Que doit-on leur dire?

Que doit-on leur dire?

Que doit-on leur dire ? Ou plutôt ce que je leur dirais.  

C’est quand même aberrant. Comment devrait-on agir, qu’est-ce qui serait mieux pour eux à l’arrivée…  

Difficile de me mettre dans leur peau. Peut-être que c’est moi qui ai simplement peur de vivre ce qu’ils ont vécu. Ça doit être dur de tout quitter pour traverser la mer, et d’enfin arriver de l’autre côté dans un endroit totalement inconnu. Et d’encore devoir se dire que ce n’est pas les gens d’ici qui vont t’accueillir.

Si ça ne tenait qu’à moi, j’écrirais sur des affiches que c’est ici qu’ils doivent tous venir. Boire une soupe, se reposer, se retrouver, se mettre à l’aise et profiter d’un endroit qui va dans leur sens.

Personne ne se soucie de rien.  

C’est dommage au fond on est tous humains.  

 

Auteur : Corentin, 15 ans, Clavier 

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Notre nouveau livre, Bouches Émissaires, Jeunesses Ardentes, est en vente dès maintenant

Ca y est ! Il est enfin là, tout beau, tout chaud, le livre 𝘽𝙤𝙪𝙘𝙝𝙚𝙨 É𝙢𝙞𝙨𝙨𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨, 𝙅𝙚𝙪𝙣𝙚𝙨𝙨𝙚𝙨 𝘼𝙧𝙙𝙚𝙣𝙩𝙚𝙨 est en vente dès maintenant 🥳

𝘽𝙤𝙪𝙘𝙝𝙚𝙨 É𝙢𝙞𝙨𝙨𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨, 𝙅𝙚𝙪𝙣𝙚𝙨𝙨𝙚𝙨 𝘼𝙧𝙙𝙚𝙣𝙩𝙚𝙨, c’est :

• 103 récits écrits par des jeunes, qui ont accepté de livrer des récits passionnés, engagés, rappelant des douleurs parfois, livrant des messages de tolérance et d’espoir, surtout 👏
• À propos de 4 thématiques : Écologie, Genre, Migration & Scolarité
• Des illustrations réalisées par nos membres de la Rédaction Jeunes : Belinda Oden et Simon Themans
• Une préface écrite par Sarah Schlitz, Secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité et une postface écrite par Valérie Glatigny, Ministre de la Jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles
• Le 2ème recueil de la collection Bouches Émissaires

Merci à toutes les personnes qui nous ont permises de diffuser et relayer les témoignages de cette génération ardente, consumée par le désir de ne plus se taire, de reprendre sa place dans une société où, trop souvent, elle est oubliée, délaissée, stigmatisée 🙏🙏

Envie de nous soutenir dans notre projet, faites mieux qu’un don ! Achetez un exemplaire via le lien ci-dessous

Les langues sont des barrières dans le monde mais elles s’apprennent

Les langues sont des barrières dans le monde mais elles s’apprennent

Je m’appelle Ioanna, j’ai 16 ans et c’est ma septième année en Belgique. En 2016, j’ai déménagé de Volos, une ville en Grèce, avec ma sœur et mes parents, à Liège. J’avais 10 ans. Nous avons déménagé à cause de la crise économique. Nous nous sommes séparés de toute notre famille.  

Au début, j’étais excitée à l’idée d’avoir des nouvelles expériences mais tout a basculé à l’entrée de la cinquième. Je me trouvais dans une école remplie d’enfants inconnus qui parlaient français et je ne comprenais rien. Je pleurais tous les matins avant d’aller à l’école. Les enfants étaient sympas mais ça m’était égal : je me mettais de côté et je comptais les minutes passées. Après un mois, je comprenais le français et après 2 mois je le parlais. Tout allait mieux. J’ai toujours des doutes de vocabulaires mais mes amis prennent toujours le temps de m’expliquer. Le français m’est plus facile que le grec à des moments. Plusieurs fois, je me suis sentie à l’écart des autres, on n’a pas la même mentalité ni les mêmes racines mais j’apprends et je ne m’arrête jamais. Je remercie toujours mes parents de m’avoir donné toutes ces opportunités. Je suis plus que reconnaissante.

