Confuse je, confus confinement

Confuse je, confus confinement

« Comment est-ce possible qu’un machin aussi nanométrique fasse autant de dégâts ? Il n’a pas le droit, personne ne veut de lui » me dis-je, comme une jeune enfant se demanderait pourquoi les méchants existent. Mais malgré tout…je reste de marbre. Comme si cette situation ne me faisait, en réalité, ni chaud ni froid

On m’a demandé comment je me sentais durant ce confinement. On m’a demandé comment je le vivais. Et pour être honnête…je n’en sais rien. J’ai beau tourner la question de toutes les manières possibles et imaginables, je retombe à chaque fois à la même conclusion : je suis incapable d’y répondre. Cette situation me laisse perplexe : suis-je touchée par les événements, moi qui ai tendance à vivre mes émotions aux extrêmes, ou suis-je, au contraire, étonnamment indifférente ?

 Non, je ne suis pas indifférente. Les images que l’on nous montre tous les jours à la télévision et les témoignages douloureux de tous ces gens qui vivent les événements de près me touchent réellement. Je me sens bouleversée quand je vois ce que les gens atteints par ce nouveau virus endurent au quotidien. Je ressens comme un grand vide dans la poitrine et, le temps d’un reportage, je me sens dans une bulle qui ne serait emplie que de douleur à laquelle personne ne peut rien faire. 

De ma chambre, crise lointaine

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, alors que je vous écris assise sur mon lit plutôt que de me risquer dehors à attraper ce que certains qualifient, visiblement à tort, de grosse grippe, je ne réalise pas la gravité de la situation. Loin de moi l’idée erronée de la « grosse grippe », je ne me rends simplement pas compte que mes proches pourraient être touchés et y succomber. Ce dont, je le sais pertinemment, je ne me remettrais pas.

Je pense, en fait, que malgré mes dix-sept ans accomplis, je ne comprends pas la situation. Je ne réalise que trop peu ce qu’il se passe actuellement autour de moi et quand j’entends que cet épisode de nos vies va marquer les générations futures, je me dis que l’Humanité en fait encore de trop. C’est comme…surréaliste.

Je comprends la douleur des gens qui côtoient ce fléau de près tous les jours, que ce soient les médecins ou les malades eux-mêmes, mais je ne la vis pas, d’aucune manière qu’il soit. 

Le nez dedans, crise trop proche

Peut-être est-ce parce que je vis cet évènement que l’on prévoit historique. Après tout, je ne pense pas que les gens du Moyen-Âge imaginaient que les crises de peste allaient s’inscrire comme importantes dans notre Histoire, malgré la différence entre nos deux époques. Mais soit. Peut-être que dans dix ans, après avoir mûri et avec du recul, je me rendrai compte de l’ampleur de ce que nous vivons. Et peut-être aussi que, dans cinquante ans, je raconterai cela à mes petits-enfants comme mes propres grands-parents me parlent de la guerre ou des crises qu’ils ont vécues. 

Ni proche ni loin : dans ma bulle

Ou peut-être est-ce parce que j’ai décidé de m’enfermer dans une bulle de travail, décidée à terminer tout ce que j’ai entrepris et à réussir l’examen d’entrée que je redoute tant ? Est-ce parce que je ne peux plus côtoyer mes amis et mon petit copain comme j’en ai envie au quotidien ? Ou est-ce pour me défendre d’un monde que j’aime à imaginer beau et paisible mais qui est, en réalité, bien loin de ces rêves utopiques ? Je ne peux le dire.

Enfin, je me sens coupable de ne pas ressentir assez de compassion pour ces gens, victimes des ravages de la maladie. Je me sens étrange de ne pas être submergée par mes émotions comme à mon habitude, de ne pas sentir les larmes me venir quand on me montre la souffrance bien en face. Je me sens ailleurs, comme si mon être tout entier avait décidé de s’exiler sur une petite planète à part le temps de la quarantaine.

