Qui fait le malin, tombe à l’internat

Qui fait le malin, tombe à l’internat

Pendant des années, Rayan ne faisait pas ses devoirs, ne travaillait pas à l’école, provoquait les professeur·e·s. Il a fait des bêtises assez grosses pour que sa mère n’ait plus qu’une solution, le mettre dans un internat.

Le grand jour

Ca y est, c’est le jour J. Ma mère me dépose à l’internat et repart. À travers les gouttes de pluie qui coulent sur la fenêtre de ma nouvelle chambre, je la regarde partir vers l’arrêt de bus. C’est très difficile, je fonce en pleurant dans la chambre d’un ami à moi, Ricardo, et lui demande pour appeler ma mère. Je retourne à la fenêtre de ma chambre avec le téléphone. Je lui dis : « Maman, c’est Rayan. Tu me manques, je veux que tu viennes me chercher ». En larmes, ma mère répond « Rayan, tu dois rester. C’est pour toi que je fais ça ». Elle raccroche alors que le bus arrive. Elle monte dans le bus et ces dix secondes me paraissent durer dix ans. Je me sens abandonné, je pleure comme jamais je n’avais pleuré avant.

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs

À l’heure où je vous parle, je sais que ma mère a fait ça pour moi, elle pensait que j’allais être mieux là-bas. Malheureusement, j’y ai vécu un enfer : les éducateurs nous frappaient. Un jour, à l’étude, un éducateur a jeté mon tout nouveau plumier sur moi parce que je n’avais pas fini mes devoirs. J’ai ramassé mon tipex, mes crayons cassés. J’ai pleuré. Je me sentais humilié. Après que plusieurs jeunes de l’internat aient aussi parlé de ce qui se passait là-bas, l’internat a finalement dû fermer.

L’ailleurs attise le manque du pays

Après cette mauvaise expérience, j’ai heureusement passé les quatre dernières années dans un internat qui me convenait. Là-bas, les éducateurs et les activités étaient très bien. J’ai donc pris du recul. Finalement, l’internat m’a permis d’apprendre à me gérer, à me calmer, à être plus sociable et à faire moins de bêtises. Et surtout, le manque de ma mère m’a fait comprendre qu’il était important de prendre soin des gens qu’on aime.

Auteur : Rayan, 14 ans, Ans

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Les petits avis, épisode 10

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Scan-R, dès le départ, essaye de donner la parole à chacune, à chacun, à tout le monde ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un témoignage. On a donc décidé d’en rassembler plusieurs. Voici donc les témoignages de Noémie, Georges, Najlaa et Izak.

Jugée parce qu’en échec par Noémie, 16 ans, Liège

Les jugements par rapport aux personnes qui doublent une année scolaire peuvent avoir un impact sur la confiance en soi. J’en ai fait les frais. L’année scolaire 2018-19 s’est mal terminée : je n’avais que deux échecs et j’ai, de peu, redoublé. Depuis, j’ai la sensation d’avoir perdu un an de ma vie. J’ai dû recommencer mon année avec des personnes que je ne connaissais pas et surtout, sous les regards de pitié et de dédain de la part de mes proches, de mes professeurs, des autres élèves… Tout au long de l’année, j’ai reçu des remarques désobligeantes sur mon niveau intellectuel. On me disait, par exemple, que j’avais 2 de QI, que les personnes qui doublent, c’est parce qu’elles sont connes… Petit à petit, j’ai eu un complexe par rapport à mon niveau d’intelligence. Je sais au fond de moi que je ne suis pas bête, mais toutes ces remarques et ces regards m’ont fait croire que je l’étais. Je n’osais plus dire, faire des choses qui auraient pu inviter à penser que j’étais bête. Je me suis éloignée alors de certaines amies de mon école, elles me jugeaient en permanence sur mon échec scolaire. Avec le temps, j’ai réussi à me reconstruire, à savoir qui je suis et ce que je vaux. L’année 2019-20 s’est terminée avec les félicitations de l’école ! En fin de compte, je suis heureuse surtout grâce à l’aide de mes amies d’enfance qui m’ont soutenue tout au long de l’année.

