Harcèlement

Harcèlement

Faut-il dénoncer le harcèlement des professeurs envers les élèves ? Que ce soit le harcèlement moral, physique, bourrage de crâne.

Une jeune fille, de sa troisième primaire jusqu’à sa première secondaire, s’est faite harceler par ses professeurs. On l’empoignait, disait ses problèmes devant toute la classe et la traitait de menteuse, est-ce normal ?

Un professeur harceler un élève ? Impossible. C’est souvent ce que les gens répondent. A cause de cette réponse, les enfants pensent que c’est normal. Ce genre de harcèlement est peu connu et cela arrive plus que l’on ne croie. Nous n’osons pas parler par peur que notre SOS ne soit pas entendu ou pris au sérieux. Si cela t’arrive, t’es arrivé ou arrive à un de tes proches, vous devez le crier à qui veut l’entendre. Il n’est jamais trop tard. Si on ne vous entend pas, crier-le encore plus fort. Si on ne vous croit pas, ne désespérez pas parce qu’on finira par vous écouter. Nous devons tous crier ensemble et crier que OUI ça arrive et que NON ce n’est pas normal.

Faites-vous entendre. <3

Auteure : Anonyme, 14 ans, Verviers

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Depuis petite, j’ai toujours suivi ce qu’on me disait de faire. Aller aux cours, rentrer à la maison, étudier, faire mes devoirs, me rendre à mes activités extra-scolaires. Tout s’enchaîne tellement bien quand on suit machinalement ce que la société veut que l’on fasse. Pourtant je sens, depuis toujours, une sorte d’ombre planer au-dessus de moi. J’ai pris du temps à comprendre ce que signifiait cette ombre qui pesait sur moi. Car honnêtement, je l’ai souvent ignorée car elle me faisait peur. Peur de ne pas comprendre ce qui ne me permettait pas de profiter pleinement de ma vie.

Et puis un jour, j’ai compris. La vie n’a pas de sens. Tout ce qui tourbillonne autour de nous n’existe pas vraiment. Les lois, la politique, les codes sociaux ont été créés de toutes pièces. On vit nos vies mécaniquement, on suit un schéma, et on ne sait même pas pourquoi. J’ai un toit, deux parents qui m’aiment, je mange à ma faim. Mais, je ne comprends pas le sens de la vie. Pourtant, en 20 ans d’existence, je l’ai déjà bien remplie ma vie. Escalade, théâtre, voyage, soirées, amitiés. J’en ai vécu des belles expériences, des belles rencontres. Mais malgré tout cela, l’ombre plane au-dessus de moi, il y a des jours où elle est plus opaque que d’autre et il y a des jours où elle devient tellement fine que je l’oublie.

J’ai donc une ombre qui vit en moi et je dois faire avec. Pour faire avec, j’essaie de de la comprendre, de l’apprivoiser. Que signifies-tu réellement petite ombre embêtante ? Tu es un peu comme un grand œil qui observe toute ma vie. Tu vois ce que je fais et tu te dis « à quoi bon, je vais mourir de toute façon ». Aaah c’est donc ça, madame l’ombre, tu es un signe avant-coureur que la vie a une fin. Essayons de passer outre. La vie a une fin donc la fin a une vie. Moi je vis. Je vais à l’université, je suis cheffe scoute, je fais partie d’une troupe de théâtre. Je fais tout cela car je vis. Même si, fondamentalement, je n’y vois pas de réel sens, toutes ces choses me permettent de vivre.

Et puis, je sais que je ne suis pas seule. Je sais que beaucoup d’humains ont leur propre ombre qui leur plane au-dessus de la tête. Et si notre but à tous était de combattre cette ombre ? Oui c’est cela le but de la vie ! Transpercer de plein fouet cette ombre par de nombreux rayons de soleil. Mes amis, mes parents, mes convictions éclairent cette surface sombre et lui laissent de moins en moins de place. Au plus je remplis ma vie, au plus je m’investis dans ce que j’entreprends, au plus je me mets à rayonner. Au cours du temps, j’apprends à vivre avec cette partie négative en moi, cette partie qui n’arrive pas à se raccrocher à un sens et au cours du temps, j’apprends aussi à profiter des beaux moments, à sauter de joie pour des banalités et à m’investir dans de beaux projets. Car, puisque la vie a une fin, je préfère bien la remplir. La remplir à l’aide de positif, tout en acceptant le négatif. Essayer de faire en sorte que mes pensées ne viennent pas tout bousiller. Je pense que c’est un peu ça le combat de chaque homme, combattre nos pluies intérieures à l’aide de rayons de soleil, afin de créer de beaux arcs-en-ciel. Car la vie est faite de nuance, même si je n’y vois pas toujours un sens, au moins je pense, je réfléchis, je me construits. J’évolue au cours du temps et quand mon ombre prend trop de place, je la regarde et la laisse repartir en me disant que s’il y a de l’ombre, c’est qu’il y a, quelque part, du soleil pour la créer.