Auteure : Eleni, liège, 17 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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Dystopie 3.0

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Quel est ce monde ? On y voit des humains enfermés dans la peur, ils doivent rester chez eux, sortir avec un masque et des gants, ne doivent pas se rapprocher à moins d’1,50 m les uns les autres, ne peuvent plus travailler pour beaucoup, sauf certains par leur ordinateur. D’autres sont démunis, incapables de s’adapter à la situation, la pandémie et les mesures de confinement prises pour lutter contre ce virus, leur empêche d’avoir accès au moindre revenu ou logement.

 Le confinement et toutes ces règles sont bien là pour stopper la propagation du virus mais on est poussés à vivre une vie plus centrée sur nos ordinateurs et téléphones, à une ère où la 5G est sur le point de se mettre en place, malgré les inquiétudes et les contestations de pas mal de gens et malgré que personne n’en n’ait réellement besoin (si ce n’est les compagnies qui veulent constamment une évolution de la technologie pour continuer à sortir de nouveaux modèles, de nouvelles fonctionnalités et vendre de plus en plus pour qu’on soit de plus en plus connectés et inévitablement plus surveillés). Vision qui colle, par exemple, à celle de Bill Gates ou de Google.

Perso, moi, ça me fout la trouille, c’est un mode de fonctionnement qui favorise le capitalisme, la consommation, la mondialisation et énormément de choses dont on devrait plutôt se débarrasser pour espérer que l’humanité tende à évoluer vers quelque chose de, justement plus humain, à une vraie remise en question de nos fonctionnements… À l’ère où le réchauffement climatique opère, où la pollution devient un vrai problème et où l’activité humaine, en général, cause la perdition de vingt-six milliers d’espèces animales par an.

Vers quel avenir dystopique* sommes nous tournés avec un mode de vie tels qu’on le connaît aujourd’hui, vivement que tout rentre dans un nouvel ordre.

* Une dystopie, c’est une histoire de fiction racontant l’histoire d’un monde imaginaire souvent peu réjouissant… 

Auteur : Noé, Bruxelles, 22 ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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Envie de sortir autant que je veux

Envie de sortir autant que je veux

Avant que ce confinement ne nous enferme dans notre chez nous, avant qu’on ne parle plus que par webcams interposées, Mouna avait un projet. Il est remis à un plus tard mais quand sera ce plus tard …

Je m’appelle Mouna, j’ai 22 ans et je vais vous raconter mon histoire. Je suis dans un centre d’accueil pour femme. J’ai déjà fait 2 ans dans le centre, je vais bientôt avoir un appartement social. Avant, j’habitais avec mon ex-compagnon et j’ai vécu des violences conjugales, je suis donc venue dans ce centre. Dans le centre, il y a les chambres et les flats. Nous sommes 32 personnes en tout. Nous avons toutes une éducatrice et une assistante sociale pour nous aider. Il y a aussi une psychologue. Nous pouvons prendre rendez-vous en cas de besoin. 

En septembre 2019, j’ai commencé une formation en tant qu’éducatrice. J’avais enfin trouvé le métier que je voulais réellement faire. C’est un métier qui me plaît beaucoup.  Je voudrais travailler dans un centre avec de jeunes autistes ou ouvrir une association pour les femmes victimes de violence. Mais en février, j’ai dû arrêter pendant les stages, j’ai fait des crises d’angoisse chaque jour. Ces crises s’expliquaient par les problèmes liés à mon parcours personnel. Même si j’ai réussi tous mes examens, on ne m’a pas laissé continuer mes cours.

