Dansons ? Dansons !

Dansons ? Dansons !

Sur un trottoir de Bruxelles, Flore croise danseuses et danseurs. Elles et ils ne dansent pas sur une même musique mais, écouteurs coincés dans les oreilles, chacun·e à la sienne. Flore rejoindra-t-elle la piste improvisée ?

Alors on danse ?

Samedi, 17h30, grosse et lourde semaine derrière moi. Je décide de me rendre dans le centre de Bruxelles. Soucis, stress et fatigue font leur apparition dans ma tête pendant que moi, je marche. Aussi simple et systématique que ça, je marche. Marcher pour avancer car mes journées semblent s’enchainer et ne cessent d’être remplies. C’est ainsi que je les veux : productives et remplies… Du coin de l’œil, il me semble apercevoir des gens qui bougent, s’excitent un peu dans tous les sens. Je tourne la tête et vois, en effet, un petit cercle de gens qui dansent. Toutes et tous à des rythmes et avec des mouvements différents. Petit air de discothèque en plein air et chacun·e à 1,50 m de distance et, il me semble, sans musique. J’observe et me demande sur quels rythmes on danse. Je m’approche et constate que tout le monde a sa propre paire d’écouteurs et danse sur la musique de son choix. Concept nouveau et très étrange à mon gout. Étonnamment, il ne me faut pas deux minutes avant de me lancer et de les rejoindre pour danser, moi aussi, au rythme de ma musique.

Acceptation et image de soi

J’observe un instant. En même temps, je suis un peu gênée et j’ai très envie de rire ! Je me rends compte que tout le monde se lâche pour de vrai. Je suis un peu mal à l’aise et insatisfaite par la « beauté » de mes mouvements. Je ne veux pas qu’ils paraissent trop « exagérés », « séduisants » ou « gênants »… Je remarque les regards étonnés et incompréhensifs des passants devant cette foule de gens qui dansent sans musique. Parfois, j’entends un rire moqueur. Je vois que des smartphones sortent des poches et que des vidéos sont prises. J’arrête les mouvements susceptibles d’être moqués. Ensuite, je décide de regarder les autres qui dansent. Elles et ils ne semblent pas se soucier, ne serait-ce qu’un instant, de leur apparence. Ils et elles continuent à sautiller, tourner, taper dans les mains, se balancer… Je ferme les yeux et je ne me préoccupe plus des gens autour. J’apprivoise le rythme de ma musique, je tente de m’évader et je danse comme bon me semble. Il me faut trois morceaux pour enfin, plonger dans cette atmosphère libératrice.
En fonction des morceaux, je me retrouve parfois à sauter alors que les autres sont calmes, probablement sur un rythme plus lent… Je commence à apprécier de voir comment chacun utilise son corps, l’énergie dégagée, les expressions. Je me retrouve hypnotisée par le mouvement de chaque partie des corps, par la beauté dont chacune et chacun choisit de l’exploiter. À sa manière. C’est si beau.
Comme si tout le monde relâchait ses émotions du moment, ses soucis de la journée et offrait à son corps la possibilité de l’exprimer d’une manière physique.

Liberté en temps de covid

Ce sentiment de liberté et de légèreté me prend et j’apprécie chaque instant. Je découvre mon propre corps en mouvement. Ça faisait si longtemps que je n’avais plus dansé. Danser comme cela je ne l’avais jamais fait. Je sens un sourire s’installer sur mon visage et en fin de compte, je remarque celui des autres également. Ce sourire, aujourd’hui caché par un bout de tissu, me réchauffe tant qu’il m’emporte alors dans un bonheur immense. Les gens sont si beaux. C’est si beau de voir les personnes dans un bienêtre et de s’y trouver également.

Finie la musique

Ma playlist se termine. Je regarde ma montre et je me rends compte qu’une heure est déjà passée. Elle semble être passée en un rien de temps. Quel bien fou ça m’a fait, un bol d’air frais après une journée devant l’écran, un sentiment de liberté et d’humanité. Une expérience clairement unique. Elle m’a apporté beaucoup et m’a fait beaucoup réfléchir par rapport à l’image que j’ai de moi mais aussi à ce moment de pure liberté pour notre corps. Le laisser s’exprimer à sa manière et, à notre tour, de nous découvrir, de retrouver notre côté humain.

On dansera encore

Quelques minutes plus tard, alors que je range mes écouteurs dans ma poche et m’éloigne du groupe, je me rends compte que ce temps pour moi était tout ce dont j’avais besoin. De perdre le contrôle et la maitrise de ma journée et, surtout, de m’évader. Samedi, 18h30, sortant d’une heure de pur bonheur, d’escapade à la fois commune et individuelle. En marchant cette fois d’un pas plus léger, je me retourne pour observer une dernière fois le groupe et je souris en les voyant danser.

