Lumière blanche

Lumière blanche

Nouveau témoignage d’un parcours sur le scoutisme et sur une épreuve, particulière, celle de la qualification. En général, mais cela change parfois selon les unités et les mouvements de jeunesse, elle arrive lors du deuxième grand camp.

Swala

Je m’appelle Clara et chez les scouts c’est “Swala Lumière blanche.” Swala, c’est le nom Swahili de la gazelle de Thomson. Pour lumière blanche, je vous explique tout de suite. J’ai 17 ans et je fais partie du mouvement scout depuis mes 6 ans au Roeulx. Je devais faire – grand maximum – 1,20 m quand ma maman m’y a inscrite. À vrai dire, tout était impressionnant là-bas, à commencer par le grand rassemblement « carré », le cris des chefs en nous appelant pour le rassemblement et le goûter ou tout le monde se jetaient sur les faux spritz alors qu’il y en avait pour tout le monde. Mais c’est comme ça que l’histoire a débuté, avec un “spritz”…. J’avais fait tombé mon biscuit et Laura, alias Zibeline maintenant, avait partagé le sien avec moi. La semaine d’après c’était l’inverse, et c’est à ce moment là – précisément – que j’ai compris ce qu’était le partage, le vrai, le spontané…

Les épreuves

Quelques années plus tard, en deuxième année éclaireur à mes 15 ans, l’heure de mon quali avait sonné ! J’appréhendais même si je connaissais, plus ou moins, ce qui m’attendait. Le quali est un qualificatif qui met en évidence la qualité principale scoute et l’épreuve consiste à se remettre en question à travers divers activités.
Et c’est ce jour-là – précisément toujours – le jour de mon quali, le 12 juillet 2018 que pour la première fois de ma vie je peux dire que j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même. Il était 16h00 et les chefs m’ont appelée pour me prévenir que le quali était lancé, ma tâche était d’écrire une lettre, une lettre à moi-même pour dans 10 ans. Sur le coup, je me souviens m’être dit: « Ça va, super facile, si c’est ça le quali… » et je crois qu’à l’instant où ils m’ont donné la feuille sur laquelle je devais m’écrire, la feuille sur laquelle j’allais me promettre des choses, … j’avais compris que ça ne serait pas si facile. Ça n’était pas qu’une impression, cette lettre m’a remuée bien plus que je ne le pensais … Je me suis installée à la table sur pilotis, cette même table que j’avais construite moi-même y donnant tout mon coeur et, vues les cloches qui étaient encore présentes au douzième jour de camp, mes mains … Assise, ne sachant pas quoi écrire ou par où commencer.

Éclaireuse éclairée

Oryx, mon grand chef, est venu et m’a dit quelques mots pour m’éclairer et m’aider sur les idées. Une fois qu’Oryx eu les talons tournés, les mots sont venus d’un seul coup et les sanglots avec … La rédaction de la lettre m’avait, approximativement, pris 1h30 … “Rien dans une vie” direz-vous, pour moi, c’étaient les plus longues nonante minutes de ma vie. Écrire cette lettre m’a permis de mettre sur papier ce que je ressentais au plus profond de moi, coucher sur le papier ce sentiment d’abandon qu’une nouvelle fois, je ressentais. D’écrire et d’écrire ce manque de confiance que je ressentais … C’était la première fois que je posais mes émotions et ça, cela me sortait de mes habitudes. Au final, je comprenais que toutes ces années où j’avais tout gardé pour moi, où j’utilisais le sport pour évacuer cette tristesse et cette rage, n’avaient – au final – rien évacué du tout … J’étais là, à Franchimont, au camp scout, assise à ma table de cordes et de bois en train de ressentir quelque chose que je n’avais jamais ressenti.