Après deux semaines sans rien faire, j’ai voulu trouver quelque chose à laquelle m’accrocher, un truc qui me permettrait de reprendre confiance en moi. J’ai connu le service citoyen grâce à une amie. Nous avons passé quatre jours d’intégration. J’ai connu des chouettes personnes, rencontré différentes personnalités. Nous avons fait plusieurs activités pendant le séjour comme le jeu de société le loup garou de Thiercelieux ou Secret Story, autre jeu. Nous avons fait un blason de notre promo, on a nettoyé une rivière, …

Quelques jours après, nous avons appris que nous serions confinés à cause du corona. J’étais triste de l’apprendre, je me sentais seule et je voulais enfin commencer une mission*. Je ne vois pas mes amis car tout le monde est confiné. Du coup, je m’ennuie beaucoup. Pour passer le temps, je lis des livres sur le développement personnel, cela me permet de me découvrir, cela me permet d’augmenter mon estime de moi, cela m’aide à avoir confiance en moi. 

Je passe mon temps à regarder des films, à cuisiner. J’essaye d’apprendre de nouvelles recettes. Quand je me sens seule, j’en parle avec mon éducatrice du service citoyen.J’espère que ce confinement s’arrêtera rapidement : j’ai envie de revoir mes amis, de reprendre le sport et de sortir autant que je veux. 

A écouter aussi en podcast ici

Le service citoyen est un organisme qui permet aux jeunes, jusqu’à 25 ans, de découvrir une facette de la société, du monde associatif et de se découvrir pour mieux rebondir. Cliquez ici pour en savoir plus sur ce service plutôt très intéressant.

AuteurE : Mouna, 22 ans, bruxelles

Cet article a été écRit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Retour à l’essentiel

Retour à l’essentiel

En ce moment de confinement, toutes mes habitudes sont chamboulées, plus d’école, plus de sport, plus de sortie entre amis. Je me retrouve seule avec moi même. Je me questionne sur la manière dont chaque personne va vivre cette quarantaine. Je pense que cet isolement peut être autant positif que négatif. 

Les +

Au niveau du positif, cela me  permet  de comprendre l’importance des éléments essentiels de la vie. Exemple, sans ce virus jamais je ne me serais rendue compte de l’importance de faire les courses, c’est une habitude banale de la vie. J’ai la chance de toujours pouvoir manger à ma faim, mes parents travaillent. Maintenant je fais plus attention, nous ne pouvons plus faire les courses comme bon nous semble et acheter des quantités énormes sans penser aux autres. 

Tout le monde doit pouvoir avoir de quoi manger, l’égoïsme de ne doit pas avoir lieu durant cette période. Autre point positif, qui me fait en même temps peur, je remarque que la terre est bien mieux sans nous. La nature reprend ses droits. C’est une des meilleures choses qui pouvait arriver, cela va aider notre terre à reprendre des forces avant que nous ne reprenions notre vie d’avant ce confinement. Je me sens triste de comprendre que nous sommes le problème. 

Nous ne pouvons plus continuer à agir comme cela envers la planète. J’espère que de voir le monde comme ça, cela va être une réelle prise de conscience pour chacun d’entre nous. J’attends donc avec impatience que des décisions radicales soient prises par les personnalités puissantes de l’état pour garder notre terre saine comme elle est là, maintenant, sans nous.

Les –

Ensuite les points négatifs. Je me rends compte de l’importance de l’école, le plaisir d’apprendre, d’avoir une interaction sociale avec des personnes. Je n’y faisais pas attention avant, c’était une routine. Tout le monde est obligé d’aller à l’école c’est comme ça, c’est la loi. Tandis que, maintenant je me sens oppressée à la maison. L’école me permet d’avoir des moments où je me retrouve seule avec moi-même sans ma famille, en tant qu’ado je pense que c’est une chose très importante pour ne pas craquer psychologiquement. Être renfermée avec les mêmes personnes est une source de conflits. Réussir à gérer ça est parfois compliqué. 

Pour finir, ce que je vais dire est contradictoire mais, lorsque je suis seule chez moi, ne sachant pas quoi faire je réfléchis beaucoup, je me perds dans mes idées en imaginant la suite, à mon futur… Ça me fait peur de ne pas savoir gérer cette situation mais pour beaucoup de monde, pour tout le monde, c’est une première. Par conséquent, la seule solution est d’être forte et fort car c’est une opportunité de faire le point sur notre vie et notre manière d’agir. 

