Sans parent

Sans parent

Pierre, comme quelques milliers d’autres enfants en Belgique, n’a pas grandi dans sa famille. Son histoire est donc particulière. Il la partage avec nous.

Abandonné

À l’âge de 2 ans, j’ai été abandonné par mes parents et placé à l’internat par le SPJ (1), j’en déduis donc qu’il s’est passé quelque chose de grave. Mes frères et soeurs, du côté de ma maman, ont été également placés. La vie en internat m’a apporté beaucoup de choses positives comme des sorties extraordinaires, paintball, visite du musée de l’armée, celui des tracteurs, j’ai appris à faire du vélo, vacances… J’ai dû aussi faire des choses moins chouettes comme le nettoyage ou la vaisselle. J’ai appris à vivre en communauté avec d’autres jeunes, je me suis fait des ami·e·s.

Une rencontre

Durant mon enfance, le directeur de l’internat a été une personne très importante pour moi. Je ne me sentais pas seul, il a toujours été là pour m’écouter. J’allais dans son bureau, je lui demandais pourquoi ma mère m’avait abandonné. Il n’a jamais voulu me répondre mais il m’a aidé quand j’en avais besoin. Il m’a appris à ne pas garder cette colère et tous ces questionnements en moi. Je savais qu’il gardait tout ça pour lui, que c’était une personne de confiance. Avec lui, je pouvais vider mon sac et me sentir mieux. Si j’avais gardé tout cela en moi, cela aurait pu dégénérer. Si je n’en avais pas parlé, j’aurais vraiment pu devenir méchant.

Questions sans réponse

C’est très compliqué de vivre sans un papa ni une maman. Essayer de savoir la vérité sur mon histoire est impossible. Je n’ai jamais vraiment su la raison pour laquelle mes parents m’ont abandonné. J’ai toujours eu deux sons de cloche différents et je n’ai jamais su qui croire. Aujourd’hui, à l’âge de 20 ans, je ne sais toujours pas quelle est la vraie version. Je ne me pose même plus la question. J’aurais préféré avoir une autre mère et un autre père mais on ne choisit pas sa famille.

(1) Quand un mineur est en danger, si sa santé ou sa sécurité est gravement menacée, un juge de la jeunesse doit prendre la décision de le retirer à sa famille, autrement dit, de lui trouver un autre toit que celui de sa famille. C’est le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) qui intervient alors pour, concrètement, mettre en oeuvre la décision prise par le juge.

Pour en savoir plus

Le site questions-justice.be traite de toutes les questions, mais surtout des réponses qui se posent par rapport au fonctionnement de la justice, des tribunaux. Dans cette interview la juge du tribunal de la jeunesse et de l’enfance, Loan Burton, explique son métier, ses missions.

Auteur : Pierre, 20 ans, Charleroi

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Ma grossesse

Ma grossesse

À 20 ans, après avoir constaté un retard dans ses règles, Manon a appris qu’elle était enceinte. Vu sa morphologie un peu forte, c’était pour elle une réelle surprise : un médecin lui avait dit que, à cause de son poids, ça ne lui arriverait pas.

Enceinte ou pas

Un jour, j’ai commencé à me poser des questions si j’étais enceinte ou pas car mes règles ne venaient pas, j’avais un retard dans mon cycle. Mon petit ami et une amie ont été chercher un test de grossesse pour moi… Et là, pour moi, ce fut une grande joie ! Quand je l’ai appris, j’étais près de mon copain et d’une amie. Je l’ai ensuite annoncé à ma maman par téléphone. J’étais trop stressée pour le lui dire mais elle l’a bien pris ! Deux jours après, je l’annonce à la famille de mon copain. Sa famille disait qu’on ne serait pas capables de s’en occuper. Cela été un choc pour eux, ils ont dû avaler la pilule mais après, ils l’ont vite accepté..

Il arrive

Quatre mois après, on apprenait que c’était un petit garçon qui devait naitre le 18 février 2018. Toutes les échographies étaient bonnes. Un mois plus tard, j’ai perdu les eaux. Je pars à l’hôpital. Quand je suis arrivée, les infirmières me préviennent que je ne suis qu’à un centimètre d’ouverture (1). Je dois donc rester à l’hôpital car j’avais perdu les eaux. C’était un samedi, toujours rien.. Le lendemain, toujours rien. Le lundi à 5h du matin, je commence à avoir mal ! On appelle alors mon copain et ma maman pour l’accouchement. Pendant, 3 heures, j’ai vraiment mal. À 10h31, mon bébé est là ! Il est arrivé avec un mois d’avance. Il pèse 3kg500 et mesure 47,5cm. S’il était venu 1 mois plus tard, il aurait fait 4 kilos ! Étant né avant 37 semaines, il a été 3 jours au service prénatal. Cela a été un peu difficile pour moi.

