Georges a grandi en Belgique. Malgré le regard des autres et la barrière de la langue, il a su s’intégrer. Mais le Liban de son enfance restera pour toujours dans son cœur.

J’avais 7 ans… On a dit au revoir à tout le monde, la famille et les amis et on a quitté le Liban. C’était il y a dix ans. J’étais triste et content à la fois. On est venu directement en Belgique car maman avait un contrat de travail. Elle est infirmière. Quand je suis arrivé à l’aéroport. Il faisait froid. Cela faisait une grosse différente de température avec le Liban où il faisait très chaud.

J’ai eu facile à m’adapter en Belgique. Au Liban, j’apprenais déjà le français à l’école. Ça a été plus facile pour m’intégrer à l’école. J’ai deux petits frères. A l’époque, ils étaient tout petits. Pour moi s’intégrer, c’est être actif dans un pays. C’est-à-dire participer aux activités, à l’école, a ce qu’on me propose.  Ce n’est pas trop dur, je crois que je réussi malgré le fait que je ne parle pas bien la langue. Très vite, les Belges ont essayé de faire en sorte de nous comprendre, même si le français était difficile. On souriait et on communiquait avec des gestes. 

En quittant le Liban, j’ai perdu ma famille. J’étais proche de mes grands-mères. Au pays, je restais chez elles avec mes deux petits frères lorsque mes parents travaillaient. Ce fut un déchirement. Je ne me pelle plus trop, mais elles m’ont transmis plein de choses, notamment la culture. Je pense notamment à la nourriture : les préparations au poulet. En arrivant, j’étais avec mon père et ma mère. Je n’étais pas seul. J’ai appris la culture belge. Pas les frites, car cela on en mangeait déjà de très bonnes au Liban. Je découvre que les habitants sont très gentils et respectueux en général. Ils parlent bien, ils sont souriants et ils font un petit peu la fête. C’est très différent de chez nous sur certains aspects. Nous sommes plutôt accueillants et solidaires. Je crois que c’est toujours important mais je ne le vois pas suffisamment parmi les Belges. 

Je ne pourrai jamais me passer du Liban. Nous retournons parfois avec la famille au village, là où j’ai grandi petit. La maison n’a pas changé. Il n’y a pas d’étage, le toit et plat, la face est blanche. J’aime beaucoup cet endroit. Je m’y sens chez moi. J’aime retrouver la famille et les amis. Il y a beaucoup de bonnes pâtisseries très sucrées. C’est trop bon ! 

Quand je vois de nouvelles personnes, on me demande d’où je viens. Ce n’est pas un problème pour moi mais ça me dérange car malgré les efforts, on ne me considère toujours pas comme belge. Pourtant, j’ai grandi dans ce pays. J’étais tout petit quand je suis arrivé ici. On se moque parfois de ma couleur de peau mais je n’y prête pas attention. Je m’en fou. J’ai juste envie qu’on me laisse tranquille car je suis comme vous tous : belge.  

Je me considère pour tout ça intégré. Cela fait dix ans que je suis ici, c’est mon pays la Belgique autant que le Liban. L’intégration est un mot compliqué. Renier mes origines, ce n’est pas possible et dire que je me sens complètement belge est impossible. Je pense simplement que c’est important de savoir d’où je viens pour savoir où je vais.

Je ne sais pas encore où j’irai. Si je reste en Belgique, c’est bien. Sinon, je verrai…

Auteur : Georges, 17 ans

Cet article a été réalisé lors d’un atelier Scan-R.

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