 

Auteure : Zoé, 16 ans, Blégny

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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Attouché

Attouché

 

Il y a quelques années, Benoît, 19 ans aujourd’hui, a été sexuellement agressé par un de ses voisins. Après avoir gardé tout cette histoire pour lui, il n’en peut plus, il éclate, parle et se confie. Pour lui, la parole a été une grande libération. Tous les prénoms, noms et lieux ont été changés.  

La promenade

En juillet 2016, je n’avais que 15 ans. Vers 22h, 22h30, je promenais mon petit chien et comme d’habitude, je n’étais pas seul. Un couple âgé, avec qui j’avais l’habitude de faire ma petite promenade, promenait lui aussi son chien. Nous faisions donc le tour de notre « cité ». Une fois la balade terminée, je raccompagne les promeneurs devant leur bâtiment. Il se trouvait à ce moment-là en face du mien. Une fois que je les vois rentrer chez eux, je me dirige donc vers mon bâtiment pour, moi aussi, rentrer chez moi. Ensuite, une envie de faire pipi me vient.

 

L’agression

J’habitais à ce moment-là au 7e étage du bâtiment, donc le temps d’attendre l’ascenseur qui n’était pas au rez-de-chaussée, puis le temps de monter, je n’aurais pas su tenir. Je décide donc de me rendre sur le côté du bâtiment, un coin sombre où logiquement personne ne va. Le mur des garages du bâtiment se trouve là, et la grille qui ferme l’ancienne école aussi. Je commence donc à faire pipi quand j’entends des bruits. Je m’arrête, je me tourne, ne voyant personne, je continue. Un nouveau bruit.. Et là, le moment qui change ma vie à tout jamais.

Un homme, que je connaissais depuis tout petit, surgit et me fait du mal. J’étais tétanisé, scotché, je ne savais pas quoi faire, comme si mon cerveau s’était arrêté de fonctionner. Après un court instant, je reviens moi. Je le pousse et je cours dans le bâtiment, j’appelle l’ascenseur. Une fois dans l’ascenseur, je tremble.

La fuite

J’arrive à mon étage, je rentre chez moi, défait la laisse de mon chien, je vais directement dans la salle de bain, sans parler, et sans croiser le regard de quelqu’un et je me lave. Je me lave très fort le corps, je me sens sale, très sale. Je prends plus de temps que d’habitude sous la douche. Je me brosse les dents, pendant, peut-être 10 ou 15minutes. Je mets mon pyjama, je vais dans ma chambre, et je ne bouge plus. Je pleure, en me demandant … « Pourquoi il m’a fait ça ? Pourquoi est-il comme ça ? Pourquoi ne va-t-il pas voir une femme et de son âge surtout pour faire des choses comme ça ? J’ai 15 ans…  C’est peut-être de ma faute… ». Je culpabilisais… Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire, je ne savais plus à quoi penser.

LE silence

Pendant des mois, de juillet à décembre 2015, j’ai vécu avec ça sans en parler à personne, j’ai gardé ça rien que pour moi. Un jour, un peu avant les examens, je suis en classe et je craque. Arrivé à la récréation de 10h00, je décide d’en parler à Lola, une amie proche de moi (qui l’est toujours aujourd’hui). Une autre de mes amies a entendu la conversation, je lui explique donc. Une troisième amie décide de m’emmener au PMS de l’école. Je vais donc leur expliquer ce qui s’est passé mais, j’ai du mal à parler.

L’affaire

À la récré de midi, je vais chercher des pâtes, dans un endroit juste à côté de l’école. Je commande mes pâtes avec mon amie Lola, nous attendons. Je tourne la  tête et je vois ma maman et une de mes petites soeurs entrer dans le snack. Je vais vers elles, je leur dis bonjour et je leur demande ce qu’elles font là ? Ma maman me répond qu’elle avait envie de venir chercher des pâtes, pour dîner et me dit ensuite que mon papa est dehors dans la voiture. Je reçois ma commande, ainsi que mon amie, et nous allons donc jusqu’à la voiture.

