Comprendre que la vie est éphémère

Comprendre que la vie est éphémère

D’une certaine façon, on peut trouver une « beauté » à la vie car malgré sa fatalité, on ne sait quand elle va s’achever. La vie est donc de ce fait à profiter car on ne sait quand elle va se terminer. Mais d’un autre côté, c’est quelque chose de très concret sur papier mais très imagé en vrai. Je dois avancer que malgré que j’admette cette inévitabilité, je ne peux pas me résoudre à toujours vivre à « 100% ». Pas parce que je ne veux pas mais car j’en suis incapable.

C’est donc, paradoxalement, seulement lorsqu’on sait que nos jours sont comptés qu’on se met à faire les choses qu’on n’aurait jamais osé faire. Je pense que si on devait faire face à une telle situation, toute personne chercherait à obtenir cette possibilité, pas forcément l’atteindre mais du moins s’en approcher. La paix intérieure est cependant relative et donc n’est guère synonyme à réaliser les choses les plus impensables. Pour certains, la paix est simplement de pouvoir être entouré par ceux qu’on aime et je pense que ça serait mon cas.

Auteur : Yuken, 17 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Pour moi, un des plus gros problèmes à l’école, c’est l’inégalité entre les façons de s’habiller.

Une personne qui s’habille « masculin » a moins de règles par rapport à la façon dont il/elle s’habille alors que les gens qui s’habillent d’une manière « féminine » sont extrêmement discriminés. Et ceux qui s’habillent différemment sont énormément rabaissés et je trouve ça injuste que tout le monde ne puisse pas s’habiller comme il le veut.

Je trouve aussi grave que les filles (parce que j’ai plus d’exemples avec) doivent s’habiller différemment parce que « ça excite les garçons ». Après, je ne pense pas non plus que les mecs sont des animaux et qu’avec un bout d’épaule ou de genou, ils te sautent dessus et puis même si quelques-uns étaient comme ça, ils savent se contrôler…

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Marjane, 14 ans, Wavre

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Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

Accepter la dépression : ce n’est pas une ennemie

Accepter la dépression : ce n’est pas une ennemie

Ne pas aller bien, ce n’est pas une honte. La vie est faite de haut et de bas, parfois plus de haut, parfois plus de bas. C’est important d’accepter la dépression lorsqu’on ne se sent pas bien, c’est normal et c’est propre à l’humain. Nous sommes dans une société où le bonheur est la clé, la réponse à tout et se détacher de ça est une épreuve difficile. La dépression touche énormément de gens (jeunes comme âgés) et elle est souvent synonyme de faiblesse, et vivre au quotidien avec elle n’est pas une partie de plaisir. Mais ne la voyez pas comme l’ennemie !

Pourquoi ? Elle fait de notre vie un enfer, nous pousse à nous isoler de toute interaction sociale, elle nous donne des envies suicidaires, elle nous prive d’une envie de vivre, de rêver ! C’est vrai mais sans elle on ne se rendrait pas compte de notre force mentale.

Tu as survécu à un jour de plus ? Sois en fier/ère, n’essaye pas de minimiser ta force. Tu as le droit d’avoir des coups de mou, de te sentir vide ou de ne rien vouloir faire mais tu es fort(e) et tu réussiras à sortir de ça. Et si tu n’y parviens pas, ce n’est pas grave. Apprends à vivre avec elle, vois-la comme une force qui te pousse à donner toujours plus. Cherche de l’aide, occupe-toi l’esprit, teste de nouvelles choses. Je te promets que tout ira bien, le bonheur peut passer par de petites choses : cueillir des fleurs, promener son chien, parler à des copains, manger quelque chose qu’on aime, etc. Sois fort(e) et fier(e) de toi.

Auteure : Anaëlle, 16 ans, Liège

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J’en ai marre

Moi je voudrais plus de justice. Ouais, ça me saoule de voir des gens dans la rue qui trimbalent leur matelas et d’avoir peur de croiser leur regard. Ouais, j’en ai marre d’avoir peur de ces personnes alors qu’en réalité je trouve qu’elles méritent plus, car on mérite tous plus. On est égaux et pourtant on ne se parle pas, on ne se regarde même pas.

Moi j’aime la vie, mais je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde, des gens sont tristes, des gens sont très tristes et on ne peut rien y faire. J’en ai marre que la vie soit morose, de toutes ces questions existentielles et que la politique, ce soit de la merde. J’en ai marre que tout le monde se plaigne tout le temps et qu’on ne profite même pas du temps présent.

Moi je veux vivre, je veux jouir !

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Eloïse, 20 ans, Liège

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Témoignage d’une adoptée

Témoignage d’une adoptée

Devons-nous nous sentir redevables envers nos parents adoptifs ?

Je m’appelle Sylvie (prénom d’emprunt). Enfin plutôt Chan. Sylvie est le prénom que mes parents adoptifs m’ont attribué lors de mon adoption pour me permettre de mieux m’intégrer dans la société occidentale.

Je suis d’origine chinoise, je viens d’une grande ville nommée Souzhou au Sud de la Chine. J’aurais été retrouvée seule dans un marché comme de nombreux bébés.
En 2004, la politique de l’enfant unique sévissait encore. À cette époque et encore peut-être aujourd’hui, les parents chinois préfèrent abandonner les filles que les garçons. Lorsqu’ils grandissent les garçons restent avec leur famille biologique tandis que la fille part avec une dot dans sa belle-famille.

