Non aux stéréotypes

Non aux stéréotypes

Est-ce qu’on doit toujours penser au plus court ? Penser avec des clichés ou des rapprochements boiteux ? Est-ce qu’on doit avoir une opinion toute faite qui réduit les particularités, les stéréotypes ? Voici la réponse de Janis

”Les belges mangent tout le temps des frites”

Une phrase soft pour illustrer ce mot, ce serait : « Les Belges mangent tout le temps des frites » ou « les Noirs courent vite ». “Soft” en comparaison à d’autres, non moins répandus, tels que « les Arabes sont des voleurs » ou encore que « les roux puent ». Ces phrases, je pense, ont déjà été entendues par tout le monde et peut-être même, prononcées par certain·e·s. Je suppose que c’est en lien avec le côté rassurant de réduire le nombre de cases où placer de nouveaux éléments à un point tel qu’on efface les distinctions. Un peu comme une personne myope qui enlèverait ses lunettes et serait contente de ce grand flou.

Se fatiguer un peu

Un stéréotype, à mon sens, est assez spécial. S’imaginerait-on trier tout ce qui nous entoure par taille, couleur ou poids, oui ? Le stéréotype, c’est exactement pareil. On trie les gens par couleur, poids… en permanence. Cette méga synthèse facilite tout et je ne parle pas en « on » pour rien. Comment, même si c’est aux dépens des autres, ne pas profiter de quelque chose qui nous simplifie la vie ?

Une fille, ce n’est pas la moitié de population du globe !

Au quotidien, les stéréotypes ont un impact important. C’est pour ça et pourquoi il est important de les déconstruire. Après la prise de conscience, il suffit de détacher cette image de ce qui en fait l’objet pour prévenir les discriminations qui en découlent. Permettre à chacun·e de conserver son individualité. Donc, Monsieur le prof de math de 2e secondaire, non les filles ne sont pas « nulles en maths ». Moi je suis nulle en maths. Mais je reste une personne entière et je n’ai pas la prétention de représenter la moitié de la population mondiale. La différence est plus qu’énorme et ne nécessite pas une réflexion dont seuls sont capables les plus grands philosophes !

Auteure : Janis, 20 ans, Bruxelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R

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Amélie Poulain, en vrai

Amélie Poulain, en vrai

Vous connaissez le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (1) ? Un film de Jean-Pierre Jeunet de 2001 ? Ce film raconte l’histoire de la dite Amélie qui, un jour, se permettant de mettre un grain de sel dans la vie des autres, décide de rendre le monde plus beau. Le texte qui suit n’est pas d’Amélie mais de Mathilde et disons-le tout de suite,… Il y a de la poésie et du bonheur à l’intérieur. Attention, ceci n’est pas une fiction.

Arrivée plus tôt que prévu

Nous sommes le 23 avril 1998, il est 6h30, il fait actuellement 16 degrés et le soleil brille. La brise est légère. Dans l’air flotte un agréable parfum de lila et de rosée du matin. Au café du coin, les volets sont encore fermés, ils ne s’ouvriront que dans une heure. C’est sur les tables bancales de ce café là que les habitués prendront café et croissants. Au même moment, la brise fait voltiger les cheveux d’Adilia T. Elle vient de sortir de chez elle pour mettre au monde sa fille, Mathilde. Trop pressée de découvrir la vie, il semble bien que l’enfant n’a pas pu attendre le 4 août, date initialement prévue pour son arrivée parmi nous. À la radio, le groupe de rock américain Aerosmith passe en boucle avec son morceau “I don’t want to miss a thing”. Quelques heures plus tard, naît Mathilde B., 940 grammes pour 30 cm. Soyons lucide, parlons vrai… C’est un petit peu peu. Avec ce désir prématuré de voir la vie, Mathilde a un fort retard de croissance. Les médecins la pensent beaucoup plus fragile que les autres enfants. Ses parents, très inquiets de sa taille, de son poids, de son tout, l’emmènent régulièrement faire des examens médicaux. Ce qui entrainent de nombreuses absences scolaires qui font que Mathilde est plus isolée que les autres enfants. Elles et ils ne la connaissent pas bien et se moquent régulièrement de sa petite taille. Ces moqueries l’enferment dans son monde. Habituée à être seule, elle règne sur son univers. Elle y invente tout, quelles histoires avec quelles héroïnes, quels héros, la couleur des choses, de la fin et du début. Personne ne lui fait obstacle dans son monde.

Une naine géante ?

Avec le temps, les moqueries se font de plus en plus fortes et cette mise à l’écart lui permet de développer, à fond, son style vestimentaire et ses idées bien à elle. Quoi qu’il en soit, elle est déjà mise à l’écart, un peu plus ou un peu moins,… peu importe. Les gens la comparent souvent à des nains, mais pour elle, les nains sont des créatures mythiques remplies de puissance et de magie. Elle ne comprend pas pourquoi les autres enfants la comparent à eux. Dans son monde, les nains sont les héros de ses histoires. Heureusement, certains élèves ont commencé à réellement s’intéresser à elle et ont été attiré·e·s par sa créativité, son indépendance.

Ce n’est pas si mal

Le 23 avril 2016, Mathilde fête ses 18 ans. Son imagination et sa créativité la mènent vers des études d’illustration. Sa taille est toujours en dessous de celles des autres, mais elle s’en moque. Maintenant, elle décide de se marrer quand elle entend des moqueries et blagues nulles à son égard. Être plus petite que tout le monde a de nombreux avantages. Elle en profite pour trouver des chaussures moins chères au rayon enfant, elle est la seule à pouvoir se glisser dans certains passages. Ses petites mains débloquent n’importe quelles situations trop complexes pour les grosses patounes indélicates. Dans une foule, elle se glisse entre les gens sans difficulté jusqu’au devant de la scène, les épaules de ses amis la portent avec aisance. Nous sommes le 5 mars 2021, Mathilde est légère et le soleil lui remplit le cœur joie. En cette belle journée, elle repense à cette différence qui l’a si souvent complexée et à toutes ces fois où on lui a demandé sa carte d’identité à l’entrée des bars. Aujourd’hui, tout cela la fait sourire. Il est 14h54, Mathilde finit ces quelques lignes en concluant qu’être petite,… ce n’est pas si mal.

Notes de la rédaction

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain est une comédie romantique. À l’écran, on retrouve l’actrice Audrey Tautou (France, 1976) dans le rôle d’Amélie, Mathieu Kassovitz (France, 1967), Jamel Debbouze (France, 1975). Le film est a été nominé dans et récompensé par de nombreux prix. Il a été un des plus grands succès commercial du cinéma français dans le monde et il est aussi très connu pour sa musique signée Yann Tiersen (France, 1970). Découvrez la bande annonce du film.

Auteur : Mathilde, 22 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Dansons ? Dansons !

Dansons ? Dansons !

Sur un trottoir de Bruxelles, Flore croise danseuses et danseurs. Elles et ils ne dansent pas sur une même musique mais, écouteurs coincés dans les oreilles, chacun·e à la sienne. Flore rejoindra-t-elle la piste improvisée ?

Alors on danse ?

Samedi, 17h30, grosse et lourde semaine derrière moi. Je décide de me rendre dans le centre de Bruxelles. Soucis, stress et fatigue font leur apparition dans ma tête pendant que moi, je marche. Aussi simple et systématique que ça, je marche. Marcher pour avancer car mes journées semblent s’enchainer et ne cessent d’être remplies. C’est ainsi que je les veux : productives et remplies… Du coin de l’œil, il me semble apercevoir des gens qui bougent, s’excitent un peu dans tous les sens. Je tourne la tête et vois, en effet, un petit cercle de gens qui dansent. Toutes et tous à des rythmes et avec des mouvements différents. Petit air de discothèque en plein air et chacun·e à 1,50 m de distance et, il me semble, sans musique. J’observe et me demande sur quels rythmes on danse. Je m’approche et constate que tout le monde a sa propre paire d’écouteurs et danse sur la musique de son choix. Concept nouveau et très étrange à mon gout. Étonnamment, il ne me faut pas deux minutes avant de me lancer et de les rejoindre pour danser, moi aussi, au rythme de ma musique.

