

Il y a un an, Romane s’est fait nier par l’amie, sa meilleure, celle qu’elle connaissait depuis bien longtemps. Après avoir essayé de recoller les morceaux, elle s’est fait rabrouer. Un an après, elle nous raconte comment elle a vécu ce moment très difficile de sa vie.

Niée

C’était dans la cour de récréation, à la pause de 10h00. Je me dirige vers ma meilleure amie. Elle est avec une bande de filles. En m’apercevant, elle décide de se rendre de l’autre côté de la cour. Je me dirige à nouveau vers elle, mais elle répète cette opération étrange, encore et encore. Je comprends alors. Elle tente de m’éviter… Rentrée chez moi, je lui envoie des messages et lui demande pourquoi elle se comporte de cette manière avec moi. Aucune réponse. Après deux, trois longs mois d’attente, elle m’envoie finalement un message me faisant comprendre qu’elle ne veut plus de moi.

Nulle

Quatre mois plus tard, je crée un groupe facebook avec tou·te·s les ancien·ne·s élèves de l’école primaire. Elle poste alors un message plein d’insultes, raconte des choses inexactes me concernant : c’est moi qui l’aurait lâchée,… Elle écrit aussi que je n’ai pas d’ami·e·s, que j’ai été méchante avec elle,… J’ai été très blessée par ces messages, je me suis sentie problématique, nulle, pas assez bien pour les autres. J’ai perdu le peu de confiance que j’avais en moi,… Pour compliquer encore un peu les choses, je suis ultra-sensible, pleure très facilement, ne sais pas encaisser. Bref, je prends, tout, très à coeur.

On avance

Maintenant que j’y pense, j’aimerais ne plus fondre en larmes. Je me dis qu’avec le temps, j’oublierai cette histoire. Aujourd’hui, j’ai plein de nouvelles et de nouveaux ami·e·s. J’ai appris à connaître de nouvelles personnes, j’ai pu compter sur tous les membres de ma famille qui ont été, sont et seront, toujours là pour moi. Cette expérience m’a fait comprendre qu’il faut faire attention quand on choisit ses ami·e·s. J’ai repris confiance en moi, j’ai fait le tri dans ma tête. Je garde le positif, chasse le négatif. Je ne veux garder que les bons souvenirs, entourée de mes proches.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Romane, 13 ans, Sippenaeken

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Je n’aime pas mon corps

Je n’aime pas mon corps

C’est à l’adolescence que Violette a arrêté de s’aimer comme elle était… Elle a vu son corps se transformer, elle a grossi. Aujourd’hui âgée de 18 ans, elle croit toujours que les gens la regardent de travers, elle a l’impression, constante, qu’on parle sur son dos.

Miroir de l’angoisse

Quand je me regarde dans le miroir, je n’aime pas l’image qu’il me renvoie. J’ai l’impression d’y voir un petit ange et un petit démon sur chacune de mes épaules. Le démon dit : “T’as des grosses cuisses, t’as des bras poilus, ta robe ne te va pas”. L’ange lui répond: “N’écoute surtout pas le démon ! Mets ta robe, tu seras belle dedans !”. Mais, toujours, c’est le démon que j’écoute et, malgré le fait que ma soeur me dise qu’elle me va bien, la petite robe reste dans l’armoire. J’aimerais être bien habillée, me sentir bien dans mes habits mais je n’y arrive pas.

Je n’assume pas…

Une fois, une fille m’a regardée dans la cour. Elle a dit: “Oh regardez ses bras!”. Depuis lors, je les cache. Pour moi, c’est normal de les cacher et que personne ne les voit. Je trouve mes bras trop poilus, alors je garde ma veste en simili cuir, même si j’ai chaud, même s’il fait 25°, je ne l’enlève pas… Je sais qu’on pourrait se moquer de moi. Du coup, j’ai commencé à utiliser de la crème dépilatoire qui brule mes avant-bras. Je vais continuer à le faire… Je n’assume pas mes poils.

Manger

Autre problème, j’aime trop manger ! Même si je déjeune bien le matin, que je dine à midi, que je soupe le soir… Il m’arrive, vers 22h-23h, d’être au lit et d’avoir encore faim. Mon ventre grogne, je n’ai pas envie de redescendre manger et je me suis déjà brossé les dents … Je garde ce creux douloureux au fond du ventre et je me rendors mais parfois, je descends quand même grignoter des spéculoos et j’ai du mal à arrêter !

Instagram

Je suis abonnée à des filles qui sont dans les Anges de la téléréalité. Je regarde leurs photos et trouve qu’elles ont de beaux corps, j’aimerais bien avoir le même. C’est la même chose quand je vois le corps d’une fille mince à la gym. Je me dis pourquoi je ne suis pas comme ça… Je sais que je ne pourrais jamais être comme elle. Je suis une fille avec des formes et tout le monde a un corps différent.

C’est compliqué…

C’est compliqué de dire combien je suis mal dans ma peau, combien je ne me sens pas bien dans ce corps. Je n’arrive pas à en parler. Un jour, j’aimerais bien arriver à m’assumer mais je ne sais pas quand ce sera.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Violette, 18 ans, Huy

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Mon avenir

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Il est presque minuit et, dans son lit, Simon n’arrive pas à s’endormir. Il sait que demain, il devra aller à l’école mais le sommeil ne vient pas. Plongé dans l’obscurité, tout en essayant de trouver une bonne position pour s’endormir, il se questionne sur tout et n’importe quoi et surtout sur son avenir et cette question qui lui revient sans cesse : qu’est-ce qu’il veut et va faire plus tard ?

Rater sa vie ?

Je vais bientôt passer en 5ème année du secondaire, et je n’ai toujours aucune idée du type d’études que je veux faire, de mon futur métier… Il y a bien certaines matières qui m’intéressent plus que d’autres comme les maths et les sciences, mais tout ça reste très flou et ça… ça commence à m’inquiéter. J’ai peur de ne rien trouver et donc, en quelque sorte, de « rater » ma vie. J’ai aussi peur de me lancer dans quelque chose que je n’aime pas et de finir comme Monsieur et Madame Tout le monde à se retrouver dans la routine métro, boulot, dodo. J’ai peur d’une vie morose, de gagner un salaire moyen, d’avoir un travail que je déteste.

Rentrer dans le moule

Seul dans le noir, je commence à angoisser et à me dire que, dans une société où tout tourne autour de l’argent, si je ne trouve pas un vrai travail qui me plait, je finirai par décrocher, à me retrouver sans vrai salaire, à vivre dans la misère ou carrément, à la rue. J’ai peur de rater ma vie. Mais arrive alors une nouvelle question : c’est quoi réussir sa vie ? Pour moi, réussir sa vie, c’est être heureux. Se lever le matin et avoir envie de sortir de son lit en pensant à tous les petits ou grands plaisirs qui nous attendent tout au long de la journée. Être heureux, c’est pouvoir être libre, ne devoir obéir à personne et vivre chaque jour, une journée différente ou presque avec des rebondissements, des surprises, des rencontres, des contacts humains. Être heureux, ce n’est pas rester devant un ordinateur – toute la journée – à se faire crier dessus par un patron imbuvable. Je me dis qu’en fait, on essaie de rentrer dans le moule de la société pour se fondre dans la masse et ne pas se faire remarquer, au lieu de faire ce qui nous plait vraiment, et de nous démarquer parce qu’on aura écouté nos tripes, quitte à essuyer des critiques.

Les bons points

Facile à dire, moins facile à faire. On m’a appris à étudier pour avoir de bons points, mais on ne m’a pas appris à écouter mes tripes. Je vois la plupart de mes ami·e·s qui ont une passion qui leur permet de savoir vers quoi elles et ils veulent aller plus tard… Et puis il y a moi qui suis perdu. Certes, j’ai de multiples centres d’intérêt mais rien qui me permette de me diriger vers des études, un métier. Je me rappelle les discours incessants de tou·te·s mes professeur·e·s qui disent que les cours sont très importants, que si on ne réussit pas ici, on n’ira pas loin dans la vie, qu’il faudrait vraiment commencer à penser à nos études, qu’il va être temps de faire des choix, etc. Pour l’instant, tout va bien parce que l’objectif est d’avoir de bons résultats à l’école mais une fois que tout cela sera passé ? J’ai l’impression que je serai totalement perdu et sans objectif, que je ne saurai pas où me diriger. Pour moi, avoir un objectif, un but est primordial. Je trouve qu’à l’école, on nous apprend à réussir sa vie d’un point de vue sociétal mais pas d’un point de vue personnel et je trouve ça dommage. On nous apprend ce qu’on doit faire mais pas comment le faire.

Être reconnu

À tout cela s’ajoute le fait de ne pas vouloir décevoir mes parents, mes grands-parents… La famille m’a toujours dit qu’elle était fière de moi. Elles et ils me disent que je suis très intelligent, que j’ai de super bons points à l’école, que j’irai loin dans la vie. Tout cela me met la pression. Je n’ai pas envie de les décevoir et qu’ils et elles pensent s’être trompé·e·s à mon sujet. J’ai envie que, plus tard, toutes soient fières, tous soient fiers de ce que je suis devenu, de leur fils et de sa vie. Je veux être soutenu et aidé dans les décisions à prendre, je veux qu’on m’écoute, le sourire aux lèvres, lorsque je parlerai de ce que j’ai accompli. Je m’imagine dans quelques années dans une belle maison, avec ma femme et mes enfants et mon père qui me prenne dans ses bras et me dise « Je suis fier de toi mon fils ».

Demain…

Je suis dans mon lit, seul, et je ne sais toujours pas quoi faire. Et je réfléchis. Je m’imagine adulte, j’essaye d’imaginer mes études, mon avenir. Ce qui est sûr, c’est que dans mon futur métier, je serai libre de pouvoir donner mon avis, de pouvoir me poser toutes les questions et me livrer à toutes les réflexions que je veux. Je suis comme ça, c’est plus fort que moi. Au final, tout cela tourne dans ma tête, je me rends compte que je n’ai toujours pas de réponse à mes questions, qu’il est déjà 2h du matin et que je vais être crevé demain.

Auteur : Simon, 16 ans, Odet

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