Je suis pas bien

La lettre que je m’écrivais pour 25 ans, n’était qu’une partie de la qualification … L’épreuve n’était pas terminée. Après être remise de guingois et de mes émotions, je suis partie pendant deux jours en randonnée. Unique objectif : recevoir mon quali. Étrangement j’étais malade. Comme si écrire cette lettre m’avait rendue malade, dit comme ça, c’est difficile à croire mais c’était palpable, réel. Chacune des lettres écrites ressortait. J’avais réellement le sentiment que mon corps et mon esprit étaient liés, … Dingue, impensable ! De retour, complètement malade, sur la prairie du camp, sans aucune force, je veux avoir mon quali, prouver – et me prouver – que je n’étais pas nulle. Je m’étais promis de ne pas abandonner pour enfin montrer à ceux et celles qui n’avaient pas cru en moi qu’ils et elles avaient tort durant toutes ces années. Qu’est ce que j’ai eu du mal ! Je me souviens, j’avais froid, j’avais envie de rentrer chez moi pour enfin exprimer ce que je ressentais et dire les mots, ces mots que mes proches attendaient tant, depuis trop longtemps… Je voulais montrer que j’avais changé, que je n’avais plus cette colère au fond de moi … Colère qui, au bout du compte, faisait souffrir mon entourage. Je me sentais sans force et de fait, ça faisait un jour que tout ce que je mangeais ou buvais ressortais dans la minute … Une quinzaine de fois, Oryx et les chefs m’ont proposé d’abandonner … Impensable.

”(R)êvolution”

Reposée avant de reprendre le rythme, le rituel de la qualification, j’ai à lire ma lettre devant mon chef. Ça a été un moment clef dans mon évolution : il y avait là des choses que, jamais, je n’avais dites. C’est aussi à ce moment-là que cette lettre, étonnement, m’a vraiment redonné confiance en moi. C’était fait, les scouts m’avaient poussée à me surpasser dans tous les sens du terme et avoir fini mon quali m’a permis de me dire que j’étais capable et que je n’étais pas nulle. J’avais réussi. Finalement, c’était une fierté scoute et personnelle de recevoir ce qualificatif qui sonne si bien et qui représente tellement de choses: « lumière blanche ». Mes chefs m’ont donné ce quali, métaphore pour dire que j’avais toutes les qualités en moi. C’est à cette minute, autour du feu, bien chaud – brûlant aussi à l’intérieur – que j’ai compris que, jamais, je ne devais plus douter de moi. Jamais..

Engagée

Le lendemain du quali, c’était la promesse. La promesse c’est ce moment sacré qui fait que nous nous engageons dans la fraternité scoute d’ici et du reste du monde. Après avoir bien réfléchi, j’avais décidé que les deux lois scoutes que je choisirai et respecterai toujours seraient: « la scoute fait et mérite confiance, et la scoute fait tout de son mieux ». Je trouvais qu’en m’engageant à pousser les autres à avoir confiance en eux et elles, en m’engageant à toujours donner le meilleur de moi-même, en m’engageant à transmettre cette envie de se dépasser aux autres, la boucle était bouclée. C’est aussi à ce moment là, quand j’ai prononcé les mots: « Moi, Swala je m’engage à respecter les lois suivantes,… » que je me suis également engagée personnellement à ne plus douter de moi. Aujourd’hui, quand je regarde la photo de ma promesse, on m’y voit fière sous le regard admiratif de ma cheffe d’unité, ma maman. C’est la première fois que je me suis vue fière de moi. Ce camp 2018 m’aura changée, enfin pas changée, améliorée.

Auteure : Clara, 17 ans, Le Roeulx

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Enfant d’une jeune maman

Enfant d’une jeune maman

Sur Scan-R, on a déjà publié des témoignages de jeunes femmes devenues mamans. Malika par exemple, nous parlait du chemin de la maternité. Fiona, c’est l’inverse. Elle n’est pas maman mais sa maman était très jeune quand elle est née.

Arrivée tôt …

Ma maman m’a déjà dit que j’avais changé sa vie, car à la base, je n’étais pas prévue. D’après le médecin, elle devait se faire opérer. Mais, après une prise de sang, on a compris qu’elle était enceinte. Eh oui, elle attendait une fille, elle était enceinte de 4 mois et demi. Elle n’avait que 18 ans, mais elle a très bien pris la nouvelle, entre autres parce qu’elle avait mon papa. Ils avaient déjà une maison qu’ils louaient à l’époque. Comme ma maman avait travaillé en tant que baby-sitter quand elle était étudiante, elle était donc très au courant des responsabilités que représentait un enfant. Elle s’en est bien sortie avec l’école, car elle a suivi un apprentissage de vendeuse.

… dans de bonnes conditions

On ne dit pas assez à l’école qu’un bébé n’est pas une poupée. Ça change une vie. Cela engendre des responsabilités, des couts, et c’est un peu comme un poids à porter, car si tu as un enfant lorsque tu es toujours en secondaires, tu n’as pas de revenus, ni de logement à toi. Ça fait donc deux personnes pour lesquelles une jeune maman doit pouvoir subvenir aux besoins : le bébé et elle-même. Alors, sans travail, vous êtes dépendante de vos parents. Mon papa travaillait. Ils avaient donc un chez eux et ma maman était apprentie. Ils n’étaient donc, heureusement, pas sans ressources. Il est vrai qu’ils ont également eu la chance d’avoir mes grands-parents qui ont bien réagi, car ils avaient vécu la même chose.