Mes parents divorcent, par Georges, 16 ans, Jupille

Lors d’une séparation ou d’un divorce, j’ai l’impression qu’on ne pense pas à nous, les enfants. Je suis dans cette situation et je peux vous dire que ce sont nous, mes frères et soeurs et moi, qui en souffrons le plus. Ce qui me touche, ce sont les raisons de ce divorce. Pour le moment, je suis en colère contre mon père. Ce qu’il a fait est impardonnable. Je n’ai plus du tout envie de le voir ou de lui parler. Je le déteste ! Pourquoi cette situation ? Parce que, plusieurs fois, il a trompé ma mère. Après de longues années de souffrances, elle a demandé le divorce. Grâce à sa psy, elle s’est sentie mieux et a trouvé la force de le quitter. Au début du confinement, iIs nous ont annoncé le divorce. En tant qu’enfant, je ne peux rien y faire, à part subir et c’est difficile à vivre. Dans ces moments-là, nous avons besoin de personnes de confiance pour nous aider à nous sentir mieux alors on en parle beaucoup entre nous, avec ma soeur et mes frères. Quand j’étais petit, comme c’est le cas pour beaucoup d’enfants, mon père était un héros. Après avoir appris la raison du divorce, je suis tombé de haut, de très très haut. Mon père est passé de héros à la personne que je méprise le plus pour le moment. C’est pourquoi je ne compte pas lui pardonner. Je n’ai même plus envie de le voir, de lui parler. Ce que je ressens dans cette situation, c’est déception, trahison et mépris.

Le théâtre m’a aidée, par Najlaa, 14 ans, Bruxelles

Petite, je me faisais harceler. On me disait que “j’étais différente” des autres : j’étais très petite, j’étais très timide. Je portais des lunettes… J’étais donc traitée de “singe à lunettes.” À ce moment-là, j’étais rouge comme une tomate, c’était la honte totale. J’étais vraiment seule, je n’avais pas vraiment d’ami·es. On disait que j’étais différente des autres… Ce qui m’a aidé ? C’est le théâtre. Un jour, je suis allée à un cours de théâtre que suivait ma mère. On m’a alors proposé un tout petit rôle dans une des pièces et j’ai accepté. Quand le jour de la représentation arriva, j’étais sur la scène, morte de peur mais j’ai aimé monter sur scène et m’exprimer. Le théâtre m’a beaucoup aidée. Depuis que j’ai joué cette pièce, j’ai continué à en faire et ça m’aide à m’exprimer devant un public. Sur la scène, je me sentais libre, comme si je pouvais tout faire. C’était comme ma deuxième maison. J’étais libre de danser, crier, chanter, faire n’importe quoi sans que personne ne me juge. J’étais moi-même. Je me dis que si je devais retourner dans le passé et dire une chose aux personnes qui m’ont harcelée, je leur dirais que ce qu’elles ont fait n’était pas du tout normal et je me moquerais pas mal de leurs jugements sur le physique… Nous sommes toutes et tous pareil·le·s. Je souhaite que chaque personne trouve une passion qui l’aidera à surmonter le harcèlement.

Je veux qu’on nous écoute, par Izak, 16 ans, Laeken

J’ai eu une enfance difficile… On m’a toujours dit : “Les jeunes, vous ne servez à rien… Juste à foutre la merde”. Nous, on se fait arrêter par la police si on ne porte pas de masque mais j’ai vu de mes propres yeux que ce n’était pas la même chose pour les adultes. Nous, pour ça, nous sommes arrêtés et menottés. Je trouve que les adultes devraient se regarder avant de parler. Tout le temps, on se prend des commentaires mais quand on veut dire quelque chose, nous ne sommes pas écoutés. J’ai l’impression qu’avec les adultes, comme mes parents, on ne parle pas la même langue. Je ne comprends pas. On nous dit qu’on n’écoute pas mais mon père, par exemple, est le dernier à m’écouter. Ce qu’il écoute, ce sont les adultes qui parlent à la télé. Nous, on devrait faire comme si on était des adultes mais nous sommes des jeunes et personne ne veut le comprendre. Moi, je veux qu’ils fassent attention à ce qu’ils disent, à la manière dont ils font les choses avec nous, je veux qu’ils arrêtent de parler de nous, à notre place.