Auteure : Flore, 18 ans, Auderghem

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Les petits-avis, épisode 13

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Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici donc les témoignages de Stéphanie, Thomas et Arthur.

Arriver à la résilience par Arthur, 18 ans, Bruxelles

L’énervement peut détruire toute une vie, même plusieurs ou alors, aussi dur que cela puisse être, on peut choisir de laisser ça derrière nous. C’est important pour avancer. Ce qui a été difficile pour moi, c’est de ne pas écouter ma tête, de gérer les sentiments qui me traversaient l’esprit : la haine, l’agressivité et la violence envers certaines personnes. Ce sont des sentiments et des émotions qui compliquent la résilience. Le devoir de protection, la compréhension et l’empathie envers d’autres devraient primer pour réussir à être résilients. La résilience m’est tombée dessus, je n’ai pas pris la décision de passer par ces différentes phases. C’est simplement le temps qui en a décidé ainsi. Le temps peut être bon comme mauvais, mais ici c’est lui qui m’a aidé.

Rêve ou réalité ? par Stéphanie, 16 ans, Barvaux-sur-Ourthe

J’avais 10 ans quand c’est arrivé. Un jour comme les autres, j’ai marché pour rejoindre mon arrêt de bus. Je me souviens très bien du temps : ciel bleu et vent froid. Mes bottillons laissaient passer l’air et rendaient mes chevilles rigides. Mon vieux manteau était mouillé de la veille, j’ai emprunté la vieille veste jaune moutarde de ma grand-mère. Je détestais cette veste… Elle avait une odeur qui me donnait envie de vomir.
Quand je suis montée dans le bus, il était plein de monde, j’ai pris place à côté d’un garçon endormi. Je me suis dit qu’au moins, j’aurais la paix. Durant le trajet, j’avais l’habitude de regarder le paysage et la couleur des arbres. Ce jour-là, je n’en avais pas la force, je luttais contre le sommeil. Dix minutes, c’est le temps que j’avais avant d’arriver à l’école. J’ai fermé les yeux. Et là je l’ai vue. Noire, courant à vive allure, les crins aux vents, elle donnait l’impression de voler. Cette magnifique jument courait à toute vitesse dans le même sens que le bus. Elle me semblait si proche et en même temps si loin. C’est en regardant au loin que j’ai compris pourquoi elle courait si vite. Elle a tourné la tête et j’ai compris.
Mon voisin m’a secoué le bras. Nous étions arrivés. “Désolé mais ton pied écrase mon sac.” Je ne m’en étais même pas rendu compte mais j’ai dû m’agiter car toutes mes affaires étaient tombées. Le garçon poursuit : “Ah et au fait, ça va ? Parce que tu avais l’air de faire un drôle de rêve.” Pardon lui demandais-je … “Oui oui, tu as bien entendu. Tu n’arrêtais pas de crier ce nom… Jazz.” Descendant du bus, j’ai repensé à cette scène … Tout cela m’avait l’air tellement vrai …

Bref, j’ai oublié mes écouteurs par Thomas, 18 ans, Bruxelles

Il est 16 heures. Je marche jusqu’à l’arrêt de métro pour rentrer chez moi après une journée de cours. J’ai oublié mes écouteurs chez moi. Ça me soule. Mon trajet va passer beaucoup plus lentement. Écouter de la musique, ça me fait oublier où je suis. Le temps passe tellement vite quand j’écoute de la musique. Que je sois triste, heureux ou en colère, il y aura toujours un type de musique qui correspond à mon état d’esprit. Putain ! La musique c’est un don du ciel !

En ces temps compliqués où nos libertés sont fortement restreintes, je me rends compte que le simple fait de pouvoir écouter de la musique est une chance. La musique me permet de m’échapper, de me sentir libre même enfermé dans ma petite chambre. C’est fou à quel point la musique peut changer le cours de ma journée. J’ai oublié mes écouteurs et ça me soule, ça me soule car je suis fatigué et que j’ai envie de me vider la tête. J’aurais écouté une petite musique ambiante qui m’aurait rendu la bonne humeur et le smile.
Bref… J’ai oublié mes écouteurs.

Auteur·e·s : Stéphanie, Arthur & Thomas

Ces articles ont été écrits lors d’ateliers Scan-R 

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Ma découverte de l’art

Ma découverte de l’art

Loïc aura eu besoin d’un peu de temps pour découvrir et aimer l’art. Aujourd’hui, musique, musées, tout y passe ! Plus encore, cela peut nous rapprocher les unes des uns et des autres et nous faire voyager dans le temps.

