Debout les mots: Scan-R récolte la parole des 2ème AS de l’ISFSC

Durant plusieurs semaines, Scan-R a accompagné les étudiant‧e‧s de 2ème année AS de l’ISFSC dans le cadre de leur projet « Debout les mots ».

Ce projet vise à :
✅ soutenir leur capacité à mener des projets engagés
✅ leur donner des outils concrets pour défendre une idée ou un projet, de façon conciliante
✅ leur proposer de sortir du cadre de cours « habituel » pour explorer divers possibles de l’engagement social

Ils‧elles ont donc participé à différents ateliers d’écriture dont les récits ont été compilés dans un magazine à lire ci-dessous ✍️📒 👇

Justice d’exil

Justice d’exil

J’ai quitté mon pays, le Nigeria, en mai 2023. Je vivais avec ma jeune sœur et ma mère, charmante comme aucune autre au monde. Mais un jour, quelque chose s’est produit.

Je revenais de l’école avec ma petite sœur Fatima. Soudain, j’ai vu la police avec une amie de ma mère. J’ai vu quelque chose dans ses mains. Elle m’a demandé où était ma mère. Je lui ai répondu qu’elle était au restaurant où elle travaillait. La police et l’amie de ma mère sont parties, puis ma mère est arrivée. J’ai averti ma mère de la venue et de la surveillance de la police et de son amie.

C’est à ce moment-là que ma mère a annoncé que nous devions partir. Je lui demande pourquoi et où nous allons. Elle me répond : “nous quittons le Nigeria”.

Plusieurs fois, j’ai demandé ici : “où allons-nous maman ?”.

Plusieurs fois, elle m’a répondu : “nous devons partir maintenant”.

Je lui ai demandé ce qui se passait avec la police mais elle ne m’a pas répondu. Nous sommes arrivés dans un endroit, en Tunisie. Je me souviens que nous avons pris un bateau. Il y avait beaucoup de gens. Nous avons commencé la traversée puis nous avons été arrêtés par la police tunisienne. Ils nous ont ramené en Tunisie et nous ont mis dans des bus. Ils nous ont amené en plein milieu du Sahara. Il y avait beaucoup de gens. Les gens criaient et nous avions peur.

La police tunisienne nous a laissé sur place. Nous étions 8 personnes. Nous avons commencé à marcher dans le désert. Avant de commencer à marcher, ma mère a demandé de l’eau aux policiers. La police lui a demandé de se taire et de partir, sinon nous serions abattus.

Comme ma mère avait très soif, je suis allée chercher de l’eau, j’ai quitté ma mère et ma sœur. Mais je n’ai trouvé personne pour nous aider. Je suis revenu. C’était la nuit.

A l’aube, j’ai entendu un bruit.

Je suis allé chercher de l’aide et j’ai rencontré des gens qui avaient vécu la même expérience que nous et qui avaient été renvoyés dans le désert. Ils sont venus avec moi jusqu’à l’endroit où était ma mère et m’ont dit : “ta maman est décédée”. Ma petite sœur, elle, n’était plus là. J’ai répondu que ma mère dormait, je ne voulais pas croire qu’elle était morte.

Ils m’ont répété à plusieurs reprises que ma mère était morte et m’ont forcé à les accompagner pour rendre justice à ma mère. J’ai accepté de les suivre pour demander justice pour ma mère. Ces gens m’ont dit qu’à mon arrivée en Europe, quelqu’un pourrait m’aider à obtenir justice.

Quand je suis arrivé en Italie, j’ai demandé justice et personne ne m’a aidé. J’ai donc continué la route en Hollande, puis en France, puis en Belgique pour rendre justice à ma mère, mais toujours rien.

J’aimerais que quelqu’un m’aide à rendre justice à ma mère.

Auteur : Alkasim, 16 ans

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Découvrez notre dossier thématique spécial pour les élections 2024

ALERTE PUBLICATION : Ce 9 juin 2024, + de 800 000 jeunes belges voteront pour la première fois. Une chance de faire entendre leur voix… mais sont-ils.elles vraiment intéressé.e.s de le faire ? Découvrez ce que certain.e.s d’entre elleux en pensent dans notre nouveau dossier thématique sur l’intérêt politique des jeunes.

Au menu ?
▪️ Les cartes blanches des membres de la Rédaction Jeunes
▪️ Les interviews de Elio Acar et François Debras
▪️ Et des textes produits par les jeunes rencontré-e-s lors des ateliers

Merci à pour leurs partages et bonne lecture !

Notre dernière émission enregistrée au Parlement Européen est disponible

Pour leur dernière émission, la 7ème tournée dans les studios du Parlement européen, Robin, Corentin et Eloïse, membres de la Rédaction Jeunes reçoivent Pascal Durand, Député européen S&D (France). Ensemble, ils.elles ont discuté de la fatigue démocratique.

Rappel du concept ? Durant 8 émissions, diffusées tous les 1ers mardis du mois, les membres de la Rédaction Jeunes de Scan-R, rencontrent des député.e.s européen.ne.s pour vous éclairer sur différentes questions traitées par le Parlement européen. L’objectif : démystifier la politique européenne et vous montrer à quel point votre vote peut faire la différence, avant les élections européennes de juin 2024, qui seront ouvertes, pour la 1ère fois, aux 16-18 ans.

Bon visionnage !

Pile ou Face

Pile ou Face

La précarité c’est vivre l’exclusion au quotidien, c’est avoir peur du lendemain.
Seul au monde, oublié par le système. L’argent a toujours été omniprésent et signe de statut social. L’argent est une source d’énergie, une condition de l’existence humaine, un moyen d’oppression acquis par le travail.

Le travail que tu choisis ou qui te choisit selon ton expérience. L’expérience que tu possèdes grâce aux études ou par des rencontres.

Des rencontres qui multiplient les opportunités. Les opportunités que tu saisis par curiosité.

Au nom du courage, tu tentes d’avancer. Avancer sans reculer. Même si parfois tu peux être emporté par les démons du Passé. Le Passé qui a créé ton histoire.
L’Histoire que tu veux réinventer. Vivre sans compter. Voici une ébauche du scénario parfait. Mais la vie est imparfaite, il suffit d’une fois pour couler, toucher le fond et ne plus se relever. La vie peut être passionnante ou vue comme un poison.
Tout est question d’équilibre. Le dilemme de la hiérarchisation et la lutte contre le pouvoir. De chemins empruntés parfois prédestinés. La chute peut être mortelle, une addiction, une maladie, la dépression. Ne plus savoir qui tu es. Mais lorsque tu gravis les échelons, l’argent peut aussi être un poison emporté par l’orgueil et la désillusion.
Au final, je pense que la plus grande richesse est celle du genre humain. Car il suffit d’un regard, un sourire, d’une main tendue, d’un pas de plus pour sauver un instant les conditions inhumaines servies par la précarité.

Auteure : Soha, 23 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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