Épanouie

Les heures qui ont suivi mon accouchement ont été compliquées aussi, je ne me sentais pas bien. Les infirmières m’ont dit de me reposer. Ce sont elles qui lui ont donné le biberon la première nuit. Après, j’allais lui donner le biberon toutes les 3 heures. Nous sommes restés une semaine à l’hôpital. Maintenant tout se passe bien, mon enfant grandit bien, il est en forme. Il n’a pas de problème de santé. Il va avoir 2 ans et demi. Le fait d’être maman m’a redonné confiance en moi, je vois mon fils s’épanouir et ce, grâce à moi.

(1) Il s’agit du col de l’utérus. Pour que le bébé puisse naitre, ce col doit s’ouvrir de plusieurs centimètres.

Auteure : Manon, 24 ans , Montigny

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Les petits avis, épisode 6

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Scan-R, dès le départ, donne la parole à tout le monde… Dans les témoignages que nous recevons, certains sont trop courts pour faire l’objet d’un post sur notre site. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici les témoignages d’Arthur, de Coco, Anaïs et Johnny.

Métallique et sensible par Arthur, 17 ans de Olne

Pour moi, un couteau est quelque chose de symbolique. Il représente bien plus qu’un simple bout de métal coupant. Depuis toujours, je m’intéresse à cet objet tranchant, agressif et dangereux. Si je m’y intéresse, c’est parce qu’en quelque sorte, je m’y identifie. À première vue, un couteau est quelque chose de brut destiné à faire mal. En réalité, il est bien plus que ça. C’est un objet délicat, fragile et capricieux dont il faut prendre soin. Des gouttelettes de sueur peuvent en abimer la lame. En apparence, un couteau est un objet solide mais il est aussi fragile qu’un verre d’eau. Pour prendre soin de lui, il faut apprendre à le connaitre. Si je m’identifie à ce couteau, c’est parce que moi aussi, il faut apprendre à me connaitre. Ma copine m’a avoué qu’avant qu’on se connaisse, elle me croyait hautain et sans sentiment. Dans la rue, en public, j’ai l’air froid et agressif. Mais malgré les apparences, je suis une personne amicale et compréhensive. Telle une petite lame qui ne demande rien à personne.

N’aie pas honte par, Coco, 18 ans de Liège

Je suis juste une femme qui dit ce qu’elle pense haut et fort et je n’ai pas honte. Je n’ai pas honte quand j’ai une tache de sang sur mon jeans ou que je porte un short alors que j’ai des « grosses» cuisses ou même quand je parle de sexe,… je n’ai pas honte de moi. “Dégueulasse” ? Mais non ce n’est pas dégueulasse ! Ce n’est pas honteux ni dérangeant, c’est ça être une femme. Ce sont des problèmes du quotidien, de mon quotidien et, je me répète, je n’ai pas honte. Je suis qui je suis avec mes défauts et mes qualités. Je m’aime comme ça. Nous sommes en 2020 et il y a toujours des tabous sur les femmes. Des femmes ont peur … mais peur de quoi ? D’être une femme ? Nous sommes pareilles que les hommes, nous sommes des êtres humains. Alors, pourquoi sommes-nous autant jugées quoiqu’on fasse ? Ce serait mal, pas féminin ? Stop ! Arrêtez, arrêtez avec tous vos préjugés sur nous, laissez-nous vivre comme on veut car on en a le droit ! Quand je vois que j’ai des amies qui pleurent, qui ont honte de leur corps ou de parler de sexe, je trouve ça dommage. On tente de se transformer, d’être quelqu’un d’autre pour se faire accepter. On doit se cacher. J’aperçois des femmes baisser les yeux quand elles passent devant des mecs dans la rue, je trouve ça horrible. Pourquoi doit-on baisser les yeux ? Toi qui me lis : Non, ne baisse pas les yeux ! N’aie pas honte de toi et sois fière de qui tu es.

Ma grand-mère par Anaïs, 21 ans de Montigny-le-tilleul

Ma grand-mère s’appelle Andrée, elle a un peu plus de 60 ans. Elle a 4 enfants et moi, je suis l’ainée de ses neuf petits-enfants. Elle est la dernière fille d’une famille de 13 enfants. Quand elle avait 6 ans, elle a attrapé des poux, alors on a dû lui raser la tête. Elle portait des sandales en hiver. Un jour, le maitre l’a fait rester en classe pour se laver au lavabo. À 18 ans, elle quitte l’école, se marie et tombe enceinte. Elle perd son premier enfant,… Son mari la battait. Au cours de sa vie, elle a fait plusieurs infarctus (1), elle s’est fait opérer deux fois à coeur ouvert (2). Pour moi, avec son parcours de vie compliqué, ma grand-mère est un exemple de courage. Je suis fort proche d’elle. Elle est comme ma mère. Le jour où elle partira, je serai anéantie. Toute ma famille sera anéantie. Je l’aime très fort. En plus, si on a besoin d’elle, ma grand-mère est toujours là.