Acceptation et image de soi

J’observe un instant. En même temps, je suis un peu gênée et j’ai très envie de rire ! Je me rends compte que tout le monde se lâche pour de vrai. Je suis un peu mal à l’aise et insatisfaite par la « beauté » de mes mouvements. Je ne veux pas qu’ils paraissent trop « exagérés », « séduisants » ou « gênants »… Je remarque les regards étonnés et incompréhensifs des passants devant cette foule de gens qui dansent sans musique. Parfois, j’entends un rire moqueur. Je vois que des smartphones sortent des poches et que des vidéos sont prises. J’arrête les mouvements susceptibles d’être moqués. Ensuite, je décide de regarder les autres qui dansent. Elles et ils ne semblent pas se soucier, ne serait-ce qu’un instant, de leur apparence. Ils et elles continuent à sautiller, tourner, taper dans les mains, se balancer… Je ferme les yeux et je ne me préoccupe plus des gens autour. J’apprivoise le rythme de ma musique, je tente de m’évader et je danse comme bon me semble. Il me faut trois morceaux pour enfin, plonger dans cette atmosphère libératrice.
En fonction des morceaux, je me retrouve parfois à sauter alors que les autres sont calmes, probablement sur un rythme plus lent… Je commence à apprécier de voir comment chacun utilise son corps, l’énergie dégagée, les expressions. Je me retrouve hypnotisée par le mouvement de chaque partie des corps, par la beauté dont chacune et chacun choisit de l’exploiter. À sa manière. C’est si beau.
Comme si tout le monde relâchait ses émotions du moment, ses soucis de la journée et offrait à son corps la possibilité de l’exprimer d’une manière physique.

Liberté en temps de covid

Ce sentiment de liberté et de légèreté me prend et j’apprécie chaque instant. Je découvre mon propre corps en mouvement. Ça faisait si longtemps que je n’avais plus dansé. Danser comme cela je ne l’avais jamais fait. Je sens un sourire s’installer sur mon visage et en fin de compte, je remarque celui des autres également. Ce sourire, aujourd’hui caché par un bout de tissu, me réchauffe tant qu’il m’emporte alors dans un bonheur immense. Les gens sont si beaux. C’est si beau de voir les personnes dans un bienêtre et de s’y trouver également.

Finie la musique

Ma playlist se termine. Je regarde ma montre et je me rends compte qu’une heure est déjà passée. Elle semble être passée en un rien de temps. Quel bien fou ça m’a fait, un bol d’air frais après une journée devant l’écran, un sentiment de liberté et d’humanité. Une expérience clairement unique. Elle m’a apporté beaucoup et m’a fait beaucoup réfléchir par rapport à l’image que j’ai de moi mais aussi à ce moment de pure liberté pour notre corps. Le laisser s’exprimer à sa manière et, à notre tour, de nous découvrir, de retrouver notre côté humain.

On dansera encore

Quelques minutes plus tard, alors que je range mes écouteurs dans ma poche et m’éloigne du groupe, je me rends compte que ce temps pour moi était tout ce dont j’avais besoin. De perdre le contrôle et la maitrise de ma journée et, surtout, de m’évader. Samedi, 18h30, sortant d’une heure de pur bonheur, d’escapade à la fois commune et individuelle. En marchant cette fois d’un pas plus léger, je me retourne pour observer une dernière fois le groupe et je souris en les voyant danser.

Auteure : Flore, 18 ans, Auderghem

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Les petits-avis, épisode 13

Les petits-avis, épisode 13

Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici donc les témoignages de Stéphanie, Thomas et Arthur.

Arriver à la résilience par Arthur, 18 ans, Bruxelles

L’énervement peut détruire toute une vie, même plusieurs ou alors, aussi dur que cela puisse être, on peut choisir de laisser ça derrière nous. C’est important pour avancer. Ce qui a été difficile pour moi, c’est de ne pas écouter ma tête, de gérer les sentiments qui me traversaient l’esprit : la haine, l’agressivité et la violence envers certaines personnes. Ce sont des sentiments et des émotions qui compliquent la résilience. Le devoir de protection, la compréhension et l’empathie envers d’autres devraient primer pour réussir à être résilients. La résilience m’est tombée dessus, je n’ai pas pris la décision de passer par ces différentes phases. C’est simplement le temps qui en a décidé ainsi. Le temps peut être bon comme mauvais, mais ici c’est lui qui m’a aidé.

Rêve ou réalité ? par Stéphanie, 16 ans, Barvaux-sur-Ourthe

J’avais 10 ans quand c’est arrivé. Un jour comme les autres, j’ai marché pour rejoindre mon arrêt de bus. Je me souviens très bien du temps : ciel bleu et vent froid. Mes bottillons laissaient passer l’air et rendaient mes chevilles rigides. Mon vieux manteau était mouillé de la veille, j’ai emprunté la vieille veste jaune moutarde de ma grand-mère. Je détestais cette veste… Elle avait une odeur qui me donnait envie de vomir.
Quand je suis montée dans le bus, il était plein de monde, j’ai pris place à côté d’un garçon endormi. Je me suis dit qu’au moins, j’aurais la paix. Durant le trajet, j’avais l’habitude de regarder le paysage et la couleur des arbres. Ce jour-là, je n’en avais pas la force, je luttais contre le sommeil. Dix minutes, c’est le temps que j’avais avant d’arriver à l’école. J’ai fermé les yeux. Et là je l’ai vue. Noire, courant à vive allure, les crins aux vents, elle donnait l’impression de voler. Cette magnifique jument courait à toute vitesse dans le même sens que le bus. Elle me semblait si proche et en même temps si loin. C’est en regardant au loin que j’ai compris pourquoi elle courait si vite. Elle a tourné la tête et j’ai compris.
Mon voisin m’a secoué le bras. Nous étions arrivés. “Désolé mais ton pied écrase mon sac.” Je ne m’en étais même pas rendu compte mais j’ai dû m’agiter car toutes mes affaires étaient tombées. Le garçon poursuit : “Ah et au fait, ça va ? Parce que tu avais l’air de faire un drôle de rêve.” Pardon lui demandais-je … “Oui oui, tu as bien entendu. Tu n’arrêtais pas de crier ce nom… Jazz.” Descendant du bus, j’ai repensé à cette scène … Tout cela m’avait l’air tellement vrai …

Bref, j’ai oublié mes écouteurs par Thomas, 18 ans, Bruxelles

Il est 16 heures. Je marche jusqu’à l’arrêt de métro pour rentrer chez moi après une journée de cours. J’ai oublié mes écouteurs chez moi. Ça me soule. Mon trajet va passer beaucoup plus lentement. Écouter de la musique, ça me fait oublier où je suis. Le temps passe tellement vite quand j’écoute de la musique. Que je sois triste, heureux ou en colère, il y aura toujours un type de musique qui correspond à mon état d’esprit. Putain ! La musique c’est un don du ciel !

En ces temps compliqués où nos libertés sont fortement restreintes, je me rends compte que le simple fait de pouvoir écouter de la musique est une chance. La musique me permet de m’échapper, de me sentir libre même enfermé dans ma petite chambre. C’est fou à quel point la musique peut changer le cours de ma journée. J’ai oublié mes écouteurs et ça me soule, ça me soule car je suis fatigué et que j’ai envie de me vider la tête. J’aurais écouté une petite musique ambiante qui m’aurait rendu la bonne humeur et le smile.
Bref… J’ai oublié mes écouteurs.