Je ne serais pas la même personne que je suis aujourd’hui et je n’aurais pas des personnes chères dans ma vie si je n’avais pas déménagé.  

Les langues sont des barrières dans le monde mais elles s’apprennent. Les grands changements nous feront toujours peur mais après tout on a toujours peur de l’inconnu. Souvent tous les sacrifices et les moments compliqués finiront par payer alors il ne faudra jamais abandonner pour quoi que ce soit.  

Auteure : Ionna, 15 ans, Liège 

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

Bouches émissaires – Jeunesses Ardentes, Écrits sur les migrations

« L’asbl Scan-R organisait en novembre son laboratoire social et médiatique « Bouches Emissaires – Jeunesses Ardentes ». Destiné aux jeunes de 12 à 30 ans, l’événement de réflexion et d’écriture était axé sur 4 thématiques : écologie, scolarité, genre et migration. Charlotte Poisson (IRFAM) était invitée à animer le débat matinal sur cette dernière thématique. Nous avons souhaité valoriser certains des textes écrits par les jeunes durant cette journée… »

👋🤝 Merci à l’Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations de partager quelques-uns des témoignages écrits notamment lors de notre Laboratoire de novembre dernier, dans leur 60ème (👏) journal électronique Diversités et Citoyennetés📒✍️

Cette édition rend compte des préoccupations actuelles de la jeunesse et nous permet, une fois de plus de valoriser et relayer la parole des jeunes dans l’espace public 📣💬

Vous y trouverez aussi un analyse de notre coordinateur Jonas Gretry 👏🤓

Prendre la température à Amonsoli

Prendre la température à Amonsoli

Scan-R donne la plume aux plus jeunes. Les migrants font partie de son public. Deux de nos membres ont questionné les bénéficiaire de l’association Amonsoli (Verviers), lors d’ateliers d’écriture. Pour quel résultat ? De courts textes en français, mais aussi en cyrilliques et arméniens, emplis d’une intime sagesse.

La solitude, Anonyme

Lorsque je suis seul, je me sens bien. Parce que dans ma famille, je suis le seul garçon. C’est de là que se développe cette solitude en moi. Cette solitude de se connaître, se comprendre, réfléchir, faire la part des choses entre le bien et le mal pour pouvoir s’améliorer et avancer. Cette solitude d’être calme, d’améliorer nos relations avec les autres et avec nous-mêmes.

Pensée éternelle, Anonyme

Je suis Syrien et marié. Je pense tout le temps à mes parents et à mes enfants.
Je veux vivre en sécurité et leur assurer un avenir radieux.

Calif, Arif

Ma vie est comme l’eau sur la terre sèche.

La priorité familiale, Anonyme

Pour moi, la première priorité dans la vie est de vivre en paix avec ma famille. Ce qui passe avant toutes choses est de pouvoir vivre, ma famille et moi-même, dans un monde en paix.

Le sport est secondaire, Anonyme

Le sport est un passe-temps secondaire pour moi. Le sport est, selon moi, une activité qui passe en second plan car le plus important est d’investir son temps pour sa famille, pour son travail et ensuite nous pouvons l’investir en activité de loisirs.

L’ami de l’esprit, Anonyme

J’aime me promener avec mon chien car cela m’apporter le calme, cela me permet de profiter de la nature, de respirer de l’air frais et de jouer avec mon chien. Après la promenade, je peux plus facilement gérer mes situations de stress. J’écris ceci car avant, je n’avais pas le chien et n’aimais pas me promener. Suite à l’arrivée de mon petit ami (le chien), j’ai compris à quel point c’était cool. Il est impératif d’avoir des petits animaux domestiques, ils vous offrent beaucoup de joie.

En quête de paix, Anonyme

Vu que notre pays est en guerre, moi et mon mari sommes partis dans un autre pays. Cependant, une guerre a aussi éclaté là-bas et nous sommes venus ici pour trouver refuge, vivre en paix dans la tranquillité, sans peur, sans stress, en sécurité.

Auteur·e·s : Arif, Anonymes

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