1. Un infarctus c’est une nécrose, autrement dit la mort, d’une partie du muscle cardiaque. Les cellules de cette partie du coeur ne fonctionnent plus ce qui entraine un manque d’oxygène et peut conduire à la mort. 2. Une opération à coeur ouvert est une opération durant laquelle on ouvre une ou plusieurs des quatre cavités du coeur. C’est une des interventions chirurgicales des plus lourdes et des plus risquées.

Se bouger les fesses après avoir eu le cul dans le fauteuil par Johnny, 22 ans de Charleroi

Il y a un an, je ne voulais plus rien faire à part rester dans mon lit, jouer avec des potes. Je ne voulais pas travailler, ne voulais rien faire pour personne. Ma mère en avait marre que je ne foute rien à la maison, elle disait que je n’allais jamais rien faire de ma vie ! Quand ma mère est devenue bénévole (1) pour une banque alimentaire (2), elle m’a demandé de venir les aider. J’y suis allé 2 ou 3 fois et ça m’a plu et je suis aussi devenu bénévole. On s’entend tous bien, on rigole, on joue parfois mais tout se fait dans le respect du travail ! Quand il y a des gens qui viennent, il faut les aider à porter les colis. On forme une belle équipe ! Quand est arrivé le confinement, la banque alimentaire est restée ouverte pour aider les personnes dans le besoin. On a dû porter un masque, des gants. On continuait à livrer chez les personnes. Pendant 2 mois et demi, je ne me sentais pas vraiment confiné : j’aidais les autres, tous les jours, je livrais… Ce travail de bénévole m’a vraiment appris à bouger mes fesses.

1 Un·e bénévol·e est une personne qui accepte de travailler sans être payé·e. De nombreuses associations fonctionnent avec des bénévoles.
2. Une banque alimentaire a pour fonction de distribuer – gratuitement – de la nourriture aux personnes dans le besoin. D’après cet article de la RTBF, plus de 17.936 tonnes de nourriture ont été distribuées en Belgique et en 2019. Chaque mois, 168.476 personnes ont fait appel à cette aide alimentaire.

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Enfant et soldats

Enfant et soldats

Babacar n’a pas toujours vécu en Belgique. Une partie de son enfance, il l’a passée au Sénégal, un pays francophone d’Afrique de l’Est qui compte un peu plus de 16 millions d’habitants. Ses souvenirs ne sont pas des plus poétiques, ce dont il se rappelle surtout, ce sont des rebelles.

Dans le village de ma grand-mère

Petit, j’ai vécu à Dakar, la capitale du Sénégal, mais aussi dans beaucoup d’autres villes du pays. À 7 ans, mon père m’a envoyé chez ma grand-mère. Son village, situé dans le sud du pays, était assez pauvre. Les premiers mois ont été longs, les gens me semblaient très étranges par rapport à chez moi et puis, évidemment, avec le temps je me suis fait des amis.

Coups de feu

Au bout de quelques jours, les villageois m’ont parlé de groupes armés qui arpentaient la forêt. Ils avaient la réputation d’être cruels et fascinés par le meurtre. Tous les enfants du village étaient mis en garde. Ces groupes armés sont constitués en majorité de déserteurs, d’anciens commandos de l’armée ou d’anciens gendarmes et policiers. Un jour, j’étais en train de jouer avec mes amis sur le petit terrain de football du village quand on entend des tirs de gros calibre. Je reste figé sur place, je sens un bouillon d’émotions en moi. Je veux bouger mais je n’y arrive pas, je veux pleurer mais je n’y arrive pas non plus. La deuxième fois que j’entends ces bruits, je ne ressens plus rien comme si je m’y étais déjà habitué. Je ne ressens plus rien et je comprends que même les habitants se sont habitués aux rebelles.