Auteure : Eloïse, 20 ans, Bruxelles

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L’école est difficile pour les dyslexiques ?

Cela dépend du point de vue. Le plus dur c’est de l’assumer. Nous, les dyslexiques, sommes très nombreux dans le monde. Les dys ont des différences mais certaines personnes confondent différences et handicaps. Nous sommes plus lents dans le travail à fournir et devons faire plus d’effort qu’un élève sans dys. Souvent, nous subissons du harcèlement. Personnellement, en première primaire, j’étais tellement lent que ma prof m’avait surnommé « l’escargot », une étiquette qui est restée plusieurs années. Ça a toujours des conséquences sur mon caractère.

Heureusement, arrivé à Liège 1, j’ai eu accès à des aménagements. J’ai compris que les gens savent que je suis dyslexique, ils ne jugent plus et je n’ai plus rien à craindre.

Cet événement a toujours beaucoup d’impact sur mon estime de moi et j’essaye de m’en libérer.

Message : ne jugez pas les gens sans connaître leur passé.

Auteur : Anonyme, 16 ans, Liège

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Accepter la dépression : ce n’est pas une ennemie

Accepter la dépression : ce n’est pas une ennemie

Ne pas aller bien, ce n’est pas une honte. La vie est faite de haut et de bas, parfois plus de haut, parfois plus de bas. C’est important d’accepter la dépression lorsqu’on ne se sent pas bien, c’est normal et c’est propre à l’humain. Nous sommes dans une société où le bonheur est la clé, la réponse à tout et se détacher de ça est une épreuve difficile. La dépression touche énormément de gens (jeunes comme âgés) et elle est souvent synonyme de faiblesse, et vivre au quotidien avec elle n’est pas une partie de plaisir. Mais ne la voyez pas comme l’ennemie !

Pourquoi ? Elle fait de notre vie un enfer, nous pousse à nous isoler de toute interaction sociale, elle nous donne des envies suicidaires, elle nous prive d’une envie de vivre, de rêver ! C’est vrai mais sans elle on ne se rendrait pas compte de notre force mentale.

Tu as survécu à un jour de plus ? Sois en fier/ère, n’essaye pas de minimiser ta force. Tu as le droit d’avoir des coups de mou, de te sentir vide ou de ne rien vouloir faire mais tu es fort(e) et tu réussiras à sortir de ça. Et si tu n’y parviens pas, ce n’est pas grave. Apprends à vivre avec elle, vois-la comme une force qui te pousse à donner toujours plus. Cherche de l’aide, occupe-toi l’esprit, teste de nouvelles choses. Je te promets que tout ira bien, le bonheur peut passer par de petites choses : cueillir des fleurs, promener son chien, parler à des copains, manger quelque chose qu’on aime, etc. Sois fort(e) et fier(e) de toi.

Auteure : Anaëlle, 16 ans, Liège

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Témoignage d’une adoptée

Témoignage d’une adoptée

Devons-nous nous sentir redevables envers nos parents adoptifs ?

Je m’appelle Sylvie (prénom d’emprunt). Enfin plutôt Chan. Sylvie est le prénom que mes parents adoptifs m’ont attribué lors de mon adoption pour me permettre de mieux m’intégrer dans la société occidentale.

Je suis d’origine chinoise, je viens d’une grande ville nommée Souzhou au Sud de la Chine. J’aurais été retrouvée seule dans un marché comme de nombreux bébés.
En 2004, la politique de l’enfant unique sévissait encore. À cette époque et encore peut-être aujourd’hui, les parents chinois préfèrent abandonner les filles que les garçons. Lorsqu’ils grandissent les garçons restent avec leur famille biologique tandis que la fille part avec une dot dans sa belle-famille.

On ne sait pas si la raison de mon abandon est celle que je viens d’énoncer.
En fait, on ne sait rien.
Presque rien.
Nous ne sommes pas sûrs de ma réelle date de naissance.
Nous ne sommes pas sûrs des réelles circonstances de mon adoption.
Nous ne sommes pas sûrs de ma réelle histoire.
Contrainte ? Choix ? Viol ?

Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’essaie de guérir du traumatisme de l’abandon. Cela pourrait étonner mais je ne cherche pas à avoir plus de réponses. D’un côté, je m’en fiche mais d’un autre, j’ai peur. Peur de faire éclater la vérité et de savoir que je ne n’étais pas voulue. Peur de voir qu’on a pas pu me garder parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent. Ou bien qu’ils voulaient un garçon. Ou bien étais-je victime du marché noir ? Sans vouloir être pessimiste bien entendu.
Le fait est que me voilà. Sylvie. J’ai été adoptée à l’âge de 11 mois, juste avant la tradition du rasage de tête des enfants d’un an. Ouf, j’y ai échappé. Je suis arrivée en Belgique le 13 juin 2005, le jour de l’anniversaire d’une de mes sœurs, dans un foyer où un jeune couple avait du mal à avoir un enfant. Je suis la dernière dans une sororité de 4. Une coréenne, une biologique et deux Chinoises.

Aujourd’hui j’en souffre. Énormément. Je ne le dis pas, ça ne se voit pas. Comment vivre alors qu’on ne sait rien de son histoire ? Comment vivre alors que les deux premières personnes qui sont censées nous aimer nous abandonnent ? Comment vivre alors qu’on ne voulait pas être ici ?

Lorsqu’on me pose des questions à propos de mon adoption, elles sont heureusement ou malheureusement très superficielles. « Tu viens d’où ? Pourquoi t’as été adoptée ? T’as été adoptée à quel âge ? » et la conclusion est toujours la même : « Tu as de la chance d’avoir été adoptée ».

De la chance ? Juste, comment osez-vous dire cela ? Est-ce de la chance d’avoir été abandonnée ? Est-ce de la chance d’avoir été déracinée de son pays et de sa culture ? Est-ce de la chance d’être le fruit d’une volonté purement égoïste de vouloir un enfant ? Non. Ne vous avancez pas sur ce que vous ne savez pas.

La société, qui j’espère changera, voit l’adoption comme une chance. Une bénédiction. Quand est-ce que les regards changeront à propos de cela ? Non. Mes parents ne m’ont pas sauvé d’une vie misérable. Non. Ils ne sont pas mes sauveurs. Ils sont la cause de mon fléau.

Sylvie ? Une nouvelle identité. On efface tout et on recommence ? Une page blanche le bébé ? « On supprime son abandon et on fait comme si c’était le nôtre hein ? ». On oublie son histoire et on n’en parle plus.

Le pire c’est que la société m’a tellement bien intégrée que je dois me rappeler moi-même que je suis d’une autre origine. Chaque remarque sur ma couleur de peau est un véritable coup de poignard. Chaque remarque me rappelle à quel point je suis différente et que je ne devrais pas être ici. Chaque remarque me rappelle que j’ai été lâchement abandonnée et que je dois trouver ma place quelque part dans cette société que je ne voulais pas.

Mes parents ont décidé d’adopter en Asie plutôt qu’en Afrique. L’intégration sera plus facile, pensaient-ils. Le racisme sera moins fort, disaient-ils. Mauvaise pioche, le COVID est arrivé.

Oh loin de moi l’envie de cracher sur les belles opportunités que j’ai. Je suis dans une famille où l’argent n’est pas un problème. Je suis dans une famille qui est aimante. Je suis voulue dans cette famille. Et je m’entends bien avec mes sœurs.
Mais dois-je pour autant être reconnaissante ? Dois-je réellement leur devoir quelque chose ? Dois-je réellement me comporter bien pour les remercier ? Leur faciliter la vie car ils m’ont « sauvée » ? Non. Je ne leur dois rien. Je suis en colère. En colère contre le monde entier.

Finalement, nous ne sommes que le fruit des choix des autres. Et nous ne pouvons rien y changer. Alors le seul conseil que je pourrais donner est que lorsqu’on ne sait pas qui on est, on peut s’inventer soi-même. Trop longtemps, ma vie a été dictée par les autres. Je me pliais à leurs attentes en voulant leur faire plaisir. Ça a fonctionné. Et je dois l’avouer que ça me plaisait. J’étais la parfaite petite fille sage et calme qui excelle en tout. De beaux points, un bon comportement et une bonne éducation. Mais est-ce réellement moi ? Je suis le standard de ce qu’on attend des autres et pourtant je ne suis pas heureuse.

