Bien joué !

Bien joué !

Devant le Grand Tribunal Correct, me voici près du Suprême Juge Existentiel. Toutes les personnes précédentes se sont faites cramées sur place. Que reste-t-il ? Un collier d’un vieux punk. Un gilet jaune. Un coup de poing américain. La pression monte, la température chute. Il fait un froid de canard. Je sue du sang. Le Juge tapote de sa moustache comme s’il souffrait de la malade de Parkinson. Puis, il prépare sa plus belle voix à coup de « La la lou li lou laaa ! ».

Je m’assieds face à ce curieux personnage. Vais-je finir en cendres comme mes semblables ?

« Alors jeune homme, qu’as-tu fait pour être heureux ? », gronde le Juge.

–J’ai fondé une famille, j’ai une bagnole et une maison.

–C’est tout ?

–Nan, nan, je paye toutes mes taxes.

–C’est tout ?!

–Nooo, je vote dès qu’il faut aux élections, sans hésiter.

–Bonnes réponses ! Bravo petit !

–Merci Monsieur Le Juge Sacré du dimanche… que se passe-t-il maintenant ?

–Laisse-toi transformer en étiquette rayonnante. On te collera sur les meubles.

ndlr : Texte fictif inspiré d’une illustration dessinée par Zam Zadeh

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Bruno, 26 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Amis

Les amis font parties intégrantes de nos vies. L’amitié chez les jeunes, comment influence-il notre quotidien et notre personnalité ? L’amitié joue un rôle essentiel, surtout à notre âge, car elle...

Rien n’est figé

Scan-R mène parfois des ateliers d’expression dans le cadre de projets spécifiques, comme le projet « Argent en mots » consacré à l’éducation financière. L’objectif du projet : permettre aux jeunes...

Le vol qui a duré 10 minutes

Durant nos ateliers, nous proposons aux jeunes d’écrire un texte en partant de cette phrase au sens ambigu : « Le vol avait duré 10 minutes ». L’objectif : leur montrer que la créativité peut être...

L’auto-pression !

La jeunesse d’aujourd’hui c’est la pression que l’on s’inflige pour notre avenir et que les profs nous inflige également. Les profs souvent ne prêtent pas attention à notre mal être. Ils ne se...

Raconte un bout de ton histoire

Des MENA (= Mineur·e étranger·e non accompagné·e) et leurs encadrant·es ont été invité·es à s'exprimer sur leur histoire migratoire, dans un atelier PCI chez Interra. Noura, 16 ans, Liège Le plus...

Le silence après toutes les réponses

Et si tout devenait trop facile ? Et si plus rien ne pouvait vraiment me surprendre ? A première vue, être la personne la plus intelligente au monde semble être un rêve. Pourtant, je pense que je...

Après l’info

Scan-R part à la rencontre des adolescent·es. Cette fois, l'objectif est de se concentrer sur le journalisme actuel. Après l'exposé, les jeunes font part de leurs réflexions.  TV dégoût, Ella, 17...

Options et préjugés

Options et préjugés

Le plus injuste à l’école c’est le fait que quelques options sont mises à l’écart ou même banalisées. Le plus injuste à l’école ce sont les préjugés sur les options ainsi que les différences et les remarques que les gens font par rapport à l’enseignement général et l’enseignement technique.

En tant qu’élève dans une option d’art, je tiens à noter que l’on m’a souvent fait la remarque que les techniques de transition sont nulles ou moins fortes que dans les matières scientifiques, et que ces élèves ne trouveront pas de travail surtout s’ils comptent poursuivre l’art à l’université.

Je trouve que c’est injuste de faire des préjugés juste parce qu’il y a des personnes qui veulent s’épanouir en étant créatives. On nous colle une étiquette en nous mettant à l’écart et même en banalisant les options dans l’enseignement technique.