Je dis bonjour à mon papa, et je demande ce qu’ils font là. Il me répond la même chose, qu’ils avaient envie de pâtes donc ils sont venus en chercher. Ma maman et ma petite soeur arrivent à la voiture, et là, elles demandent : « C’est quoi la lettre que l’on a trouvé dans ta chambre ? ». La mémoire me revient, j’avais oublié que j’avais écrit une lettre sur ce que j’avais vécu en été… Mais je nie et je demande « quelle lettre ? ». Mon papa explique « Maman a fait le nettoyage de ta chambre. En soulevant ton lit, elle a trouvé une lettre où tu dis qu’un monsieur t’a fait du mal … » Je m’effondre. Ce n’est pas possible. Les larmes montent toutes seules. Je pleure, mes parents sont touchés et me demandent qui m’a fait ça ?

Je leur dis le prénom du monsieur. Il s’appelle Bernard. Au début, ils pensaient que c’était un de mes tontons défunts, mais non, c’est l’ex-mari d’une voisine qui passe encore chez elle et qui lui aussi, s’appelle aussi Bernard. Mes parents partent en furie, je suis pas bien toute l’après-midi… Mes ami(e)s sont là pour moi et me réconfortent.

la justice

À 16h, je reprends le bus. Un quart d’heure plus tard, j’arrive dans le quartier. J’ai un truc étrange, comme si dans ma tête, on m’avait dit « Benoît regarde dehors », je tourne la tête et je vois mon papa, ma maman, un voisin et Bernard. Je crie « Stop » dans le bus. Le chauffeur s’arrête et laisse descendre. Je rejoins mes parents, mon papa avait empoigné Bernard, et au moment où je suis arrivé, Bernard était entrain de partir. J’étais mal, très mal. Voyant mes parents attristés. 

J’ai fait beaucoup de bêtises à ce moment-là de ma vie. J’étais au plus mal, j’avais l’impression que c’était de ma faute, que c’était moi qui l’avait attiré,… alors que non, ce n’est juste qu’un pervers pédophile. J’ai été porter plainte au bureau de police avec ma maman, nous avons été envoyé à la police de Liège, par la suite, pour expliquer les faits. Encore une fois à la police de Wavre pour expliquer à nouveau les faits, mais en étant filmé. Ensuite, nous avons appris que l’histoire tombait à l’eau car il y avait un manque de preuves. À savoir, que Bernard, l’homme qui m’a détruit à jamais, a retourné la situation, car, oui il a bien avoué qu’il l’avait fait, mais il a dit que c’était moi qui lui avait demandé de le faire. Pitoyable… !

Ensuite, le petit copain de la fille de cet homme m’a harcelé… Quand j’ai eu mes 18 ans, il m’envoyait des messages via messenger en me disant que c’était moi, que j’étais un menteur, que je savais bien ce que j’avais fait ce jour-là,… Ça a été comme ça pendant des mois et des mois. Il m’a fait une réputation à l’école en disant que je faisais des fellations aux garçons, chose que je n’ai jamais faite. Sa maman s’en est prise à ma maman lorsque j’étais à l’école. J’ai reçu des menaces par texto,… Un soir, on a même eu la “visite” de ses enfants, ils voulaient s’en prendre à nous. C’est la chose de trop, ce qu’il ne fallait pas faire, je retenais beaucoup de chose par rapport à eux, depuis des mois, et vis-à-vis de Bernard, depuis 1 an et demi presque. J’ai explosé, je suis sorti en furie de chez moi, heureusement qu’on m’a retenu parce que je les aurais réellement frappés.