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Les coups

Les coups

Anila avait une amie et puis, pour une bêtise, tout s’est compliqué. Plutôt que la situation se calme, revienne à la normale, tout a empiré. Après l’agressivité des mots arriva celle des gestes. Anila a choisi de se défendre avec le taekwondo. Rappelons tout de même, qu’on ne peut pas utiliser les arts martiaux n’importe quand, n’importe comment même si c’est pour se défendre…

Ce n’est plus mon amie

Tout a commencé à cause d’une dispute. Pas très grave, mais après, elle a commencé à dire du mal des gens, à être méchante. Je lui ai dit que c’était mal, qu’il fallait arrêter… Elle s’est retournée et j’ai vu son visage s’assombrir. Elle m’a regardée dans les yeux et m’a crié dessus : « Et mais… tu n’es pas mon amie ? » Je lui ai répondu que, bien sûr, j’étais son amie, mais qu’il y a des choses qui ne se faisaient pas. Ça ne l’a pas calmée. Elle a continué à me crier dessus en me disant que je ne serai plus son amie. Elle m’a laissée au milieu de la cour… Tout le monde me regardait. J’ai commencé à pleurer et je me suis cachée dans les toilettes.

Les jours passent

Elle revient avec d’autres amies de sa classe et me bouscule. Elle me regarde avec un regard noir, je ne comprenais pas pourquoi elle se faisait d’autres amies, j’étais plutôt jalouse. J’ai baissé les yeux, je me suis sentie trahie. J’étais seule et triste. Est-ce que c’était ma faute ? Petit à petit, les petites bousculades devenaient des gestes plus violents. Malgré tout, j’ai voulu me réconcilier avec elle. Quand je lui en ai parlé, elle m’a coupé la parole en me demandant si on se connaissait… À ce moment-là, je me suis sentie vraiment mal, mon cœur s’est déchiré. Les larmes aux yeux, je lui ai demandé de me pardonner, elle s’est retournée vers ses nouvelles amies et a dit : « Comment pouvais-je être amie avec cette débile »… Ces amies rigolaient. Je suis partie en courant. Les jours passaient, ses gestes et ceux de ses copines se faisaient de plus en plus violents. Je n’ai pas compris ce qui se passait.

Me défendre

Pendant deux ans, la situation s’est envenimée, la violence est devenue plus grande. Un jour, je n’ai plus pu supporter cette situation. J’ai demandé à ma maman de m’inscrire à un cours de taekwondo. Le but était de me permettre de me défendre contre elle. Après quelques semaines, quelques leçons, j’ai su me rebeller, j’ai su me défendre. J’étais tellement fière de moi. Un jour, une fois de trop, elle essaya de me taper, je me souvenue de ce que j’apprenais au taekwondo et j’ai répondu à la violence par la violence. Elle semblait surprise et je l’ai repoussée, elle est tombée par terre et je lui ai dit de ne plus jamais m’approcher. Elle était en colère, avait une folle envie d’en découdre avec moi. Je le voyais dans ses yeux, mais rien ne s’est passé. Par la suite, elle ne m’a plus cherchée et je me suis fait d’autres ami·e·s. De loin, je croisais encore, de temps en temps, son regard noir. Le taekwondo est devenu mon art martial, il m’a permis de me défendre et de défendre les autres personnes qui en ont besoin. Cherchez un moyen de vous défendre. J’ai choisi le taekwondo, il m’a donné de la force et le courage d’affronter des personnes horribles.

Auteure : Anila, 15 ans, Bruxelles

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Dyslexique, je me sens différente

Dyslexique, je me sens différente

Depuis qu’elle est toute petite, Sakura a des difficultés à s’exprimer, à lire, à parler. À 14 ans, elle a pu mettre un mot sur sa difficulté… La dyslexie, ce n’est pas une maladie, une maladie on la soigne. C’est un trouble, plus ou moins grave de la lecture et souvent de l’orthographe, qui handicape celles et ceux qui en souffrent à l’école mais aussi ailleurs (1).

Être invisible

J’ai toujours voulu faire comme si de rien n’était. Je voulais me faire remarquer le moins possible, du coup, je parlais très peu. J’essayais aussi de faire croire que je comprenais tout, et donc je répondais oui à toutes les questions. Je voulais montrer aux autres que j’étais normale, je ne voulais pas qu’ils me jugent trop sur le fait que je ne savais pas m’exprimer, que je ne savais pas vraiment lire. J’avais vraiment peur de me faire harceler, je voulais donc être la plus discrète possible.