Je peux dire que je connais beaucoup de mes camarades de classe en art qui sont forts dans les matières scientifiques, et même plus doués que ceux en option. Il ne faut pas se décourager ou même stresser, ou être forcé à prendre une option qui ne vous plait pas particulièrement. Tout dépend de vos envies et de vos attentes. Je tiens aussi à noter que des parents et même des professeurs ont des préjugés qu’ils projettent sur leurs élèves et enfants (ce qui ne règle pas les choses).

Auteure : Tamara, 17 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

Le parcours d’une personne trans

Le parcours d’une personne trans

Bonjour, je m’appelle Liam, j’ai 15 ans, aujourd’hui j’aimerais bien vous parler de mon parcours en tant que personne transgenre et de mon ressenti.

Tout commence à ma naissance, je suis né fille, je n’avais aucun problème avec cela jusqu’à l’adolescence. Durant toute mon enfance je vivais normalement, comme tous les autres enfants, j’étais passionné par Cars. Mais à ce stade de la vie, quand on est enfant, avant la puberté, tout le monde est pareil, c’est comme s’il n’y avait pas de genre. Durant mon enfance, j’étais un « garçon manqué ».

Mais une fois que la puberté est arrivée, j’ai commencé à me féminiser pour être « comme les filles de mon âge ». C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à aller de plus en plus mal. Une fois que je suis rentré en première secondaire, j’ai commencé à être un peu plus moi-même. Je m’habillais « comme un garçon », je m’étais même coupé les cheveux en milieu d’année mais ça ne suffisait toujours pas pour que j’aille mieux.

Je ne savais pas où était le problème. Début de ma troisième, j’ai commencé à me poser des questions sur moi et mon genre, ça a duré 7 mois avant que j’en parle à mes parents et presque 1 an pour que je sois sûr à 100%. Cette année de questionnement a été la plus compliquée. J’ai fait une énorme dépression après en avoir parlé avec mes parents. On a été voir un psychiatre pour pouvoir avancer dans mon transition.

En septembre 2022, j’ai changé officiellement mon prénom ; je n’avais jamais eu un aussi grand sourire que le jour où j’ai eu ma carte d’identité avec mon nouveau prénom. En septembre 2022, j’ai aussi annoncé à toute l’école ma transition, on m’appelait désormais Liam. J’étais super content, mais ça n’a pas duré longtemps. Au bout d’un certain temps, quelques élèves ont commencé à m’harceler. Je suis retombé dans une dépression.

En juin, j’ai commencé des bloqueurs de puberté, à partir de ce jour-là je n’ai plus eu mes règles, ma poitrine arrêtait enfin de pousser. Je me sentais beaucoup plus libre ce jour-là, je suis enfin sorti de cette dépression après avoir été un petit temps en hôpital psychiatrique.

En septembre 2023, je suis rentré en 5e. Tout se passe très bien pour le moment. Le harcèlement s’est arrêté; dans un an j’aurais enfin la testostérone, et le plus vite possible une mammectomie.

Voilà c’est mon histoire et mon parcours, où j’en suis en 2023.

Auteur : Liam, 15 ans, Tontelange

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

LES PETITS AVIS, EPISODE 158

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc...

La loyauté

« Je ne suis pas un loup solitaire, c’est juste que j’ai perdu toute la meute », YL, Larlar 10 (Pardon) J’ai choisi cette phrase car elle nous explique l’importance de s’entourer de bonnes...

Qu’est-ce qui me fait vibrer ?

Pour moi, une des choses que je fais pour décompresser après une longue journée au travail, à l’école, ou juste dehors, c’est découvrir les différentes cultures. De mon côté, je m’intéresse beaucoup...

Amis

Les amis font parties intégrantes de nos vies. L’amitié chez les jeunes, comment influence-il notre quotidien et notre personnalité ? L’amitié joue un rôle essentiel, surtout à notre âge, car elle...

Rien n’est figé

Scan-R mène parfois des ateliers d’expression dans le cadre de projets spécifiques, comme le projet « Argent en mots » consacré à l’éducation financière. L’objectif du projet : permettre aux jeunes...