Pas fan à la base

Quand j’étais enfant, je détestais les musées. Je me sentais oppressé. Oppressé par un savoir qui me dépassait. Alors, au lieu de focaliser mon regard sur les peintures, j’observais minutieusement les visiteuses et visiteurs, se pavanant de tableau en tableau. Ils et elles bougeaient, parlaient, respiraient. Les tableaux, eux, restaient muets et ça ne me convenait pas.

L’art c’est le …

Durant mon adolescence, j’ai suivi une longue formation de piano classique. Comme j’étais d’un naturel studieux, mon niveau évoluait rapidement, mais cet apprentissage restait de l’ordre du simple loisir et non de la véritable passion. À la fin de mon cursus secondaire, deux évènements concomitants remirent en question ma relation avec les beaux-arts. Lors de la dernière heure de cours d’un vendredi pluvieux, une dissertation, un travail d’écriture, d’argumentation et de réflexion est à l’ordre du jour. Il s’agit de commenter en quelques lignes une citation de Malraux (1) : « L’art, c’est le chemin le plus court de l’homme à l’homme ». Sur le moment même, ce postulat, cette déclaration n’a pas retenu mon attention… Ce qui ne l’empêcha pas, les jours suivants, de résonner dans ma tête. À la même époque, je découvre par hasard que les concerts de l’Orchestre Philharmonique de Liège sont gratuits pour les jeunes (2). Suite aux recommandations d’un ami mélomane, qui me disait que « j’allais regretter toute ma vie de ne pas profiter de cette opportunité », je décide donc de m’y rendre, non sans appréhension.

Je commence à comprendre

Progressivement, mon aversion envers l’art s’est estompée. Il m’a fallu du temps pour mettre des mots sur ce mystérieux changement de paradigme, de point de vue. En réalité, je me rendais compte que l’art était profondément humain, qu’il connectait les Hommes dans le temps et dans l’espace. À l’heure de la consommation effrénée des mass-médias, du règne de l’instantanéité, quelques tableaux, quelques œuvres, ont traversé les siècles. Ces petits fragments d’éternité participent à la création d’un monde commun qui résiste au passage du temps et n’est plus soumis au rythme de la nature. Plusieurs générations qui m’ont précédé se sont également retrouvées face à cette œuvre. Elles ont éprouvé des émotions. Elles ont exercé leur faculté de jugement, de gout. Cette permanence me fascine.

L’art nous rassemble

L’art nous relie aussi dans le présent. Des femmes et des hommes des quatre coins de la planète se bousculent aux portes des musées. Notre premier réflexe, lorsque nous aimons une œuvre, est souvent de susciter un débat, d’essayer de faire naitre chez autrui l’expérience émotionnelle que nous avons ressentie. « As-tu vu le dernier film de Quentin Tarantino (3) ? Il est génial » « Écoute le dernier album de Cabrel (4), c’est incroyable » « Regarde cette peinture, elle est magnifique ». L’art est donc une expérience publique, il sert de socle au dialogue, et crée des passerelles entre les humains. Aujourd’hui, j’ai 20 ans, et quand je rentre dans un musée, les tableaux bougent, parlent et respirent.

1. André Malraux (France, 1901-1976) avait plus d’un chapeau sur la tête. À 18 ans, il publie un premier livre Lunes en papier; à 20 ans, après s’être marié, il est arrêté et emprisonné au Cambodge, un pays d’Asie du Sud-Est pour trafic d’art. Après avoir été libéré grâce aux soutiens du monde littéraire français, il s’engage dans un premier contre la colonisation, de nombreux autres suivront, notamment contre le fascisme. En 1933, il gagne le prix Goncourt pour son roman La condition humaine. Soldat pendant la seconde guerre, il est fait prisonnier, s’évade et rejoint la résistance. Après guerre, il écrit encore et toujours et s’engage en politique. Durant neuf ans, il sera ministre des Affaires culturelles. .
2. On espère que ce sera toujours le cas pour les moins de 16 ans quand se terminera cette drôle de période.
3. Quentin Tarantino (USA, 1963) est un cinéaste américain. Dans ses films, souvent très violents, comme Pulp Fiction, ou Django Unchained, il apporte un grand soin aux dialogues, aux choix musicaux. Plutôt présentés comme des livres, ils sont découpés en chapitres et non en parties.
4. Francis Cabrel, (France, 1953), est un auteur-compositeur-interprète très populaire. On lui doit, par exemple, le morceau La Corrida, titre contre cette lutte, assez particulière, entre l’homme et le taureau. 