Les rebelles

Ma première rencontre avec les soldats se passe dans la forêt, je suis avec trois ou quatre amis. Nous marchons à travers cette forêt qui parait interminable. Un de mes amis s’arrête subitement. Il nous dit : “Arrêtez-vous !”. Devant nous, une centaine de personnes marche dans notre direction. Elles ne font presque aucun bruit. Presque toutes portent des armes énormes, aussi grandes qu’un homme. Jamais je n’ai vu de telles armes. Beaucoup ont le visage troué, ils ne clignent pas ou peu des yeux. Mes amis et moi reprenons notre route. On est à côté des rebelles et on ne prononce pas le moindre mot. Ce village que nous venons de quitter s’appelle Tambacounda, il se situe non loin de la Casamance, une province du Sénégal. Je n’ai jamais parlé de ça à personne. Mais cet épisode de vie m’a appris que peu importe le degré de danger, il faut toujours continuer à avancer pour finir le chemin.

Auteur : Babacar, 19 ans, Gilly

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Lisa, autiste Asperger

Lisa, autiste Asperger

Quand elle était encore petite, les parents de Lisa ont cru qu’elle avait un problème à l’oreille. Elle ne réagissait pas à certains bruits. À cause de ce problème, l’institutrice maternelle ne voulait pas s’occuper d’elle. Après une visite chez le docteur, ses parents se sont rendu compte que tout allait bien avec les oreilles et que les problèmes ne venaient pas de là mais du syndrome d’Asperger (1), une des formes de l’autisme.

Pas comme tout le monde

Quand mes parents m’ont annoncé que j’étais autiste, je n’ai pas compris ce que cela voulait dire. Maintenant, je comprends que je n’agis pas toujours comme tout le monde. Mes parents ont dû choisir entre me mettre dans une école spécialisée ou dans une école ordinaire. Pour que j’aie les mêmes chances que les autres enfants, ils ont choisi la deuxième solution. À l’école, j’étais accompagnée par le SUSA (2), une association qui vient en aide aux enfants autistes. Au début, les autres enfants me trouvaient bizarre. Ensuite, ils ont appris à me connaitre et à me prendre comme je suis. Les professeurs disaient que je faisais trois pas en avant et un pas en arrière … donc j’avançais ! Les deux pas en avant, ils comptaient !

Des activités à la pelle

J’ai fait ma première secondaire dans une école mais j’ai dû changer d’école. Ils n’ont pas accepté ma différence. Pendant mon enfance, mes parents m’ont inscrite à plusieurs activités. Parfois ça fonctionnait, parfois moins. J’ai fait de l’aïkido, de la plongée et du hip- hop. Pendant mes deux premiers cours d’aïkido, je ne comprenais pas les exercices mais avec le temps, j’ai su les maitriser. J’ai essayé de faire du théâtre à l’académie mais ils étaient trop exigeants pour moi. J’ai eu un super prof de piano mais je n’ai pas tellement accroché et j’ai arrêté. J’aime la plongée. Certaines personnes m’ont déconseillé d’en faire car j’étais autiste mais cela ne m’a pas arrêtée.

Rêver plus loin

Je suis actuellement en formation pour devenir animatrice pour les enfants. J’aime tellement ça que, l’année prochaine, je vais intégrer la section “technique sociale”. C’est un grand défi pour moi. J’ai les mêmes sentiments que tout le monde mais j’ai du mal à les gérer et à les exprimer. Ma petite sœur Darla me considère plus comme une personne normale qu’une personne autiste. Mon père me fait souvent des mauvaises blagues pour m’apprendre à réagir à celles des autres. Je vous donne un exemple : je demande à mon papa où est mon chat car je ne le vois plus et que je sais qu’il ne sort jamais. Mon papa me fait croire qu’il est sorti sur la terrasse. Ça m’énerve car, parfois, je pense que c’est vrai. J’ai conscience du fait que les autres font des efforts pour m’aider mais il faut comprendre que je dois aussi faire énormément d’efforts de mon côté. Comme pour toute chose, il faut considérer la différence des deux côtés, envisager les deux points de vue. Je suis différente pour les autres mais ils sont aussi différents pour moi.

1. D’après, www.passeportsante.net, le syndrome d’Asperger est un trouble de la famille de l’autisme. Concrètement, les personnes atteintes par ce syndrome ont des difficultés à se sociabiliser et à interagir avec les autres. Les enfants atteints sont souvent intelligents, perfectionnistes et exigeants. Ils donnent une importance particulière aux détails pouvant échapper à la majorité. Ils ont des centres d’intérêt précis qui sortent parfois de l’ordinaire pour des enfants de leur âge, par exemple la conquête spatiale ou les trains. Ils sont doués d’une mémoire remarquable et la logique est le fondement de leur raisonnement. Ils possèdent également une grande lucidité et une bonne capacité d’analyse.
2. Depuis 1991, le Susa est une fondation qui a pour but principal d’accompagner les personnes autistes tout au long de leur vie.

Auteure : Lisa, 17 ans, Woluwé Saint-Lambert

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