Auteur·e·s : Stéphanie, Arthur & Thomas

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Stéréotypes et préjugés

Stéréotypes et préjugés

Sur les réseaux sociaux, allez savoir pourquoi les photos de petits chats attirent les pouces bleus, les cœurs et les commentaires positifs. Allez savoir pourquoi, dans la rue, le tram ou partout ailleurs, il semble qu’Onyx attire les commentaires, les jugements, les insultes. Elle se fout des petits chats mais veut qu’on la respecte !

“On est où là ?!”

Je me sens concernée par les stéréotypes et préjugés. C’est quelque chose que je vis au quotidien, on me juge constamment sur mon physique. Plus précisément sur mon maquillage, mes cheveux et mes habits. On me traite de droguée sans même m’avoir dit bonjour. J’en suis peut-être une au final et alors ? Ça fait de moi quelqu’un de mauvais pour autant ? Je ne pense pas ! À cause de mon look, je suis un sheitan, le diable, un démon d’après vous ? Mais on est où là ?! Je dis « vous » et ça fait de moi quelqu’un qui juge aussi c’est vrai, mais c’est plus fort que moi. Cette société malsaine me rend aussi dégueulasse qu’elle-même. Je suis devenue comme ça malgré moi, c’est plus fort que moi, mais j’essaye de sortir de ma zone et de faire mon maximum pour changer ça.

Trop ceci, pas assez cela …

Mes traits d’eyeliner trop grands, trop noirs, ça vous fait peur j’imagine ? Mes nombreux piercings et tatouages, ils sont trop extravagants pour vous c’est ça ? Mes habits, parfois trop courts, ne veulent pas dire que vous avez le droit de me toucher les fesses ! Mes rastas sont pour vous synonymes de fumeuse ? Des histoires où l’on m’a abordée en rue pour m’insulter et me faire des remarques sur mon style, j’en ai plein la poubelle. Mais laissez-moi vous en raconter une qui m’a vraiment choquée. C’était le soir, je marchais dans le quartier d’Anneeseens, dans le centre de Bruxelles, je revenais d’une soirée à thème donc j’étais fort maquillée, j’avais de faux tatouages partout sur le visage et là, je croise une femme et ses quatre petites filles. Elles s’arrêtent, me dévisagent et la mère commence à me traiter de Sheitan, en me disant que je n’ai rien à faire ici. Bien sûr, je m’emporte et lui réponds qu’elle n’a aucun droit de me dire ça, là-dessus elle commence à s’énerver et à m’insulter en arabe. Et là, je me suis emportée, j’ai levé la main et je l’ai traitée de salope. Je sais que je n’aurais pas dû utiliser ce terme mais ça a été plus fort que moi. Elle a continué à me hurler dessus en arabe, je ne comprenais rien alors, j’ai remis mon casque sur mes oreilles en la fixant droit dans les yeux, je me suis retournée et je suis partie. Je ne comprends pas pourquoi on m’attaque alors que je ne fais de mal à personne. Sauf peut-être à moi-même au final… C’est moi qui suis mal dans mon corps et c’est moi qui souffre du regard des gens. La scarification par exemple, ça fait peur à tous quand ils s’en aperçoivent, mais au final, c’est moi qui en ait souffert, ainsi que ma maman, mais c’est tout.