Auteur : Loïc, 20 ans, Flémalle

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Ecouter ce qu’on n’aime pas

Ecouter ce qu’on n’aime pas

Comme certain·e·s sont dingues de jeux, de bagnoles, de cuisine à base d’huile de foie de morue, de basse et haute-couture, Diego est dingue de musique ! Si cela fait, parfois, plus de bruit, l’avantage c’est qu’à l’inverse des bagnoles et de le cuisine à base d’huile de foie de morue, ça ne sent pas mauvais. Bref, Diego nous ouvre ses partitions !

La musique, oui, la musique

Dans la vie, on a souvent tendance à ranger les gens dans des cases : « Regarde celui-là, il porte du noir, il doit surement écouter du Heavy metal et égorger des brebis ». « Casquettes, baskets… il doit aimer le hip-hop. » C’est dommage de vouloir tant et tout catégoriser quitte à ne pas s’intéresser à certains styles musicaux considérés comme « trop à l’écart de notre culture ». Je me rappelle des paroles de ma prof de piano : « Je n’aime pas le rock, ça crie. » Son univers musical, c’était le jazz et la musique classique. Or, pour moi qui adore autant Bach (1) que le Heavy metal de Metallica (2), il y a moult similitudes entre musique classique et Heavy metal, autant dans la complexité que dans la recherche de l’excellence. Dans le genre, il y a aussi ceux qu’on appelle les shredders. C’est un peu compliqué, je vous explique. Un shredder, c’est un guitariste hyper doué qui, quand il reprend un morceau, insiste sur la vitesse et la difficulté technique de l’exécution du morceau. Il y a des shredders qui font dans le jazz mais aussi dans le métal… Écoutez ce qui suit pour vous faire une idée !

Échanges de sons

Je m’étais donc, en quelque sorte, donné la mission de changer son point de vue et les reprises classiques m’y ont beaucoup aidé. Après quelques mois en ma compagnie, elle m’a fait découvrir Lordi, un groupe de Heavy Metal finlandais qui avait remporté l’Eurovision en 2006 ! Comme dirait ma mère : preuve qu’il faut toujours gouter avant de dire qu’on n’aime pas ! C’est devenu un adage important pour moi.

Ouvert à tout

En voulant toujours rester ouvert à tout, j’ai pu notamment changer mon opinion sur le groupe PNL (3) et, au fil de mes réécoutes, j’ai fini par apprécier leur univers et leur musicalité. S’ouvrir à tous les styles de musique, c’est s’ouvrir aux autres et au monde qui nous entoure. Inversement, s’intéresser à d’autres cultures permet d’étonnantes découvertes musicales, comme cette fois où en cherchant un mot de vocabulaire en japonais, je suis tombé sur un rappeur américano-nippon, qui parle si bien de sa double nationalité et de cette multiculturalité, cette ouverture aux autres. Pour moi, il est primordial de ne pas s’arrêter aux préjugés et d’être open minded comme disent les Anglais et ouvert d’esprit comme disent les autres ! Dorénavant, lorsque vous croiserez quelqu’un vêtu de noir, imaginez-le adorer « Libérée, délivrée » car en réalité, c’est probablement le cas au moins pour la version Heavy metal.

(1) Dans sa famille de stars de la musique, l’étoile de Jean-Sébastien Bach, dit Bach (Allemagne 1685-1720) brille encore plus que les autres. Auteur de plus 1000 compositions dont les Variations Goldberg (à découvrir ici dans l’interprétation de Glenn Gould), il fait partie des plus grands compositeurs de musique de toute l’histoire humaine.

(2) C’est à la fin des années 60 que le Heavy metal ou metal, une déclinaison du rock, apparait principalement au Royaume Uni et aux États-Unis. Guitares et batteries sont très importantes pour ce genre. Dans les célèbres groupes, on peut citer, par exemple, Kiss, Iron Maiden, et Metallica, un groupe étasunien actif depuis 1981 à qui on doit notamment Enter Sandman, Sad but true et le plus doux Nothing Else Matter. 

(3) PNL autrement dit Peace N’ Loves, est le duo des frères Andrieu, Jusqu’au dernier gramme regroupe quatre clips du groupe. Ils racontent l’histoire de deux amis qui, des années plus tard, ne le sont plus. Désormais, ils sont en guerre sur fond de trafic de drogue.