Le vol qui a duré 10 minutes

Durant nos ateliers, nous proposons aux jeunes d’écrire un texte en partant de cette phrase au sens ambigu : « Le vol avait duré 10 minutes ». L’objectif : leur montrer que la créativité peut être...

L’auto-pression !

La jeunesse d’aujourd’hui c’est la pression que l’on s’inflige pour notre avenir et que les profs nous inflige également. Les profs souvent ne prêtent pas attention à notre mal être. Ils ne se...

Raconte un bout de ton histoire

Des MENA (= Mineur·e étranger·e non accompagné·e) et leurs encadrant·es ont été invité·es à s'exprimer sur leur histoire migratoire, dans un atelier PCI chez Interra. Noura, 16 ans, Liège Le plus...

Le silence après toutes les réponses

Et si tout devenait trop facile ? Et si plus rien ne pouvait vraiment me surprendre ? A première vue, être la personne la plus intelligente au monde semble être un rêve. Pourtant, je pense que je...

Après l’info

Scan-R part à la rencontre des adolescent·es. Cette fois, l'objectif est de se concentrer sur le journalisme actuel. Après l'exposé, les jeunes font part de leurs réflexions.  TV dégoût, Ella, 17...

Deux problèmes et une solution pour l’école

Deux problèmes et une solution pour l’école

Problème 1

L’école n’est pas assez flexible dans le sens où en gros : si t’es intelligent, tu sautes, si t’es « bête », tu doubles, alors que c’est beaucoup plus complexe. Il y a des gens qui ne sont pas fait pour certains cours ou certaines méthodes d’enseignement et pour autant ce n’est pas une raison pour les faire doubler. Ça empire souvent leurs cas et déjà qu’on perd 18 ans de notre vie si encore en plus il faut prolonger la séquestration, ça n’aide pas.

Solution 1

Il devrait pouvoir être possible d’adapter les cours en fonction des besoins et capacités de certains élèves. Bien sûr, il est aussi nécessaire de faire ça dans l’autre sens donc si un élève a des facilités, on complexifie ses cours parce qu’autant ne pas venir à l’école si c’est si simple.

Problème 2

Les horaires sont foireux. Entre-temps, il y a un nombre incalculable d’études qui démontrent qu’on travaille beaucoup moins bien le matin et on le voit partout, les écoles qui commencent plus tard ont de bien meilleures statistiques. Puis on ne peut pas faire réveiller les ados à 7h et dire qu’ils se sentent bien.

Auteur : Basile, 13 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

2 problèmes et solutions à l’école

2 problèmes et solutions à l’école

Problème

Les cours d’éducation physique sont séparés en secondaires, je trouve ça normal car les corps changent et n’importe qui peut se sentir mal à l’aise mais ce que je ne comprends pas c’est la différence de programmes entre celui des filles et des garçons. Pendant quasi la moitié de l’année, moi et mes camarades féminines avons quasiment fait uniquement de la gym en éducation physique et inversement les garçons ont quasiment fait du foot toute l’année. C’est vraiment choquant car ce n’est pas parce que tu es un garçon que tu aimes le foot et inversement avec une fille pour la gym.

Solution

Garder des cours séparés mais appliquer le même programme chez les filles et les garçons. Comme ça tout le monde peut s’épanouir et faire un sport qu’il aime.

Problème

Le manque de pratique dans l’enseignement. Par pratique, je veux dire quelque chose qui nous sort du cours « classique » assis sur une chaise. Je trouve que ça permettrait à tellement plus de gens de s’intéresser à l’école et à la fois de nous apprendre différemment.

Solution

Je sais que le budget n’est pas toujours là mais, par exemple, en sciences, si on étudie les plantes, alors allons faire un tour au parc au lieu de juste projeter un schéma au tableau. Pour le cours de français, allons au théâtre.

Auteure : Juliette, 14 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique