Musulmane et lesbienne, j’ai peur.

Musulmane et lesbienne, j’ai peur.

J’ai 13 ans, je suis musulmane et lesbienne et j’ai peur. J’ai peur de me faire rejeter par ma famille, mes amis, pour qui je suis vraiment. J’ai peur de ne pas pouvoir me marier ou avoir d’enfants avec ma partenaire. J’ai peur de me cacher toute ma vie et de vivre une vie qui ne me correspond pas.
Alors, je vais me battre. Je vais me battre pour mes droits et pour les droits de plein d’humains qui voudraient vivre heureux. J’espère que ma famille, mes amis, ma génération se battra. J’espère que dans quelques décennies, deux hommes, deux femmes pourront s’embrasser dans la rue. J’espère que les personnes transgenres, etc. soient acceptés.
Merci à toutes les personnes qui ont du pouvoir d’avoir légalisé le mariage pour tous, la PMA pour tous, et d’avoir rendu plein de jeunes heureux. Heureux de savoir qu’ils ne sont pas malades mais qu’ils sont juste eux-mêmes.
Alors, oui, j’ai peur. Mais à chaque fois que je tombe amoureuse d’une fille, j’ai envie. Envie de me battre pour mes droits et envie de vivre heureuse.

Auteure : Anonyme, 13 ans, Bruxelles.

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R.

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Sexualisation des lesbiennes

Sexualisation des lesbiennes

Engagée et affirmée, Annah tente de sensibiliser, de faire comprendre. Pour elle, la réduction de l’amour lesbien est vécu comme une souffrance, comme une délégitimation de ses sentiments.

C’est fatigant d’être un objet. On n’a pas la place ni pour s’exprimer, ni pour penser. Nous ne sommes plus considérés comme une personne mais comme un fantasme. Notre amour ne nous appartient plus. Il appartient à leur regard, à leur désir et à leur sexe. Penser que deux femmes qui s’aiment appartiennent à n’importe quel homme, c’est rendre notre histoire futile. Demander à un couple lesbien un plan à 3, c’est nier leur amour. C’est réduire notre orientation sexuelle à une catégorie porno. On parle très peu de la sexualisation des lesbiennes. Pourtant, je peux vous dire qu’elle est super fort présente. Personnellement, qu’on nous voit, ma copine et moi, juste comme un grand fantasme masculin, ça me touche beaucoup. Ça me rend en colère. On est donc moins un “couple” qu’un couple hétéro. C’est un manque de respect, c’est comme si nous étions un “faux couple”. J’écris ça pour que les hommes comprennent qu’une petite blague peut avoir des impacts sur une personne et sur un couple.

Auteure : Annah, 15 ans, Clavier

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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L’absence d’amour

L’absence d’amour

Lorsque l’on croise Simon, nous sommes tout de suite surpris par sa maturité. Que ce soit via sa façon d’être ou d’écrire, Simon nous fait deviner son immense vécu pour un jeune homme de 17 ans.

Je ne crois pas en l’amour. De par mon vécu, j’ai eu la preuve que personne n’aime. Que ce soit mes proches ou pas, toute action est intéressée: celui qui donne attend forcément en retour. Quand ce n’est pas le cas, alors, la personne te veut du mal. Même l’amour au sens stricte est faux. L’amour entre deux personnes se base sur des choses superficielle: la beauté extérieure, le statut social, la personnalité de façade. J’ai eu l’expérience que tout le monde finit par te trahir, enfant, parents, famille, amis, conjoint, collègues. Tout le monde a des objectifs et si nos objectifs sont contraires alors, nous serons éliminés nous et nos rêves. Personne n’échappe à cette règle.

Auteur : Simon, 17 ans, Liège.

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R 

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L’absence d’amour

Parents ou copain, j’ai dû choisir.

Il y a des questions et des réponses terribles qui peuvent bouleverser une vie, changer la trajectoire d’une personne. Daphné nous emmène dans les difficiles traces de ses pas.

L’impossible choix

À la base, mes parents sont contre la relation que j’entretiens avec mon copain et ce qui est dramatique, c’est que j’ai dû choisir. J’ai choisi mon gars plutôt que mes parents. Maintenant, il est trop tard pour revenir en arrière, pour retourner dans le passé. Si c’était possible, je le ferais, je resterais plutôt avec mes parents… Les parents on sait qu’on les a pour la vie, le chéri on sait que ça peut changer. Pour le moment, je me fais aider pour essayer de retourner vers mes parents. J’ai l’impression que j’ai tout perdu. La seule solution que je vois pour le moment, c’est de terminer là ma relation avec mon copain pour retrouver mon père et ma mère.

L’amour hypnotise…

Dans un premier temps, cela fera mal. Après ce temps, ça ira mieux car j’aurai retrouvé mes parents et je n’aurai plus à subir la violence de mon copain. Il faut que j’en parle à quelqu’un pour que cette personne me fasse comprendre que je ne dois pas rester avec lui. Le truc, c’est que je suis amoureuse et que je ne veux rien entendre. Je suis aidée par le SAJ (Service d’Aide à la Jeunesse) et je suis maintenant à l’internat. Cela m’assure que je ne le vois plus mais j’aurais aimé comprendre tout cela sans nécessairement passer par la case internat.

M’en sortir !

Je crois qu’aujourd’hui, il est malheureusement trop tard pour retrouver mes parents. Ceci dit, le principal, c’est que dans ma tête je me dis que je suis capable de m’en sortir et honnêtement, je ne pense pas que voir des psys me serve à quelque chose même si je ne suis pas du tout à l’aise. Quand je sens le besoin de parler, j’écris en écoutant de la musique et ça me fait du bien de m’écrire, de me parler à moi-même pour que personne ne sache mes souffrances car j’ai peur de me faire juger.