Aujourd’hui, je veux changer et devenir celle qui vit en moi cachée quelque part. J’ai envie d’apprendre à me connaître. J’ai envie de me rencontrer et de faire la paix avec moi. Ces dernières années, j’ai appris et j’apprends encore. J’apprends à faire mes propres choix et à les suivre selon mes envies. J’apprends à réguler ce que je donne et à poser mes limites. J’apprends à m’adapter en symbiose avec moi. J’apprends à m’écouter. Peut-être que ça me prend énormément d’énergie, oui. Mais j’apprends.

J’apprends à vivre tout simplement.

Auteure : Anonyme, 18 ans, Bruxelles

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Manque de confiance en soi

Manque de confiance en soi

Je n’ai jamais eu confiance en moi et je ne m’aime pas.

C’est un peu dur dit comme ça mais c’est ce que je ressens. J’ai peur de décevoir et de ne pas être à la hauteur. Le regard des autres compte pour moi alors que je devrais simplement vivre ma vie comme je l’entends et sans me tracasser…Mais ce n’est pas évident.

J’ai beaucoup de rêves mais je crois que mon plus grand rêve, ce serait que ma mère soit fière de moi. Ça peut paraître un peu niais mais ça compte pour moi.

Ne pas avoir confiance en soi, c’est plus difficile qu’on ne le croit au quotidien. Je vis sans arrêt dans l’angoisse, j’ai peur pour des choses qui paraissent si futiles pour certains. J’ai l’impression de n’être jamais assez bien. On a beau me faire des compliments, cette petite voix dans ma tête arrive toujours à m’en persuader du contraire.

Lorsque que je me regarde dans le miroir, je ressens du dégoût. Lorsque que je marche dans la rue, je ne cesse de me comparer aux personnes que je croise. Quand j’ai une discussion avec des gens, je réfléchis beaucoup à ce que je vais dire et j’ai tellement des phrases qui se bousculent dans ma tête qu’il m’arrive d’avoir du mal à m’exprimer correctement et, du coup, je me sens encore plus mal. Dans n’importe quelle situation, j’ai peur de paraître ridicule ou bête.

Pour moi, je ne suis rien ni personne et surtout, je n’en vaux pas la peine. Vous vous dites sûrement que je suis trop dure avec moi-même et c’est la vérité. Mais nous avons tous des vécus différents et moi, c’est mon vécu qui m’a forgé ainsi. C’est dur de se sortir de ça, très dur… Mais j’essaie comme je peux de ne plus avoir ce genre de pensées. C’est un travail qui se fait sur le long terme.

Je dirais clairement que ma pire ennemie, c’est moi-même car je me hais et je me détruis toute seule. Ne pas avoir confiance en soi peut devenir presque comme un handicap dans le sens où je me mets des barrières pour certaines choses car je me dis que je n’y arriverais jamais. À cause de ça, je passe à côté de plein de choses qui auraient pu être de belles expériences.

Il m’arrive parfois de me rappeler qu’on a qu’une seule vie et que surtout, elle est courte. En étant comme je suis, je gâche clairement ma vie actuellement. J’aimerais ne pas avoir de regrets et passer au-dessus de toutes ces choses qui me pèsent au quotidien. J’aimerais pouvoir vivre librement et simplement, être heureuse. Ça aussi, c’est l’un de mes plus grands rêves.

Si toi aussi, tu manques de confiance en toi alors je vais te dire ce que moi j’aurais voulu entendre.

Ne doute pas de toi. Je sais que c’est dur, très dur même…Mais cesse d’écouter cette petite voix dans ta tête qui te dit que tu ne vaux rien car elle a tort. Tu es capable et oui, toi aussi, tu peux réussir ! Oui, tu as des défauts et même si tu as du mal à les voir, tu as aussi de nombreuses qualités. Tu peux être fier du chemin que tu as parcouru jusqu’à aujourd’hui. Tu as été fort(e) et courageux(se) alors surtout ne baisse pas les bras maintenant. Vis ta vie à fond, essaie de ne pas avoir de regret et surtout le plus important, apprend à t’aimer car tu en vaux la peine.

Auteure : Alexandra, 22 ans, Namur

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