On ne sait pas si la raison de mon abandon est celle que je viens d’énoncer.
En fait, on ne sait rien.
Presque rien.
Nous ne sommes pas sûrs de ma réelle date de naissance.
Nous ne sommes pas sûrs des réelles circonstances de mon adoption.
Nous ne sommes pas sûrs de ma réelle histoire.
Contrainte ? Choix ? Viol ?

Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’essaie de guérir du traumatisme de l’abandon. Cela pourrait étonner mais je ne cherche pas à avoir plus de réponses. D’un côté, je m’en fiche mais d’un autre, j’ai peur. Peur de faire éclater la vérité et de savoir que je ne n’étais pas voulue. Peur de voir qu’on a pas pu me garder parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent. Ou bien qu’ils voulaient un garçon. Ou bien étais-je victime du marché noir ? Sans vouloir être pessimiste bien entendu.
Le fait est que me voilà. Sylvie. J’ai été adoptée à l’âge de 11 mois, juste avant la tradition du rasage de tête des enfants d’un an. Ouf, j’y ai échappé. Je suis arrivée en Belgique le 13 juin 2005, le jour de l’anniversaire d’une de mes sœurs, dans un foyer où un jeune couple avait du mal à avoir un enfant. Je suis la dernière dans une sororité de 4. Une coréenne, une biologique et deux Chinoises.

Aujourd’hui j’en souffre. Énormément. Je ne le dis pas, ça ne se voit pas. Comment vivre alors qu’on ne sait rien de son histoire ? Comment vivre alors que les deux premières personnes qui sont censées nous aimer nous abandonnent ? Comment vivre alors qu’on ne voulait pas être ici ?

Lorsqu’on me pose des questions à propos de mon adoption, elles sont heureusement ou malheureusement très superficielles. « Tu viens d’où ? Pourquoi t’as été adoptée ? T’as été adoptée à quel âge ? » et la conclusion est toujours la même : « Tu as de la chance d’avoir été adoptée ».

De la chance ? Juste, comment osez-vous dire cela ? Est-ce de la chance d’avoir été abandonnée ? Est-ce de la chance d’avoir été déracinée de son pays et de sa culture ? Est-ce de la chance d’être le fruit d’une volonté purement égoïste de vouloir un enfant ? Non. Ne vous avancez pas sur ce que vous ne savez pas.

La société, qui j’espère changera, voit l’adoption comme une chance. Une bénédiction. Quand est-ce que les regards changeront à propos de cela ? Non. Mes parents ne m’ont pas sauvé d’une vie misérable. Non. Ils ne sont pas mes sauveurs. Ils sont la cause de mon fléau.

Sylvie ? Une nouvelle identité. On efface tout et on recommence ? Une page blanche le bébé ? « On supprime son abandon et on fait comme si c’était le nôtre hein ? ». On oublie son histoire et on n’en parle plus.

Le pire c’est que la société m’a tellement bien intégrée que je dois me rappeler moi-même que je suis d’une autre origine. Chaque remarque sur ma couleur de peau est un véritable coup de poignard. Chaque remarque me rappelle à quel point je suis différente et que je ne devrais pas être ici. Chaque remarque me rappelle que j’ai été lâchement abandonnée et que je dois trouver ma place quelque part dans cette société que je ne voulais pas.

Mes parents ont décidé d’adopter en Asie plutôt qu’en Afrique. L’intégration sera plus facile, pensaient-ils. Le racisme sera moins fort, disaient-ils. Mauvaise pioche, le COVID est arrivé.

Oh loin de moi l’envie de cracher sur les belles opportunités que j’ai. Je suis dans une famille où l’argent n’est pas un problème. Je suis dans une famille qui est aimante. Je suis voulue dans cette famille. Et je m’entends bien avec mes sœurs.
Mais dois-je pour autant être reconnaissante ? Dois-je réellement leur devoir quelque chose ? Dois-je réellement me comporter bien pour les remercier ? Leur faciliter la vie car ils m’ont « sauvée » ? Non. Je ne leur dois rien. Je suis en colère. En colère contre le monde entier.

Finalement, nous ne sommes que le fruit des choix des autres. Et nous ne pouvons rien y changer. Alors le seul conseil que je pourrais donner est que lorsqu’on ne sait pas qui on est, on peut s’inventer soi-même. Trop longtemps, ma vie a été dictée par les autres. Je me pliais à leurs attentes en voulant leur faire plaisir. Ça a fonctionné. Et je dois l’avouer que ça me plaisait. J’étais la parfaite petite fille sage et calme qui excelle en tout. De beaux points, un bon comportement et une bonne éducation. Mais est-ce réellement moi ? Je suis le standard de ce qu’on attend des autres et pourtant je ne suis pas heureuse.

Aujourd’hui, je veux changer et devenir celle qui vit en moi cachée quelque part. J’ai envie d’apprendre à me connaître. J’ai envie de me rencontrer et de faire la paix avec moi. Ces dernières années, j’ai appris et j’apprends encore. J’apprends à faire mes propres choix et à les suivre selon mes envies. J’apprends à réguler ce que je donne et à poser mes limites. J’apprends à m’adapter en symbiose avec moi. J’apprends à m’écouter. Peut-être que ça me prend énormément d’énergie, oui. Mais j’apprends.

J’apprends à vivre tout simplement.

Auteure : Anonyme, 18 ans, Bruxelles

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