Foutez-moi la paix

Mon look, c’est aussi le reflet de mon vécu, de mon histoire, de ma personne et du peu de choses qui me correspondent vraiment. Les gens me traitent souvent de gothique alors que ce n’est pas du tout ça que je suis. On me fait souvent des remarques sur mes pantalons, mes bottes noires… Lorsqu’on me lâche des remarques du style « Oh la petite gothique », ça m’énerve. Je ne me considère pas du tout comme telle. Je ne veux pas donner un nom particulier à mon look, juste je m’habille comme je le sens et cela ne devrait pas poser de problèmes. Alors, arrêtez de m’aborder à tous les coins de rue pour me traiter de salope ou de droguée. Oui je suis une salope et alors ? Oui, je suis passée par des moments compliqués dans ma vie où j’ai été droguée mais ce n’est plus le cas. Tu écoutes du « bruit » dans ton casque et tu as des rastas donc forcément tu te drogues ? Comme je l’ai dit, oui cela a été mon cas, mais c’était mon problème. Donc peut-être faut-il plutôt essayer de chercher ce que ça cache au lieu de directement juger. Moi, cela ne me viendrait jamais à l’idée de juger ou d’insulter des gens que je ne connais pas en pleine rue, pour la simple raison qu’ils ou elles ont un look différent.

Que chacun·e s’occupe de soi !

Bien sûr, j’essaye de ne pas toujours m’énerver et de prendre sur moi pour ne pas leur donner raison en devenant agressive. Par exemple, un jour j’étais dans le bus avec mon casque sur les oreilles et là je vois une vieille dame qui me regarde et dit quelque chose à son amie en me montrant. Je retire alors mon casque et je lui demande ce qu’il y a et là elle me répond « vous êtes un objet sexuel mademoiselle ». Même si je bouillonnais à l’intérieur, j’ai réussi à garder mon calme et j’ai essayé de discuter avec elle pour savoir pourquoi elle me disait ça, mais évidemment à part le fait que j’avais des vêtements qui ne lui convenaient pas, elle n’avait pas grand-chose d’autre à me dire… Je n’arrive pas à rester calme à chaque fois car les remarques et insultes, je les subis plusieurs fois par semaine. Pour moi, ces personnes-là sont frustrées et ont besoin de déverser cette frustration. Moi au moins je vis, je teste plein de choses dans ma vie. Et comme je l’ai déjà dit, je suis la seule personne concernée et touchée par ça donc j’espère qu’un jour les gens s’occuperont d’eux-mêmes au lieu de tout le temps juger ceux qui sont différents.

Auteure : Onyx, 16 ans, Bruxelles

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            Lorsque mes parents partent, il y a toujours une certaine excitation. Je fais les courses avec mon papa, pour tenir une semaine sans manquer de rien. J'aide à charger la voiture pour que...

Ne pas se faire du mal

J'ai envie de faire passer un message. Faites bien attention à vous. Ne vous faites pas du mal, cela ne va servir à rien, je vous le promets. Rien ne change, ça va juste vous faire du mal, et faire...

Coeur sombre

Coeur sombre, sombre de conneries, conneries de jeunesse, jeunesse de délinquant,  délinquance de plusieurs années, plusieurs années noires, noires de fréquentation, fréquentation de cité, cité en...

Liberté et solitude

Je vais vous parler de mon histoire par rapport à la solitude. Je suis une personne très timide. Je ne fais pas facilement confiance. J'ai toujours eu peur du regard des autres, des critiques,...

L’abus sexuel

J'ai décidé de parler de l'abus sexuel car j'espère que cela pourra aider des gens ayant vécu une situation similaire que moi... J'ai subi des attouchements vers l'âge de 7 ou 8 ans, je ne sais plus...

L’adolescence

Il y a cinq ans, je changeais d’école pour la première fois. J’entrais en cinquième primaire. C’était donc une petite école. Je me suis directement intégré. Après un mois plus ou moins, je me suis...

Á toi, qui lis ceci.

A toi qui lis ceci, Qui cache derrière son sourire ses soucis, Qui aire rire de tout et de rien, Qui n'expose jamais son chagrin. Qui souhaite tellement faire le bien autour de toi, Qui finit par...

Le regard des autres

J'ai toujours eu peur de l'avis des autres. Depuis toute petite, je suis conditionnée à leur plaire. Je suis une femme. La société nous contraint de respecter certains codes, styles vestimentaires,...

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