Un bébé n’est pas une poupée

Même si j’ai toujours rêvé de devenir une jeune maman, moi, je connais les conséquences. Ma grand-mère a donné la vie à 17 ans et ma maman m’a eue à 18 ans. Je connais les responsabilités que cela engendre. Elles m’en ont un peu parlé et ensuite, j’ai regardé énormément de reportages sur ce sujet, car je m’y intéresse beaucoup au vu de mon histoire. Je n’ai que 13 ans, mais j’aimerais mettre en garde mes semblables de 14,15,16 ans qui veulent un enfant. Sachez que c’est un vrai travail à temps plein d’être mère. Certes, c’est mignon, adorable, un enfant, mais des millions de femmes pourront vous dire que ce n’est pas tout rose. Il y a des hauts et des bas… entre les imprévus de la grossesse, de l’accouchement, sans oublier que le père de l’enfant peut vous lâcher à n’importe quel moment… Donc, retenez qu’être maman est un réel boulot et non une plaisanterie.

Aux mamans d’hier et de demain

Maintenant, j’aimerais faire passer un petit message aux filles qui font ce choix (ou non), vous devez gérer les filles ! Si vous faites ce choix, je vous soutiens à 100%. Vous faites face aux préjugés et faites preuve de maturité. Si c’est un accident et que vous avez du mal à accepter votre bébé, et que vous voulez le garder, faites tout votre possible car votre enfant vous le rendra. Certains nourrissons sont issus de viols, alors deux fois plus de courage à ces mamans-là qui, pour moi, sont des survivantes. Aujourd’hui, j’ai énormément de complicité, aussi bien avec ma grand-mère qui a 56 ans qu’avec ma maman qui a 31 ans. Je pense que cette relation si forte que j’ai avec elles est due à la différence d’âge aussi faible. Donc, vous voyez, même si ce n’est pas l’idéal d’avoir une enfant très jeune, il y a quand même des côtés positifs !

Auteure : Fiona, 13 ans, Bomal-sur-Ourthe

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Ma vie de détenu pendant la grève des prisons

Ma vie de détenu pendant la grève des prisons

Le parcours de Côme, ce n’est pas son vrai prénom, est très compliquée. Alors qu’il était tout juste majeur, il a séjourné dans les prisons bruxelloises de Forest puis de Saint-Gilles. Là, comme si l’emprisonnement n’était pas suffisant, il a vécu des journées et des nuits compliquées à l’extrême : les gardiens étaient en grève(1). Il nous raconte son histoire.

À peine majeur et en prison

J’ai été en prison pour la première fois en 2016. Je venais d’avoir 18 ans, j’étais encore un gamin. J’ai d’abord été à la prison de Forest. Quand je suis entré dans ma cellule, j’étais avec deux hommes, un de 29 et l’autre de 38 ans. Je suis arrivé et ils étaient choqués de voir que, si jeune, j’étais en prison… Normalement, j’aurais dû dormir sur un matelas à même le sol, mais vu l’état des cellules infestées de rats, le plus âgé des co-détenus m’a proposé de prendre son lit. L’hygiène dans cette prison était épouvantable, c’était carrément insalubre. Les douches étaient dégueulasses, peuplées de rats, de saletés et de moisissures.

La grève

Après cinq jours à Forest, on m’a transféré juste à côté, à la prison de Saint-Gilles. Pour une question d’organisation, c’était plus simple de me mettre dans la même prison que mon complice. Avec les grèves qui commençaient, les gardiens étaient en sous-effectif, pas assez pour nous surveiller, travailler correctement. Pendant 52 jours, tout est parti en couille. On n’avait plus droit d’aller sous le préau, on devait rester 24h sur 24 en cellule. On n’avait pas droit aux douches, donc on se lavait comme on pouvait à l’eau froide. On n’avait plus de visite et plus de vêtements de rechange.