La Suite

À l’heure actuelle, je vis encore avec cette douleur et je finirai mes jours avec, en y pensant tous les jours. Ce que je voudrais c’est faire passer ce message. S’il vous plaît, si vous êtes, où si vous avez été victime d’abus/attouchements sexuels, que vous soyez mineurs ou pas, sachez que personne n’a le droit de vous faire cela. Alors, s’il vous plaît, parlez- en. Je sais que ce n’est pas quelque chose de facile, car je suis passé par là, mais le garder pour vous, va vous détruire encore plus que ce que vous ne l’êtes déjà. En parler va vous libérer un minimum. Oui, vous y penserez toujours, mais vous devez en parler, même si vous avez peur de la réaction de vos parents ! Ils comprendront, ce n’est pas de votre faute ! Vous êtes victime, il faut vous libérez de ce mal-être. Quand moi j’en ai parlé, j’ai senti comme un poids de 5 tonnes qui sortait de moi, j’étais libre. Et surtout, même si votre « histoire » tombe à l’eau comme la mienne, ne lâchez rien, réenchérissez, relancez des procédures ! Les personnes comme cela, ne méritent pas d’être libres. Je crois en vous, je compte sur vous !

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Benoit, 19 ans, Wavre

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J’ai seulement 18 ans

J’ai seulement 18 ans

Il n’est pas toujours facile pour ma génération de prendre conscience de ce qui se joue face à l’avenir de notre planète. Jeunes et responsables c’est ce que nous devrions tous être, et pourtant…  J’ai seulement 18 ans et je pose, et je me pose, pas mal de questions…

Ne pas se taire

Les copains jettent des trucs par terre, dans les bois, … Ailleurs que dans une poubelle… Malgré l’intention de bon nombre d’entre nous, le fait d’intervenir, concrètement et réellement quand une situation comme cela se produit, ce n’est pas toujours aisé… On peut faire des remarques à l’un ou l’autre par rapport à ce comportement mais, bien souvent, cette remarque est freinée par la peur d’être ridicule aux yeux de nos copains. Pour ma part, étant plutôt blagueur de nature j’aurais plutôt tendance à utiliser une formule humoristique plutôt que « pourrais-tu jeter ton chewing-gum à la poubelle s’il-te-plaît ».

La masse et le boss

Je suis également convaincu que l’effet de masse reste un atout si l’on veut faire évoluer les ressentis. En effet, je constate qu’au fil des années, chaque rassemblement d’adolescents comprend systématiquement un « leader ». Ce « meneur » peut, à lui seul, entraîner tout un groupe dans une spirale positive et cela sans avoir besoin de persuader qui que ce soit.  Il n’aura, de ce fait, aucun mal à faire adopter à ses proches des gestes adéquats ayant sur le long terme un effet bénéfique sur la planète.  

C’était mieux avant ?

Enfin, j’ai souvent l’impression qu’il est compliqué de se projeter dans le futur. Les adultes de demain vivent au jour le jour, uniquement dans le moment présent, sans se soucier de l’impact qu’un geste irrespectueux pourrait avoir sur notre vie future. Peut-être que les générations précédentes anticipaient plus rapidement leur parcours en se mariant ainsi qu’en ayant des enfants beaucoup plus tôt, ce qui est loin d’être notre cas… et ce qui rend malheureusement une partie de la population inconsciemment égoïste et irresponsable. « Pourquoi devrais-je me sentir concerné par l’environnement des prochaines années alors que ce qui m’importe pour le moment c’est les sorties et l’amusement ? », « Comment m’impliquer dans des démarches qui profiteront à mes enfants alors que je ne m’imagine même pas en couple ? »… toutes ces questions que je me pose et qui pourraient interpeller la plupart d’entre nous sont tout à fait naturelles et compréhensibles, mais à mon sens, elles ne doivent pas pour autant nous empêcher de penser plus loin afin que le monde de demain puisse continuer à respirer pleinement. Non, ce n’était pas mieux avant, c’était différent. J’ai déjà 18 ans et comme la plupart de mes copains, je voudrais inverser les tendances…

Auteur : William, herve, 18 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance.

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