Auteur : Diego, 24 ans, Charleroi

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« Bastard »

« Bastard »

Longtemps, Eddy a écouté un rap qui racontait l’histoire d’un fils abandonné par son père. Nombreuses, très nombreuses furent les écoutes et Eddy finit par être persuadé que ce que le chanteur racontait n’était rien de moins qu’une vérité absolue. Avec le temps, il a évolué et est parti faire connaissance avec un inconnu… Son père.

Chanson pas douce que ne me chantait pas mon père

Je suis un très grand fan de musique. Tous les jours, depuis tout petit, je passe 50% de ma journée à en écouter. Ce que j’écoute a eu beaucoup d’influence sur moi. Vers les 14-15 ans, je me cherchais, me posais aussi énormément de questions. La plus brulante de toutes : pourquoi est-ce que mon père est parti quelque temps après ma naissance ? Par rapport à cet état de fait, j’ai longtemps été très influencé par une chanson en particulier. Elle est signée Tyler, The Creator et est titrée Bastard (1). Tyler y raconte son histoire, sa vraie histoire : comment il en est arrivé là et surtout, il insiste sur l’énorme contraste entre la forte présence de sa mère, au quotidien, et l’absence de son père qu’il n’a jamais vu. Tout au long du morceau, il a des propos très violents par rapport à son père. C’est en cela que je me suis reconnu, identifié. Ayant un père absent, je haïssais mon père autant qu’il haïssait le sien. Pour moi, comme pour lui, le père nous avait abandonnés, ma mère et moi.

Haï et inconnu

Grandissant, je ne savais pas ce que c’était d’avoir une figure paternelle. Je suis le dernier de la famille, tous mes frères et sœurs avaient grandi avec un « père », tous sauf moi. Je me suis souvent senti à l’écart par rapport à ça. Eux avaient eu un père, moi pas. Ça me brisait encore plus le cœur. Plus j’y réfléchissais, plus j’avais mal. Mon père était parti vraiment quelques jours après ma naissance. Vous vous rendez compte du sentiment de dégout que j’ai pu avoir à ce moment-là ? J’étais très proche de ma mère, et le suis encore plus aujourd’hui, par contre avec mon père, c’était très étrange. Pour moi, c’était comme un inconnu que je détestais pour des raisons peut-être pas du tout justifiées, sans même vouloir le comprendre ni quoi que ce soit. Bien évidemment, avec l’âge, les choses ont changé, au fur et à mesure de la musique que j’écoutais et surtout en grandissant.

Je ne suis pas Tyler

Vers 18-19 ans, je me suis enfin rendu compte à quel point cet artiste avait de l’emprise sur moi. Par son vécu similaire au mien, je m’identifiais très facilement. Je me voyais en lui, haïr mon père, à ce moment-là, me semblait normal. Plus de 5 ans après, j’ai compris que ce n’était pas ma vie, je m’identifiais à lui mais c’est tout. Moi, mon père, je le voyais mais à cause de cette chanson, je le haïssais sans pour autant aller lui en parler, j’ai vite compris qu’on ne vivait pas la même chose et c’est à ce moment que j’ai essayé de retisser les liens avec lui, pour mieux le connaitre. Avant cela, je l’ai haï à cause d’un simple morceau de musique.

La puissance du son

La musique est un facteur émotif puissant. Un jeune qui a un père absent, qui écoute cette chanson va accroitre son sentiment de haine pour son père. Le justifier par le fait que si un artiste reconnu le chante, c’est qu’il existe. Avec cela, on pourra conclure que la haine est tout à fait normale. Un passage m’a vraiment marqué : « Fuck a deal, I just want my father’s email. So I can tell him how much I fucking hate him in detail / Merde, je veux juste l’e-mail de mon père et je pourrai lui dire combien je le hais en détail ». Cette phrase m’a vraiment fait réfléchir et je me suis demandé pourquoi avoir autant de haine pour quelqu’un qu’on ne connait pas, pourquoi ne pas réfléchir de moi-même au lieu de l’écouter.

Papa

Aujourd’hui j’ai 20 ans et j’ai une relation très saine avec mon père et cette musique, je l’écoute toujours mais plus de la même façon. Elle me rappelle que cela a été un moment difficile dans ma vie et surtout mon évolution. Ça me fait du bien juste de l’écouter et de me dire que j’ai bien changé avec le temps.

(1) Tyler, The Creator (Los Angeles, USA, 1991) est à la fois rappeur, designer, graphiste, scénariste… Bastard est le titre de sa première mixtape et le titre du morceau dont Eddy nous parle. Elle a été publiée sur internet en 2009. Le son est disponible sur YouTube.

Auteur : Eddy, 20 ans, Liège

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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