Souffrances

Pendant 57 jours, je n’ai plus vu ma mère. Pendant 57 jours, j’ai gardé le même slip et les mêmes chaussettes. Je les lavais au savon, à l’eau froide ou alors avec du liquide vaisselle. On n’avait pas droit aux appels non plus, sauf un jour où un maton a été sympa avec moi et m’a laissé appeler avec son portable. Je me souviens qu’il y avait des prisonniers qui hurlaient dans leur cellule, certains même sautaient du deuxième étage pour aller expressément à l’hôpital pour pouvoir voir leurs enfants.On voyait les matons faire des barbecues, nous, on ne mangeait presque rien. Heureusement, l’État avait mobilisé des pompiers, des militaires et la police pour ramasser les poubelles et distribuer de la nourriture. Après ces 57 jours, la prison a repris son régime normal. Les matons n’avaient pas obtenu gain de cause et ils ont dû revenir. Certains ont remis leur démission. Ils nous parlaient mal et parfois ils ne nous donnaient pas le kit hygiène pour nous rendre fous, ils prenaient nos cigarettes allumées. Mon avocat a porté plainte contre ce traitement inhumain et plus de 200 détenus ont été dédommagés de la modique somme de 10 400€. Pendant toute cette période, j’étais triste parce que je ne voyais plus mes parents. Ma soeur et ma mère pleuraient tous les soirs. J’étais énervé aussi. Pour passer le temps, on mettait le feu par la fenêtre pour exprimer notre colère, mais le temps ne passait pas plus vite. On était dans notre lit, 24h sur 24 à regarder la télé. J’avais du temps pour penser. Je pensais à mes potes qui s’amusaient surement dehors, alors que moi j’étais coincé ici. Par moment, ça n’allait vraiment pas bien, je devenais fou.

Retour à la société, atterrissage compliqué

En sortant, j’ai eu du mal à me réinsérer dans la société. Aucune formation de réinsertion ne m’a été proposée. Je suis retourné à mes vieilles habitudes et je n’ai rien fait de particulier pendant quatre ans. J’ai ensuite voulu commencer une formation de pizzaiolo, mais je me suis très vite fait renvoyer à la suite d’une dispute avec un professeur. J’ai ensuite fait une formation de secouriste pour laquelle j’ai reçu une attestation, mais après ça, j’étais à nouveau bloqué à ne rien faire pendant plusieurs mois. Un jour, un ami m’a parlé du collectif 100% jeunes (2), ça m’a intéressé et me voilà aujourd’hui à vous écrire.

 

Notes de la rédaction

(1) Lorsque la grève des prisons se déclenche, en 2016, c’est principalement parce que les gardien·ne·s réclament que le personnel soit plus nombreux pour encadrer les détenu·e·s. Le ministre de la justice de l’époque ne voulait pas céder et imposait un plan de rationalisation qui, pour faire simple, disait qu’on pouvait continuer à travailler sans remplacer les personnes qui partaient à la pension ou ailleurs.

(2) Le collectif 100% jeunes, propose aux jeunes bruxellois·e·s âgé·e·s de 18 à 29 ans qui ne sont ni à l’emploi, niI en formation, ni à l’école, un parcours d’accompagnement individuel et collectif, gratuit, qui vise à développer l’estime de soi, la créativité et surtout à définir un projet d’avenir pour chacune et chacun des participant·e·s.

Auteur : Côme, 23 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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La détermination : indispensable pour réussir sa vie ?

La détermination : indispensable pour réussir sa vie ?

Pour Ephraim, c’est très clair : rien ne peut empêcher quelqu’un·e d’avancer dans la vie. Comme il l’écrit, tout se joue dans la tête et si la détermination est sans limite, tout le reste suit. Pour lui, concrètement, cette détermination l’a vraiment aidé à se dépasser et à se prouver que rien n’était impossible. D’un point de vue personnel, elle lui a donné l’envie de ne jamais rien lâcher.

Expérience personnelle

Je pense que la détermination est quelque chose d’essentiel, une arme redoutable pour réussir sa vie. Sur le plan personnel d’abord, je vous certifie que cette détermination a changé ma vie. Elle m’a beaucoup apporté, je dirais qu’elle a eu, sur moi, un impact mental et physique. Ces deux aspects sont intimement liés. J’estime que l’influence mentale s’applique à toute personne et peut avoir d’autres impacts, j’y reviendrai. Je vais d’abord vous parler de l’effet mental. Si on a de la motivation, on a un but, des résultats, donc un gain considérable de confiance en soi et par conséquent, une source non négligeable de bonheur. Je pense que ces derniers facteurs sont inhérents car la confiance en soi permet de faire des choses qu’on n’imaginait pas pouvoir faire. Elle nous donne envie d’en faire plus, l’ambition de toujours mieux réussir, d’avoir un meilleur contrôle dans certaines situations. Cela permet aussi de se sentir plus à l’aise, d’être plus motivé que les autres, de se sentir plus libre et surtout plus fort. Cela me rend, pour ma part, plus heureux.