Foutue

Même si depuis l’école primaire, je voyais des logopèdes, ce n’est qu’à 14 ans que j’ai appris que j’étais dyslexique. À 14 ans, j’ai enfin pu mettre un mot sur ce que je vivais. J’ai commencé à poser plein de questions à ma mère tellement je ne m’y attendais pas. Je me suis vraiment sentie mal quand elle m’a expliqué. Je me suis dit que ma vie était foutue, je pensais que tout le monde allait rigoler de moi et voir dans leurs propres yeux que j’avais une difficulté.
Aujourd’hui à 17 ans, je l’assume un peu plus car de plus en plus de gens le comprennent. Quand on me demande, souvent, ce que c’est, je ne sais pas trop quoi répondre parce que les autres posent trop de questions :  » ça fait quoi d’être dyslexique ? « ,  » ça fait quoi d’être bizarre ?  » Moi, on m’a simplement dit qu’être dyslexique, c’est avoir du mal à écrire et à lire, c’est tout.

Parler est compliqué

En lien avec ma dyslexie, j’ai également des difficultés à m’exprimer à l’oral. Exemple, quand je dois lire à voix haute en classe, je reçois des remarques comme « Oh le bébé, elle ne sait pas lire une phrase entière ». Depuis, je bégaye ou je perds mes mots. Je ressens alors un gros vide dans ma tête et je panique. Je me dis qu’on va me prendre pour une débile. J’ai peur que la personne en face de moi ne comprenne pas ce que je vais dire, j’ai peur de recevoir encore des réflexions du style « Pourquoi tu prends autant de temps pour dire une seule phrase?”, “Tu ne sais pas parler ou quoi ?!”. Parfois, je dis une phrase qui n’a rien à voir avec une autre et du coup, on m’insulte : “T’es handicapée ou quoi ?!”… Alors…je me tais.
Quand je dois parler, je n’aime pas qu’il fasse calme dans la pièce. Je préfère quand il y a du bruit comme cela on m’entend moins, on ne va pas entendre ce que je vais dire. Je n’ose plus rien dire, j’ai vraiment peur de parler. Au pire, si on ne me comprend pas, je dis à la personne “laisse tomber”.

Peu aidée

Mes parents ne m’ont pas beaucoup aidée pour surmonter cette situation. Lors de mes devoirs à la maison, ma mère me disait souvent de demander à mon père. Mais mon père rentrait tard du travail. Moi, je voulais qu’on m’aide à faire mon devoir et surtout qu’on m’aide à le comprendre. Fatigué de sa journée de travail, mon papa faisait mon devoir à ma place sans que je reçoive vraiment de l’aide, ce que je ne lui demandais surtout pas. Dans sa vision, cela me permettrait d’être tranquille. Évidemment, j’aurais aimé qu’il puisse m’aider dans mes cours.

L’éclaircie est pour demain

Heureusement, sur mon chemin, il y a eu des logopèdes. Elles m’ont aidée, elles m’ont comprise. Grâce à elles, j’ai pu réussir à me faire comprendre et à m’exprimer. Je me suis améliorée depuis 3 ans. C’est encore très compliqué pour moi mais je ne suis pas quelqu’un qui abandonne facilement. Dorénavant, je ne me dis plus que je ne pourrai rien faire dans la vie car je sais que je pourrai faire un jour ce que j’aime. J’ai rencontré une personne dyslexique de 50 ans qui faisait un travail qu’elle aimait. Pour moi, elle avait réussi dans la vie, cela m’a soulagée et cela m’a fait du bien. Il n’y a pas que moi dans ce monde qui a cette difficulté, d’autres personnes que moi vivent ce que je vis et ne baissent pas les bras.

(1) Dans la brochure : Le petit guide des dyslexiques, disponible gratuitement et en téléchargement sur le site de l’Association belge de Parents et Professionnels pour les Enfants en Difficulté d’Apprentissage (ADEPA), une multitude d’informations, de suggestions et de conseils permettent de comprendre et de vivre – aussi bien que possible – avec la dyslexie. Une définition du trouble est aussi proposée : “Est dyslexique celui dont les difficultés en lecture ne viennent pas de troubles intellectuels, neurologiques, sensoriels, ni d’un milieu social très défavorisé. Un enfant est dit dyslexique lorsqu’il éprouve des difficultés spécifiques et persistantes (par exemple des confusions auditives ou visuelles, des omissions, etc) lors de l’apprentissage de la lecture et, dans la plupart des cas, de l’orthographe”.

