Pourquoi vivre en Belgique, c’est survivre ?

Pourquoi vivre en Belgique, c’est survivre ?

Certes, ici, on a tous des maisons, des soins de santé, de la nourriture. On a de la chance de ne pas être en guerre. Mais au final, même si on vit, on respire, nous devons chaque jour tout faire pour rester dans ce confort. Tous les jours de notre vie sont résumés à travailler pour l’Etat, pour accéder au strict minimum du confort jusqu’à 67 ans.

Pour s’offrir des plaisirs, on est obligé de s’interdire d’autres plaisirs. Si demain il nous arrive quoi que ce soit qui fait qu’on doit arrêter de travailler, notre vie se résumera à continuer de survivre encore plus.

On apprend à se contenter de ce qu’on a et on s’habitue au final à cette pauvreté qui devient notre quotidien. On paye pour s’instruire, se déplacer, communiquer et alors, tout ça devient normal.

Auteure : Lina, 23 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Retrouvez ce récit et d’autres dans notre dossier thématique

Un héros des temps modernes

Un héros des temps modernes

« Et pourquoi avez-vous un trou de six mois dans votre CV d’ailleurs ? ».

A ces mots, j’observe le jeune garçon devant moi s’enfoncer encore un peu plus au fond de sa chaise.

« Euh… Eh bien c’est-à-dire que… ».

« Ce n’est pas comme si vous aviez beaucoup de revenus à déclarer. Je suppose que vous avez pris un congé puisque vous avez des parents sur lesquels vous pouvez compter ».

Je le coupe dans sa phrase, je n’ai pas besoin de l’écouter. Des types comme lui, j’en vois passer tous les jours. Des incapables, qui se reposent sur leurs lauriers. Qu’est ce que j’en aurais à faire de leur passé ? De leurs difficultés ? La souffrance n’a aucune valeur. On ne peut pas l’échanger contre son pain quotidien. Tout ce qui m’intéresse, c’est comment les vendre sur le grand marché, celui avec un grand « T ».

« D’ailleurs, la prochaine fois, sur votre CV, fermez la bouche. Si vous souriez je peux voir d’ici vos atroces dents cariées ».

« C’est-à-dire que ma mutuelle… ».

« Tututut, des excuses, toujours des excuses. Allons, réjouissez-vous, j’ai un job à vous proposer. C’est un travail noble, vous serez envié ! Il s’agit d’un poste dans un call center. Tout ce que vous avez à faire, c’est rester assis pendant qu’on vous crie dessus et peut être, à l’occasion, vendre des pilules douteuses à quelques retraités. Vous aurez de nombreux avantages : pas moins de cinq minutes de pause par jour vous seront accordées pour passer dans le water closet délabré – attention, tout surplus sera retiré de votre salaire –. Et tout cela pour un salaire qui n’est inférieur à votre chômage que de 200€ ! Mais quelle opportunité ! ».

Le jeune homme se recroqueville. Je vois peu à peu son visage passer de la tristesse à un ton plus neutre. Parfait, il dissocie, cela rendra mon travail plus facile. Après lui avoir aussi rappelé le temps qu’il lui restait avant de perdre ses droits, il hoche péniblement la tête. Eh oui, encore un client satisfait. Et encore une belle journée pour l’emploi dans une Belgique épanouie.

ndlr : Texte fictif inspiré d’une illustration dessinée par Zam Zadeh

Auteur : Pierre, 27 ans, Mons

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Roi et reine

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Durant un atelier à la Maison Marie-Louise, nous demandions aux participants d’inventer trois lois. Dans quel but ? Améliorer le quotidien des Belges. Bien sûr, les lois sont fictives mais révèlent les pensées profondes de Véronique.

• Un plus juste gouvernement.
• Une prime pour la location maison.
• Arrêter les taxes.
• Reloger tout personne sans abri, sachant qu’il y a des logements vides.
• Le retour du service militaire obligatoire.
• Arrêter de gaspiller de l’argent pour des choses inutiles, comme les armes.

ndlr : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteure : Véronique, 56 ans, Verviers

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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Faut pas lâcher, Anonyme, 16 ans, Bruxelles

J’écoute beaucoup Lomepal, Nekfeu. Leurs textes m’inspirent beaucoup car ils parlent de beaucoup de choses comme la dépression, la scarification, le manque de confiance en soi, etc. donc je me sens comprise et ça me permet de me dire que je ne suis pas la seule à vivre ça.

Quand on vit la dépression, le mal-être est tellement intense que tu n’arrives pas à te dire que quelqu’un peut comprendre, même mettre des mots sur la dépression, ce n’est pas facile donc entendre quelqu’un qui parle de ça, c’est réconfortant.

Donc voilà, croyez en vos rêves. Quand on est déterminé à les vivre, on y arrive même si parfois c’est compliqué, bah faut pas lâcher !

La chance, Anonyme, 15 ans, Bruxelles

Vivre en Belgique, c’est une chance que tout le monde ne se rend pas compte d’avoir. Il y a des enfants qui vivent dans pays pauvres, en Europe ou en dehors, et qui rêvent de rejoindre des pays comme la France ou la Belgique. Ces pays permettent d’avoir une meilleure qualité de vie, d’éducation, de finances, etc. Donc voilà la raison pour laquelle il ne faut pas cracher sur la Belgique.

Une vie stable, Anonyme, 16 ans, Bruxelles

Une vie stable pour moi, c’est savoir pourquoi tu te réveilles, avoir des objectifs concrets et avoir plus ou moins une routine. Surtout, trouver des repères, des bonnes influences.

J’ai toujours cru en mes parents, Anonyme, 15 ans, Bruxelles

J’ai toujours cru en mes parents car nous nous faisons mutuellement confiance, et il y a une relation et une communication honnêtes entre nous.

Pour y arriver, je pense que ça se fait sur la durée, et que si vous êtes honnêtes avec eux, ils le deviendront avec vous. Il faut faire preuve de patience et surtout bien communiquer avec eux. Par exemple, parler de ses problèmes et difficultés afin qu’ils prennent conscience qu’on ose leur parler de choses désagréables. Ne jamais leur parler de soi pendant une longue durée peut vous éloigner d’eux.

Auteur·e·s : Anonymes

CES PETITS AVIS ONT ÉTÉ PRODUITS LORS DE DIFFERENTS ATELIERS SCAN-R.

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Vivre en Belgique, c’est…

Vivre en Belgique, c’est…

Vivre en Belgique, c’est vivre dans un pays riche qui malgré tout a sa cohorte de démunis. Mon enfance n’a pas été heureuse. Né belge, d’une maman flamande et d’un père grec, j’ai connu une précarité presque extrême. Il y a toujours plus malheureux que soi. Cependant, je n’ai pas eu les mêmes chances que d’autres. L’énergie dépensée dans la débrouille quotidienne était peut-être celle qui m’a manqué pour me construire un avenir serein comme chacun devrait pouvoir y prétendre.

La vie n’est ni juste, ni tendre. Si j’avais un seul message à délivrer aux jeunes, ce serait : « Jeunes de tous les pays, unissez-vous ! ». Plus sérieusement, je leur dirais de ne pas céder à ce système qui leur dit qu’il est important d’être meilleurs que les autres pour réussir, qu’un système qui place le profit avant l’humain ne peut être le garant d’une société digne dans laquelle chacun a les mêmes chances de s’épanouir.

*ndlr : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteur : Nicolas, 37 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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