Scan-R interviewé dans Trajectoires

Elisabeth, notre responsable des animations interculturelles, était interviewée dans le magazine de la Croix-Rouge, Trajectoires, dans le cadre des ateliers qu’elle organise avec les jeunes du Centre Croix-Rouge de Fraipont.

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Et si c’était moi ?

Et si c’était moi ?

Je parle de la migration car ce sujet me touche. Celui-ci n’a aucun lien avec moi. Cependant, j’essaie de me mettre à la place des personnes qui doivent fuir leurs pays pour, la plupart du temps, des choses qui ne sont pas de leurs fautes. Ils sont simplement soumis à des règles et n’ont aucun droit de parole.

Je me dis qu’à leur place, je ne sais pas si j’arriverais à rester là-bas et si je ne ferais pas comme eux… tenter de fuir mon pays. Cela me touche également car je trouve qu’aucune personne ne mérite et aucune personne ne devrait vivre toutes ces atrocités qui les obligent à devoir quitter leur pays natal.

Si je devais transmettre un mot à tous ces gens, je leur dirais de rester forts, de ne pas baisser les bras et que quoi qu’ils fassent, c’est pour une vie probablement meilleure ailleurs. Même s’ils traversent des choses très dures, ils y parviendront, même si cela peut prendre énormément de temps.

Auteur : Anonyme, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Fuir la guerre

Fuir la guerre

Le lien que j’ai avec le sujet de la migration, c’est que ma famille a dû quitter notre pays pour fuir la guerre. La Syrie est un pays très beau mais qui a été détruit.

Ma maman et mon papa ont quitté la Syrie pour nous offrir une meilleure vie, pour qu’on n’ait pas à subir ce qu’ils ont subi. En 2015, mon papa et ma maman ont fait venir, en Belgique, la famille de ma maman. Ses sœurs, ses neveux, sa maman…

Il faut du courage pour tout quitter, sans même savoir ce qui va nous arriver. Il me reste encore en Syrie de la famille. Ça devient de plus en plus compliqué de les faire venir avec les démarches à suivre, elles sont longues et dures. J’ai des connaissances qui ont été touchées par les tremblements.

Mes cousins ont tout réussi, ils ont eu du courage et de la force. Partir de rien et puis finir ingénieur, être à sa 5ème année d’étude de médecine. Ils n’avaient rien mais maintenant, ils ont tout.

Auteure : Laetitia, 18 ans, Bruxelles

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Arrête de trainer avec ces personnes elles sont mauvaises

Arrête de trainer avec ces personnes elles sont mauvaises

Pour toi, chaque personne a été mauvaise. Mais c’est faux ! Il y a mauvaise personne et personne qui fait des bêtises. Les bêtises, tu peux les limiter, les doser tandis qu’une mauvaise personne, c’est une personne malpolie, associable, débile, méchante, ingérable, etc.

Alors, je suis d’accord que je n’ai pas toujours trainé avec de bonnes personnes mais, en même temps, je n’étais pas trop aidé et puis fallait que je me découvre. C’est pendant l’adolescence que tu crées ta personne, quasiment, donc j’ai testé vu que je devais grandir « seul ».

J’ai vu le vrai visage de certaines personnes, les propos qu’elles avaient, qui elles étaient au fil du temps ; mais ne crois pas que je suis devenu ça, je ne suis pas resté longtemps en leur compagnie. J’ai changé, j’ai découvert et puis, en vrai, dans tous les cas, je devais me refaire des amis à chaque fois vu qu’on déménage régulièrement. Jusqu’au jour où, tout simplement, grâce à ma tête, j’ai découvert une communauté qui m’a accepté comme je suis, qui m’a aidé, m’a soutenu même plus que ma propre famille. Alors, je me dis pas que tout était rose, au contraire, j’ai fait des erreurs, des bêtises, des grosses conneries, de plusieurs types de choses qui peuvent coûter cher, selon comment tu agis mais, au fond, ces personnes, il faut apprendre à les connaître. A première vue, elles ont l’air méchantes, mais apprends à les connaître. Ce sont des personnes très aimables, respectueuses, gentilles, serviables.
Elles ont juste un problème de nationalité, donc sans papier, mais elles veulent tous s’en sortir, que ce soit en travaillant ou en black, malheureusement, en faisant du sport pour devenir célèbres ou en faisant des bêtises. Mais ne croyez pas qu’elles viennent ici pour foutre le bordel, vous auriez fait comment vous s’il y avait la guerre ici ? Bref, on a pu s’embrouiller, ou c’est moi qui ai mal compris certaines choses, je n’ai pas à regretter parce que c’est moi qui ai fait ce choix mais j’ai à m’améliorer pour être meilleur. Donc, le conseil que j’ai à vous donner c’est de ne surtout pas juger une personne à sa tête ou en parlant 2 minutes avec. Pose-toi avec elle, apprends sur elle et, à ce moment-là, pense ce que tu veux.