Auteure : Sakura, 17 ans, Chaudfontaine

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Harcelée, un an après

Harcelée, un an après

Il y a un an, Romane s’est fait nier par l’amie, sa meilleure, celle qu’elle connaissait depuis bien longtemps. Après avoir essayé de recoller les morceaux, elle s’est fait rabrouer. Un an après, elle nous raconte comment elle a vécu ce moment très difficile de sa vie.

Niée

C’était dans la cour de récréation, à la pause de 10h00. Je me dirige vers ma meilleure amie. Elle est avec une bande de filles. En m’apercevant, elle décide de se rendre de l’autre côté de la cour. Je me dirige à nouveau vers elle, mais elle répète cette opération étrange, encore et encore. Je comprends alors. Elle tente de m’éviter… Rentrée chez moi, je lui envoie des messages et lui demande pourquoi elle se comporte de cette manière avec moi. Aucune réponse. Après deux, trois longs mois d’attente, elle m’envoie finalement un message me faisant comprendre qu’elle ne veut plus de moi.

Nulle

Quatre mois plus tard, je crée un groupe facebook avec tou·te·s les ancien·ne·s élèves de l’école primaire. Elle poste alors un message plein d’insultes, raconte des choses inexactes me concernant : c’est moi qui l’aurait lâchée,… Elle écrit aussi que je n’ai pas d’ami·e·s, que j’ai été méchante avec elle,… J’ai été très blessée par ces messages, je me suis sentie problématique, nulle, pas assez bien pour les autres. J’ai perdu le peu de confiance que j’avais en moi,… Pour compliquer encore un peu les choses, je suis ultra-sensible, pleure très facilement, ne sais pas encaisser. Bref, je prends, tout, très à coeur.

On avance

Maintenant que j’y pense, j’aimerais ne plus fondre en larmes. Je me dis qu’avec le temps, j’oublierai cette histoire. Aujourd’hui, j’ai plein de nouvelles et de nouveaux ami·e·s. J’ai appris à connaître de nouvelles personnes, j’ai pu compter sur tous les membres de ma famille qui ont été, sont et seront, toujours là pour moi. Cette expérience m’a fait comprendre qu’il faut faire attention quand on choisit ses ami·e·s. J’ai repris confiance en moi, j’ai fait le tri dans ma tête. Je garde le positif, chasse le négatif. Je ne veux garder que les bons souvenirs, entourée de mes proches.

Auteure : Romane, 13 ans, Sippenaeken

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Chaimae se livre à un exercice d’écriture et d’introspection… Elle s’interroge aussi sur qui peut, pourrait, pourra, un jour peut-être, la comprendre. En attendant ce grand soir, son coeur est...

Être soi, malgré l’influence des réseaux sociaux

Comment rester soi, s’apprécier, se trouver belle quand, à longueur de fils sur instagram, on voit défiler des icônes plus parfaites que la réalité ? Comment faire, quand, dès 13 ans, on se retrouve...

Fatiguée de l’homophobie

« L’un·e “fait” la fille, l’autre le mec », « Les femmes deviennent lesbiennes parce qu’elles ne plaisent pas aux hommes », « Les homos sont plus infidèles que les hétéros ». Voici quelques préjugés...

14 ans, doutes et questions

Dans les statuts facebook pour parler des histoires de coeur ou de fesses, il y un certain nombre de possibilités… En couple, en concubinage, marié·e, veuve ou veuf, fiancé·e… et l’option, c’est...

Pourquoi juger ?

Quand une situation de harcèlement survient, c’est intolérable. Aujourd’hui, c’est Lucile qui nous en parle. Elle nous invite à nous interroger sur les jugements, sur le poids qu’ils font...

À coeur grand ouvert

Aimer sans limite, y laisser son coeur, détester de tout son être, pleurer sans raison ou encore sourire à en avoir des crampes,... Tout cela dans l’espace d’une seule et même journée… Parlons...

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