Du bénéfice du premier confinement

Durant le premier confinement, j’ai profité de l’arrêt provisoire des cours pour me remettre physiquement en forme. Je faisais 1 mètre 78 pour presque 68 kilos. Je me sentais bien dans mon corps, mais j’avais tout de même un peu de graisse sur le ventre. Mais pour me sentir encore mieux, j’ai décidé de m’y mettre. J’ai donc commencé, par moi-même, à courir tous les jours. J’ai décidé de me muscler un peu. J’ai vu assez rapidement le résultat. Puis je me suis rendu compte qu’en perdant du poids et en devenant plus musclé, je m’ouvrais un monde épanouissant et relaxant. Peut-être naissait-il en moi une nouvelle force, cette fois-ci intérieure. Une nouvelle façon de voir les choses, dans laquelle le sport m’aide à mieux me détendre, à mieux récupérer, à être plus joyeux. Mon entourage m’a dit que j’avais vraiment bien maigri alors ça m’a donné envie de continuer. Et aujourd’hui, je fais 1 mètre 81 pour 60 kg. Il y a certes encore du chemin à parcourir, mais je suis sur la bonne voie. Et à force de s’entrainer dans un domaine inconnu, ici le sport, j’ai commencé à augmenter la difficulté des entrainements, et certains acquis sont devenus des réflexes. Quand j’observe ce genre d’évolution, ma détermination est infaillible et se consolide, elle me forge un vrai caractère. Je sais maintenant faire des choses que je croyais inatteignables. J’ai moins peur du jugement des autres, de prendre la parole sur des sujets, de dire ce que je pense.

Ronaldo !

Il y a un athlète pour qui j’ai une très, très grande admiration. C’est Cristiano Ronaldo, le célèbre footballeur portugais qui joue aujourd’hui à la Juventus, en Italie. Il a des capacités à gérer le stress et à se motiver hors du commun. Quand plus personne ne croit en lui, il ne lâche rien et se nourrit même de la haine des autres, de la provocation des supporters pour accroitre ses performances. Je trouve ça absolument remarquable et stupéfiant. Enfant des rues de Madère, il quémandait parfois à la sortie d’un Macdo pour ne pas mourir de faim. Aujourd’hui, même sa nutrition est une preuve irréfutable de son grand professionnalisme : aliments allégés en matières grasses, salade de thon et de tomates, blancs de poulet accompagnés de laitue, etc. Il dort beaucoup et surveille aussi de très près sa santé. Lorsqu’il était tout jeune et est arrivé en centre de formation, il s’est battu pour se faire une place. Ensuite transféré au club de Manchester United en Angleterre, il a dû, à nouveau, prouver ses qualités footballistiques et a toujours défié ses coéquipiers dans n’importe quel domaine, il ne voulait jamais s’avouer vaincu. Dès qu’il perdait, il s’entrainait comme un fou et la semaine suivante, il battait tout le monde. Je trouve qu’il y a une belle leçon de vie à tirer de cette histoire. Je pense que nous devrions, comme Cristiano, assumer nos différences, quitte à parfois en souffrir. Il ne faut pas baisser les bras devant les moqueries. Persévérer et travailler dur pour prouver à nos détracteurs que nous sommes forts. C’est aussi comme ça que j’ai réussi à me motiver pour me mettre au sport. Je me rappelais souvent que lui, il avait travaillé avec acharnement, détermination. Donc je devais faire de même si je voulais réussir mon défi. Je ne devais jamais m’avouer vaincu, même dans les moments les plus rudes, et c’est comme ça que j’ai progressé, c’est comme ça qu’on progresse.

Application et conclusion

Pour conclure, je dirais que la détermination joue un rôle prédominant dans notre vie. Et cela pour beaucoup de démarches que nous entreprenons. Peu importe votre but, votre source d’inspiration, ayez foi en vous. Agissez selon votre volonté, ayez des objectifs clairs et un esprit sain. N’écoutez pas vos haters, croyez en vous, en vos capacités intérieures, et surtout, en votre détermination !