Auteure : Daphné, 15 ans, Liège

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R de la Caravane des assises de la jeunesse.

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Une personne dans ma vie

Une personne dans ma vie

Comme pour trouver un amoureux, Justine aura eu besoin de temps pour ne plus être harcelée par ses collègues de l’école. De la solitude à un sourire magique, la jeune femme nous propose une route ensoleilée et une citation trouvée sur Pinterest « Te rencontrer était ma destinée. Devenir ton amie était mon choix. Tomber amoureuse de toi est une perte de contrôle, mais je suis heureuse que ça me soit arrivé. »

Seule

Au milieu de ma première année de secondaire, j’ai commencé à avoir des problèmes avec mes amies. Au fil du temps tout cela s’est même transformé en harcèlement. Des rumeurs de toutes les sortes circulaient à mon propos. Des personnes que je ne connaissais pas venaient me trouver pour me demander si ce qui se disait était vrai … Les choses me paraissaient insurmontables. Je faisais des migraines, des crises d’angoisses, je tombais dans les pommes … J’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital. Je pensais ne jamais m’en sortir. Quand même l’école ne peut rien faire pour vous, comment voulez-vous à 13-14 ans vous battre seule face à tou·te·s. J’étais à bout …

Début de quelque chose

C’est à ce moment-là, qu’un garçon que je ne connaissais que de vue, m’a envoyé un petit “Salut” tout simple. Un message que n’importe qui peut envoyer pour démarrer une discussion. De là, la discussion s’est enchainée durant des heures. Après quelque jours à échanger des messages, non-stop, on s’est appelés toute une soirée. On a rigolé et parlé de tout, de rien et de n’importe quoi. Je me souviens aussi lui avoir proposé de jouer à un jeu où il fallait simplement poser des questions pour apprendre à se connaitre. On passait des heures à parler au téléphone, et peu à peu, j’arrivais à m’endormir plus facilement, les cauchemars se sont atténués. Ce garçon me permettait de me vider l’esprit, de souffler un peu, de ne plus trop prêter attention aux rumeurs. Jamais il ne m’a posé de questions ou ne m’a parlé de ce qui se disait à l’école.

Deuxième année

Après plusieurs mois de discussion, voici venue la rentrée en seconde. Les deux premières semaines sont magiques, nous étions dans la même classe. Malheureusement j’ai dû changer de classe, il y avait une mauvaise répartition d’élèves dans d’autres.

La situation que l’on vivait était très ironique : on s’envoyait des messages sans arrêt, on s’appelait en visio, mais quand on était à l’école on ne se disait même pas bonjour tellement on était timides. Je me rappelle aussi qu’il me draguait et moi, à cause des déceptions amoureuses précédentes, je le rejetais. Je le taquinais beaucoup sur le fait qu’il paraissait être un petit intello coincé. À ce moment-là, ce n’était pas mon style de garçon.

Le temps passe

Après un changement d’école, presque trois ans de discussion, une journée à Disney et un malheur qui nous a touchés, il a franchi le pas et m’a demandé de sortir avec lui. C’était le 16 août 2018. Mon cœur s’est emballé. Je m’en souviens comme si c’était hier mes mains sont devenues moites, la chaleur m’est montée aux joues et mon estomac s’est serré. Je me souviens de la délicatesse du soleil ce jour-là et de l’odeur que le vent nous apportait. Je me souviens de ce sourire qu’il avait sur le visage, du stress dans son regard. Ayant peur que je lui dise non, mais une fois le oui prononcé, il s’est apaisé ou presque …

Ensemble

Depuis plus de deux ans, on ne se lâche pas. Comme tous les couples, on a eu des bas et des hauts. Il m’a permis de reprendre confiance en moi et de faire confiance aux autres. Ma peur de l’abandon persiste mais je sais que lui ne me laissera jamais seule. Il m’a aussi permis de rencontrer de nouvelles personnes, de me faire des ami·e·s, il m’a soutenu dans toutes mes idée folles. Nous nous sommes aussi entraidés dans nos projets respectifs. Il supporte mes changements d’humeur, prend soin de moi quand je ne suis pas bien et que j’ai un coup de mou. Il n’y a pas si longtemps, il a dit à l’un de nos amis : « quand je la vois sourire comme ça je sais que j’ai tout gagné, j’ai tellement de chance ». Cette phrase est magnifique, mais aussi tellement vraie. Quand il me sourit avec son petit sourire en coin et me regarde dans les yeux de façon intense, je sais aussi que j’ai de la chance et que j’ai tout gagné moi aussi.

Pourquoi je vous raconte ma vie ?

Pour vous montrer, vous prouver que, même quand tout va mal, il y a toujours une lueur d’espoir. Il y aura toujours quelqu’un·e qui vous tendra la main pour vous aider et vous faire sortir de vos pires cauchemars. Alors ne perdez jamais espoir. Quoi qu’il arrive restez fort·e ! Certes ce ne sera pas facile mais le jour où vous rencontrerez cette fameuse personne, que ce soit en amour ou en amitié, remerciez la ! Et inversement, quand elle sera dans le besoin il faudra être là pour elle et cela permettra aussi de créer un lien très très fort entre vous. Alors merci à cette personne dans ma vie. Et merci à celles qui ont déjà aidé d’autres dans la même situation.

Auteure : Justine, 18 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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