Auteur : Anonyme, 21 ans, Jodoigne

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On parle de la migration

On parle de la migration

Durant les animations réalisées sur le thème de la Migration dans les écoles secondaires, et suite au témoignage de Sanaz, une jeune femme qui a migré en Belgique, suite au régime dictatorial de son pays d’origine, nous avons demandé aux élèves ce qui les avait touché et les messages qu’ils souhaiteraient faire passer aux jeunes et aux migrant.e.s qui liront leurs écrits…

On parle de la migration, Anonyme, Bruxelles

C’est un sujet à partager car si nous contribuons tous à les aider, nous pourrons changer leur vie. Ça me touche car je m’identifie. Je suis une personne immigrée dont les parents ont vécu la même chose, c’est pourquoi je suis touché par le sujet.

Mon message est que le parcours sera long et fatigant pour une personne immigrée mais si nous l’aidons, sa vie changera pour le meilleur. Nous créerons un monde meilleur. En conclusion, c’est un mal pour un bien. Ces parcours difficiles créent des personnes fortes.

La solitude et l’inconnu, Anonyme, Bruxelles

Arrivé dans un pays inconnu seul est difficile, on ne réalise pas jusqu’à être arrivé dans le pays de l’hôte. On recommence tout de A à Z avec des nouvelles règles. On est un peu dans le flou quand on est entouré de gens qui parlent pas la même langue et nous on est là au milieu, on se sent mis à l’écart.

Je suis moi-même une immigrée, ne perdez jamais espoir. Au jour d’aujourd’hui, je me sens comme les autres.

C’est un traumatisme collé à la peau et qui ne s’effacera jamais, par Inès, 20 ans, Bruxelles 

Ce qui me touche énormément dans cette situation est la difficulté rencontrée par les jeunes enfants qui sont dans l’obligation de suivre leurs parents. Ils n’ont rien demandé et pourtant, ils doivent malheureusement subir les injustices de ce monde. C’est un traumatisme collé à la peau et qui ne s’effacera jamais. L’enfant devra vivre toute sa vie avec ça, il aura une étiquette sur le front pour toujours.

Je parle ici de mon papa, qui est arrivé si jeune dans ce pays nommé “Belgique”. Aujourd‘hui, il est heureux de pouvoir montrer le beau pays dans lequel il vivait à ses enfants.

Difficultés d’un migrant, Anonyme, Bruxelles

Je vais parler du chemin des migrants jusqu’en Europe et également sur le fait que les études ne sont pas reconnues en Europe.

Par rapport aux études, cela m’a étonné. Je ne trouve pas normal que des personnes qui ont un diplôme en médecine, dans leur pays, ne puissent pas exercer ce métier en Europe et doivent refaire ces études, en français, alors que c’est long et que ce n’est pas leur langue maternelle.

Par rapport à leurs parcours jusqu’en Europe, c’est un long voyage. Les personnes ressentent énormément de stress et peuvent se faire arnaquer par les passeurs. Les personnes parcourent déjà des difficultés et les passeurs les arnaquent, je trouve ça égoïste.

Je leur souhaite énormément de courage et de soutien.

Tout recommencer, Anonyme, Bruxelles

Je vais parler de la migration. Je voudrais en parler car après avoir entendu un témoignage, j’ai été choqué par le manque de considération envers les migrants. Sans parler du fait qu’ils payent des milliers d’euros pour quitter leur pays.

Ils doivent reconstruire une nouvelle vie, des études. La migrante en question avait fait 6 ans d’études en Iran en tant qu’assistante chirurgienne. Arrivée en Belgique, son diplôme n’était pas reconnu et elle doit donc recommencer ces études.

Pour conclure, la Terre appartient à tout le monde et aucune personne n’a le droit de s’approprier un territoire !

Je vous comprends et je suis conscience de la difficulté, Océane, 18 ans, Bruxelles

Ce qui me touche, suite au témoignage entendu, est le fait que certains droits et libertés ne sont pas présents. Oui j’étais au courant de cela mais je ne savais pas que cela était omniprésent dans certains pays, le fait que certains droits de base telle que la liberté d’expression n’est pas présente dans certains pays et que le fait de se révolter pour obtenir ce droit peut amener à la mort me choque.

Après cela, le fait de quitter son pays pour un nouveau monde qui nous est inconnu est une grande décision qui n’est pas sans conséquence car c’est une aventure individuelle qui peut être compliquée, suite à l’incompréhension et la présence de préjugés dans la société ou encore la peur. Avoir peur est normal, selon moi, mais avoir peur de l’individu, de l’inconnu (personne) n’est pas normal car l’inconnu est sensé aider l’autre, qu’il y ait un lien ou non avec lui-même.

Ensuite, le fait de fuir d’un pays, pour un autre, est compliqué suite au “problème” de la langue. L’incompréhension d’une langue crée la difficulté d’aide mais, cependant, l’aide et l’apprentissage sont toujours disponibles. Le changement et le nouveau départ peuvent faire peur mais j’y crois, je crois en vous, vous pouvez le faire, croyez en vous et vos capacités. Et le monde qui vous entoure est présent pour vous, utilisez-le malgré la peur qui vous envahit et vous avez toutes les clés pour y arriver. Je n’ai peut-être pas vécu cela mais je vous comprends et suis consciente de la difficulté.

Auteur·e·s : Océane, Inès, Anonymes

Ces petits avis ont été écrits lors de différents ateliers Scan-R

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