Auteure : Ephraim, 17 ans, My

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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LES PETITS AVIS, EPISODE 157

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Changer avec le scoutisme

Changer avec le scoutisme

Depuis qu’elle a 6 ans, Pauline, dont le totem est Wallaroo – un kangourou vivant dans une région très précise d’Australie – fait partie des scouts. Pour elle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le scoutisme apporte vraiment beaucoup de savoirs, valeurs et principes … Toutes choses qu’elle n’aurait surement jamais abordées à l’école, lors d’activités extrascolaires.

La rencontre

Je suis l’ainée d’une famille de trois et j’ai toujours été quelqu’un qui prend beaucoup de place, j’aime me faire entendre, me montrer en spectacle… À la maison, j’étais le genre d’enfant qui en organisait tout le temps. En première primaire, trois personnes arrivent dans ma classe. Elles nous présentent le scoutisme, nous expliquent ce que c’est. Hyper emballée, je rentre chez moi et, surexcitée, j’explique à mes parents que je veux absolument y aller : je vais faire des cabanes dans les bois, dormir en tente pendant une semaine avec mes copains… Mes parents, ayant tous les deux aussi fait du scoutisme pendant des années, m’y inscrivent sans hésiter.

Les baladins, les louveteaux

Commence alors mon merveilleux voyage chez les scouts ! Je fais mes deux premières années chez les baladins dans la joie et la bonne humeur, avec de supers chefs et un nouvel endroit pour rencontrer des gens et rigoler. Arrive ensuite ma première année chez les plus grands, les louveteaux ! Dans ce groupe, qu’on appelle la meute, on reste quatre années alors qu’aux baladins, ce n’était que deux. Là encore, je me fais de nouveaux amis et continue dans cette show-attitude.

”Arrête avec tes je”

Un jour, je me souviens, c’était pendant une veillée de camp, on commence à chanter et à faire des petits jeux et je commence à parler beaucoup. Un des chefs me dit « Pauline arrête avec tes je, je, je le monde ne tourne pas autour de toi ! » Sur le moment, ça fait mal. Du haut de mes 8 ans, je prends ça comme une grosse claque et je ne le prends pas hyper bien. Un peu sonnée, je me tais pour le reste de la soirée. Je reste là, la gorge serrée et je n’ose en fait plus trop parler. Le lendemain, je me souviens même avoir eu une gommette orange sur le résumé de la journée d’hier (vert : très bien, orange : bof, rouge : pas bien). Ça remue encore une fois ma frustration et je n’ose plus trop parler avec les chefs.

C’est vrai

Le camp terminé, je rentre chez moi et je me rends compte qu’en fait, c’est vrai. Je prends beaucoup de place. Alors même si la phrase était plutôt violente et manquait énormément de tact, j’ai pris conscience qu’elle était vraie et que j’avais plutôt intérêt à la prendre comme une remarque constructive. À la place de ce chef, j’aurais surement dit à cette petite fille quelque chose de plus calme. Je l’aurais déjà prise à part et je ne l’aurais pas dit devant tout le monde, même si ça m’étonnerait que les autres se soient sentis concernés. J’en aurais parlé avec elle, je lui aurais sans doute demandé comment elle se percevait… J’ai donc appris à prendre le temps d’écouter, à faire plus de place aux autres, à prendre en compte les avis et à réaliser que chacun d’eux comptait. Le scoutisme, c’est vraiment l’endroit qui m’a donné des tas d’expériences, des valeurs à suivre et à adopter. Aujourd’hui, je me rends compte que malgré tout, ce chef avait raison. Grâce à lui, j’ai évolué, je suis aujourd’hui plus apaisée.

Encore des rencontres

Chez les éclaireurs, après les louveteaux, j’ai aussi rencontré beaucoup de personnes de mon âge et tout en apprenant des idées des autres, j’ai pu échanger. J’ai fait tellement de rencontres grâce aux scouts et j’ai appris tellement de choses en écoutant davantage les autres ! Beaucoup expliquent que le scoutisme les a ouvert aux autres, beaucoup sont devenus plus sociables. Ils étaient timides et sont maintenant plus à l’aise avec les échanges. Pour moi, c’est un peu la même chose au final, le scoutisme m’a appris à prendre en compte la parole de l’autre, à équilibrer la place que je prends dans la société. De près ou de loin, le scoutisme nous apporte à tous et toutes des valeurs essentielles de la vie de tous les jours, demandez à n’importe quel scout ce qu’il a retenu de son expérience, et vous n’en tirerez certainement que du positif ! Merci les scouts <3 !

Auteure : Pauline, 17 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R

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